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erterne vers le bord cubital interne, Ia marche de l'innervation est inverse au membre pelvien; l'attaque s’y fait ici par les groupes musculaires internes et les contractions y gagnent progressivement, avec les racines inférieures, les masses musculaires externes.
Faut-il y voir une distribution simplement capricieuse, ou plutôt la conséquence obligée d’un ordre anatomique défini ? Estce un pur hasard, une irrégularité de l’innervation, ou bien une disposition organique arrêtée ?
Nous croyons avoir trouvé la raison anatomique de cette loi physiologique dans la situation primitive des membres et dans leur orientation initiale. |
Ji ne faut point en eifet se les représenter avec leur situation modifiée, leurs déviations acquises, leurs adaptations de perfecüonnement. Il faut les placer dans leur position initiale ; les deux membres ne sont primilivement que deux palettes placées à angle droit sur les côtés du corps, dans un plan parallèle à l’are vertébro-sternal, et parallèles entre elles.
A mesure que le développement s’avance, ils s’infléchissent de telle sorte que le ?° article (avant-bras et jambe) se courbe audessous et vers la ligne médiane sur l’article supérieur, et que le 3° segment (main ou pied) prend une courbure opposée. « La face ventrale de l’avant-bras est tournée en dedans, la face dorsale en dehors, la paume de la main et du pied en bas, leur dos en haut. » Le radius et ie tibia sont tournés en avant et vers la tête, le cubitus et le péroné en arrière ow vers l'extrémité caudale ; par rapport à l'axe du membre lui-même, les deux premiers sont dansune position préaxiale,les deux autres ont une situation postaxiale. Chez beaucoup d'Amphibiens et de Reptiles, les membres des adultes ne s'éloignent pas beaucoup de cette position primitive..
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On comprend dès-lors quel intérêt nous avions à faire l’excitation des racines, à en étudier l’action chez des animaux (grenouille et lézard) où le plan d'organisation primitive se retrouve, où la simplicité des agents musculaires et l’orientation pez modifiée des leviers osseux facilitent l’analyse physiologique.
Plus tard, non point par torsion, comme l’admettait Martins, mais par rotation sur leur axe général, les membres modifient leur orientation primitive. Au membre supérieur, la face ventrale devient antérieure, la faee dorsale postérieure; la flexion se fait en avant et parallèlement au plan vertébro-sternal; les deux pièces du second article subissent des déplacements concomitants ; le radius devient externe, le cubitus interne. Au membre inférieur, la rotation fémorale est inverse ; la ligne âpre, primitivement interne et ventrale, devtent postérieure; la face convexe dorsale devient antérieure, le plan de flexion devient postérieur .Quand le fémur a acquis sa nouvelle position, le tibia est devenu interne, le péroné externe.
Nous ne voulons point compliquer notre hypothèse de considérations arides d'anatomie philosophique ; nous ne voulons point la hérisser de subtilités de zoologie comparée; il n’y faut voir aucune intention philosophique, aucune tendance théorique, mais seulement une explication proposée à un résultat expérimental remarquable, une solution provisoire à un point du problème.
Si en effet on restitue cette orientation primitive des deux membres, n'est-il point explicabie alors que les paires supérieures du plexus brachial fournissent au bord radial devenu supérieur ; que les paires sous-jacentes, au contraire, soient attribuées au bord cubital devenu inférieur ? N'est-ce point aussi une distribution rationnelle, commandée par la même disposition, qu'au premier segment du membre inférieur, les adducteurs, qui avant toute rolation étaient prémoteurs du membre, soient innervés par les paires supérieures ou antérieures ; que les fessiers ré-
eh ‘us tromoteurs de lu cuisse soient fournis au contraire par les racines inférieures ou postérieures ? La même hypothèse n’expliquet-elle point qu'à la jambe, le jambier antérieur, à situation pré-axiale, soit innervé avant les péroniers, dont la situation était primitivement post-axiale.
Ce n’est assurément là qu’une hypothèse ; mais elle a le double mérite de s'appuyer sur un fait anatomique et d'être vérifiée par des résultats expérimentaux constants.