s.g. Piloceras Sali
Connexions génériques et spécifiques. 319
Il est important de remarquer que, dans la colonne intitulée totaux des apparitions , nous n’avons pas -déduit les espèces qui se reproduisent horizontalement dans diverses contrées. Il en résulterait une certaine discordance, si l’on comparait les chiffres de cette colonne avec ceux de notre tableau (p. 283). Mais, nous avons dû nous abstenir de faire cette réduction, qui empêcherait d’apprécier la fréquence géographique des espèces.
Fréquence des types cosmopolites. (Voir Tabl. Nr. 2).
D’après les chiffres de la dernière colonne vers la droite, le genre Orthoceras prédomine de beaucoup sur tous les autres types, par sa fréquence géographique. Le nombre 32, qui exprime cette fréquence, pourrait être encore aisément augmenté, si l’on prenait en considération les différens bassins isolés, qu’on peut distinguer dans certaines contrées, comme la France, l’Espagne etc.
Au second rang, se trouve le sous-genre EnAoceras , déjà connu dans 19 contrées. Cette fréquence est relativement aussi remarquable que celle du genre lui même Orthoceras, pareeque celui ci apparaît indistinctement sur tous les horizons, étagés dans l’ensemble de la série silurienne. Au contraire, le sous-genre comparé n’existe que sur un petit nombre d’horizons dans la faune seconde de chaque contrée. Il y a beaucoup de répétitions horizontales à déduire des nombres relatifs aux espèces de ce type.
Cyrtoccras n’occupe que le troisième rang et ne se trouve que dans 18 contrées; mais on sait, qu’il jouit, comme Orthoceras , du privilège de se montrer sur presque tous les horizons géologiques des deux divisions siluriennes et il se distingue par sa richesse en espèces dans toutes les contrées. Il n’offre que de rares répétitions horizontales.
Lituites vient ensuite, et le chiffre 17 indiquant sa fréquence, mérite d’être remarqué, à côté de celui de Cyrtoceras , qui ne diffère que par une unité. Mais, les colonnes secondaires montrent la grande différence qui existe entre ces types, sous le rapport du nombre de leurs formes spécifiques. Ce nombre est même exagéré pour Lituites, dans notre tableau, pareeque nous n’avons pas déduit les répétitions horizontales, qui sont assez fréquentes, pour les espèces de ce genre.
Phragmoceras et Gomphoceras, signalés chacun dans 10 contrées, occupent le 5 ème rang. Mais, on doit observer, combien peu considérables sont les nombres de leurs espèces, dans la zone septentrionale d’Europe et d’Amérique. Les répétitions horizontales sont très rares pour les espèces de ces deux genres.
Les mêmes observations s’appliquent au type Trochoceras, qui n’est encore connu que dans 8 contrées distinctes.
Connexions génériques et spécifiques.
Le type Nautilus occupe seulement le 7 cmo rang, parce que sa présence n’a été signalée que dans 5 contrées, sur les deux eontinens comparés ; mais il a été aussi observé dans la faune seconde de l’IIimalaya. (p. 195). Nous ne saurions expliquer le contraste entre la rareté relative des représentai de ce type, durant la période silurienne et le privilège extraordinaire de vitalité, dont il a joui, en se propageant à travers tous les âges géologiques, jusqu’à l’époque actuelle. Mais on peut remarquer que , sur tous les horizons, il n'a • produit qu’un nombre relativement très limité de formes spécifiques.
Nautilus nous fournit aussi l’occasion d’observer, qu’un type a pu offrir une très grande extension géographique, sans une grande fréquence locale et sans une notable richesse en espèces.
Les genres Ascoceras et Gyroceras , connus chacun seulement dans 4 contrées, se montrent au 8 ème rang. Le nombre des formes spécifiques, par lesquelles ils sont représentés, est semblablement peu considérable, sur les deux eontinens.
Enfin, Goniatites n’a été observé jusqu’à ce jour que dans le bassin silurien de la Bohême, tandisque ses espèces sont également répandues et même nombreuses, dans toutes les contrées dévoniennes et carbonifères d’Europe et d’Amérique. D'après ces faits, il semble que ce type aurait fait sa première apparition en Bohême. Ce serait donc le seul des types cosmopolites, pour- lequel nous pourrions supposer, avec vraisemblance, l’antériorité d’existence dans la grande zone centrale d’Europe.
Notre tableau permet de remarquer que, la grande zone septentrionale d’Europe se distingue jusqu’ici, par l’absence totale des deux types: Nautilus et Gyroceras , sans compter Goniatites , dont nous venons de parler. Au contraire, Goniatites est le seul type cosmopolite, qui ne soit pas représenté dans la grande zone septentrionale d’Amérique. On voit, sur notre tableau, qu’aucun des 11 types principaux ne manque dans la grande zone centrale d’Europe.
Il résulte de ces observations, que tous les types cosmopolites contribuent plus ou moins efficacement à établir des connexions entre les diverses contrées siluriennes du globe. Relativement au caractère de l’époque silurienne, imprimé aux faunes seconde et troisième par ces types, nous ferons remarquer, que son intensité est, pour ainsi dire, en raison inverse de leur extension verticale dans la grande série paléozoique. En effet, les plus caractéristiques d’entre eux sont ceux dont l’existence entière est bornée entre les limites verticales du terrain silurien, comme celle des IJtuites — Endoceras — Phragmoceras et Ascoceras. Voir notre diagramme ci-dessus (p. 256).
Connexions génériques et spécifiques.
Quant aux autres types de cette catégorie, qui se propagent plus haut dans la série paléozoique, leur présence seule ne suffirait pas, pour différencier la période silurienne.
Fréquence des types locaux. (Voir Tabl. Nr. 2).
Les types de cette catégorie sont très restreints dans leur extension horizontale, ainsi que l’indique la dernière colonne à droite de notre tableau Nr. 2. Un seul fait exception, sous ce rapport. C’est le sous-genre Gonioceras, qui a été observé dans 8 contrées, dont 7 en Amérique et 1 dans le nord de l’Europe. Mais, par contraste, le nombre de ses espèces est réduit à 2, tandisque le nombre des apparitions locales est de 8.
Les types Piloceras et Ophidioceras , qui occupent le second rang par leur fréquence géographique, ne sont encore connus que dans 3 régions différentes, mais Piloceras , offre 7 apparitions, et Ophidioceras 8.
Au 3 ème rang se trouvent Bactrites — Discoceras — Tretoceras et Glossoceras, qui n’ont été observés chacun que dans deux contrées.
Les 7 autres types, qui complètent cette catégorie, n’ont été signalés chacun que dans une seule région.
De ces observations nous pouvons conclure que, si l’on excepte Gonioceras , tous les autres types de cette catégorie ne fournissent que de très faibles connexions entre les diverses contrées siluriennes. Cependant, chacun d’eux contribue à confirmer le caractère silurien, par le seul fait de son existence sporadique, dans la contrée isolée ou dans les rares contrées, où il est représenté. En effet, on ne doit pas perdre de vue, que les faunes seconde et troisième siluriennes sont jusqu’ici les seules, qui semblent avoir joui du privilège de compter parmi leurs mollusques, ces rares types génériques des Céphalopodes. Ni les faunes dévoniennes, ni les faunes carbonifères, qui renferment d’ailleurs un assez grand nombre de genres et d’espèces de cet ordre, n’ont présenté jusqu’à ce jour aucun type secondaire, comparable à ceux qui nous occupent. On sait, au contraire, que tous les types de ces faunes avaient antérieurement existé durant le dépôt du terrain silurien.
Ainsi, l’apparition de types quelconques, parmi les Céphalopodes, paraît avoir été exclusivement réservée à la période silurienne. Elle doit, par conséquent, être comptée parmi ses privilèges et caractères distinctifs, par rapport aux autres périodes de l’ère paléozoique.
Connexions génériques et spécifiques,
H. Connexions verticales résultant de la propagation des
types génériques, à travers les dépôts siluriens.
Nous devons considérer séparément les types principaux ou cosmopolites et ensuite les types secondaires ou locaux.
L’extension verticale des types de ces deux catégories a été figurée graphiquement par les diagrammes placés sur la page 256. Nous prions donc le lecteur de se reporter h ces diagrammes, qui faciliteront l’intelligence de la présente étude.
Types principaux ou cosmopolites.
Notre diagramme Nr. 1 (p. 256) montre que, parmi les 11 types génériques de cette catégorie, il y en a 9, qui font leur première apparition dans la faune seconde silurienne et 2 seulement qui apparaissent beaucoup plus tard, c. à d. dans la seconde moitié de la durée de la faune troisième.
Parmi les 9 types, qui surgissent durant l’existence de la faune seconde, il y en a 5, indiqués au bas du diagramme, qui semblent avoir existé dès l’origine de cette faune. Les 4 autres apparaissent successivement pendant sa durée.
Parmi ces 9 premiers types, un seul, Endoceras , offre une existence très limitée, car il n’atteint pas même la limite supérieure de la faune seconde.
Les espèces de ce type sont donc exclusivement caractéristiques de la division silurienne inférieure.
Les 8 autres types se propagent à travers la faune seconde, dans la faune troisième. Ils servent donc à établir de fortes connexions, entre ces deux faunes générales. Ce sont: