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III. Intermittences de l’ordre entier des Céphalopodes

Nous avons déjà signalé, dans le cours de cette étude, la disparition totale des représentans de l’ordre qui nous occupe, dans la hauteur de certaines formations. Ce phénomène se fait remarquer, non seulement en Bohême, mais encore dans diverses contrées d’Amérique.

En Bohême, deux horizons se distinguent par l’absence totale des vestiges de Céphalopodes. Celui qui est le plus profondément placé, consiste dans une formation couronnant notre bande d 5, c. à d. constituant la limite supérieure de notre étage D. Cette formation, composée de couches minces de schistes et de quartzites qui alternent, atteint la puissance de 100 mètres dans certaines localités. (Voir

ci-dessus p. 197). L’absence totale des Céphalopodes est d’autant plus aisée à constater dans ces dépôts, qu’ils sont complètement dépourvus de toute trace de nature animale.

Le second horizon, sur lequel nous observons le même phénomène, dans notre bassin, occupe une position encore plus remarquable, dans la partie supérieure de notre bande calcaire c 2. En effet, cette bande présente, dans sa partie inférieure, une richesse extraordinaire en Céphalopodes. Notre tableau numérique (p. 123) constate, que nous avons recueilli sur cet horizon 665 formes de cet ordre. La disparition totale de tout vestige de Céphalopodes, dans les couches en question, est donc de nature à exciter notre étonnement.

En Amérique, les intermittences totales les plus remarquables ont été constatées dans les contrées du Canada, New-York, du Wisconsin et de l’Illinois.

Au Canada, tous les groupes stratigraphiques composant la division silurienne inférieure sont caractérisés par un certain nombre d’espèces de Céphalopodes. Le groupe de Utica est le seul, dans lequel on n’a découvert jusqu’ici aucune trace de cet ordre (p. 161). Cette disparition totale doit nous surprendre d’autant plus, que la formation de Utica est immédiatement superposée à celle de Trenton, qui a fourni 32 espèces, et qu’elle est recouverte par celle de Hudson-River, qui en renferme 22. Elle offre donc un contraste complet, par l’absence totale des Céphalopodes.

Nous rappelons aussi, que les dépôts portant le même nom de Utica, dans les Etats de New-York et de Wisconsin, ont présenté un certain nombre de formes de cet ordre, mais partout ce nombre est relativement très réduit. On conçoit donc une cause générale, défavorable à l’existence des Céphalopodes, dans tout l’océan américain, durant cette époque.

Nous ne croyons pas devoir mentionner ici les intermittences apparentes dans la division silurienne supérieure au Canada, parcequ’clles semblent pouvoir être temporaires.

Dans l’Etat de New-York, nous observons trois intermittences totales. La plus ancienne correspond au groupe de Oneida, placé au sommet de la division inférieure. Cette formation, consistant dans un conglomérat grossier, paraît d’ailleurs dépourvue de tout fossile d’origine animale, (p. 174).

Dans la division supérieure, les formations nommées Waterlime et Grès à queue de coq sont également privées de Céphalopodes.' On peut remarquer, que chacune d’elles succède à une autre formation, très peu riche en espèces de cet ordre. Ainsi, l’absence des Céphalopodes doit moins nous étonner.

Evolution des Céphalopodes. 311

Nous avons fait remarquer ci-dessus, (p. 237) que cette absence ne peut pas être attribuée à la nature chimique des dépôts correspondans.

Dans l’Etat de Wisconsin, nous avons déjà signalé la formation nommée Grès de St. Peter (p. 185) comme dénuée de toute trace de Céphalopodes et en même temps de tout vestige, soit de nature animale soit de nature végétale. Ce dépôt, s’étendant aussi sur l’Etat d’Illinois, forme un horizon vaste et remarquable, correspondant à une mer silurienne déserte, sur les mêmes parages, ou les Céphalopodes avaient antérieurement existé, pendant le dépôt du Calcaire magnésien inférieur, qui représente le Grès calcifère de N. York.

Une seconde intermittence totale parait exister dans le Wisconsin, sur toute la hauteur des groupes de Médina et de Clinton, constituant la base de la division supérieure, immédiatement sous le groupe de Niagara, qui présente le double maximum du nombre des genres et des espèces (p. 184).

Cette intermittence se reproduit dans l’Etat d’Illinois, sous le même groupe de Niagara, également riche en Céphalopodes. Mais, la formation qui paraît jusqu’ici dénuée de toute forme de cet ordre, est attribuée à la division inférieure, sous le nom de Groupe de Cincinnati (p. 190).

Nous nous bornons à mentionner ces faits principaux, qui semblent assez bien établis, pour constater la disparition temporaire , mais totale, de l’ordre des Céphalopodes, dans diverses contrées. Il serait inutile de rappeler d’autres apparences semblables, qui peuvent disparaître par le progrès des recherches.

On peut aisément concevoir diverses circonstances, qui ont pu causer l’extinction totale des Céphalopodes, dans une contrée limitée, comme par exemple, les fréquens déversemens de trapps, dans notre bassin, durant le dépôt de la formation constituant la pairie culminante de notre bande d 5. Mais, la disparition de ces mollusques, dans les couches supérieures de notre bande calcaire n2, ne s’explique pas aussi facilement, ainsi que nous l’avons montré ci-dessus (p. 199).

Quant au repeuplement de la contrée déserte, bien qu’on puisse l’attribuer, en général , à des immigrations, nous ferons remarquer, dans notre étude, sur la rénovation graduelle des espèces, formant le troisième chapitre de notre Sect. III, que cette conception idéale ne résout pas toutes les difficultés qui se présentent, quand on cherche à l’appliquer à un pays déterminé.

Section III. Connexions établies

par les types génériques et par les formes spécifiques des Céphalopodes,

suivant le sens horizontal et suivant le sens vertical, entre les dépôts siluriens.

Extinction et Rénovation graduelles.

ciiap. 1.

Connexions établies par les types génériques.

Nous considérerons successivement les connexions horizontales et les connexions verticales. Nous apprécierons ensuite les rapports qui semblent exister entre l’extension horizontale et l’extension verticale des types génériques.

I. Connexions horizontales résultant de la diffusion des types génériques, dans les contrées et dans les grandes zones siluriennes.

Afin de rendre ces connexions horizontales plus faciles à saisir, nous avons dressé les tableaux suivans:

Dans le tableau Nr. 1, les types génériques sont séparés, d’après leur importance relative, déjà établie ci-dessus (p. 255) .en deux catégories, indiquées par les noms de types cosmopolites et types locaux. Dans chacune de ces catégories, les types sont disposés verticalement, à peu près suivant l'ordre de leur première apparition, à partir du bas vers le haut.

Ce tableau est divisé en trois colonnes principales, qui correspondent aux grandes zones que nous avons distinguées jusqu’ici, dans le

Connexions génériques et spécifiques. 313

cours de la présente étude. Nous faisons abstraction des contrées diverses, c. à d. l’Himalaya et la Tasmanie.

Dans chacune de ces trois colonnes principales, chaque type est répété sur une ligne horizontale et au dessous de son nom on voit les noms des contrées, où il est représenté, dans la grande zone respective.

Pour donner à ces indications une plus grande utilité, nous avons adjoint à chacune des colonnes principales, des colonnes secondaires, dans lesquelles nous indiquons le nombre des espèces fournies par chaque type, dans chacune des faunes seconde et troisième. La dernière de ces colonnes accessoires, vers la droite, expose le nombre total de ces espèces, dans chaque contrée, déduction faite de celles qui se propagent d’une faune à l’autre dans le sens vertical.

En parcourant ce tableau nominatif, le lecteur remarquera, que nous n’avons pas mentionné les noms des contrées, dans lesquelles les types génériques n’ont présenté aucune espèce jusqu’à ce jour.

La comparaison des trois grandes colonnes et de leurs colonnes accessoires peut fournil- immédiatement le moyen d’apprécier comparativement l’importance du rôle qu’à joué chacun des types, soit dans les diverses contrées, soit dans les grandes zones siluriennes. Ce tableau indique en même temps quelles sont les contrées entre lesquelles chaque type établit des connexions horizontales.

Tous les documens présentés dans le tableau Nr. 1. sont résumés numériquement sur le tableau Nr. 2. qui offre les mêmes subdivisions, dans chacune des zones. Mais, la première colonne secondaire, placée à gauche de chacune des colonnes principales, indique le nombre des contrées dans lesquelles la présence de chacun des types génériques a été constatée. Les colonnes voisines servent à apprécier sa richesse en formes spécifiques, dans chacune des faunes seconde et troisième, comme aussi dans leur ensemble.

Une dernière colonne, située à la droite du tableau, expose le nombre total des contrées, où chacun des genres est connu, dans l’ensemble des trois grandes zones.

C’est en comparant les chiffres présentés dans cette colonne, qu’on peut se faire une idée exacte de la fréquence géographique de chacun des types génériques. Ces chiffres donnent, par conséquent, la mesure exacte des connexions horizontales établies par chaque type entre les contrées siluriennes. Nous allons considérer la fréquence de chacun d’eux en particulier.

Connexions génériques entre les contrées siluriennes.

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Connexions génériques et spéciliques.

Tableau résumé des connea’ionii générique* entre les contrées

siluriennes.

Tabl. Nr. 2.

Grande zone centrale

Grande zoue

Grande zone septen- I

1 èr ® Catégorie

d'Europe

septentrionale d'Europe

trionale d'Amérique

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cosmopolites

Faunes

siluriennes

Faunes

siluriennes

Faunes

siluriennes

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