I.'aUBERGE du bonhomme TROPIOtn
La Hollande est la patrie des chemins de fer. Oe La Haye à Anisterdarti, les ingénieurs hollandais n'ont pas eu un ravin à combler, pas une taupinière t*! fendre.
Au reste, le pays est toujours le même : une vaste prairie toute coupée de cours d'eaux, des bouquets de bois du vert le plus frais, des moutons ensevelis dans leur laine, des vaches avec des paletots.
Rien n'est plus scrupuleusement vrai que les paysages des maîtres hollandais. Quand on a vu Hobbema et Paul Potter, on a vu la Hollande.
Quand on a vu Teniers et Terburg, on a vu les Hollandais.
Et cependant que ceux qui n'ont pas été en Hollande y aillent. Même après Hobbema et Paul Potter, la Hollande est belle à voir; même après Teniers et Terburg, les Hollandais sont bons à connaître.
En deux lieures, nous fûmes à Amsterdam.
Un quart d'heure après, nous montions le perron d'une charmante maison située sur l<i Keisergratz; et, signalés par le domestique qui nous attendait, nous voyions accourir au-devant de nous madame Wittering, messieurs Wittering, Jacobson etGudin.
Madame Wittering était bien toujours la charmanle femme que j'avais déjà eu l'honneur de voir trois lois, belle, modeste, rougissant comme une enfant, gracieux mélange de la Parisienne et de l'Anglaise.
Sa sœur, madame Jacobson, était à Londres.
Ce fut pendant cinq minutes un cliquetis d'embrassades et une gymnastique de poignées de mains.
Gudin était là, je l'ai dit, an'ivant d'ftcosse.
La table était mise.
Je viens de parler avec mes habitudes françaises, en disant (( la table était nrse. »
En Hollande, la table est toujours mise : c'est là que la maison est hospitalière dans toute l'acception du mot.
Chacun de nous avait sa chambre toute préparée dans cette charmante maison, qui tenait à la fois du château et du chalet.
C'était plaisir de voir ces vitres transparentes, ces boulons de porte reluisans, ces tapis dans les salles, dans les corridors, dans les escaliers ; ces domestiques qu'on ne voit jamais et qu'on devine toujours, occupés de propreté, d'élégance et de bien-ôlre.
Tout en nous conduisant à la table, madame Witt(>ring nous rappela que le roi faisait son entrée à trois heures, et que nous avions, chez une de ses amies, une fenèti-e pour assister à cette entrée.
Nous mîmes les morceaux doubles, et, à tiois heures moins un quart, nous nous acheminâmes vers la maison où nous étions attendus.
Nous étions arrivés au It mai. H y avait sept jours que j'avais vu à Paris la fête du 4 mai. A sept jours de date et à cent cinquante lieues de dislance, je voyais une seconde ffite qui, au premier aspect, semblait une" continuation de la première. A Amsterdam comme à Paris, à Paris commis À Amsterdam, nous passions sous une voûte de drapeaux tricolores, au milieu des cris de la population. Seulement
les drapeaux français portent les trois couleurs en pal, lea drapeaux hollandais portent les trois couleurs en faace; seulement à Paris on criait : A baa la royauté! et à Anw-
erdam : Viie le toi 1
Nous fûmes piésontés à nos hôtes d'un instant. C'était un nouvel échantillon d'une maison hollandaise : elle était un pou plus grande que celle de Wittering, était située, comme la sienne, entre un canal et un jardin, la façade sur le canal, le derrière sur le jardin.
Le plafond était orné de belles peintures.
Je m'attendais à rencontrer à chaque pas en Hollande les meubles de laque, les vases de porcelaine, la Chine et le Japon, entassés dans les salles à manger et dans les salons; mais les Hollandais sont comme ces propriétaires dédaigneux qui n'estiment, pas ce qu'ils ont. Je vis force étagères françaises, quehjiies figurines de Saxe, mais peu de paravens, peu de potiches, peu de chinoiseries.
A trois heures un quart, nous entendîmes un grand bruit ((ui nous fit courir aux fenêtres. C'était le commencement du cortège. Nous vîmes déboucher d'abord la musique, puis la cavalerie, puis du peuple et des voitures mêlés ensemble, puis enfin une garde nationale à cheval, vêtue en habits bourgeois, sans autre arme qu'une cravache, sans autre distinction qu'un grand cordon de velours cramoisi.
Le tout élait précédé de deux ou trois cents ouvriers et gamins qui jetaient leurs casquettes en l'air et chantaient l'hymne national de la Hollande.
Seulement, il y a cela de remarquable, que l'hymne national des Hollandais, c'est-à-dire du peuple le plus républicain de la terre, est un hymne monarchique.
Pendant que je rêvais à toutes les entrées royales que j'avais déjà vues dans ma vie, le cortège défilait, et le roi venait à nous au milieu d'une douzaine d'officiers généraux ou de grands officiers de son palais.
C'était un homme de trente à trente-deux ans, blond, avec des yeux bleus auxquels il sait donner tour à tour une grande expression de douceur et de fermeté, et une barbe <iui lui couvre le bas du visage.
L'ens(mble de la physionomie était sympathique, les saints étaient afi'ables et reconnaissans.
Je m'inclinai à son passage, et lui, se retournant, me salua particulièrement de l'œil et de la main.
Je ne pouvais croire que c^ double salut s'adressât à moi; aussi me retournai-je pour savoir qui venait de re-^ cevoir cet honneur royal.
Jacobson comprit mon mouvement.
— Non, non, me dit-il, c'est bien vous que le roi a salua
— Moi que le roi a salué? Impossible, il ne me connaît pas.
— Voilà justement pourquoi il vous a reconnu. H sait toutes nos figures par cœur. Il a vu une figure étrangère, il a dit : C'est mon poêle.
Ce qu'il y a de cui-ieux, c'est que c'était vrai, et que le lendemain le roi me le dit lui-même.
Le roi était à cheval, et portait l'habit d'amiral.
Une grande voilure dorée venait ensuite ; elle était traînée par huit chevaux blancs,' tenus chacun à la bride par un valet en livTée. Aux deux côtés de la voiture, eu équilibre sur des marchepieds, on reconnaissait les pages à leur uniforme rouge et or.
Une femme de vingt-cinq à vingt-six ans, deux enfans de six à huit ans, étaient dans la voiture et saluaient.
Les enfans, sans songer à rien, la femme en songeant trop peut-être.
Cette femme et ces deux enfans, c'étaient la reine, le prince d'Orange et le prince Maurice.
Il est impossible de voir une figure plus gracieuse et plus mélancolique à ia lois que celle de la reine : c'est la lenune dans toute sa grâce, la princesse dans toute sa majesté.
J' li ttu l'honneur d'êlre reçu trois fois par elle pendant
ŒUVRES COMPLtTi:S D'ALEXANDRE DU^fAS.
les deux jours que je suis resté à Amsterdam ; pas un mot de ce qu'elle m'a dit, je ne l'ai oublié.
Que son peuple lui soit bon et tidèle, et que Dieu ne change jamais sa mélancolie en douleur!
Le cortège passa, s'éloigna et disparut. Vision étrange, dans cette époque où les rois semblent marqués du lau fatal !
Hélas! qui a eu raison d'eux ou des peuples?
La voilà cette grande énigme à laquelle ont été sacrillés Charles I" et Louis XVI.
La restauration de 1600 a donné tort au peuple.
La ré\o'ution de 1848 a donné tort aux rois.
L'avenir décidera. Seulement, je parierais pour les peuples.
Le cortège passé, disparu, je n'avais plus afTaire à Amsterdam que le lendemain à onze heures. Je demandai donc congé à mes hôtes, en les priant de me donner des renseignemens sur la faroa dont je pouvais me rendre à 'Monnikendam.
Celte fantaisie leur parut étrange. Que pouvais-jo avoir ;") faire à L'onnikendam ?
Je me gardai bien de leur dire que j'étais h la recherche d'une femme marine.
J'insistai seulement pour aller h Monnikcndam.
On me donna pour m'accompagner le frère de Wittering.
Alexandre se séparade moi ; il voulait aller à Brock.
Ciard demeura attaché à ma fortune, et déclara qu'il m'accompagnerait à Monnikendam.
Biard, je le crois, était un peu honteux d'avoir été au cap Nord, d'avoir, de l'extrémité la plus avancée de l'Europe, vu deux mers, et, dans ces deuï mers, de n'avoir pas rencontré une seule femme marine.
Il comptait sur mon étoile, à défaut de la sienne.
Arrivé sur le port, je me mis, ou plutôt je priai mon guide de se mettre à la recherche du père Olifus.
La recherche fut longtemps infruclueuse; la barque était bien là, mais le patron n'y était pas.
Eniin on le découvrit dans une espèce d'alfreuse taverne où il avait des habitudes. On le prtvint qu'un voyageur qui partait pour Monnikendam ne voulait partir qu'avec lui.
Cette préférence le flatta; il consentit à quitter son grog, et s'avança tout souriant vers moi.
-- Voilà le père Olifus, me dit l'homme qui, sur la prière do Wittering, avait bien voulu se mettre à sa recherche.
Je donnai un florin à mon dénicheur d'homme.
Le père Olifus aperçut le florin, et, voyant le prix que je l'estimais, devint plus aimable que jamais.
Pendant ce temps, je l'examinais avec une curiosité proportionnce à son importance.
Biard le croquait.
C'était, comme on me l'avait dit, un vieux loup de mer de soixante à soixante-quatre ans, ayant plus du phoque que de l'homme. Cheveux blancs et barbe blanche, tous deux longs d'un pouce ; cheveux et barbe raides comme les poils d'un écouviiion ; yen t ronds, d'un bleu faïence, à prunelles humides; bouche fendue jusqu'aux oreilles, laissant percer deux dents jaunes, plantées de haut en bas conmie des dents de morse ; teint acajou.
Il était vêtu d'un large panialon, qui autrefois avaient été bleu, et d une espèco do [lalelot à capuchon, sur les coutures duquel on pouvait distinguer encore quelques ornemens qui assignaient à ce paletot une origine espagnole on napolitaine.
Une de, SCS joues était gonflée par une énorme chique comme par une fluxion.
De temps en temps un jet de salive noire s'élançait de sa bocche avec ce sifflement tout particulier aux chiqueurs.
— Ah ! vous êtes Français, me dit-il.
— D'où le savez-vous?
— Bon ! ça ne serait pas la peine d'avoir vu les quatre
parties du monde, l'Asie, l'Afrique et l'Amérique, si on ne reconnaissait pas un homme du premier coup. Français, Français, Français !
Et il se mit à chanter :
Mourir pour la patrie...
Je l'arrêtai court.
— Ah.! pas cela, père Olifus, hein ! autre chose.
— Pourquoi cela?
— Parce que je connais ce refrain-lè.
— Bon, connu*' vous voudrez. Vous désirez donc aller à Monnikendam ?
— Oui.
— Et vous tenez à ce que ce soit le père Olifus qui vous y mène, vous, pas bête ?
— Oui.
— Eh bien ! on va vous y mener, et sans faire de prix encore...
— Et pourquoi sans faire de prix?
— Parce qu'on a des yeux, et qu'on a vu, ça suffit ; y couchez-vous, à Monnikendam?
— Oui.
— Eh bien ! je vous recommande l'auberge du Donhomme Tropique.
— C'est justement là où je vais. V
— Elle est tenue par ma fille Marguerite.
— Je sais cela.
— Ah ! fit le père Olifus ; ah ! vous savez cela. Bon ? Et il eut l'air de réfléchir.
— Eh bien ! si nous partions, père Olifus?
— Oui, oui, partons. Puis, se retournant de mon côté : Je sais pourquoi vous venez, vous.
— Vous le savez?
— Je le sais ; vous êtes un savant, et vous voulez me faire parler.
— Est-co que ça vous fait de la peine de parler, père Olifus, quand on arrose le commencement de la conversation avec du tafia, le milieu avec du rhum, et la fin avec du rack ?
— Tiens 1 vous connaissez la gradation ?
— Oh ! ma foi! non ; c'est par hasard.
— Eh bien ! on parlera, mais pas devant les enfans, entendez-vous ?
— Et où sont-ils, les enfans?
— Vous allez les voir.
11 se tourna vers trois directions différentes, et siffla.
Le sifflement du pèro Olifus ressemblait fort au cri d'une locomotive.
A ce sifflement, je vis venir dans des directions difterentes cinq grands garçons qui s'acheminaient vers un centre connnun.
Ce contre commun, c'était Biard, le père Olifus et moi.
— Cà, Jonrhim ! çà, Thomas ! çà, Philippe ! ci, Simon et Jude ! cria-t-il en hollandais, dépêchons-nous un peu. Voilà de la pratique pour nous et pour voire sœur Jlarguerite.
Au nom de Marguerite, et à la façon dont le père Olifus parlait aux cinq grands gaillards qui s'avançaient vers nous, je compris à pou près ce qu'il venait do dire.
— Ah çà ! père Olifus, rsl-c« ipie c'est là un échantillon de cette belle famille dont on m'a parlé?
— A La Haye, n'est-ce pis, nu musée? Il faudra que je lui fasse une remise, à ce vieux coquin-là. Oui, ce sont mes cinq fils.
— Alors vous avez cinq fils et une fille?
— Une fille et cinq fils, dontdeux jumeaux, tout autant, Simon et Jude: le plus vieux a vingt-cinq ans.
— Et tous de la même mère ? demaudai-je avec une certaine hésitation.
Olifus ni'- regarda.
— De la même mère, oui ; de ce cAté-là, c'est sûr. Je n'en dirais pas autant uu côté du.... Mais, chutl voilà les enfans ; pas un mot devant eux.
LES MARIAGES PU PÈRE OLIFUS
Les enfens passèrent devant moi en me saluant et en regardant avec défiance leur pfre ; il leur avait semblé sans doute que le bonhomme avait déjà bavarJé.
— Allons, allons, les en'ens, à la barque I dit le père Olifus, et montrons à monsieur que nous ne serions pas déplacés sur un bâtiment de quatre-vingts.
Trois des jeunes gens descendirent assez vivement dans la barque, tandis que les deux autres tiraient la chaîne pour la rapprocher du bord.
Nous sautâmes sur l'arrière, où le père Olifus descendit assez légèrement encore. Puis enfin les deux derniers fils, Simon et Jude, nous suivirent, et équipage et passagers se trouvèrent au complet. Il me parut que Simon et Jude ne se quittaient jamais, car ils s'occupaient à relever le petit mât qui était couché au fond de la barque, tandis que le père s'asseyait au gouvernail, que Joachim détachait la chaîne, et que Philippe et Thom.as, armés chacun d'un aviron, manœuvraient au milieu des milliers de barquesèt de bâtimens qui encombrent le port.
Une fois débarrassés des obstacles nous pûmes hisser la voile. Le vent était bon ; iicus avançâmes rapidement. Au bout de dix minutes, nous avions doublé le petit cap qui nous interceptait la vue, et nous voguions en plein Zuyderzée.
Au bout d'une demi-heure, nous passânaes entre Tidam et l'île de Marken.
Olifus me toucha du bout du doigt.
— Regardez bien ces grands roseaux-là, dit-il.
— Sur le bord de l'île 7 demandai-je.
— Gui.
— Fh bien I je les regarde.
— C'est là que je l'ai trouvée.
— Oui ?
— Chut !
En effet, Joachim avait vu le mouvement, s'était retourné de notre côté, et avait, en haussant assez irrespectueusement les épaules, lancé un regard de reproche à son père.
— Eh bien! quoi, les enfans? dit celui-ci; rien. Tout rentra dans le silence.
Au bout de cinq minutes, nous étions dans le petit golfe, et nous commencions à distinguer le village qui s'élevait à notre gauche.
Les jeunes gens avaient plusieurs fois jeté lés yeuï du côté du raidi, et, quoique leurs regards ne fussent pas inquiets, ils étaient occupés.
— Qu'ont donc vos enfans? demandai-je; ils ont l'air d'attendre quelque chose.
— Oui, ils attendent quelque chose qu'ils aimeraient autant ne pas voir venir.
— Et qu'altendent-ils?
— Le vent...
— Le vent?
— Oui, le vent, le vent du midi; et ce soir il faudra probablement veiller aux digues. Tant mieux pournous...
— Pourquoi tant mieux pour nous?
— Oui, nous sa-ons tranquilles et nous pourrons causer.
— Cela ne vous contrarie donc pas de parler de...
— Moi, au contraire, ça me soulage te cœur. Mais c'est comme s'ils s'étaient donné le mot pour prendre le parti de celte carogne de la Buchold. Bon, voilà que j'ai laissé échapper le mot, et qu'ils l'on' entendu. Regai'dez les yeux que me font Simon et Jude. Ce sont pourtant les plusjeunes, ils n'ont pas vingt ans. Eh bien! ils sont déjà comme les autres.
— Qu'est-ce que la Buchold?
Les jeunes gens se retournèrent en fronçant le sourcil.
— Bien! voilà que vous répétez le mot. Vous allez vous faire bien venir, vous.
En effet, nos cinq matelots paraissaient être d'assez mauvaise humeur.
Je me lus.
Notis approchions du petit village, qui, à mesure que nous svancious, semblait sortir de l'eau.
— Ne faites semblant de rien, me dit le père Olifus, et regardez 0 voire gauche.
.In vis vu cimetière.
Il cligna de l'œil d'un air triomphant.
— C'est là qu'elle est, dit-il.
Je compris, et celle fois je me contentai de répondre par un petit hochement de tète.
Jlais notre dialogue, quoiqu'à moitié muet, n'avait point échrppé à Thomas, qui. f-n opposition sans doute avrc le sentiment de satisfaction que paraissait éprouver srtn père, poussa un soupir et fit le signe de ia croix.
— Tiens, vos enfans sont catholiques? lui demandai-je.
— Oh! mon Dieu, oui! ne m'en parlez pas, ilsnesareni qu'imaginer pour me faire enrager, ces gaillards; au reste, j'ai tort de leur en vouloir : ce n'est pas leur faute, mais celle de leur mère.
— Ah! k-ur mère était...
— Le jour oïl je l'ai houvée, je l'ai taissce traîner un instant. Crac, pendant ce lemps-là le curé l'a baptisée.
— Mon pèrel dit Philippe, qui était le plus près de nous en se retouraailt.
— Bon! dit-il, on parle de saint Jean, qui a baptisé Notre-Seigneur dans le Jourdain, et pas d'autre chose.
En même temps, se levant, il fit avec son bonnet un signe de salut.
— Eh! Marguerite!... ehl... cria-t-il à une belle fille de dix-neuf à vingt ans, debout sur le seuil de sa porte, prépare fa plus belle chambre, et fais un bon souper; je t'amène de la pratique.
— Allez devant, et atlendez-moi dans votre chambre. Pendant qu'ils seront aux digues, je monterai chez vous, et, tout en fumant une pipe et en buvant un verre de tafia, je vous conterai la chose.
Je lui fis un signe d'assentiment, auquel il répondit pajun coup d'œil narquoif ; et avait mis pied à terre avec l'aide de Simon et de Jude, nous nous avançâmes vers l'auberge du Bonhomme Tropique, sur le seuil de laquelle, le sourire aux lèvres, nous attendait notre belle hôtesse.