‹ Distribution des céphalopodes dans les contrées siluriennesChapitre 107 sur 208 · Angleterre · texte numérisé non relu

Angleterre

U. EooBae.

LIT. Irlande.

Après avoir constaté ci-dessus (p. 108.) qu’aucun trace de Céphalopodes n’a été découverte, jusqu’à ce jour, dans les formations constituant l’étage Silurien Primordial de ces contrées, il nous reste à jeter un coup d’oeil sur l’évolution des formes spécifiques de cet ordre, dans les faunes seconde et troisième.

Les étages principaux n’étant pas subdivisés d’une manière générale et constante, sur la surface des régions britanniques, les documens paléontologiques que nous possédons ne nous permettent pas d’établir des comparaisons comme pour la Bohême, entre les subdivisions du troisième ordre. Nous nous bornerons donc à comparer entre elles les faunes des étages, ou faunes du second ordre et ensuite les faunes du premier ordre, ou faunes générales, qui correspondent aux deux grandes divisions du système silurien.

Evolution des Céphalopodes.

Faunes des étages.

Nous avons cru devoir isoler l’étage de Trémadoc, à la base de la division inférieure, parceque le mélange des types, dans sa formation la plus profonde, présente, comme aux environs de Hof en Bavière, une transition entre la faune primordiale et la faune seconde. Cette séparation a aussi l’avantage d’appeler plus particulièrement l’attention de nos lecteurs sur le commencement exigu, par lequel se manifeste l’ordre des Céphalopodes dans cette région; commencement qui se réduit à une seule espèce de Vyrtoceras.

Nous ferons remarquer le contraste qui existe entre cette apparition initiale des Céphalopodes en Angleterre, et celle que nous allons constater en Norwége et en Russie, sur l’horizon qui paraît offrir également la trace la plus ancienne, dans ces contrées, des représentons du même ordre des mollusques. Mais, nous sommes bien loin de penser, que ces horizons stratigraphiques correspondent à une même époque dans la série des âges.

Distribution des Céphalopodes dans les étages siluriens, en Angleterre.

Etages

Genres ou g. genres

Espèces

distinctes

Passage-Beds . . .

Troisième

Ludlow

Wenlock et May-Hill

Pannes

Llandovery ....

générales

Seconde

Caradoc ou Bala .

Llandeilo

Trémadoc ....

Primordiale

Silurien primordial .

Après l’apparition sporadique et la disparition de l’espèce unique de Cyrtoceras, vers le milieu de l’étage de Trémadoc, on voit surgir 4 types, produisant ensemble 10 espèces, dans l’étage de Llandeilo. Parmi ces types, Orthoceras prédomine par fi espèces, qu’il serait difficile de considérer comme dérivées par filiation du Cyrtoceras initial de Trémadoc.

Si nous continuons notre marche ascendante, nous rencontrons, dans l’étage de Caradoc, ou Bala. 5 types, représentés ensemble par

212 Evolution des Céphalopodes.

37 espèces. Ce chiffre est le maximum connu en Angleterre, si l’on considère les étages comme des unités comparables entre elles.

H est intéressant d’observer en passant, que ce maximum des formes spécifiques, vers le milieu de la durée de la faune seconde, en Angleterre, est presque uniquement dû au développement, en apparence subit, des deux genres principaux Orthoceras et Cyrtoceras. Nous rappelons, qu’en Bohême, le maximum extraordinaire du nombre des formes spécifiques de notre étage E, dans la faune troisième, dérive de la même cause c. à d. de la richesse rapidement développée des deux mêmes genres.

Les 3 autres types existant dans l’étage de Caradoc, n’ont fourni ensemble que 7 espèces, dont 5 appartiennent à Lituites. Voir le tableau p. 136.

En montant dans l’étage de Llandovery, nous voyons à la fois le nombre des genres se réduire à 4 et celui des espèces à 21. La différence entre ce dernier chiffre et celui de 37 constituant le maximum dans l’étage de Caradoc est assez considérable, pour qu’elle semble ne pas pouvoir être aisément effacée.

Eu passant dans l’étage de Wenlock et May-Hill, formant la base de la division supérieure, nous observons, que le nombre des types se relève jusqu’à 5 comme dans l’étage de Caradoc. Mais, le chiffre des espèces correspondantes ne dépasse pas 25. On doit même remarquer, que la diminution par rapport au maximum 37 de Caradoc, ne peut être attribuée qu’à la richesse relativement moindre des types Orthoceras et Cyrtoceras. Les autres genres ne jouent qu’un rôle insignifiant, malgré l’apparition de 2 nouveaux types.

Enfin, l’étage de Ludlow, qui suit en remontant, se distingue pareequ’il possède le maximum de 7 types génériques. Mais, le nombre des ses formes spécifiques ne s’élève qu’à 30. Il est notablement inférieur au maximum 37 signalé dans l’étage de Caradoc. Nous trouvons donc ici, comme en Bohême, que le maximum du nombre des types ne • correspond pas au maximum du nombre des espèces.

Nous devons être étonnés en considérant, que les 7 genres et les 30 espèces qui caractérisent l’étage de Ludlow, disparaissent de la surface de l’Angleterre, sans qu’il reste aucune trace de Céphalopodes, dans la formation nommée Passaye-Beds , qui forme la limite entre les systèmes Silurien et Dévonien.

En somme, les faunes particulières des étages sont très inégales, sous le rapport de leur richesse en formes spécifiques, comme en types génériques.

Nous devons remarquer, qu’elles semblent indiquer une introduction graduelle des genres et des espèces, qui contraste avec l’apparition

Evolution des Céphalopodes. 213

• relativement simultanée du plus grand nombre des tonnes, que nous allons signaler en Norwégc et en Russie.

Comparaison des faunes générales.

Nous rappelons, d’après notre tableau (p. 136.) les chiffres, qui représentent la richesse en types et en espèces, de chacune des deux faunes seconde et troisième, en Angleterre.

Céphalopodes contins dans les Faunes générales en Angleterre.

En comparant ces documens, on voit que la faune seconde, qui ne possède que,7 types, est cependant beaucoup plus riche en espèces de Céphalopodes que la faune troisième, qui offre 8 genres. Le rapport entre les nombres des formes spécifiques est presque de 3 à 2. Nous retrouvons un rapport analogue, plus ou moins prononcé, dans les autres contrées de la grande zone septentrionale.

Nous indiquons le chiffre de 11 espèces de divers genres, qui se propagent de la faune seconde dans la faune troisième. Nous aurons l’occasion de faire remarquer, dans notre Sect. III, que' ce chiffre, quoique peu considérable, dépasse cependant celui qu’on observe entre les faunes correspondantes de toutes les autres régions siluriennes.

Résumé comparatif entre T Angleterre et la Bohême.

Le terrain silurien de l'Angleterre étant le type primitif et classique des formations de cette période, nous croyons à propos de résumer les observations les plus importantes , que nous offre l’étude des Céphalopodes de cette contrée, en les comparant avec les observations dérivées de notre étude sur la Bohême, relativement aux représentons du même ordre des mollusques.

i. Nous remarquons avant tout, dans les deux contrées, une semblable irrégularité et inégalité dans la répartition verticale des

Evolution des Céphalopodes.

genres et des espèces de cet ordre, entre les subdivisions stratigra- * phiques ou étages. Nous n’apercevons, ni dans l’un, ni dans l’autre pays, aucune trace saisissable d’une loi quelconque, qui aurait réglé cette distribution.

Z. La première apparition des types, c. à d. des genres ou sousgenres, présente des relations inverses dans les grandes Faunes des deux régions comparées.

Faunes

Première apparition

Angleterre . .

des types en

Bohême . . .

Ces chiffres montrent, que la faune seconde est relativement plus favorisée que la faune troisième en Angleterre, tandisque le contraire a lieu en Bohême. •

L’avantage du nombre est en faveur de la Bohême, surtout si l’on considère que la faune troisième, en Angleterre, ne possède en tout que 8 types, y compris 5 qui se propagent de la faune seconde, tandisque dans notre bassin, le nombre des genres ou sous-genres de la faune troisième s’élève à 15, en y comprenant 3 types qui avaient déjà existé dans la division inférieure.

3 . Le nombre maximum des types coexistans, dans un même étage ou subdivision, est de 7 en Angleterre et de 11 en Bohême. Mais, il faut remarquer que, malgré cette différence, l’époque de ce maximum coïncide assez bien dans ces deux contrées, parcequ’elle correspond semblablement à la dernière phase de la faune troisième.

4 . Au contraire, le nombre maximum des espèces coexistantes présente une grande différence dans les deux pays. En Angleterre, il se trouve dans l’étage de Caradoc, vers le milieu de la division inférieure, tandisqu’en Bohême, il est placé dans la division supérieure, au sommet de notre étage E, c. à. d. dans une formation, qui semble s’étendre aussi haut dans la série verticale que l’étage de Ludlow. (Déf. des Col. III. p. 177-1865.)

Il est intéressant de remarquer, que le maximum existant dans l’étage de Caradoc, c. à d. vers le milieu de la durée de la faune seconde, semble correspondre à l’époque longtemps prolongée, pendant laquelle l’ordre des Céphalopodes n’était représenté dans notre bassin, que par une seule espèce du genre Orthoceras. Voir notre tableau numérique p. 67.

Evolution des Céphalopodes.

5. L’époque du nombre maximum des genres ne coïncide pas en Angleterre, avec l’époque du nombre maximum des espèces. Nous avons reconnu en Bohême un fait semblable, mais aggravé par quelques circonstances, qui ne se reproduisent pas dans la région comparée. Voir ci-dessus, (p. 205 et 209.)

6. Nous observons également, dans les deux contrées, l’influence prédominante des genres, Orthoccras et Cyrtoceras, pour enrichir, ou appauvrir les faunes particulières des divers étages. Il semble même, qu’en Angleterre-, les autres types jouent un rôle relativement plus secondaire qu’en Bohême.

7. En Angleterre, la faune seconde est beaucoup plus riche eu espèces que la faune troisième. C’est précisément l’inverse qui a lieu en Bohême, ainsi que le montrent les chiffres suivans:

PauneB

ffl

Nombre des espèces distinc tes en

Angleterre .

Bohême . .

Ce développement spécifique des Céphalopodes, plus prononcé dans la faune seconde que dans la faune troisième, se reproduit dans presque toutes les contrées de la grande zone septentrionale. Il confirme largement les observations analogues, que nous présentons au sujet de la première apparition de divers types et par conséquent, il contribue à constituer le privilège d’antériorité en faveur de cette zone.

8. En Angleterre, 11 espèces de Céphalopodes, de divers genres, se propagent de la faune seconde jusque vers les limites supérieures de la faune troisième. En Bohême, au contraire, aucune espèce de la faune seconde, proprement dite, ne passe dans la faune troisième. Mais, 31 formes de cet ordre, après avoir apparu dans nos Colonies, reparaissent à diverses hauteurs, dans notre division supérieure.

9. En Angleterre, il n’a été fait mention jusqu’à ce joui’, d’aucune intermittence totale de l’ordre des Céphalopodes, dans la hauteur d’une formation distincte et d'une puissance notable, dans l’intérieur de la série verticale, silurienne. Nous avons, au contraire, constaté en Bohême, qu’il existe une intermittence de cette nature, au sommet de notre étage D, c. à. d. dans la formation qui couronne notre bande d 5 et une autre au sommet de notre bande e 2.

Mais, en Angleterre, l’absence totale des formes de cet ordre dans les couches nommées Passage Beds , au sommet de la division supé-

21 fi Evolution des Céphalopodes.

rieure, semble indiquer, à la fin de la faune troisième, un phénomène analogue à celui que nous signalons au sommet de notre bande d 5, à la fin de la faune seconde.

10 . En somme, il nous semble qu’il existe entre l’Angleterre et la Bohême au moins autant de contrastes que de similitudes, sous le rapport de l’évolution de l’ordre des Céphalopodes, durant la période silurienne. Ainsi, les observations faites dans l’une de ces contrées ne sont pas généralement applicables à l'autre, par simple induction.

Quant aux connexions établies entre ces deux contrées par les genres et les espèces de cet ordre, c’est un sujet que nous proposons de traiter dans la sect. III de ce travail.

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