C. Comparaison des Faunes principales, ou générales
Si nous comparons nos fauiies primordiale, seconde et troisième, c. à d. les unités paléontologiques de premier ordre, nous observerons les contrastes les plus frappans, sous le rapport de la représentation des Céphalopodes, dans chacune d’elles.
Evolution de» Céphalopode».
Genres «u s. genre s
Espèces
distinctes
communes aux denx divisions
Faunes
générales
Troisième
Seconde
primordiale
Ces documens montrent, que la faune seconde, considérée seule et abstraction faite des colonies, n’a présenté jusqu’ici que 7 genres ou sous-genres, qui ont produit ensemble 39 espèces exclusivement propres à cette faune.
Quant aux colonies, elles renferment ensemble:
34 Orthocères 2 Cyrtocères 36 espèces.
Sur ce nombre 36, il y a:
4 Orthocères '
1 C yrtocère
5 espèces,
qui apparaissent exclusivement dans ces enclaves. Toutes les autres espèces coloniales, savoir:
31 espèces
Orthocères . . 30 Cyrtocère . . 1
reparaissent sur divers horizons de notre faune troisième. Nous avons déjà fait remarquer, que ce sont les seuls Céphalopodes communs à nos deux divisions siluriennes.
Si l’on ajoute ensemble:
les espèces de la faune seconde .... 39
avec les espèces coloniales 36
Le chiffre total de 75 formes spécifiques, ensevelies dans l’ensemble des dépôts de notre division inférieure, représentera seulement 0.08 du nombre total 935 des espèces de notre faune troisième.
Le chiffre 39 des espèces propres à la faune seconde, abstraction faite des colonies, comparé à celui des formes de la faune troisième, en représente seulement la faible fraction: 0.042, c. à d. environ - i \.
Pour expliquer ce grand contraste, on peut sans doute dire avec beaucoup de raison, que notre division inférieure est dénuée de calcaire, tandisque cette substance constitue la majeure partie des roches de la division supérieure. Mais, les observations que nous avons présentées ci-dessus (p. 200 — 201) montrent que cette différence de composition chimique des milieux est insuffisante, pour nous faire bien concevoir les causes de la diversité zoologique des faunes, qui ont successivement animé la mer silurienne de la Bohême.
En étudiant les contrées situées sur la grande zone septentrionale, nous reconnaîtrons qu’elles offrent un grand contraste avec notre bassin, en ce que leur faune seconde est notablement plus riche en Céphalopodes que leur faune troisième.
Résumé relatif à la Bohême.
L’étude qui précède, sur l’évolution de l’ordre des Céphalopodes, dans notre bassin, nous conduit à remarquer principalement:
1. L'irrégularité et l’inégalité numérique dans l'apparition successive des genres et des espèces, durant les divers âges qui correspondent, soit à nos bandes, soit à nos étages.
ï. L’existence de 3 maxima, sous le rapport du nombre des espèces, qui se trouvent dans une même formation, savoir:
Un maximum absolu, très prépondérant, dans la bande e 2, vers l’origine de notre faune troisième.
Deux maxima relatifs, singulièrement placés, comme Alpha et Oméga, aux limites extrêmes des âges siluriens;
l’un, à l’origine de notre faune seconde, dans la bande dl; l’autre, vers la fin de notre faune troisième, dans la bande g 3.
3. Le double et bizarre contraste, qu’offrent les types génériques et les formes spécifiques, dans leur évolution indépendante:
au maximum des espèces dans c 2 , succède le minimum des types dans f 1 ;
au minimum des espèces dans k 2 , succède le maximum des types dans g 3.
Ce nombre maximum des types n’apparait que vers la fin de la faune troisième.
4 . Le contraste, remarquable entre nos faunes seconde et troisième, sous le rapport des types qui apparaissent pendant la durée de chacune d’elles.
Evolution des Céphalopodes.
Il apparaît 7 types génériques dans notre faune seconde et 1 dans nos colonies, tandisque 12 font leur première apparition dans notre faune troisième. Ce rapport est inverse de celui qu’on observe dans les contrées de la grande zone septentrionale, où la majorité des types apparaît dans la faune seconde.
5. Le contraste encore plus frappant entre nos faunes seconde et troisième, sous le rapport de leur richesse en espèces.
La faune seconde, abstraction faite des colonies, ne possède que 39 formes spécifiques, distinctes.
La faune troisième en possède 935.
Le rapport entre ces deux nombres est de: 0.042, c. à d. environ ,' 5 .
Nous trouverons que les faunes correspondantes, dans les contrées de la grande zone septentrionale, offrent un contraste inverse, la faune seconde étant notablement plus riche en espèces que la faune troisième.
N. B. Nous n’avons aucune observation importante à présenter, sur les 4 autres contrées de la même zone centrale: France, Espagne, Portugal, Sardaigne, à cause de l’exiguité de leurs faunes. Mais, nous prions le lecteur de se reporter aux pages, 134 — 135, ci-dessus.
n. Grande zone septentrionale d’Europe.