‹ Distribution des céphalopodes dans les contrées siluriennesChapitre 207 sur 208 · de l’immigration d’espèces étrangères · texte numérisé non relu

de l’immigration d’espèces étrangères

H est clair, que les espèces qui ne pourraient être attribuées à aucune de ces trois sources, sont entièrement nouvelles et représen-

tent l’effet de la rénovation graduelle.

La proportion due à la propagation verticale des espèces identiques est représentée en moyenne générale, suivant nos calculs ci-dessus (p. 371) par . 0.10

La proportion due à l'immigration résulte de même des calculs présentés sur la page 365, et elle s’élève, en moyenne générale à 0.07

ensemble 0.17

Il est beaucoup plus difficile de reconnaître directement, parmi les élémens d’une faune, la part qui doit être attribuée à la filiation, ou à la transformation lente des espèces, car cette appréciation est exposée à beaucoup d’arbitraire. Mais, nous avons présenté diverses considérations, qui aboutissent également à démontrer, que l’influence de la filiation a été presque insensible parmi les Céphalopodes, dans la succession des faunes siluriennes (p. 389 à 399).

1. En considérant d’abord les premières apparitions des Céphalopodes, vers l’origine de la faune seconde, nous avons montré, que

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les formes génériques et spécifiques de cet ordre ont apparu en grand nombre, dans les contrées principales, sans qu’on puisse attribuer leur origine à aucune forme préexistante, puisque on n’en connaît aucune dans les régions en question.

2. De même, en considérant les apparitions des Céphalopodes, après les intermittences totales de cet ordre, observées dans diverses contrées, nous avons constaté, que presque toutes les espèces sont nouvelles et qu’on ne peut reconnaître nulle part, dans les nouvelles faunes, un déficit qu’on puisse attribuer à l’absence des espèces dues à la filiation locale.

3. Au contraire, dans certaines contrées, le maximum des types génériques et des formes spécifiques s’est manifesté immédiatement après une intermittence totale des Céphalopodes.

4 . Dans d’autres pays, un maximum relatif a succédé à un minimum absolu, comme en Bohême, dans notre bande g 3, après notre bande g 2.

5 . Enfin, dans d’autres cas, après un maximum très développé, succède un minimum, comme en Bohême, où les 665 espèces de notre bande e2 sont suivies par les 31 espèces de notre bande fl, sans aucune trace de filiation.

Ainsi, les faunes de Céphalopodes apparaissent et disparaissent également partout, sans qu’on puisse apercevoir les traces évidentes de la filiation des formes de cet ordre.

Ces diverses considérations rendent donc imperceptible à nos yeux l’influence due à la filiation, parmi les élémens constituant une faune quelconque de Céphalopodes, durant la période silurienne. Cependant, comme, dans cette question délicate, nous ne voudrions pas rester au dessous de la vérité, nous avons attribué gratuitement à la filiation une proportion égale à la somme 0.17, qui représente à la fois les proportions dues à la propagation verticale et à l’immigration.

Ainsi, ces trois sources réunies n’auraient fourni que 0.34, en moyenne générale, parmi les espèces d’une faune quelconque de Céphalopodes. H resterait donc moyennement 0.66 d’espèces nouvelles, représentant l’influence de la rénovation graduelle, dans chaque faune distincte.

Cette proportion, si prédominante en faveur de la rénovation, pennet d’élever arbitrairement celle que nous avons attribuée à la filiation. Ainsi , en supposant que la filiation ait fourni 0.33 , au lieu de 0.17, il resterait encore 0.50 pour la rénovation.

Dans tous les cas, la rénovation, ou l’apparition graduelle et successive d’espèces nouvelles, semble avoir contribué à elle seule, au

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moins autant et vraisemblablement beaucoup plus que toutes les autres sources apparentes à fournir les élémens des faunes successives de Céphalopodes, durant la période silurienne.

Nous ferons remarquer, que les proportions admises pour la propagation verticale des espèces et pour l’immigration, au lieu d’être trop exiguës, devront, au contraire, être réduites, parceque nous avons adopté, sans critique, presque toutes les identités indiquées par les paléontologues, soit dans le sens vertical, entre les étages superposés, soit dans le sens horizontal, entre les diverses contrées siluriennes.

• Conclusions de cette étude.

Il nous reste à appeler l’attention de nos savans lecteurs sur l’harmonie qui existe entre les résultats de cette étude sur la rénovation graduelle des espèces et les résultats du parallèle établi ci-dessus (p. 272) entre l’évolution zoologique et l’évolution chronologique des Céphalopodes.

En considérant l'ordre chronologique de l’apparition des types, ce parallèle nous a conduit à reconnaître, que les formes génériques et spécifiques des Céphalopodes siluriens ne pouvaient pas être regardées comme graduellement dérivées les unes des autres, par un passage insensible, à partir des formes les plus simples, jusqu’aux formes les plus compliquées.

Par conséquent, l’évolution successive des Céphalopodes ne saurait être attribuée à une faculté de variation, inhérente à leur nature et uniquement, soumise à l’influence du milieu ambiant.

D’après cette conclusion, il est indispensable de recourir à d’autres causes, pour nous rendre compte de l’apparition successive des formes de cet ordre.

Or, dans notre étude sur la rénovation graduelle, en analysant les élémens d’origine diverse, qui constituent une faune quelconque, moyenne de Céphalopodes , nous venons de constater, qu’à chacune des époques caractérisées par une faune distincte, des formes nouvelles et indépendantes, représentant au moins la moitié des espèces coexistantes, se sont manifestées, sans cause appréciable, et comme par l’effet d'une création spéciale, dans chacune des contrées siluriennes.

Cette conclusion, immédiatement déduite de l'ensemble des faits observés dans le monde silurien, confirme d’une manière manifeste notre conclusion précédente, dérivée du parallèle entre les évolutions zoologique et chronologique des Céphalopodes. L’une et l’autre contribuent également à nous montrer, combien les enseignemens fondés

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sur les faits positifs, constatés par la science, sont eu discordance avec les intuitions spontanées des théories quelconques.

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