‹ Distribution des céphalopodes dans les contrées siluriennesChapitre 138 sur 208 · Grande zone septentrionale d'Amérique · texte numérisé non relu

Grande zone septentrionale d'Amérique

Dans le Canada, le minimum absolu des genres semble jusqu'ici correspondre à la partie moyenne de la faune troisième. Mais, cette apparence peut n’être que temporaire. Le maximum des types se trouve, au contraire, dans la partie moyenne de la faune seconde.

Le minimum des espèces étant dans la partie moyenne de la faune troisième, coïncide avec le minimum des types. De même le maximum des espèces, placé au milieu de la faune seconde, coïncide avec le maximum des types, que nous venons d’indiquer sur le même horizon.

Dans l’Etat de New-York, le minimum des genres est placé à origine de la faune seconde, mais il se reproduit aussi deux fois, dans la faune troisième.

Le maximum des types, qui apparaît dans la partie inférieure de la faune troisième, se reproduit identiquement au sommet de la même faune.

Le minimum des espèces est placé au milieu de la faune troisième, tandisque le maximum absolu correspond au milieu de la faune seconde.

Dans l’Etat de Wisconsin, le minimum des types se montre à l’origine de la faune seconde et il se reproduit à la fin de la faune

303 Evolution des Céphalopodes.

troisième. Le maximum se trouve dans la partie inférieure de la faune troisième.

Le minimum des espèces se montre deux fois, comme le minimum des types et sur les deux mêmes horizons, c. à d. à l’origine de la faune seconde et à la fin de la faune troisième. Le maximum des espèces est placé, au contraire, vers l'origine de la faune troisième.

Dans l’Etat d’Illinois, le minimum des types est placé au milieu de la faune troisième, tandisque h; maximum coirespond à la partie inférieure de la même faune. La partie supérieure de cette faune paraît manquer dans ce pays.

Le minimum des espèces coïncide avec le minimum des types dans la partie moyenne de la faune troisième. De même, le maximum des espèces coïncide avec le maximum des types que nous venons d’indiquer, vers l’origine de la même faune.

Les observations qui précèdent montrent, combien les muxima et les minima des types génériques et des formes spécifiques sont irrégulièrement placés, sur les 3 subdivisions que nous distinguons, dans la faune seconde et dans la faune troisième.

Nous avons indiqué au bas des colonnes de notre tableau (p. 2t)9) qui représentent ces horizons de convention, les nombres des maxima et des minima , qui correspondent à chacun d’eux. Ces chiffres contribuent à confirmer l’irrégularité que nous venons de signaler. Cependant, nous ferons remarquer quelques faits généraux, qui résultent de la comparaison des dominons présentés sur notre tableau.

1. En comparant les deux colonnes qui représentent la partie supérieure de la faune seconde, l’une pour les types et l’autre pour les espèces, on voit, qu’aucun maximum n’est indiqué, ni sur l’une ni sur l’autre. Cette coïncidence semble nous indiquer que, durant l’époque représentée par cette subdivision , l’ordre entier des Céphalopodes a éprouvé un affaiblissement général dans sa richesse en types et eu espèces. Cet amoindrissement se fait sentir plus fortement dans certaines contrées, comme la Bohême, ht France, l’Espagne, l’Etat de New- York et l’Etat d’Illinois, où nous avons également constaté l’existence d’une intermittence totale de cet ordre, dans les formations qui couronnent la division inférieure. Quant aux autres contrées, où cette intermittence ne se manifeste pas, les formes génériques et spécifiques des Céphalopodes sont généralement réduites à un petit nombre, excepté en Angleterre. C’est ce que montrent nos tableaux numériques, ci-dessus, Chap. 2.

2. En considérant l’origine de la faune seconde, on peut observer que, dans trois contrées, c ! est l’horizon qui correspond au minimum des types, savoir: en Angleterre, New-York et Wisconsin. Au con-

Evolution des Céphalopodes. 303

traire, le même horizon nous présente le maximum des types, dans la Norwége et dans la Russie.

Dans ces deux dernières contrées, le maximum des types coïncide avec le maximum des espèces sur cet horizon, et de même, dans les autres contrées que nous venons de nommer, on trouve une semblable coïncidence des minima relatifs aux espèces et aux types.

3 . Notre tableau montre également, que cette coïncidence des minima sur le même horizon, pour les types et pour les espèces, est assez fréquente. Elle s’explique naturellement parce que, dans beaucoup de cas, les types uniques sont représentés par une espèce unique, sur le même horizon.

Au contraire, il est plus rare de voir coïncider sur un même horizon, les maxima des types avec ceux des espèces. Cependant, notre tableau en présente divers cas. La Norwége et la Russie, qui viennent d’être citées, et le Canada nous montrent cette coïncidence, dans la faune seconde, tandisque nous la trouvons dans les Etats de Wisconsin et Illinois, vers l’origine de la faune troisième.

4. Ou peut aussi remarquer sur notre tableau que, trois maxima des types se manifestent vers l’origine de la faune troisième, savoir: dans les Etats de New-York, Wisconsin et Illinois. En outre, le nombre des types, qui se montrent en Bohême sur l’horizon correspondant, est presque identique avec le maximum de notre bassin.

D’une autre côté, en considérant les espèces, nous voyons, que 5 maxima sont indiqués sur le même horizon, savoir: en Bohême, France, Espagne, Wisconsin et Illinois.

Cette coïncidence tend à nous indiquer, que l’époque qui correspond à cet horizon, a été relativement la plus favorable au développement de l’ordre des Céphalopodes. Or, nous venons de signaler l’époque immédiatement antérieure, c. à. d. vers la fin de la faune seconde, comme la moins favorable à ce développement. Il s’en suit donc, que le maximum le plus général dans l’évolution des Céphalopodes, aimait immédiatement succédé au minimum également le plus général sur le globe. Cette succession paraît peu en harmonie avec la théorie de la filiation et de la transformation lente, car on a peine à concevoir, que le maximum dérive immédiatement du minimum.

5. En considérant les espèces, la colonne moyenne, dans la faune seconde, nous montre trois maxima très-marqués, savoir: en Angleterre, au Canada et dans l’Etat de New-York. Les formations correspondantes sont respectivement: l’étage de Caradoc, celui de Black- River et celui de Trenton. On remarquera, en outre que, pour la Norwége, la Suède, le Wisconsin et l’Illinois, les nombres d’espèces inscrites dans cette colonne, indiquent le maximum relatif dans la faune seconde de ces contrées, mais non le maximum absolu.

Evolution «les Céphalopodes.

Ces circonstances réunies tendent à caractériser l'époque moyenne, dans la durée de la faune seconde, comme ayant été particulièrement favorable au développement spécifique des Céphalopodes, dans les régions de la grande zone septentrionale d’Europe et d’Amérique. Par contraste, dans la zone centrale d’Europe et notamment en Bohême, la même colonne, ou la même époque ne nous offre qu’un minimum réduit à l’unité.

Ainsi, en considérant l’évolution des formes spécifiques, de la manière la plus générale, sur la surface du globe, nous reconnaisons la trace de trois époques particulièrement favorables à leur développement, savoir:

La première, à l’origine de la faune seconde, notamment, dans la Russie, la Nonvége, le Canada et la Bohême.

La seconde, vers le milieu de la durée de cette faune, notamment en Angleterre, au Canada, dans l’Etat de New-York et dans les autres contrées inscrites sur cette colonne, excepté la Bohême.

La dernière, vers l’origine de la faune troisième, et notamment, en Bohême, France, Sardaigne, Wisconsin et Illinois.

On remarquera, que cette dernière époque est réellement celle qui correspond à l’existence du plus grand nombre des formes spécifiques. Nous rappelons que nous avons signalé, tout-à-Pheure , la majorité des maxima des types génériques comme ayant coïncidé durant la même époque. Ainsi, les premières phases de la faune troisième représentent les âges, durant lesquels l’ordre des Céphalopodes a présenté sa prédominance la plus marquée, sous tous les rapports, pendant la période silurienne.

VUI. Intermittences des Céphalopodes, durant la période

silurienne.

Nous avons déjà appelé l’attention du public savant sur le phénomène des intermittences, qui se présente fréquemment dans les études paléontologiqucs , et qui, cependant, n’a pas encore été l’objet de recherches spéciales. Dans un mémoire récemment publié, sous le titre de: Réapparition du genre .1 rtrhusina. nous avons principalement mentionné les intermittences des Trilobites.

Mais, l’ordre des Céphalopodes nous présente des exemples si nombreux du même phénomène, qu’il nous semble convenable de les exposer en quelques mots, en rappelant les plus notables.

Nous distinguons des intermittences de trois catégories différentes, suivant qu’elles sont relatives à l’espèce, au type générique, ou à l’ordre entier des Céphalopodes.

Evolution des Céphalopodes.

Page 1