‹ Dissertations sur le prêt-de-commerceChapitre 24 sur 152 · JEAN LAUNOY · texte numérisé non relu

JEAN LAUNOY

Launoy, Docteur de la maison de Navarre, mourut en 1678. Son opinion sur l'usure est consignée dans une lettre écrite à un de ses

(1) Chap. préliai., art. 3, a.0 27»

amis (1). H y enseigne que l'Ecriture-Sainte et les saints Pères condamnent seulement l'Ssure envers les pauvres ; et que cette usure ne peut être autorisée ni par les titres du lucre cessant, ou du dommage naissant , ni par le contrat de constitution : mais il soutient que le commerce d'argent est légitime 5 et il le prouve par plusieurs raisons. On cherche à élever des soupçons sur l'authenticité de cette lettre. Mais, comme on n'a point encore (du moins que je sache) donné des raisons pour prouver qu'elle n'est pas effectivement de Launoy, je ne crois pas nécessaire de répondre à ces doutes.

JEAN NÉERCASSEIi.

Néercassel, Evêque de Castorie et Vicaire apostolique dans les Provinces - Unies depuis 1662 jusqu'en 1686 qu'il mourut, ne condamnoit point les rentes rachetables des deux côtés, qui se pratiquent dans ce pays. Brocdersen en rapporte plusieurs preuves tirées des lettres de ce Prélat (2). Mais ce qui est plus positif encore, les auteurs du Dogma l'avouent, quoiqu'ils fassent un bien grand cas de son autorité. tVoici comme ils s'expriment : « Castoriensem

(1) Operum tom. 2, part 2, pag. 583.

(2) De usuris licitis et illicit. , lib. vi,part. 2, cap. ».° xxvii et seq., pag. 1169 et seq.

» Episcopum non improbasse (ait auctor trac y> tatûs brevis) contractus quos deffendît. Nihil » detractum volumus honori et existimationi » egregii praesulis. At eum à verâ Ecclesiae » doctrinà circa usuram non aberrasse jam su- » prà observavimus. Visum ei fuit, in contrac- » tibus quos approbavit, intervenire titulum ■» emptionis et venditionis, ita ut interesse re- » cipiatur, non quasi fructus pecuniae, quara y* sterilem esse agnovit, sed ut de bonis alterius » redditus quidam ad tempus ematur, reipublicœ » moderatoribus id permittentibus Ita mentem » suam explicavit in epistolà ad Pachomium t> g julii 1674 data. Quantum hoc abest ab » erroribus quos spargit tractatus brevis! Ad- » mittat auctor antistitis doctrinam quam cum » totâ Ecclesiâ habet communem : his vero » principiis positis, examinabimus an in expli- » candà reddituum praxi à vero, quod huma- » num est, prœsul non aberraverit (1). » Les auteurs du Dogma justifient Néercassel, en disant qu'il tenoit la doctrine de l'Eglise sur l'usure: et ce qu'ils appellent la doctrine de l'Eglise, c'est que tout intérêt du mutuum est criminel; mais ils avouent que cet Evêque ne voyoit pas un prêt de consomption dans la rente rachetable qui se pratique en Hollande; qu'il y voyoit un contrat de vente ; enfin qu'il le croyoit lé-

(1) Sect 2, propos, iv, pag. 4ao.

DISSERTATION. igi

gitïme. Ils finissent par hisser entendre, ce qu'ils n'osent pas dire crûment à cause de leur vénération pour l'un des apôtres de leur parti, que ce Prélat subit le sort de la nature humaine en se trompant en ce point. Cet aveu de leur part est plus que suffisant pour établir que Néercassel est contraire à leur sentiment, et favorable au nôtre.

§. 46.me

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