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Trochoceras

Les 2 premiers types prédominent et font sentir leur influeuce principalement sur les horizons de la division supérieure. Les autres genres, ici non nommés, ne jouent qu’un rôle secondaire ou insignifiant, dans les oscillations du développement de l’ordre que nous étudions.

C’est donc uniquement l’évolution naturelle des types les mieux caractérisés et les plus persistans, et non l'introduction de types nouveaux, qui cause, en Bohême, les grandes variations de la richesse spécifique des Céphalopodes.

3. Sous la puissante influence d’une cause à nous inconnue, les 5 genres prédominons, que nous venons d’indiquer, manifestent à la fois leur plus grande richesse en espèces, sur l’horizon de notre bande calcaire « 2 . Il en résulte un nombre de formes coexistantes, qui paraît être jusqu’à ce jour le maximum maximorum de la famille des Nautilides, durant Père paléozoique.

Nous avons fait remarquer (p. 198), que l’existence des espèces constituant ce maximum est concentrée dans un intervalle de temps relativement très limité, par rapport à la durée de la première période paléozoique et dans un espace horizontal encore plus restreint, par rapport à la surface des mers siluriennes. Ces deux circonstances ne nous permettent pas de concevoir aisément, que les formes spécifiques, si nombreuses et si variées de chaque type générique, soient dérivées les unes des autres par une transformation lente et insensible, sous l’influence du milieu ambiant.

4 . Notre tableau (p. 123) montre, que les variations du nombre des genres et celles du nombre des espèces ont lieu d’une manière complètement indépendante les unes des autres. Cette indépendance réciproque se manifeste surtout par ce fait, que le maximum du nombre des types génériques ne coïncide pas sur un même horizon avec celui des formes spécifiques. Ainsi, le maximum de II genres se produit tardivement vers la fin de notre faune troisième , dans la bande g 3 , et ces 11 types ne sont représentés ensemble que par 86 espèces. Au contraire, le maximum des espèces s’était développé à une époque bien

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antérieure, vers le commencement de la même faune, dans notre bande e 2 , renfermant 665 formes spécifiques , produites par 10 types génériques.

La considération de ces faits nous conduit naturellement et comme malgré nous aux réflexions qui suivent:

D’après l’hypothèse de la transformation graduelle et incessante des formes spécifiques, transformation qui doit nécessairement aboutir à créer de nouveaux genres, plus il existe de formes d’une même famille, à une époque donnée, plus il doit y avoir de chances pour la formation de nouveaux types génériques.

Selon ces vues, s’il y a jamais eu une époque favorable à l’apparition de nouveaux genres de Céphalopodes, c’est sans doute celle, où 665 espèces de cet ordre pullulaient dans la mer de Bohême, durant le dépôt de notre bande © 2 . Nous devrions donc nous attendre à trouver, vers la fin de cette époque ou durant l’époque immédiatement suivante, une augmentation notable du chiffre 10 des genres de la bande e 2 , qui , comme nous venons de le faire observer, ne représente pas le maximum connu dans notre bassin.

Malheureusement, en cette circonstance, la nature se montre en contradiction complète avec la théorie. En effet, au lieu de l’augmentation présumée du nombre des genres, nous trouvons que ce nombre se réduit brusquement de 10 à 2, en passant de la bande © 2 à la bande f 1 , immédiatement superposée. Les deux types survivans qui existent, sur ce nouvel horizon, sont simplement Orthoceras et Cyrtoceras, c. à d. deux des types primitifs, invariables et pour ainsi dire inévitables, partout où il y a des Céphalopodes, dans les contrées siluriennes.

La somme des variations de 665 espèces se traduit donc, dans ce cas, par la disparition de 8 genres, sans que ce résultat négatif soit compensé par l’apparition d’un seul genre nouveau.

En même temps, 644 espèces disparaissent, ainsi que nous venons de le constater tout à l’heure (p. 199).

Le chiffre modique de 2 genres, dans la bande fl, représente le minimum connu dans la série des 8 bandes occupées par notre faune troisième, et il contraste grandement avec le nombre maximum, qu’on aurait attendu à la suite des 10 types de la bande e 2 . Les chiffres suivans, extraits de notre tableau cité, montrent encore que l’exiguité du nombre des genres s’est maintenue pendant longtemps, c. à d. sur les 3 horizons suivans en remontant, au dessus de la bande fl.

Evolution des Céphalopodes. 205

Bandes

ES

ô. La comparaison des nombres de cette série en remontant, nous présente encore un autre fait inattendu et également en contradiction avec la théorie. C’est que le maximum de 1 1 genres coexistans dans notre bassin se manifeste subitement, sans préparation apparente, dans notre bande g 3. Il succède au chiffre presque minimum de 3 types, existons dans notre bande sous-jacente g 2, et représentés ensemble par le nombre exigu de 12 espèces c. à d. par le minimum connu dans la série des 8 bandes renfermant notre faune troisième.

L’évolution des Céphalopodes durant l’existence de cette faune, en Bohême, nous présente donc un double contraste, savoir:

Le nombre maximum des espèces, signalé dans notre bande e2, est immédiatement suivi par le nombre minimum des genres, dans notre bande fl.

Inversement, au nombre minimum des espèces de notre bande g 2, succède le chiffre maximum des genres dans la bande g 3, immédiatement superposée.

Nous ignorons si les théories possèdent des ressources suffisantes pour rendre compte de ces bizarreries paléontologiques. Mais, nous avouons franchement, qu’elles mettent complètement en défaut toutes nos faibles combinaisons.

6. Nous ferons remarquer que, parmi les 11 genres composant le maximum dans la bande g 3, il y en a 5 qui reparaissent sur cet horizon, après une intermittence plus ou moins longue, indiquée sur le tableau, (p. 123). Nous reviendrons tout à l’heure sur ces intermittences. Il y a trois types nouveaux : Hercoceras — Nothoceras — Adelphoceras, qui ne se manifestent que d’une manière sporadique, c. à d. chacun par une ou 2 formes, qui paraissent et disparaissent sur cet horizon.

Sans doute, l’apparition de ces 3 types ne prouve nullement qu’ils ont surgi sur place et on peut concevoir, qu’ils ont préexisté sur d’autres parages, avant d’immigrer en Bohême. Mais, cette hypothèse n’est pas moins hazardée que toutes celles qu’on pourrait faire, en dérivant leur filiation des formes connues dans la bande sous-jacente g 2, de notre bassin.

A nos yeux, l’apparition des genres reste toujours un problème difficile à résoudre et jusqu’ici sans solution satisfaisante, surtout pour les cas comme ceux que nous venons d’indiquer. La réapparition des types, après une longue intermittence, est un autre problème, qui attend également sa solution.

Evolution dos Céphalopodes.

B. Comparaison des faunes par étages.

Après avoir comparé en détail les faunes partielles, ou de troisième ordre, qui correspondent à nos 13 bandes renfermant des Céphalopodes, il est aisé de mettre en parallèle les faunes de second ordre, qui caractérisent nos 5 étages D — E — F — G — 11 . Cette comparaison fera ressortir encore plus fortement l’irrégularité et l’inégalité que nous venons de signaler, dans la distribution verticale des représentons de cet ordre des Mollusques, dans notre bassin. Le tableau suivant offre tous les élémens indiquant la richesse de chacun de nos étages en genres et en espèces de Céphalopodes.

Etages

Genres ou

Espèces

s. genres

distinctes

Troisième

Faunes

générales

Seconde

! Lii

39fiTK 36Î 0

Primordiale

Les chiffres de ce tableau montrent clairement:

1. La faible représentation des Céphalopodes dans notre étage I), surtout, si l’on considère uniquement les 39 espèces propres à la faune seconde.

Le nombre des 7 types, qui ont produit ces 39 formes spécifiques, est relativement plus considérable.

Les 3G espèces recueillies dans l’espace très restreint, occupé par nos colonies, savoir 34 Orthocères et 2 Cyrtocères, font ressortir la pauvreté relative des formations renfermant la faune seconde dans l’étage D.

2. La concentration extraordinaire des Céphalopodes dans notre étage E, c. à d. durant les premiers âges qui ont suivi l’introduction générale de la faune troisième dans notre bassin.

A cette époque, le nombre des types génériques n’est pas parvenu au maximum de 11 connu en Bohême, mais il s’en approche à une unité près, puisqu’il est de 10.

Evolution des C éphalopodes. 207

Quant au nombre des 746 espèces distinctes, qui ont existé durant le dépôt de cet étage, il est plus que double de la somme de toutes les espèces connues dans l’ensemble de tous les autres étages de notre bassin. 11 dépasse aussi notablement le chiffre de tous les Céphalopodes connus jusqu’ici dans toutes les autres contrées siluriennes et qui s’élève à environ 660 espèces distinctes.

3. La réduction presque subite et très prononcée du nombre des formes génériques et surtout des formes spécifiques, durant le dépôt de notre étage calcaire moyen F.

Les genres, au nombre de 6, représentent cependant plus de la moitié du nombre de ceux qui avaient existé dans l’étage calcaire inférieur E.

Mais, les espèces réduites à 86, ne représentent que 0.11 du nombre des espèces connues dans l’étage sous-jacent.

4. La rénovation temporaire des forces vitales des Céphalopodes, vers la fin du dépôt de notre étage calcaire supérieur G, après la réduction au minimum de 12 espèces, vers le milieu de sa hauteur.

Le nombre des genres atteint, comme subitement, son maximum, 11, par l’apparition tardive de 3 types locaux et sporadiques et la réapparition de 5 genres anciens.

Le chiffre des espèces distinctes se relève jusqu’à 141 et il constitue un second maximum, après celui de l’étage E, dans notre faune troisième.

Nous rappelons, que la rénovation des forces vitales de cet ordre se fait surtout remarquer vers la fin du dépôt de l’étage G, c. à d. dans sa bande supérieure g 3.

5. A la suite du maximum relatif, qui distingue la partie supérieure de l’étage G, les Céphalopodes se réduisent subitement et disparaissent complètement à la base de l’étage II.

Durant ce dernier âge de leur existence dans notre bassin, le nombre des genres est de 3, fournissant ensemble 13 espèces, nombre presque minimum dans notre faune troisième.

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