‹ Dissertations sur le prêt-de-commerceChapitre 28 sur 152 · LÉGER-BERNARD VAN-ESPEN · texte numérisé non relu

LÉGER-BERNARD VAN-ESPEN

L'opinion de Van-Espen, ainsi que celle d'Opstraët, doit être d'un grand poids auprès de certains de nos adversaires. Elle est consignée dans deux lettres de l'an 1728, relatives à la conduite que tenoit M. Barchmann, Archevêque d'Utrecht, sur les rentes rachetables des deux côtés. Ce Prélat, l'un des auteurs de l'ouvrage intitulé Dogma Ecclesiœ circà usuram expositum et vindicatum, dont nous avons eu occasion de parler plus d'une fois, condamnoit avec la plus grande sévérité ceux qui traitaient

ainsi Dans la première lettre datée du 4

février, et adressée à M. Van-Etckel, Van- Espen le prie d'engager M. Barchmann à ne pas pousser les choses avec tant de véhémence; il lui en auroit écrit directement, si ce Prélat n'eût pas été attaqué dans ce moment d'une grande maladie; mais aussitôt qu'il le saura rétabli, il lui en écrira. Sur le fond de la question il n'oseroit absolument rien prononcer, la chose ne lui paroissant pas assez claire (1). La seconde

(1) Van-Espen opéra, tom. v, supplem. Bruxellis 1769, pag- 3%

ig8 QUATRIÈME

lettre est du 10 avril, et adressées M. Barchmann. Elle n'est pas, comme la précédente, insérée dans la collection des oeuvres de M. Van-Espen : c'est Brocdersen qui la rapporte d'après l'original. Van-Espen va plus loin dans cette seconde que dans la première. Voici ses paroles :

« Recordor quôd à triginta et ampli ùs annis » per Episcopum, vel alios de Clero vestro j> Doctores Lovanienses fuerint consulti, et si- » mul congregati tune temporis domini Van- » Vianen, Huygens, Steyaert, Opstraè't, quibus y> et ego interfui. Quœstio haec fuit examinata et y> serio discussa : et tandem communi consensu , » ut recordor, conclusum fuit hactenùs non » videri hos redditus, maximè inter mercay> tores, et per supremam potestatem approbay> tos, seu admissos, posse tanquam usurarios 7> generaliter reprobari, sed ad minùs, ut jam y> receptos et tolerandos; quod et modo amicos j> Lovanienses judicare intelligo ex litteris do- » mini Cinck quibus et ego plané consentio, » atque enixè rogo illustrissimam gratiam ves- 3> tram, ut nihil circa hanc qunestionem hacte- » nus décider, maximè contradicentibus capiy> tularibus vestris, Telit.

y> Si vero post discussionem bujus quaestionîs y> amicabilem inter illustrissimam vestram gray> tiam, et clerum vestrum aliqua supersit diffiy> cultas, lubenter mea sensa super ea, quantum » mea valetudo permittit, latiùs exponam, et ut

» verè dico, credo quôd facile ostendero, in y> hisce contractibus non esse verum et nudum » mutuum; sed intervenirt quoddam genus y> societatis, vel etiam aliquam speciem eloca- » tionis pecuniarum sub certo pacto, non y> absimilem elocationi alicujus domûs cum » pacto ad terminum quo elocator ipse iilâ » domo indigebit. »

Non-seulement Van-Espen, de concert avec les autres Docteurs, ne croit pas qu'on puisse généralement condamner les rentes de Hollande; mais de plus son avis particulier dont il montrerait aisément la vérité, est que ces rentes ne sont point un prêt de consomption, mais un vrai louage semblable au louage d'une maison. Il paroît donc clair qu'il étoit favorable à ^es rentes.

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