IV. Bîorwége
Nous rappelons que, d’après les publications de M. le Prof. Théodore Kjérulf, citées ci-dessus p. 112, aucune trace de Céphalopodes n’a été découverte dans les formations qui renferment la faune primordiale de cette contrée.
Les recherches du même savant ont démontré, au contraire, la présence d’un assez grand nombre de types de cet ordre, sur les horizons les plus profonds, sur lesquels se manifeste la faune seconde, et dans toutes les formations superposées de la série silurienne. Nous rappelons, dans le tableau suivant, les nombres qui indiquent les types et les espèces, dans chacun des étages établis par M. Kjérulf. Voir p. 141.
Faunes (les étages.
KtAges
Genres
ou
Espèces |
Kjérulf
s. genres
distinctes
troisième
Faunes
générales
seconde
mmmm,
On voit par ce tableau, que le savant Norvégien subdivise la faune seconde en deux étages superposés: 3 — 4 de la série.
Evolution dos Céphalopodes.
Un fait très digme d’être remarqué consiste en ce que les 7 types, indiqués dans chacun de ces deux étages, sont identiques, ainsi que les 18 espèces reconnues sur chacun de ces deux horizons par M. Kjéndf. ( Vriviser ... * Christiania , p. 9, 1865.)
Mais, nous avons troublé cette égalité parfaite, eu attribuant à l’étage 3 deux espèces de Lituites, décrites par M. Karl Lossen. Voir nos tableaux nominatifs, (p. 56 — 57.)
Dans tous les cas, selon M. le Prof. Kjéndf, 7 types de Céphalopodes représentés par 18 espèces, apparaissent à peu près sur le même horizon et se propagent dans toute la hauteur des deux étages, qui renferment la faune seconde, en Norwége. Ainsi, d’après ce savant, ces deux étages ne seraient différenciés ni par un seul genre, ni par une seule espèce de l’ordre que nous étudions. C’est un phénomène, qui n’a été signalé dans aucune autre région silurienne, à notre connaissance. Si les Céphalopodes étaient les seuls fossiles, les deux étages en question ne pourraient pas être distingués, au point de vue paléontologiquc. Mais, cette distinction a été facilement opérée, au moyen des autres fossiles coexistans et principalement des Trilobites. En effet, M. Kjéndf nous enseigne, que son étage 3 est caractérisé par la présence des Asaphus et son étage 4 par celle des Trinucleus. Ces étages correspondent donc aux: Regio Asaphorum et Regio Trinucleorum de M. le Prof. Angelin.
Malgré la grande analogie, qui existe entre la Norwége, la Suède et la Russie, le phénomène qui nous occupe n’a point été observé dans ces deux dernières contrées.
En nous élevant à la base de la division supérieure, nous voyons les types se réduire à 4, daus l’étage 5 de M. Kjéndf et chacun des genres n’est représenté que par une seule espèce, sur cet horizon.
Les étages 6 — 7, qui suivent en remontant, paraissent posséder des faunes identiques, non seulement sous le rapport des Céphalopodes, mais encore sous celui de tous les autres fossiles quelconques. Ce fait résulte des indications données par M. Kjérulf dans la même publication : Veiviser . . . i Christiania p. 21 , 1865.
Ces deux étages ne seraient donc distincts l’un de l’autre que sous les rapports pétrographiques.
Le seul genre de Céphalopodes, qui est indiqué dans ces deux étages, est Orthoceras , représenté dans chacun d’eux par 6 espèces identiques. •
L’étage 8, qui couronne la division supérieure, offre 3 genres de Céphalopodes, qui ont fourni ensemble 5 espèces, dont 3 appartiennent au type Orthoceras.
218 Evolution des Céphalopodes.
En somme, les faunes des étages siluriens de la Norwége sont très inégales entre elles.
Les maximu de leur richesse en espèces, comme en types génériques, se montrent à la première époque, où les Céphalopodes semblent avoir apparu dans cette contrée. Nous trouvons, en Russie, les mêmes maxima placés sur l’horizon correspondant du Calcaire à Orthocères.
Nous observons en Norwége, comme ailleurs, la grande prédominance du genre Orthoceras. Le type Cyrtoceras est, au contraire, faiblement représenté, malgré son apparition précoce. H semble avoir subi une intermittence durant le dépôt des étages 6 — 7 de la division supérieure. Voir le tableau, p. 141.
Comparaison des faunes générales.
Nous reproduisons les chiffres, qui indiquent la richesse des faunes seconde et troisième en genres et en espèces de Céphalopodes, en Norwége, d’après notre tableau numérique, p. 141.
Faunes
générales
Genres
ou
s. genres
Espèces !
distinctes |
Espèces communes aux deux Faunes
troisième
| seconde
l primordiale
Ces documens montrent, que la faune seconde prédomine sur la faune troisième, aussi bien par le nombre des espèces que par celui des types génériques. Ce rapport pour les espèces, est en harmonie avec celui, que nous avons signalé entre les faunes correspondantes en Angleterre et que nous retrouverons dans les autres contrées de la grande zone septentrionale, sauf de rares exceptions.
Il faut remarquer, qu’ aucune espèce de Céphalopodes n’a été jusqu’ici indiquée comme commune aux faunes seconde et troisième de la Norwége.
Avant de quitter cette contrée intéressante, nous prions le lecteur de jeter un coup d’oeil sur nos pages 56 à 58, qui exposent la liste nominative de tous les Céphalopodes de la Norwége. Il remarquera, que presque toutes les espèces sont indiquées comme ayant été antérieurement observées et nommées dans d’autres régions paléozoiques. Il reste à peine quelques fonnes, appartenant exclusivement au bassin norwégien.
On peut se demander, à quelle cause on pourrait attribuer cette singulière circonstance, qui ne se présente nullepart ailleurs, sur la surface du monde silurien.
Evolution des Céphalopodes. 219
La solution la plus satisfaisante de cette question serait, sans doute, de considérer la Norwége connue le centre primitif, d’où ont rayonné, par diffusion, toutes les espèces, qui se retrouvent nominalement dans les autres contrées, soit d’Europe, soit d’Amérique. Mais, avant d’admettre cette solution comme définitive, il serait important d’acquérir une parfaite sécurité, au sujet des déterminations , sur lesquelles reposent les identités admises par M. le Prof. Théod. Kjérulf. •