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V. Répartition horizontale «les formes spécifique

dans les contrées et dans les grandes zones siluriennes.

I. La répartition horizontale des espèces de Céphalopodes, entre les contrées siluriennes, présente au moins autant d’irrégularité que leur distribution verticale. Cette irrégularité se manifeste d’une manière analogue, dans les grandes zones. Mais, dans chacune de celles-ci, nous remarquons semblablement l’existence d'une contrée, qui prédomine de beaucoup sur toutes les autres, par sa richesse en espèces et qui, sous ce rapport, peut être considérée comme le type de la zone correspondante.

1. Dans la grande zone septentrionale d’Europe , la Russie occupe le premier rang, parcequ'elle possède déjà, dans l’ensemble de ses faunes siluriennes. 10 types et 107 espèces. En faisant abstraction des contributions partielles de quelques savans, la découverte de la grande majorité de ces formes est due aux recherches personnelles, longtemps prolongées, d’un seul paléontologue, M. le Chev. d’Eichwald.

L’Angleterre possédant également 10 types génériques, n’a cependant offert jusqu’ici que 92 espèces, qui lui assignent le second rang. Ces chiffres représentent les résultats des recherches initiales de l’illustre fondateur du système silurien, Sir Rodérick Murchison, et en même temps de celles du Rév. Prof. Sedgwick, de Portlock, de Salter et de divers autres savans, comme aussi des explorations du Geol. Harvey d’Angleterre. Puisque tous ces efforts successifs, durant l’espace d’environ 40 ans, u’ont pas réussi à élever le nombre des espèces Britanniques au niveau de celui de la Russie, c’est évidemment pareeque les formations siluriennes d’Angleterre présentent une moindre richesse relative, eu Céphalopodes.

2. Dans la grande zone septentrionale d’Amérique , le Canada se distingue au dessus de toutes les autres contrées, pareequ’il possède à lui seul, et sans le concours de Terre-Neuve, 14 types et 171 espèces. Ce dernier nombre est destiné à recevoir un accroissement considérable, par des publications attendues. Ces chiffres nous indiquent les fructueux résultats des recherches faites par M. M. les géologues et paléontologues

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du Geol. Survey de cette contrée, sans aucune contribution notable de la part des particuliers, si ce n’est celle qui est due aux recherches primitives de M. le Doct. J. J. Bigsby, avant 1823.

Dans l’Etat de New-York, les recherches de divers savans et habiles explorateurs, activement et longtemps prolongées, n’ont mis au jour que 9 types et 127 espèces siluriennes. Nous devons donc reconnaître, comme pour l'Angleterre , que l’infériorité de ces chiffres, par rapport à èeux du Canada, ne peut être attribuée qu’à une moindre richesse des faunes locales.

3. Dans la grande zone centrale d’Europe, la Bohême présente un remarquable contraste entre l’exiguité de Soii bassin silurien et sa richesse en Céphalopodes, exprimée par les nombres de 20 types génériques et de 979 formes spécifiques.

Cette richesse locale, due à des causes qüe nous né salirions apprécier, dépasse de beaucoup celle de toutes les autres contrées siluriennes du globe, réunies, puisque Celles-ci ne possèdent ensemble que 19 types et 663 espèces distinctes, (p. 296.)

Toutes les autres contrées de la grande zone centrale étant très imparfaitement explorées, la Bohème concentre presque toute la richesse de cette zone.

Les exemples qui précèdent suffisent pour montrer l’extrême irrégularité, qui se manifeste dans la distribution horizontale des Céphalopodes, entre les contrées siluriennes. Bien qüe les recherches faites dans diverses régions laissent encore beaucoup à désirer, il est très vraisemblable ,• que l’inégalité qui vient d’être signalée, se maintiendra à l’avenir, parcequ’elle semble exister dans la nature.

Au premier aspect des faits principaux, qhe iious vendus de rappeler, on pourrait être porté à ctoire, que les contrées de la Russie et du Canada ont dû à leur position relative, vers le Nord, les avantages qu’elles possèdent, sous le rapport du nombre des Céphalopodes. Mais, cette première iriipression s’évanouit, lorsqu’on remarque que la Bohême, placée à peu près au centre de l’Europe et séparée des mers septentrionales par des barrières naturelles, prédomine cependant par sa richesse sur toutes les autres régions des deux contiuens. Cette observation nous montre, que l'inflüençe de la latitude n’a pu être que très secondaire parmi les causes, qui ont déterminé la répartition horizontale des Céphalopodes siluriens.

Le nombre exigu des formes identiques, qui existent également en Bohême et dans la grande zone septentrionale, (p. 331) cènfirme cette observation et nous induit à concevoir l’existence de plusieurs centres de création, bien indiqués d'ailleurs par la prédominance des espèces autochtones sur les espèces migrantes, (p. 361 — 365).

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II. Considérons maintenant les grandes zones, sous le rapport de leur richesse totale en Céphalopodes. Les nombres que nous rapprochons dans le tableau suivant, présentent les élémens nécessaires pour la comparaison de ces grandes unités géographiques. Voir p. 258 et 364—365.

types

espèces

Grande zone centrale d’Europe

septentrionale d’Europe . .

septentrionale d’Amérique .

38ll

Nous retrouvons l’influence des contingens de la Bohême dans les nombres, qui assurent à la grande zone centrale d’Europe une prédominance si marquée sur les autres zones comparées.

Sous le rapport du nombre des types, l’avantage de la zone centrale est relativement moins prononcé que sous le rapport des espèces. En effet, les zones septentrionales présentent respectivement, 0.70 et 0.75 du nombre des types de la zone centrale.

Au contraire, sous le rapport des espèces, la grande zone septentrionale d’Europe n’offre que 0.25, et la zone septentrionale d’Amérique environ 0.38, du nombre qui distingue la zone centrale.

Il serait difficile de concevoir les causes, qui ont présidé à une répartition si inégale des Céphalopodes, entre les trois grandes unités géographiques comparées. On pourrait bien être tenté d’attribuer à l’influence des surfaces, la différence qui existe entre les deux grandes zones septentrionales, car leur richesse respective offre une certaine tendance à se mettre en rapport direct avec l’étendue de ces deux zones. Mais, la prédominance de la Bohême ne nous permet point de nous arrêter à cette première apparence. Au contraire, le grand avantage numérique, constaté en faveur du plus exigu des bassins siluriens, pourrait donner lieu à penser, que la part des formes spécifiques attribuée par la nature à chaque contrée, a été en raison inverse de son étendue géographique. Mais, cette apparence ne mérite pas plus de considération que la première. Ce qu’il y a de certain, c’est que la cause de ces irrégularités nous est inconnue.

III. Les documens rapprochés sur le petit tableau qui précède, permettent aussi de comparer la richesse des deux contineus.

Sous le rapport des types, il y a une grande inégalité, en ce que l’Europe en possède 23, tandisque nous n’en connaissons que 15 en Amérique. Mais, on doit remarquer, que cette différence est prin-

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«paiement due aux types locaux, tandisque les types cosmopolites sont en nombre presque égal, savoir: 11 en Europe et 10 en Amérique, (p. 258.)

Sous le rapport des espèces, il y a une beaucoup plus grande disproportion. En effet, les 381 espèces d’Amérique ne réprésentent que environ 0.30 des 1262 espèces d’Europe.

Malgré l’espoir que nous avons, de voir successivement découvrir de nouvelles formes en Amérique, qui possède de si vastes régions siluriennes, encore peu explorées, il nous semble, que l’Europe maintiendra son avantage numérique, surtout, si l’on continue à faire des recherches dans les contrées, dont les roches paléozoïques ont été jusqu’ici peu fouillées par les paléontologues.

VI. Connexions établies par les Céphalopodes, suivant le sens horizontal et le sens vertical, entre les dépôts siluriens.

Nos études paléontologiques ayant été entreprises uniquement dans l’intérêt de la géologie, nous avons d’abord déterminé les caractères particuliers, que les Céphalopodes impriment aux dépôts de divers âges, dans la période silurienne. Nous avons ensuite recherché les connexions qu’ils établissent entre ces dépôts, suivant le sens horizontal et suivant le sens vertical, en appelant successivement l'attention sur les types génériques et sur les formes spécifiques.

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