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CONCLUSIONS PHYSIOLOGIQUES

De ces expériences, que faut-il conclure ? de ces lois, quel principe faut-il dégager ?

Il semble, en résumé, que la question de distribution topographique prime ici celle de spécialisation physiologique. La distribution des racines n’obéit pas à un ordre fonctionnel préétabli : elle n’est réglée que par la disposition respective des groupes musculaires.

S'obstiner à défendre la spécialité mécanique de chaque racine, c'est une illusion : localiser chacune d’elles dans un système musculaire naturel, c’est une erreur.

Si la spécialité physiologique existe, elle n’est vraie que pour les troncs définitifs : le médian et le cubital sont des nerfs fléchisseurs, le radial un nerf extenseur, Or, chacun de ces troncs étend ses branches d’origine à des segments médullaires multipies ; il faut donc en conclure que les noyaux à action spéciale sont disséminés dans la colonne médullaire, ne se ramassent point en des segments communs, ne se concentrent point en des centres spéciaux. Ils s’élagentau contraire sur toute la longueur et se groupent indifféremment au niveau de plusieurs racines. C’est la division du travail substituée au monopole exclusif.

Chaque racine n’est donc point un système de fibres synergiques réduites à un rôle mécanique commun, limitées à un même système de muscles ayant le privilège d’un mouvement déterminé unique. Elles sont au contraire des faisceaux mirtes à distribution différente et à fonctions multiples. Et cela s’accorde bien avec les nécessités d’une bonne mécanique animale. Si les racines étaient, comme le veut Marcacci, bornées à un

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système musculaire, si chacune d'elles n'était qu'un groupe de filets fléchissants ou extenseurs par exemple, leur fonctionne ment isolé ne produirait que des actions tumultueuses et des contractions incohérentes. C’est une loi mécanique que, dans tout mouvement, les muscles antagonistes modèrent et règlent la contraction par leur tension active ; ils sont comme des ressorts qui graduent l'effet total, qui transforment en actions musculaires coordonnées des contractions qui ne seraient sans cela que des secousses convulsives et des mouvements inopportuns. On comprend donc qu'une même racine, qui fournit à des puissances musculaires opposées, emprunte ses radicules d'origine à des noyaux médullaires différents.

Les plexus nous apparaissent donc comme des centres de répartition qui concentrent en un même tronc définitif des fibres dont le rôle fonctionnel est le méme, mais dont l’origine médullaire est différente.et le territoire de distribution spécia!. L'union de ces branches au niveau des plexus, leur groupement en un faisceau commun, nous expliquent la simultanéité d'action des muscles synergiques ; leur origine isolée, au niveau de racines différentes, nous rend compte de la contraction indépendante d’un groupe musculaire donné dans un même système associé.

On peut dire, en résumé. que chaque racine commande à une région donnée ; qu’elle s’y distribue dans des territoires topographiquement constants mais fonctionnellement indéterminés ; elle est la racine d'un département musculaire donné, elle n'est

C'est qu’en effet il n’est point permis de localiser au niveau

point la racine d'une fonction.

de chaque racine un centre limité à fonction mécanique spécialisée. Au lieu de ces centres simples, avec racines émergentes préposées à un rôle mécanique constant, il faut admettre l'existence de noyaux secondaires disséminés, de groupes cellulaires synergiques affectés à des racines différentes.

ES Le problème est alors de chercher, comme nous l'avons fait, la part d'innervation dévolue à chacun de ces noyaux secondaires ; de décomposer pour cela chaque racine en ses fibres composantes ; de ne point se contenter d’une action violente sur un faisceau aussi complexe, mais d'en faire l'exploration analytique et l'excitalion dissociée ; d'être localisateur, en un mot, non point pour les racines, mais pour les radicules qui les composent. On arrive ainsi à reconnaître dans un tronc définitifla part de chaque faisceau d’origine ; à diviser le territoire d'innervation du tronc tout entier en départements secondaires. C’est là, comme nous allons le voir, une recherche plus féconde en applications cliniques qu’une localisation trop absolue pour chaque racine, ou qu'une svstématisation trop radicale.

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