‹ Distribution des céphalopodes dans les contrées siluriennesChapitre 110 sur 208 · VI. Russie · texte numérisé non relu

VI. Russie

L’étude de l’évolution de l’ordre des Céphalopodes, dans les divers étages de la série verticale, comme dans les faunes générales de cette contrée, mérite l’attention particulière des savans.

Faunes des étages.

Nous présentons, dans le tableau qui suit, les principaux élémens numériques, qui indiquent la composition de ces faunes, c. à d. les genres et les espèces, reconnus dans chacune d’elles, d’après notre tableau p. 148.

Etages ou zones suivant

Genres ou

Espèces

M le Doct r . Schmidt

s. genres

distinctes

troisième

Ile d’Oesel

Calcaires à Pentamères lisses

Borkhohn

Faunes

seconde •

Wesenberg-Lyckholm . .

Calcaire à Orthocères . .

générales

primordiale*

Calcaire Chlorité ....

Grès vert

Schiste bitumineux . . .

Grès à Ungulites ....

Argile bleue

Nous avons exposé ci-dessus (p. 149.) l’incertitude, dans laquelle nous nous trouvons, au sujet du Schiste bitumineux et du Grès vert, que nous plaçons provisoirement sur les horizons, qui correspondent à la faune primordiale. Nous avons rappelé, en même temps les preuves paléontologiques qui démontrent, que le Calcaire chlorité renferme une phase bien évidente de la faune seconde.

Or, cette première phase de la faune seconde, d'après les documens jusqu’ici publiés, semble n’avoir présenté aucune trace quelconque de Céphalopodes. Ce fait, doit nous surprendre, si nous considérons, que cette zone est composée de carbonate de chaux, qu’on suppose très favorable à l’existence des mollusques, et qui, dans cette circonstance, semble n’avoir surtout favorisé que l’existence des Trilobites.

La formation immédiatement superposée, ou Calcaire à Orthocères, étant semblablement composée de carbonate de chaux, doit encore plus exciter notre étonnement, car, dans une faible épaisseur de 15 à 40 pieds, elle nous présente une faune complète de Céphalopodes, con-

222 Evolution des Céphalopodes.

sistant en 8 types c. à d. genres ou sous-genres, qui ont fourni ensemble 59 espèces. Cette faune dépasse largement par sa richesse celle de tous les étages quelconques siluriens, considérés individuellement, dans les faunes seconde et troisième de la grande zone septentrionale, en Europe et en Amérique. On est donc induit à se demander, comment ont surgi sans antécédens, en Russie, tant de formes génériques et spécifiques. La science est loin d’être en état de donner # une réponse satisfaisante à cette question.

Remarquons que, parmi ces 59 formes spécifiques, M r . le Chev. d’Eichwald a admis l’identité de 18 espèces reconnues dans diverses contrées. (Voir nos tableaux nominatifs p. 60 à 63.)

Celles de ces formes, qui se trouvent dans les premières phases de la faune seconde, en Suède, Norwége , Angleterre , et en Amérique, c. à d. sur la grande zone septentrionale, pourraient être considérées, comme ayant été introduites dans toutes ces contrées , par migration, à partir de l’une d’elles, ou bien à partir d’un centre commun de diffusion. Ces formes sont au nombre de 12, savoir:

Page 1