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s^iisent et <1éi>éi'iss<uit sous les eflets du tr:ivail iiiaitiiel, sont réliabilités par la nourriture de ehaque jour, le repos — de même les tissus cellulaires du cerveau, les cellules coBuposaiites de la cervelle perdent de leur valeur, se vident en partie de leurs sncs, ou substances intég'rantes sous l'eflTort mental qu'on leur fait subir, dans la naise en activité «le nos facultés intellectuelles. La cellule du cerveau épuisé, au lieu d'être pleine et replète de matière nerveuse, est à cavités remplies d'eau ; ce qui veut dire que la substance cellulaire a dépéri, a été consumé, tout comme la houille dépérit et diminue pour produire la chaleur qu'on en tire. Durant le sommeil au contraire, les tissus se reposent et reprennent leui; embonpoint, leur vigueur. Voilà i^ourqfoi, c'est pour l'homme une récréation, une relaxation, de changer de besogne. Fatigué d'une lecture scientifique, je trouve le repos des tissus affectés à cette étude, en faisant une lecture littéraire qui met en activité d'autres cellules, et de cette lecture je puis encore passer à celle des anecdotes et des petits mots pour rire qui fait reposer les secondes pour en activer une autre catégorie. Enfin l'esprit fatigué de ces trois sortes d'exercises mentales, trouve encore son repos dans le far niente d'un cigare, d'un verre de vin réhabilitant, d'une promenade à ciel
ouvert, où ce sont les cellules ayant trait aux phénomène de la vision, de l'audition qui sont mises enjeu pendant que les autres jouissent d'un sommeil comparatif. Enfin le cerveau tout entier devient las, fatigué, épuisé et alors c'est le grand récupérateur, le sommeil qui vient rétablir l'équilibre. De même encore l'esto mac rassasié, fatigué d'un mets peut cependant manger d'un autre mets, puis encore d'un autre, jusqu'à ce qu'enfin il lui faut à lui aussi le repos.
923 — Camille Flammarion vient de lire devant la " Société Astronomique de France " (Revue mensuelle, juin 189S) une étude oîi il fait voir à ne pouvoir en douter que la feuillaison, lu floraison des marronniers de l'avenue de l'Observatoire à Paris, et il en est de même des lilas de l'endroit, accuse un rapport accentué avec l'augmentation dans la sujjerficie des taches du soleil. " Nous pouvons, je crois, dit FJamuiarion, conclure de cet ensemble de fiits : \° qu'il «'xislo une corrélation cc>rt:iine ciilrc te soleil et le«> phénomènes périodiques <le la vie terrestre : et 2° que le soleil envoie plus de chaleur à la terre aux époques de maximum de taches qu'au.K époques de miuinunn. Il ne semble pas que les astronoincs Jouissent se soustraire à cette conclusion, malgré son
apparence paradoxale. Les taches solaires ne représentent donc pas une diminution dans le pouvoir émissif de l'astre du jour ; elles sont au contraire rindice d'une plus grande activité. Au nombre de " l'ensemble de faits " sur lesquels se base notre astronome est celui que la couvaison du moineau coincide avec la floraison des marroniers, des lilas, des pivoines et des glycines. L'éclosion des petits suit de deux jours, en moyenne, la pleine floraison de ces végétaux. Il est curieux, a joute-t-il, de constater que malgré bien des influences étrangères, l'hirondelle, le rossignol et le coucou £e mettent en route en obéissant à un ordre du soleil. Un autre iait non nK>ins remarquable serait que la température des mois de mars et avril indique sensiblement celle de l'année entière. Ces conclusions sont fondées sur des oljservations continues de 1874 à 187S — puis régulièrement tous les ans de 1886 à 1898.
924 — Quénisset et Fouchet dans le bulletin mensuel do la Société Astronomi(jUQ de France pour juin 1898 nous disent dans une étude sur " L.C' cré|»uscnle et sa plioto^ïi'apliic " que du 15 juin au 1er juillet, le soleil dans la latitude de Paris — celle de Québec à peu près — ne s'abaisse pas assez, audessous de l'horizon I>our éliminer tout à fuit le crépuscule et (jue de fait
durant cette quinzaine il n'y a point pour cette latitude de nuit à absolument parler. Ces messieurs ont pu photograjîliier le crépuscule, ce qui indique chez lui un pouvoir photogénique suffisant pour donner son image à la chambre noire entre onze heures du soir et une heure du matin.
925 — Certaines tache*» brunâtres, ou brûlures sur les feuilles «les arbres ou plantes
sont dues à ce que, les gouttes de pluie ou de rosée à leur surface agissent comme des lentilles de miroirs ardents, concentrant les rayons de chaleur du soleil en un foyer assez ardent pour produire l'efiet remarqué.
926— Je disais (Xo. 'J14) que le caractère d'impression ne devait pas être moindre que de j',^ de pouce Ce qui est peut-être inénie plus important, est que les espaces entre les lignes soient de l de pouce ou du double de la largeur de la ligne du texte.
927 Un statisticien français vient de compiler un
tableau du temps que Ton mettait autrefois à se rendre de Paris à une ville frontière
et du temps qu'il faut aujourd'hui pour faire le uicuie ti'ajet. Les époques de comparaison sont pour 1650, 1782, 1834, 1854, 1S'J7. En 1G50 il fallait 5 jours pour se rendre de Paris à Calais. Cent trente deux ans plus tard, en 1782, la durée du voyage avait été réduite à 60 heures. En 1834 il ne fallait plus que 28 heures ; et en 1854, 6 heures et 4(^ minutes. Aujourd'hui c'est en trois heures et quarante minutes que le bateau-express fait le trajet ; c'est-à-dire dans la 33ème partie du temps ou dans 3 par cent du temps qu'il fallait autrefois — Le voyage de Strasbourg qui prenait en 1650 218 heures, 108 heures en 1782, 10 heures 40 minutes en 1854, est aujourd'hui affaire de 8 heures 20 min La difïérence dans le cas de Marseille est encore plus frappante: de 15 jours en 1650, la durée du voyage fut réduite à NO heures en 1834, et il faut aujourd'hui 12 heures et demie pour faire ce
trajet On mettait il y a deux siècles 388 heures (16
jours) de Paris à Bayonne, espace qu'il ne faut plus de nos jours que onze heures, onze minutes à franchir —
On arrive à Brest en 13 h. 37 m distance qu'il fallait
autrefois 270 heures à traverser — Enfin 97 heures était réputé vif en 1650 de Paris au Havre, réduit à 15 heures en 1782, sept hs. en 1S34, aujourd'hui 3 hs. 15 ms. — D'ailleurs chacun sait que c'était autrefois un voyage d'une semaine de Québec à Montréal, distance de 60 Ueues. Aujourd'hui on fait le trajet en une seule nuit
par les bateaux de la Compa^-nie du Richelieu ; ou affaire encore de seulement 6 heui-es par le chemin de fer du Pacifique ou même au Vjesoin de trois heures et demie par train de vitesse.
92§ — A Londres, 136^465 enfants d'école ont pris part à un concours ayant trait au devoir de boulé envers les niiiiiiaiix.
Le phare sur le rocher Arroish dans les Hébrides est à 500 pieds de la côte — Poiii" sauver le coût d'un assistant snr le rocher, la lumière est produite à terre, et jirojetée pardessus l'eau sur un miroir dans le phare : ce dernier à son tour, la réfléchissant dans ladiiection voulue " Der Wcstfole."
Parmi les iieiisioiinaires bien ou lual venus dans les foiiriniilères à Paris, il y a, entre autres insectes, un escarbot qui quand on l'enlève aux tendres soins de ses " vaches laitières" périt, ne connaissant d'autres moyens de se sustenter. Jouet nous dit que le Lepisma s'introduit dans la fourmilière et pendant que deux fourmis se partagent une goutte de miel, ce petit voleur vient en intercepter une part, en se plaçant a<lroitement, ou se fauHlant entre les bouches juxtapo-ées des fourmis.
Il est constaté par nombre d'ex2'ériences en élimi-
nant la foret sui- le Rhin près Strasbourg, que dans une heure les ' micrococci,' et dans deux heures les ' vibrions ' ont franchi 2-1 pieds de gravier entre deux puits creusés à l'effet d'étudier cette vitesse de traiisiiiissioii des bactéries.
939 — Influences cliinalériques. Le Dr. Bowditcli, dit le journal ' ïlie In<lependant' que les Américains nés de parents étrangers, sont plus grands que leurs ancêtres (plus gros, plus résolus) notre climat d'Amérique étant plus sec, plus stimulant que le climat euroi^éen. Il parait aussi que le moineau anglais introduit ici, il y a . 3U ans, a déjà subi un changement— Sur 1700 œufs examinés à cet eflet par le Dr. Bumpus, dont moitié d'Angleterrej' moitié d'Amérique (Providence N. J.), il a trouvé que ces derniers présentent plus de modifications que les premiers, étant plus petits, plus arrondis, plus variés de couleur. Cockerell a trouvé que l'escargot européen ordinaire, rendu sur ce nouveau continent, no tarde pas à présenter des variations inconnus en Angleterie, pendant que pour le papillon, Pioris napi, \'2 variétés, et de P. rapœ, quatre variétés ont paru sur le sol américain durant les quelques années que leur présence y a été remarquée. Ne soyons donc point empressés de rejeter la théorie évolntionnaire de Darwin.
d30 — F. Falie, de l'Observatoire de Bruxelles, conclut d© ses études sur les gelées blanches
qu'elles s'exercent, s'accentuent au fond des gorges, des ravins et s'attaquent aux arbres et herbes de basse futaie. L'air froid, dit-il, coule du sommet vers le fond, et se refroidit dans sa course. Les fonds sont plus exposés que les plateaux aux gelées blanches. En descendant de Saint-Ménard à Florenville par la gorge des Epioux, on voyait que les liêtres avaient été gelés d'autant plus qu'ils étaient moins hauts et qu'ils étaient situés plus bas dans la gorge. Tandis qu'à Herbeumont même les bois étaient parfaitement verts ; à peine arrivé dans cette gorge (route des ardoisières de Herbeumont à Bertrix) le phénomène curieux se faisait remarquer avec une régularité frappante : on constatait qu'un bois de grands hêtres était tout à fait jouge. On se fut cru a la fin de l'automne, et la teinte était si uniforme et si belle que j'hésitais à l'attribuer à la gelée. Notre professeur conclut à la nécessité du reboisement des plateaux pour retarder, arrêter l'écoulement de l'air froid vers les vallées.
931 — Je n'aime point avoir devant moi une tête chauve, et je suppose naturellement que les autres ne l'aiment j^as davantage. Voilà pourquoi je prends
toujours autant que possible un siège de derrière — Celui qui est derrière vous peut toujours être votre ennemi ; c'est comme un courant d'air auquel on aime mieux faire face. Foule «le personnes aflectioniieiit ees sièg'es sulossês iî. un pilier, à la muraille* Je ne parle point d'une femme qui a une luxuriante chevelure, un beau chapeau, une jolie toilette — celle-là se met en évidence. Ce sont au contraire les mal peignées, lea mal coiffées qui cherchent ainsi à s'adosser à la cloison. Il y a aussi la satisfaction d'un sentiment de sécurité, dans cette situation où personne ne peut vous prendre à tergo. Chacun a ou connaît, dans son église paroissiale, un nombre de ces places où il se sent à l'abri des quolibets qui peuvent se dire sur son compte, son physique, sa mise, et est fort contrarié de se les voir enlevées par d'autres.
939 — J'ai à l'ôg^lise de la Basilique des endroits d'où je puis voir ù. la fois les cinq autels, de la nef, des chapelles Ste-Famille, Ste- Anne, du Sacré-Cœur et — suivant le côté — la chapelle des fonts baptismaux ou celle de St-Joseph, .Je me dis que c'est moi qui ai trouvé cela et que ça m'y donne un certain (h oit et je me fâche tout rouge — mais toujours, bien entendu, d'une sainte colère —
suivant le précepte : " irasclniini sed nolite peccare," quand je trouve ces places prises par d'autres. Personne n'aime, ne peut tolérer qu'on empiète sur ses droits — Il en est ainsi de tout le monde ; chacun a, (No 931) dans l'église qu'il fiéquente de ces petits coins qu'il affectionne, et d'oîi il peut voir sans être vu.
933 — iVInnière «le prendre son père. Un
gnis de dire: N'est-il pas vrai papa que l'enfant est le jière de riioiiiine ? Sans doute, inoii fils. Eh bien papa, ])uisque je suis ton pèie voilà de la njonnaie pour aller t'aiiiuser au cirque et acheter des bonbons. Le père ne fut pas lent à couiprendre et à s'exécuter — ^Je montais à Montréal ; mou tils, âgé alors de quelques huit ans, uie reconduisait à bord. Chemin faisant il me dit — Papa si j'étais toi, et que tu fus moi, il me semble que ça me coûterait de te laisser en arrière. Je ne réjiondis rien, et ne fis pas .-emblant de m'apercevoir que le petit était embarqué, afin d'en avoir l'air tout surpris après que le bateau ayant laissé le quai, il serait troj) tard pour lui enjoindre de s'en retourner.
934— Faut toujours parier en bien de sa ville et de sa belle-mère. Votre ville est celle
où vous gagnez votre vie ; il ne peut y avoir au monde pour vous un meilleur endroit. Votre belle-mère est la grand-mère de vos enfants. Règle générale, ils ne trouveront jamais une meilleure amie — Ça dépend de la manière d'envisager les choses, du rapport sous lequel on les considère. On a pour habitude d'avoir des torts, une dent contre sa belle-mère et pour cause — mais comme on vient de le voir elle a son bon côté ; et c'est encore à inscrire au chapitre des compensations de ce bas monde.
935 — On lit dans le " Reynold's Newspaper " de Londres sous l'en-tète : *' A|>|>^^f ils lliéi-arclii-
Cliiques " que durant le règne de Edouard IV, un Archevêque avait droit à deux cygnes ou deux capous dans un plat— un Evêque, à un seul ; un Archevêque, à six merles à la fois — un Evêque, cinq — un Doyen (Dean) quatre — un Archidiacre, deux. Si le Dean avait 4 plats à son premier service, il perdait le ilroit aux fritures et aux ' custards ' (iians). On permettait à un Archevêque, six bécasses à la fois — un Archidiacre, seulement deux. Les lapins, allouettes, faisans, perdrix étaient servis à ces dignitaires toujours dans les mêmes proportions. Ce n'est que le dimanche qu'un Chanoine résidentiel avait droit à un cygne
pendant qu'un Recteur ou Curé, de seize marques, ne devait avoir que trois merles par semaine.
936 — Rien de plus pénible pour un amateur de chiens, que le chagrin, la détresse d'un chien séparé de son maître dans les rues encombrées d'une grande ■ville. Le chien fait voir qu'il est perdu ; ses actions font foi de l'état troublé de son esprit. Il court précipitemment ça et là, s'arrêtant de temps à autre comme pour entendre la voix familière, le siffle de son maître. Arrive alors le gamin, la demi brique à la main, qui la lui lance par la tête et crie au " chien enragé." Suit un paragraphe de journal : " un chien enragé " et voilà l'origine de tous ou de la plupart de ces «< chiens enragés'' qui ne le sont point et qui ne sont que des chiens éperdus. Il y en aurait moins de ces chiens perdus et que l'on s'obstine à dire enragés, si leurs maîtres avaient le bon sens de savoir que la meilleure manière de retrouver son chien est de s'arrêter à l'endroit même où on l'a perdu, car le chien revient toujours et infailliblement à l'endroit où il a perdu son maître.
93'S' — La. Princesse de Oalles vient de planter à son acquit une aigrette dans le chapeau des amateurs
d'oiseaux, en désapprouvant de la manière la plus accentuée la cruauté dont on fait preuve déjà depuis quelques années en détruisant, tuant l'orfraie (le balbusard) pour en orner les coiffures de dames. La douce Alexandra dit qu'elle a toujours le soin, en achetant un chapeau, de s'informer de la provenance des plumes qui servent à l'orner et de la manière de les obtenir et qu'elle iie'porte jamais une plume lorsque pour l'ohtcnir il a fallu user «le
cruauté.
93§ — Le duc d'Arcos, aujourd'hui ministre espagnol au Mexique, est surtout fameux pour les délicieux petits jambons produits sur son domaine. Ce sont des jambons de coclioiis nourris aux vipères, ce
qui donne, dit-on, à la viande un piquant, un parfum, une délicatesse de goût et des qualités vivifiantes tels qu'il n'y au monde aucun mets qui puisse lui être
comparé.
939 — Un curieux à l'endroit du coiit de se faire euterrer au It'estiiiiiister, s'est donné la peine lors des funérailles de Gladstone, de recueillir des statistiques à ce sujet. Il constate qu'il en coûtait autrefois de £150 à £100 (?750 à $800) pour ce faire, sans compter ce qu'il y avait à payer pour bandou-
Hères, crêpes, gants, etc., portés au mémoire de frais du croque-mort. Le Dean Stanley durant sa tenure d'office introduisit plusieurs réformes dans l'échelle des honoraires — entre autres (pour ne pas s'oublier lui-même) au doyen et sous-doyen, des émoluments s'élevant à £40.6 s. (quelques $200) ; des honoraires aux chantres et officiants de £11.8 s. avec 90 paires de gants pour ceux et celles chantant au chœur. Ce dernier item fut plus tard commué en une contribution de £15. Une pénalité de £5 en faveur de l'emploi des lainages du Yorkshire fut imposée contre ceux qui ensevelissaient au coton. Ce n'est qu'en 1871 qu'on a fait fi de ce reliquat du passé. Jusqu'à il y a dix ans passés, l'entrepreneur des pompes funèbres jouissait du privilège de fournir aux membres du clergé, aux officiants et choristes des bandoulières en soie, des crêpes ou cordons de chapeau et des gants. Le Dean Stanley commua encore en une somme fixe de £31.2 le privilège qu'avait le croque-mort de charger à peu près ce qu'il voulait pour ce service. Aujourd'hui, dit le même auteur, le coût maximum d'une inhumation au Westminster n'est plus que £110, 5 s., 4d. ($550) et on peut le faire à $100 de moins. La différence est due à celle dans le montant à payer à la Fabrique qui est de £2(1, £3tj, ou £46 suivant le degré, le ton, la position sociale de la personne à enterrer. Les honoraires payables au doyen, chanoines, choristes, offi-
ciants et au porte verge ou bedeau sont aujourd'hui cumulés en une somme en bloc de £3i, 2 s. Gd.
040 — Se «loiiiM'S' Vi\if «l'être nii^vi bien l»oiii-vii que ceux qiai en ont |»iii8 le moyen.
C'ei^t ce que font les Génois, et en cotisant plusieurs faïuilles, chacune sa (piote part pour acheter une voituie lie ]iromenade. La famille de A. en a l'usage le liiiuli, celle do B. le mardi, C. le mercredi et ainsi de suite ; mais pour que l'on ne soujjçonne lien de la sorte, chaque famille a une paire de i)ortes dont elle se sert à son tour, et sur chacune des<iuelles figur6nt ses armoii'ies. Ces jioites s'ajustent facilement au véhicule, et se dépendent avec la même facilité au retour ù la maison.
î>41 — Dans un récent concours où il s'agissait de «leviner :tn flair, tcaie «loitxaini; de liqH4*ur««
o<loi-:«iit4>s de même eoiil4>nr, plus des deux tiers des experts y ont failT, sur dix qu'ils étaient et un seul a deviné l'eau qui était au nombre des liqueurs du concours.
942 Pourquoi demande-t-on quand on a affaire à
quelqu'un «« êtes vous de bonne liunienr. ''
Cela me froisse, me contrarie ; mais de fait la question est plus ou moins pertinente et motivée ; car il n'y a pas de doute qu'il y a des moments oii on l'est moins qu'en d'autres temjis. Il est même proverbial qu'après dîner on est d'ordinaire j^lus accessible à la demande d'une faveur ; ce qui donne lieu à ce dicton que pour réussir il faut prendre l'homme par le ventre ; c'est-àdire lui donner un bon dîner ; et c'est généralement lors d'un dîner public, à l'occasion de quelque entreprise, qu'on s'y décide ; ou au moins qu'on promet de le faire, comme le faisait Sir John pour l'oublier le lendemain, manie aussi que Laurier parait avoir hérité de lui,
943 — Etre intrig:ant dans le sens que le monde l'entend d'ordinaire est plus ou moins motivé.
De fait l'on appelle intrigants ceux qui cherchent à «e placer, à placer les leurs, à trouver des positions pour leurs enfants, les membres de leur famille. Eh bien, Dieu a dit : aide-toi, je t'aiderai, et être intrigant en ce sens n'est autre chose qu'accomplir la parole de Dieu ; mais la chose devient répréhensible, et ci'iminelle lorsqu'elle est pratiquée au point d'user de son influence pour tout accaparer et ne rien laisser jjour les autres. D'ailleurs, l'on est envieux de ceux qu
réussissent mieux i)ar intrigue, comme on le dit, à obtenir quelque chose ; car ils ont à s'humilier pour le faire, et l'on est mécontent de l'orgueil qui nous eml^êclie d'en faire autant ; puisque Dieu dit encore " demandez et vous recevrez " et c'est cette humiliation même de soi qui rend la chose méritoire.
043 — Te me suis déjà demandé jusqu'à quel l>oiiit les substances aiiiueutaires, les coinesfihles se rang-eiit dans l'estomac suivant ro'dre de leurs poids spécifiques, ou coneentriqiieuieut autour <le l'estoiuac, suivant leurs aSIiuités respectives pour les jus grastriques. Je dirai seulement pour ceux qui voudraient étudier cette question qu'à la suite d'un goûter où j'ai tout d'abord pris du bouillon de i)Oule asaisonné de poivre, l)uis de cette poule avec lard salé, puis entin de la crème, et dont un état bilieux de l'estomac a motivé un haut-le-cœur ; c'est la crème qui a surnagée, puis est revenu le poulet ; mais le lard, le bouillon ont persisté.
915 — C'est iinag:iQiaire si vous voulez (et
d'ailleurs l'imagination joue un grand lôle en ce monde) mais il me seudile toujours, un coup ma provision faite
de couibustibles (bois et charbon) pour l'hiver, jjour l'année même, que j'ai jïlus chaud, je me sens plus confortable. C'est tout comme le fait qu'on a moins faim quand ses armoires sont bien garnies de comestibles, moins faim même du moment qu'il nous est donné de contempler, de se voir en présence d'une assiettée bien garnie de ce que l'on convoitait avant de se mettre à table, ou en s'y mettant. D'ailleurs l'action même de se déranger j^our recevoir chaque voyage consécutif de bois, de houille, l'anxiété qu'on a à se donner, crainte d'être volé, à l'endroit du nombre de voyages de l'un, du poids de l'autre; tout cela fait que les muscles mis enjeu, les facultôs intellectuelles activées, font circuler plus rapidement le sang, motivant en même temps une respiration plus accentuée, dont l'eflfet combiné est un surcroit réel de chaleur intérieure et de bien aise
* >fi
946 — Je crois avoir déjà fait remarquer combien nous perdons vite lia iitéBuoire de lii nioi-t d'un pueenl, d'un iiniâ, ie souvenir EBiênie de ces grandes catasfroplies qui à tout moment viennent émouvoir ie monde ; comme par exemple du terrible holocauste du bazar de charité à Paris, des mille et autres incendies désas
treux, de théâtres, couvents ou collèges, hôtels, eto , avec tant de victimes : l'église de Santiago avec ses 2,000 âmes internées, brûlées vives ; les accidents de chemins de fer, d'explosions dans les houillères, inondationss et tremblements de terre, etc et à preuve : la commission qui à Londres a siégé au sujet de ce feu du bazar de Paris, en vient à la conclusion que dans de 3 à 6 jours au plus, toutes ces catastrophes sont absolument effacées de la mémoire. Est-ce Dieu qui veut qu'il en soit ainsi pour que dans les pensées à donnera ceux qui pour nous sont inévitablement morts, on ne néglige point les fonctions dues aux vivants.
^^î^— Les étoiles " fixes " ne le seraientelles point, qu'elles nous paraîtraient l'être à la distance qu'elles sont de nous. Si leur mouvement était lent ou connu pour l'être : par exemple de seulement un mille par minute (vitesse appréciable par nons, comme étant celle d'une locomotive, d'un coursier extraordinaire, d'un oiseau au vol d'une baleine à la mer) ou fut-elle même de 20 milles à la minute (vitesse encore appréciable i)ar nous, sans toutefois pouvoir la suivre des yeux, mais en étant convaincu, par le temps de translation du projectile) celle d'un boulet de canon lancé à plus de 1,900 pieds
la eecoDcle ; nous conipiendrions, dis-je, peut-être qu'avec ces vitesses, et à cause de la distance des étoiles on n'en dut point voir le déplacement, d'une année à l'autre ; ou même, durant la vie d'un homme, vécut-il 100 ans ; mais il ne nous entre point dans la croyance que le déplacement puisse encore être insensible avec une vitesse par exemple de 1,000 milles à la minute aulieu de un mille ou de vingt milles. C'est donc ceci qu'il s'agit de faire comijrendre. Prenons l'étoile Arcturus une des plus grosses et des plus brillantes du firmament, et évidemment loin d'être une d'entre les plus éloignées, puisque il y en a des millions qui par la pâleur de leur lumière, leur petitesse micioscopique accusent une distance peutêtre des millions de fois plus grande que celle de notre choix pour servir d'exemple. Eh bien Arcturus est à seulement mille millions de millions de milles de nous (1,000,000,000,000,000) plus de 10 millions de fois la distance de la terre au soleil. Les vitesses astronomiques sont quasi incroyables ; mais on vient à les comprendre. Cehe de la terre autour de son axe est de 1,000 milles par heure. On est forcé de l'admettre, on le comprend, parce que avec son circuit d'à peu près 24,000 milles, tournant dans 24 heures, il faut bien se rendre à l'évidence. C'est là à peu près la vitesse du boulet de canon. On ^jeut en conclure à quelque chose de plus rapide, et de fait, puisque
l'orbite (la longueur du circuit) de la terre autour du soleil, est à très près, de 600 iriillions de milles et que ce trajet se fait en une année, il s'en suit que la vitesse de notre planète dans l'espace est de plus de 1,140 milles par minute — Pour les fins du calcul, prenons la à seulement 1,000 milles par minute, et supposons que les autres étoiles soient animées d'un même mouvement de translation dans l'espace. Xous venons de voir que la distance d'Arcturus est de mille millions de millions de milles — ce rayon donne une circonférence de 6,285,700,009,000,000. Celle de l'orbite de la terre y est contenue 1,047,017 fois (plus d'un million de fois). Si donc, Arcturus était notre i^rimaire, la terre avec sa vitesse actuelle, mettrait plus d'un million d'années à faire le tour de ce nouveau soleil (voir 893) mais 360° dans un million d'années ne donne que IJ" (une et quart secondes d'arc ou de mouvement angulaire) par année — 125" ou 2' 5" durant la vie d'un centenaire et 60 fois cela ou 2° 5 ' dans les 6,000 ans supposés écoulés depuis la création du monde. Ce déplacement s'il existait serait sensible à un instrument de précision, même celui de 2' 5" par siècle ou encore celui de IJ" par année ; mais aucun œil, même le plus sci'utateur, le plus exercé que l'on puisse imaginer ne saurait saisir, ai:)précier un déplacement angulaire aussi peu accentué. Voilà pourquoi les étoiles tout en se mouvant probablement entre elles avec des vitesses
de 1,000 milles à la minute, nous paraissent absolument fixes et immuables.
948 — J'écrivais en date du 28 juin à Camille Flammarion, éditeur collaborateur du " Bulletin de la Société Astronomique de France," Hôtel des Sociétés savantes, 28 rue Serpen*^e, Paris : qu'une sortie sur les minuit (23 juin) m'a donné occasion de vérifier le fait annoncé par ilM. Quessiuet et ïouchet (dans le bulletin de juin 1898) dans leur article sur " Le Crépuscule et sa Photographie " qu'en cette saison de l'année et dans ces latitudes (celle de Québec étant sensiblement la même que celle de Paris) le crépuscule persiste, à ne pas en douter, duraut l:i nuit entière peiidaut les cinq ù six jours avant et après la solstice d'élé.
949 — Les cochers qui promènent les touristes américains et al., s'arrêtent, 72 rue St-Louis, Québec, pour y lire une inscription ayant trait au général Montgomery de martiale mémoire j mais pour ceux qui ne savent pas lire le cocher explique la chose à sa manière — J'en ai entendu un dire à "son voyage": •'c'était un ancien citoyen de la place, mais vous savez il est
mort." (Je oois bien, jiuisque nés restes ont été ensevelis en 1775 — il y a 123 ans et que cela njouté à l'ôgo qia'il devait avoir en aurait fait un bi centenaire à peu-prèp. Uu autre expliquait qu'étant à cheval, il s'était tué par accident en tou;bant en bas du cap. Un troisième ces jours dernier?, juin 1898, disait à ses ouailles : " Il était à cheval et pour écliai)per à ces taureanx d'anglais qui voulaient le mettre en captivité, il s'est jeté en bas du cap. Itloiitcaliii, disait un autre, le jeta en ba^ du cap.
950 — Si ce qui suit est «li^iie «le tut, le clerg^é n'aurait été pour l'ieu à isiotivor " 93." " Que voulez vous (ju'on y tasse f dit le cui-é ; avant la révolution le clergé iiossédaii, il est vrai, des biens immenses, qui ont fait assez crier ; mais il n'est pas moins vrai que tout le las peuple pour ainsi dire, en vivait. Les couvents, les chapitres et jusqu'aux huttes des particuliers étaient autant d'hôpitaux. Chez les Chartreux, les Carme.«, les Miniuirs il y avait tous les jours une distribution do vivres à la porte. .l'ai connu la veuve d'un financier qui donnait tous les mois deux mille livres de chaiité en nature. L'aumône était dans l'habitude des bonnes maisons. Les hôpitaux sous la direction gratuite des princes de l'Eglise
et de sages magistrats, étaient desservis par des congrégations dont chaque membre débarassé de soins personnels par ses vœux, se vouait tout entier au soulagement de ses semblables.
951 — Ua contre-maître, surveillant de travaux peut toujours se «toiinei- «les airs de Pilate en se
lavant les mains avec les mots — " Acceptez l'ouvrage si vous voulez comme il est fait, M. l'Ingénieur, pour moi je l'accepte pas.
952 — Georges Lelarge critique, dans la "Revue des Deux Frances " des œuvres à " l'Exposition des Beaux Arts " et de •' La Société Nationale des Beaux Arts " loue le travail de M. A. Falguière L.e Cardinal Lavigerie ; et avec raison. Ce que j'y admire surtout, c'est la décision, la foi avec lesquelles il plante sur le soi de l'Afrique la croix du Sauveur avec cet air de conviction parfaite qu'elle y restera et y prendra racine (voir page 203 de la Revue). Les traits du digne prélat sont frappants et l'artiste a réussi à produire chez ceux qui considèrent un instant son œuvre, l'impession que de fait ces paroles lui sortent de la bouche <' Je t'y plante et tu y resteras."
953 — Le mêuie critique (952) à l'endroit du " montinicnt élevé à la isicnioirc de Francis Oarnier " se demande '• pourquoi pendant que l'on se contente de faire le buste de l'homme que l'on veut honorer, on entoure le stèle d'un fouillis de personnages allégoriques qui détournent l'attention du sujet principal. C'est du rébus dit Lelarge, et l'on est réduit à dire que les ornements, les attribua et les femmes nues qui personnifient l'Annam ou le Tonkin sont d'excellents morceaux de sculpture ; mais que devient dans tout cela Ciarnier, le motif principal." Rien de plus vrai, rien de plus censé que cette remarque ; car en effet, le groupe qui flanque le monument a tout l'air d'être le sujet uiêine (lue l'on veut honorer, pendant que ce groupe n'est que accidentellement peut-être adossé à la base qui i)orte le buste et comme pour en tirer du support.
954 — Nous avons à Québec, Grande Allée, en face le Manège, le ibi on unie lit $liort-1Vallick auquel s'adresse, de la part tlo quelques prétendus connaisseurs, le même reproche (953), c'est que la figure de " la Renommée " assise au piédestal et qui est de toute grandeur à l'air d'être le motif principal du monument pendant que les bustes de Short et Wallick
placés au-dossus ou comme derrière un comptoir ont
l'air d'être les adjoints, les accessoires, ies desservants
peut-être de la prêtresse, ou déesse qui parait remplir
le rôle principal. Je ne sache que je doive être de cet
avis ?
055 — IVos artistes canadiens s'accentuent à Paris où on irnr décerne des prix, des mentions lionorables. M. Albert Lefeume fait
l'énuiuération de leurs noms, de leurs œuvres. Lelarge de son côté — autre critique des œuvres du "Salon" fait l'éloge des paysages de Suzor Côté ; mais pour moi, ce que j'admire le plus de cet artiste canadien sont ses deux portraits, un pastel : Paysanne canadienne — Paysan canadien : et canadien moi-même, je suis peutêtre mieux en mesure d'en juger. En effet — rien de plus vivant que ces portraits dont les personnages sortent du tableau sous l'effet d'une perspective qui ferait quasi jurer à la réalité.
956 — Urbain Gohier sous l'entête " La Reforme de l'Armée en France " fait voir que sous le système actuel du service de trois ans, les chefs no savent couunent occuiier leurs hommes après la première année. Certains, pour passer le temjjs
s'ingénient, dit-il, à leur faire apprendre le " foot bail," le ministre de la guerre à les renvoyer le plus souvent possible dans leurs foyers, pour économiser leur nourriture. En BUS des permissions et congés distribués jusqu'ici, le général Billot, ajoute-t-il, a donné l'ordre de réaliser dans chaque corps d'armée, en 1898, cinq à six cent mille journées : soit environ, pour chaque régiment d'infanterie, soixante mille journées de permissions ou de congés. Tantôt à la caserne, tantôt dans leurs foyers, les hommes ne sont pas soldats et ne peuvent cependant se mettre à leur métier. Ils ne sont ni civils, ni militaires. Ils perdent deux années de leur vie sans plus d'utilité pour l'armée que pour eux-mêmes. Ne vaudrait-il pas mieux pour eux, j^our l'armée, les garder une seule année, les exercer sans interruption pendant les trois cent soixante-cinq jours et leur rendre la liberté. L'armée suisse est excellente, et la durée du service n'est que de deux mois en moyenne : 45 jours pour les fantassins, 50 pour les sapeurs, 55 j^our les artilleurs, 80 pour les cavaliers. Tous les deux ans une période do quinze jours d'exercice comme ici au Canada. Si d'un suisse on peut faire un soldat en six à <lix semaines, ne pourrait-on d'un français faire un soldat en douze mois.
« * 997 — Les cruautés mises au compte de
l'Espag^iie, cette nation quasi sanguinaire, à en juger au moins par son amour clé. voir couler le sang dans ses combats do taureaux, semblent lui enlever les synipatliies inêcnes de la France
que l'on croyait lui être sympathique et voilà que ces derniers, épousent la manière de voir des Américains à l'endroit de ces pauvres cubains que l'Espagne a saignés tous les ans de Ç100,000,000.
958 — La " Revue des Peux Frances " reproduit en son No. de Juin 189H une nouvelle " ^larstil-
laise " écrite par un français : Casimir Michel, à l'occasion de la victoire de l'Amiral Dewey, lors de sa destruction de la flotte espagnole, Avila Bourbonnière qui édite l'article à ce sujet parle des " hautes appréciations " reçues par M. Michel. Nous ne voulons aucunement contester que ce nouveau chant de victoire mérite tous les éloges, cependant les accusés de réception de la part des récipiendaires à qui l'auteur a remis sa poésie, ne réfèrent en rien aux mérites artistiques du chant, mais seulement à la courtoisie de l'auteur de cette effusion patriotique en la leur envoyant, La haute position des récipiendaires, l'un d'eux, le président McKinly des Etats-L^nis, motive ou autorise peut être, le qualificatif comme devant s'entendre de l'œuvre même de l'auteur ; et peut-être
soront-ils contents que l'on épouse cotte maniôre de
voir, pour no pas avoir l'air de s(; douter que les syin"
pathies d'un français sont une garantie "de celles de
la nation toute entière.
05î> — On ne saurait trop reproduire les vers de Victor Hugo qui terminent son ode *' Pour les Pauvres."
Donnez riches ! L'aumône est sœur de la prière
Donnez ! afin que Dieu qui dote les familles Donne à vos fils la force, et la grâce à vos filles ; Afin que votre vigne ait toujours un doux fruit. Afin qu'un blé plus mur fasse plier vos granges, Afin d'être meilleurs, afin de voir les anges Passer dans vos rêves de nuit.
Donnez ! il vient un jour où le monde nous laisse, Vos aumônes là haut vous font une richesse. Donnez ! afin qu'on dise : "lia pitié de nous." Afin que l'indigent que glacent les tempêtes, Que le pauvre qui souffre à côté de vos fêtes Au seuil de vos palais fixe un œil moins jaloux.
Donnez ! pour être ami de Dieu qui se fit homme Pour que le méchant même en s'inclinant vous nomme. Pour que votre foyer soit calme et fraternel ; Donnez ! afin qu'un jour, à votre heure dernière Contre tous vos péchés vous ayiez la prière D'un mendiant puissant au ciel.
960 — Lelarge dans son appréciation des pièces de sculpture exposées au " Salon de (Paria) 1898," dit à l'endroit de la statue qui doit couronner le monument *' Samuel Champlain, (le Saintongeois) qui surmontera le monument que la ville de Québec fait élever en l'honneur de son fondateur, ne me dit pas grand chose de bon ; je ne puis pas m'imag^iiter le navig^ateiir sous les traits de ee gros mousquetaire triste que nous présente ITI. Paul Ciievrc. Pour faire les têtes, que l'auteur consulte le maître Paul Dubois ; il verra comment on traite le portrait du comte de Franqueville ou du docteur Lannelongue. Voilà de la sculpture de génie et c'est pour" tant plus petit de dimensions que le champlain susnommé." Le haut relief du piédestal est admirable.
g^961 — Le " Naturaliste Canadien " reproduit un article du " Cosmos " du 21 mai 1898, sur la manière de s'habituer au venin des abeilles — résultat d'une enquête faite à ce sujet par le Dr Ladger — " 144 apiculteurs se déclarent réfractaires au venin de l'abeille ; parmi ceux-ci, il y en a 9 chez lesquels cette immunité est naturelle ; 26 n'ont jamais pu l'acquérir. Quand on ne possède pas naturellement l'immunité, le nombre des piqûres à la suite desquelles on l'obtient varie considérablement : trente suffisent quelquefois ;
tandis que pour d'autres ijersonnes, il eu faut jusqu'à cent pour accoutumer l'organisme au poison." L'éditeur du " Naturaliste " se demande ensuite s'il est possible d'acquérir l'immunité contre les piqûres des parasites humains : poux, puces, punaises. »Seulement personne, dit il, n'osera dire au public son expérience personnelle. Il faudra pour le savoir qu'un entomologiste se dévoue pour la science. On demande des gens capables d'héroisme !
962 — Il est moins esthétique qu'utile de rappeler que dans des cas de constipation l'on peut uidei" à, la nature en pressant extérieurement du doi|^t et du pouce le cloacuin. C'est plus vite fait que par un lavement ou des pillules apéritives ; et la chose est souvent assez sérieuse pour que l'on n'ait point à se gêner pour le dire à qui se plaint de ce malaise.
963 Aux examens de fin d'année scolaire, on a l'air de s'arranjfer de manière à donner au nioâns un prix aux moins capables, ou dans tous les cas un accessit ou enfin une mention encourageante quelconque pour faire plaisir aux parents et les engager à y renvoyer les enfants.
Cependant, malgré toute l'impartialité que l'on puisse, que l'on s'efforce même de pratiquer ; la nature humaine est toujours là, et les enfants des riches, des influents, de ceux dont on peut obtenir quelques faveurs gouvernementales ou autres, ont l'air d'être plus choyés. Pour une adresse à présenter à un personnage important, on regarde sans doute au talent de l'enfant qui doit la lire, la dire de mémoire — à la beauté de la jeune personne qui doit présenter un bouquet — à la position sociale de l'élève et l'auditoire parait s'accommoder de ces préférences — on les considère comme droits acquis, de l'espèce de ceux que les rois, les princes ont acquis en naissant, comme héritage en quelque sorte divin.
964 — Le jus g^aiiitrBQiic en thérapeutique*
Un cas d'entérite aiguë et un autre de choiera morbus ont été guéris dans quelques heures par l'administration de jus gastrique frais venant de l'estomac d'un chien. Le même remède est aussi très efTectif dans des cas de grippe avec complications gastro-intestinales, de dyspepsie de même nom, d'élargissement (grossissement) du foie avec émaciation progressive, de typhoïde avec émaciation sévère, de dilatation de Testomac, et d'asgimilation défectueuse. Frémont, (razette Médicale de Paris.
— ou -
065 — Il parait qu'à Siii'i»:i.in, pour prendre le poisson, If s pays:aBss fouetteut l'eau avec le bois «lu Loiichocarpus violacé : un arbre papilonacé contenant une substance ayant une action narcotique sur le poisson. Le bois qui a une odeur désagréable est appelé Nekoe parles insulaires, et bois puant par les colons européens.
966 — Au second chapitre des Macchabées il est fait ailsisiosi à Thuile de pétrole quoique Hérodote en ait parlé '2t)0 ans auparavant, sous la désignation de " huile do. roche ou de rocher." Que l'on n'en ait fait jusque là aucyn usage économique ou commercial, n'est aucunement à preuve qu'on ne la connaissait point, puisque aux Etats-Unis elle y était connue depuis 50 ans avant de l'exploiter.
Oey — II a été l'écemment découvert que I'oïï peut au moyen de couraials électriques de ^raii- «ie f3'é<îueBice produire ranesthésie locale.
Cotte découverte est due au professeur Scripture du collège Yale des Etats-Unis.
96§ — La inouclie, en |»roporlioii de sa
grrandeiii' marche 13 fois aussi vite qu*iiu hoiume peut courir. Une puce, proportiou g^ardée, saute 150 fois plus haut qu'un homme.
969 — IVouveau moyen de préserver la viande fraichenieiit tuée. Un zoologue danois qui a aussi découvert le moyen de condenser le lait sans faire usage de sucre, vient d'adopter le procédé suivant pour préserver la viande. Il fait tuer son animal, sans porter atteinte au cerveau, ou au système nerveux, le saigne en lui ouvrant un ventricule du cœur ; la putréfaction des viandes fraîches étant due surtout d'après Fjelstrup à la décomposition du sang. Après le sang éliminé, il introduit par l'autre ventricule dans le système vasculaire, au moyen d'une forte seringue une saumure plus ou moins forte suivant le temps qu'il faut pour conserver la viande. Tout le procédé ne requiert que quelques minutes et le bœuf est prêt à être employé et peut-être de suite débité.
970 — La perte du vapeur océanique «' La Bourg:og:ne " et de 546 âmes sur un total de 725 ; démontre une fois de plus l'inutilité du système des compartiments, si on ne stationne point
1111 lioniiiic à chaque porte pour la fermer au besoin, et la manipuler tous les jours »fin de la tenir en tout temps en état de fonctionner — Autrement ces portes ne servent pas plus que celles dans les théâtres, dites par les anglais : '• emergency doors " à être ouvertes en cas de feu ou de panique, et qui n'étant jamais manipulées pendant des années, deviennent tellement rouillées dans leurs gonds et fermetures qu'on ne peut les ouvrir au moment critique. Au feu du bazar de charité à Paris, où il a péri plus de 200 personnes, il y avait 7 portes tout exprès pour vider dans un instant la bâtisse au cas de besoin — mais pas un homme pour les ouvrir en temps opportun. La loi devrait forcer les propriétaires où gérants des vapeurs océaniques, comme des théâtres à encourir l'insignifiante dépense additionnelle d'un homme à chaque porte de sauvetage.
671 — Il est singulier de voir la persistence avec laquelle le Dr Pierce annonce sa "Golden Médical Discovery." Voilà déjà deux ans ou plus qu'il annonce dans je ne sais combien de journaux, et cela tous les jours de l'année, et qu'il paye quelqu'un — sorte d'artiste fécond dans l'art d'éditer tous les jours quelque chose de nouveau à ce sujet, avec aussi tous les jours une nouvelle vignette venant à l'appui de son
texte, et d'un caractère -tellement sensationnel qu'on ne peut s'exempter de lire pour voir ce dont il s'agit. Parr et Hollovvay ont dépensé chacun $100,000 par année, dit-on, seulement en réclames de cette sorte et Pierce semble devoir en faire autant, sans compter mille autres découvreurs, inventeurs, exploiteurs de médicaments brevetés qui doivent aider ainsi à faire la fortune tîes journaux tout en faisant la leur.
972 — Durant ce mois, Vénus devient tous les jours plus éclatante de beauté. Cette planète coiitiiiiic <lo i>>'é^4>iitei' (BRI iiiystèi'c à l'ésoiidi'o :
Tourne-t-elle sur son axe dans à peu près le même temps que met la terre à tourner sur le sien ; ou est-i* vrai tel qu'annoncé par Scliiaparelli, que ses périodes de révolution autour du soleil, et autour de son axe sont identiques, de manière qu'un côté de cette planète voit constamment le soleil, l'autre jamais. De ceci dépend la question : Vénus est elle ou non habitée. Les révélations du spectroscoi:)e semblent contredire ceci, vu l'abondante atmosphère qui entoure ce monde inconnu.
973 L.'icliiieuiiioii. Porte ouverte, à la campagne, le soir en juillet, et attirés par la lueur de la
lampe, il entre avec cent autres espèces de mouches, cousins, papillons, phalènes, sans compter les hannetons inoffensifs et la chauve-souris qui font courir les enfants — un de ces maringouiris monstres à corps allongé, recourhé et de rouge-sang cjui me fait une 2)iqûre en passant. Ceci me rappelle (jue cette vicieuse bête, parasite de la chenille ou ver à soie — pour reproduire son espèce sans qu'il lui en coûte, et à l'exemple de ceux de nous qui vivent du sang, de la sueur des autres — dépose un à un ses œufs au nombre de peut-être cinquante à cent dans autant de trous ou de piqûres, qu'elle opère avec son <Iardou aiguillon situé à l'extrémité de son abdomen, dans la matière grasse ou charnue de la chenille. Ces œufs à la faveur de cette bienfaisante chaleur animale, s'éclosent sous quelques jours, revêtent alors la forme de larves, vivent en cet état de la substance même du ver à soie, i>our finir par devenir nymphes ou chrysalides et se développer enfin en autant de ces diaboliques vampires de la gente entomologique ailée.
974 — Quel est donc, «lit le Dr. A. à un pilote voisin, à bord du Champion en route pour St-^fichel, ce bateau que je vois à l'Ouest ou eu auioiit de rislc ITIadniue ! Je regarde de ce côté et je
commençais moi-même à me mistiiier, lorsque l'interpellé de répondre — Mais docteur, ce n'est pas un « steamboat " ; c'est tout simplement un champ de marg^ucrite qui nous reflétant de là bas les rayons du soleil vous fait voir une étendue de terrain émaillée de cette charmante fleur.
975 — Laban de biblique mémoire, connaissait dès lors, tout comme nous, reflet des couleurs sur la progéniture animale.
Un veau à bord de la chaloupe du Champion, me rappelait celui qui du temps du capitaine Beaudoin, sur le pont de sa goélette, attirait mon attention en tirant à coups répétés sur la queue de mon surtout qu'il avait saisi, quasi ingurgité, et qu'il suçait à pleins poumons. Mais le premier étant tacheté de rouge et de blane (" caille " comme disent nos paysans) je demandai au Dr. A. sa théorie à l'endroit du motivé de ce tachetage, cette émaillure de la peau de l'animal — lorsqu'il me remit en mémoire ce passage de la bible où son futur beau-père promettant à Laban, s'il épousait sa fille, toutes les brebis, les génisses bigarrées de son troupeau pour les 10 ans à venir ; celui-là fit peindre à cet effet et exposer à la vue des mères futures de son héritage, un nombre de piquets barrés
de rouge, de noir et de blanc qui produisirent en temps opportun, c'est-à-dire avant une conception trop avancée, ces variantes de couleurs que l'on observe encore aujourd'hui chez la race bovine, chez le mouton, le chien, le chat, le cheval, le porc et d'autres animaux domestiques.
976 — Esliiner le nombre de tig^es ou brins
«le céréales (blé, avoine, etc.) il l'arpent, celui des boutons ou fleurs de marguerite, trèfle, etc., qui émaillent un champ. Il n'y a à cet effet qu'à mesurer en un endroit où la récolte est à son moyen et de quantité et de qualité, un espace d'un pied, d'un mètre carré, et compter un à un, une à une, les brins, les tiges, les fleurs dont il s'agit dans ce petit clos d'une verge, d'un pied, pour multiplier ensuite ce nombre par celui des pieds, des verges dans un acre, un arpent, un hectare, etc. suivant le cas. Je montrais à mes enfants ce matin cette manière d'avoir raison d'un calcul à premier abord, assez impossible à faire. J'entourai d'une ficelle l'espace mesuré et à divers endroits. Ils y trouvèrent 10, 20, 30 et jusqu'à 60 tiges, boutons ou fleurs au pied carré. Or l'arpent est de 32,400 pieds carrés (180 X 180 pieds français), 43,560 pieds carrés pour vm acre — c'est-à-dire que ces divers se comptent depuis 324,0iX) et 435,600 à l'arpent et à
l'acre, ou ïnoins quand le nombre est de moins que dix au- pied, jusqu'à de 1,944,000 à 2,013,000 ou de 2 à 2^ millions pour la même étendue quand les tiges sont plus drues, iilus rapprochées.
97T — 11 n'est pas difticile non plus (076) d'arriver au nombre de g^rniiis do blé, avoine, mais
(blé-d'inde), etc., «laiis cm iiiiiiot ou autre mesure .de capacité : en prenant de la mesure à estimer, une partie aliquote connue, ou sur le jjoids total du boisseau, une livre, un kilo, une once même, pour compter les grains dans cette quantité et en multiplier la somme par le nombre d'onces, livres, litres, etc., contenu dans la quantité à estimer. De même pour ne pas avoir à compter les feuilles composantes d'un livre, d'une pile de papiei', de feuilles métalliques, etc. : il sufHt de voir combien il y en a dans un pouce, une ligne suivant le cas, et le nombre de pouces, lignes, etc., dans la hauteur ou longueur de la pile. L'on estimerait de même les gouttes d'eau dans une quantité donnée en comptant goutte à goutte, celles contenues dans un élément connu du total.
Par des procédés analogues à ceux indiqués aux deux derniers alinéas, on arriverait au besoin, au moins approximativement au nombre de feuilles d'un
arbre ; au nombre de cheveux qu'on a sur la tête ; a»ix pommes, etc., d'un arbre, d'un verger; aux bardeaux d'une toiture ; au nombre de clous dans un baril, de braquettes dans une livre, un quintal ; de brins d'herbe dans un champ ; d'œufs dans une mère morue ou un hareng ; d'êtres liumains dans une ville ; d'arbres dans un bois, une forêt ; de secondes dans un jour, une année ; de lignes, de lettres dans un livre imprimé, un manuscrit, et ce sont en eSet de ces moyens pratiques que l'on met en usage à l'efiet voulu.
978 — Improviser un pliivioiiièti'o. Ou apprécie assez correcteaient — sachant compter les secondes ou se rappelant le va et vient de la pendule à secondes des horloges de l'ancien temps, ou des quart de secondes, etc., d'une montre — un dixième de seconde, un vingtième même, et la subdivision même momentanée d'un pied carré par les gouttes de pluie qui en dessinent le nombre. Cela posé, si pendant un orage il tombe par exemple 10 gouttes d'eau par pied carré par seconde ou 600 à la minute, et qu'il y ait 250 de ces gouttes au pouce cube — ce que l'on peut facilement vérifier, en comptant les gouttes dans une quantité cubique connue — on en conclut à 2A pouce» cubes de pluie par pied par minute, soit dans 10 minutes de la durée d'une forte averse, 24 pouces cube ou uu«j
épaisseur de l d'un pouce en hauteur ou profondeur — Ceci donne un pied cube d'eau jjar 72 pieds carrés et 600 pieds cubes par acre (43,560 pieds sup. ~- 72) — 387,200 pieds cubes au mille carré (5,280 x 5,280 pieds anglais = 27,878,400 pieds sup. -^ 72) — et s'il pleuvait ainsi pendant une heure, ce serait six fois autant, et pendant une journée de 24 heures, comme dans les pays tropicaux, 144 fois autant; mais il est rare qu'une pluie torrentielle persiste plus que quelques heures à la fois.
Oî*© — Les $i;;ii€s du Zodiac : La Balance de Thémis mise au nombre des constellations : emblème des procès, de la justice. Né sous ce signe ou du 22 septembre au 21 octobre, on est censé querelleur — Le Scorpion que traverse le soleil du 22 octobre au
21 novembre est Orion que Diane changea en cet animal. Il indique malice et fourberie — Le Sagittaire : Cliiron le centaure qui aj)prit à Achille à tirer de l'arc, donne l'amour de la chasse à ceux qui naissent du
22 novembre au 21 décemljre — Le Capricorne (la chèvre Amalthée qui allaita Jupiter) cette constellation domine le ciel du 22 décembre au 21 janvier. D'après les anciens, elle donne l'étourderie. Je n'en vois pas trop l'analogie — Le Verseau : c'est Ganymède, fils de Tr08, que Jupiter enleva pour verser le nectar aux dieux.
Le soleil le traverse du 22 janvier au 21 février. De no8 jours, ce n'est plus du nectar mais de la pluie qu'il est censé donner — Les Poissons : les dauphins qui amenèrent Ampliitrite et Neptune, furent mis au nombre des constellations. Ils dominent le ciel du 22 février au 22 mars et figurent la douceur — Le Bélier : c'est celui qui portait la toison d'or. Ceux qui naissent sous ce signe ou du 23 mars au 21 avril, peuvent être emportés, irascibles — Le Taureau : dont Jupiter prit la forme pour enlever Europe, donne la hardiesse et la force. Ce signe commande le ciel du 22 avril au 21 mai — Les Gémaux (Castor et Pollux) donnent l^amitié, une belle figure, de la générosité, etc., à ceux qui naissent sous cette constellation, ou du 22 mai au 21 juin — L'Ecrévisse : c'est, dit la légende, le cancer ou l'écrévisae qui piqua Hercule tandis qu'il tuait l'hydre du marais de Lerne. Ceux qui naissent sous ce signe ont, parait-il, des désagréments. 22 juin au 21 juillet — Le Lion : de la forêt de Némée qu'Hercule parvint à étouSer. H domine le ciel du 22 juillet au 21 août et est emblématique du courage, de la force, etc. — La Vierge : Astrée donne la pudeur à ceux qui viennent au monde sous son égide, ou du 22 août au 21 septembre. Duquet 1885.
* * 9§0 Pensées diverses. Dieu nous a fait deux
oreilles pour écouter beaucoup et une seule bouche pour ne pas trop parler — Demeurer oisif en ce monde, c'est être déjà mort de sou vivant — La retenue chez une femme est voisine de la chasteté — Quand elle est belle, une femme est toujours assez parée— La pauvreté préserve de bien des maux — Peser les vertus d'une femme avant sa dot — Dans la vie on a plaisirs et chagrins ; on se fâche, on s'apaise, et lorsqu'après ces petites querelles entre mari et femme, ils se raccordent, ils ne s'en aiment que i^lus — Qui aime le travail trouve toujours à s'occuper — Ne jjas blesser un ami, même en riant — Secourir de suite le malheureux — Il n'y a qu'en ne confiant à personne un secret qu'on puisse le garder — L'homme heurenx se porte toujours bien— Les trompeurs seuls se méfient des autres — Vivre sobrement pour vivre vieux — L'abstinence nourrit l'intelligence — Rien de si caché sous le ciel, qui ne finisse par se découvrir— L'estomac le plus fort finit par se briser à force de trop manger — Les excès de la jeunesse se payent cher quand on devient vieux — Ne pas trop se fier à la prospérité, ni ti'op se désespérer dans le malheur — Donner à un criminel à choisir entre le pénitencier et la potence — Si l'homme entaché de crime plaide folie, le croire sur parole et aulieu de le pendre, l'interner pour le reste de sa vie, crainte que sa folie ne lui fasse faire d'autres victimes — Ne pas aboyer quand on ne peut mordre — Six heures de som-
meil m'ont suffi depuis 60 ans passés ; certains affectent de n'en donuir que cinq, et même moins, c'est à ne pas y croire et pour faire parler d'eux ; j'admets 7 heures au maximum et ne puis tolérer 8 heures : le tiers de son existence au lit me parait criminel — Qui donc déjà a l'ait ce sublime rapprochement : " Le temps cette mage mobile, de l'iucmobile éternité."
98 B — Lî4 peitc tle la '' Bourg:o?He." Ce
vaisseau a été abordé par le voilier incriminé, à l'endroit même d'une de ses cloisons ou murailles en fer qui traversant le vapeur d'un côté à l'autre le subdivisaient en 12 compartiments — L'eau a envahi deux de ces sections du vaisseau, mais cela n'eut point suffi à le couler, si cette eau avait pu s'étendre jusqu'au flanc opposé du navire. Ce qui a rendu ceci impossible est la cloison longitudinale (on voit par les témoins à l'enquête qu'il y en avait une) divisant en deux le vaisseau sur sa longueur, et les 12 compartiments en 24. Voilà pourquoi, l'eau étant amoncelée tout du même côté, la Bourgogne s'est inclinée de ce côté jusqu'à former avec l'horizon un angle de 45° et tel qu'on ne pouvait alors se tenir sur le pont, et tel encore que probablement l'eau ait pu alors entrer par les ouvertures latérales du flanc du vaisseau pour en hâter
de cette manière le coulement, l'immersion — C'est précisément cette même cloison centrale de poupe en croupe du vaisseau de guerre Fzcior/a qui en détermina le chavirage lorsqu'il a été abordé par le Camper do wn, il y a quelques années, avec la perte de plus de 400 âmes. Les vaisseaux V Orégon et l'iJ/ie naufragés de la même manière, viennent encore à l'appui de cette théorie que la subdivision longitudinale devrait dorénavant être éliminée ; car l'eau eut-elle été libre d'envahir toute la largeur du vaisseau, l'aurait fait caler ou descendre sans doute, mais probablement insuffisamment pour le couler à fond.
9§ii — Que de choses Fou fait quand on est seul, ou quand on croit ne pas être vu. Je
mangeais des œufs à la coque et je prenais le sel à pincées répétées pour l'y mettre. N'en dites rien, vous en avez mille fois fait autant. Mais bien entendu, pour ne laisser aucunes traces de ma conduite j'avais le soin — avezvous eu la délicatesse de le faire — de secouer la salière ou d'en niveler le contenu, pour ne pas y laisser tous les petits monticules et trous que j'y avais ainsi créés. Dailleurs, on doit toujours penser à ceux qui peuvent venir après nous, et après avoir accidenté ainsi la surface du contenu quelconque d'un plat :
hachis, beurre, froiiinge, etc., finir par l'égaliser pour laisser le met, le comestible dans un état présentable, ou non répugnant pour un autre.
0§3 — Il y en a toujouis qui s'exercent aux statistiques de toutes sortes ; un de ceux-ci vient de calculer que de toutes les nations c'rst l'Aiig^lolorrc qui fait la plus forte cotisointiialioii d'alliimettes — 8 en moyenne par individu par jour — soit plus de 250 millions par jour et 2")rès de cent mille millions par année — la Belgique est cotée à 7 allumettes par individu par jour ; l'Amérique ne figure que jiour 6 par jour, c'est-à-dire, 420,000,000 par jour, cette population de 70 millions d'âmes, ou 150 mille miilions par année. 11 ne faut qu'une livre de phosphore pour 1,000,000 d'allumettes. Une seule manufacture en Autriche en emploie 10 tonnes, et fait par année plus de 20 mille millions de ces petits bois. Une compagnie anglaise en emploie 100,000 livres et fait par conséquent 100,000,000,000 d'nllumettes par année. Cette dernière, pour les boîtes motivées par cotte quantité de " fiât lux " emploie 150 tonnes do cartonpaille. Pour avoir raison de l'odeur désagréable du plios[)hore, on mêle aujourd'hui à la pâte dont on revêt l'extrémité de l'allumette avant de l'en enduire, du camphre et de l'encens.
9§4— Doiiiiei' ù, se faire voler par qui sait apprécier i^roduit chez le donataire, le volé une impression tout autre que dans le cas contraire : une femme de bonne société avait reçu en présent de sa mère une jaquette ornée de la main de cette dernière et valant au moins Ç2.50. 2s"en ayant que faire, elle fait la bêtise de la donner à nne simple garde malade. Imaginez-vous si je suis entré en fureur à la nouvelle de cette stupidité de sa jiart. Si elle l'eût donnée à une amie à qui elle pouvait être redevable d'une faveur équivalente. D'ailleurs on ne doit jamais donner ce que l'on reçoit ainsi en présent sans la permission du donateur qui pourrait vous le permettre, sachant que c'est à une personne pouvant en priser le travail, et fière de posséder quelque chose de provenance quelque peu distinguée ; tandis qu'un simple passant, un individu de bas étage pourrait l'accepter pour le vendre au premier venu. Je m'étais fait voler par des gens de la campagne de la bière anglaise que j'avais dans la cave de mon villa. Encore, me disais-je, si ceux qui me l'ont enlevé étaient des connaisseurs, je leur pardonnerais plus volontiers qu'à des rustres ne sachant aucunement ai)précier ce qu'ils buvaient ou en deviner le coût.
985— Si iBiic quêteuse se présente ou un
■iif^iKliaiit <«aiis poclie on |»aHler, ne lui donnez rien à manger, il le jetcra au premier coin de rue ; c'est des sous qu'il lui faut — Pour exciter la pitié, le pauvre, pour le paraître davantage portera ses souliers cachés au fond de son panier. S'il s'en présente un avec une main, une jambe emmaillotée, demandez-lui de vous faire voir son mal ; s'il " fanfine " sous prétexte que c'est trop dégoûtant à voir ; insistez et il s'en ira, son mal n'étant que feint pour vous toucher. S'il vous dit, interpellé par vous à cet effet, qu'il ne peut pas trouver d'ouvrage, offrez lui-en : du bois à scier, de la neige à pelleter ; si c'est un paresseux comme c'est généralement le cas, il vous demandera un délaide 10 minutes, sous prétexte de faire une commission et ne reviendra plus. ]1 y a manière de donner au pauvre honnête qui est un homme comme vous et aime à savoir que vos restes sont acceptables : Voici du gras mon ami, mes enfants ne peuvent en manger, le voulez-vous. Voici un reste de viande encore parfaitement bon, mais de ces chaleurs-ci, je crains qu'il ne se gâte et peut être saurez-vous le conserver mieux que je ne pourrais le f.iire. On ne saurait croire comme une parole expli' cative de la sorte fait davantage apprécier ce que l'dh donne, et empêche de croire que c'est un mets gâté.
* * 9S6 J'ai vu parmi la brigade des gratteurs de rue
de notre municipalité — je parie que vous ne devinez point la preuve que je vais voua en donner — un individu tellement pauvre qu'il était réduit à poi't«:r sa toilette de iiocc : chemise blanche, col à l'avenant et habit à queue. Dans un cirque, coaime bouffonnerie, c'eut été drôle — mais sous les circonstances, ça faisait pitié : voir un homme autrefois peut-être dans Faisance, réduit à tant de misère.
2° Si un homme qui veut vous vendre un
baril de pommes, un panier de ijêches, une boîte d'oranges, etc. — se donne l'air d'insister à vous en déverser le eontenu " si vous voulez ' afin de vous faire voir qu'elles sont aussi grosses au fond du quart que sur le dessus ; il importe peu que vous disiez oui, il ne le fera point. Les grosses en effet comme vous le soupçonnez sont toutes à la surface, le reste ne vaut comparativement rien.
9§7 Evolution des expositions des arts
et industries des I\ations à Paris. Une récente statistique — merci à qui de droit — nous fait voir qu'il y a eu à Paris à dater de 1798, 1.5 expositions : la première à la fin du siècle dernier ne comptait que 110 exposants — ce n'était pas encore l'ère des concours universels qui ne datent guère que de 1855. Elle eu
lieu au ('liamp de-Mars, 2!) médailles y furent décernées. Ello fut suivie en 1801 d'une exhibition toute française ou il y eut 220 concurrents. Ce fut dans la cour du Louvre — En 1802, une autre au Louvre avec
540 exposants En isotj sous Napoléon le Grand, eut
lieu la quatrième sur la place des Invalides ; et déjà le nombre des compétiteurs s'accentuait: il yen avait 1422 — En 1819, une autre au Palais du Louvre, avec 1622 exposants — En 1822 puis en 1823, deux autres assez modestes : la dernière sous Charles X et encore au Louvre — La huitième sous Louis-Philippe, Place de la Concorde avec 2,447 exposants — En 1839 la neu. vième aux Champs-Elysées avec 3,381 exposants — La lOème encore aux Champs-Elysées en 1844 à 3,900 concurrents et en 1849 la dernière de cette série d'expositions locales, couvrant un espace de 22,000 mètres carrés et que le gouvernement avait doté de t)00,0(Kt francs — La première exposition universelle, c'est-à-diro ouverte à toutes les nations fut tenue au Palais de l'Industrie en 1855. Le gouvernement vota en cette mémorable occasion 11,500,000 francs. Les exposants y étaient au nombre do 215,954 ; les visiteurs au nombre de 5,160,01)0 et le terrain couvert do 168,000 mètres carrés. Dès lors, immense impulsion au commerce et à l'industrie — l^n 1867 nouveau concours des nations au Champ-de-Mars. Vote du gouvernement de lU,- OOOjOUO IVancs, 52,000 exposants dont 16,000 français.
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Affiuence extraordinaire où figurèrent 57 jirinces étrangers. Il y eut Burjjlus de 2,7 J'J,(J(JO francs. Le terrain couvert était de 6S7,OUi) mètres carrés — Ce fut au Champ de Mars, Quay d'<Jrsay et à la place du Trocadéro, que furent installés en 1878 les 52,835 exposants dont 25,392 français. L'affluence des visiteurs y fut de 16,100,000 avec déficit de 38,000,000 francs, dû au coût des bâtisses érigées à cet effet et à l'ornementation des lieux — Enfin en 1889 eut lieu la dernière exposition des nations et au même endroit : 45,486 ex2->osants, dont 30,122 français y prirent part. La tour Eiffel y fut une attraction particulière comme en font foi les 32^ millions de visiteurs qui en cette occasion envahirent la métropole française- Mais voici maintenant venir celle de 1900 qui va probablement surpasser toutes les autres, celle de Chicago même qui étonna le monde entier. Nous verrons.
9§8 — L.a izai'inc et la cii^arette. Une dépêche de Saint-Petersborough dit que les dames de la cour de Russie sont bien contrariées de ce que la tzarine ait défendu de fumer la cigarette en sa présence. La dépêche ajoute que ces dames ont prié la souveraine de lever l'interdiction : faisant observer que des dames fument la cigarette dans toutes les cours
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d'Europe et qu'il se trouve des femmes parmi les têtes couronnées d'Europe et les princesses de sang royal, y compris la tzarine douairière, l'impératrice d'Autriche, la reine de Roumanie, la reine régente d'Espagne et la reine du Portugal qui en font autant. Ces dames allèguent en même temps que la plus passionnée de toutes pour la cigarette, est la princesse Henri de Prusse, sœur de la tzarine.
989 — Ooldwiii Niiiitli combat les théories socialistiques de Henry Georj^e qui prétend, dit-il, que ceux qui détiennent ou possèdent des propriétés doivent non seulemeint les avoir acquises par des moyens indus, mais être en même temjjs conscients du fait que chacun d'eux est un conspirateur contre la justice sociale, et un ennemi de son espèce ; et que, partout, on a le droit de les en dépouiller de force. Chez toutes les nations civilisées dit " le professeur " la possession privée remplaça la possession en commun ou par tribu. Elle fut jugée nécessaire à la i>roduction, l'agriculture ayant surtout pour but de nous donner du pain. On ne peut compter sur les transformations soudaines oii les tentatives en ce sens n'ont mené, comme lors de la révolution française, qu'à la confusion et à beaucoup pis. On peut tenter une amélioration sociale mais sans enflammer les passions productives d'une guerre civile. En Virginie i^ar exemple (Nou-
velle Angleterre) on essaya la possession, on tenta la propriété en couiiiiuii, et ayant en cela absolument failli et du tout au tout sous le rapport de la production, on ne fut pas long à en conclure et de consentement unanime à un système qui mit enjeu le stimulus de l'intérêt privé. Eli bien ! G. Smith et H. George sont en ceci tous deux en erreur ; tous les deux, ils sont dans les extrêmes, et il y a à chercher la vérité à mi-chemin entre eux ; car le système privé même a donné lieu à des abus, à des fraudes et injustices, en ce que les uns s'enrichissaient ainsi aux dépens du travail, du génie, des talents des autres et gardaient tout pour eux aulieu de laisser partager les coopérateurs dans les profits, qui est le seul système absolument juste, fraternel et social. Voir à ce sujet la solution de l'auteur à l'endroit des articles Nos. 515 à 571 de ces "Enseignements de la vie." Manière de donner de l'ouvrage à tout le inonde, et d'éliminer ainsi toute tendance au socialisme, au communisme forcé, et de désarmer les pétrolours, les dynamytards, les vauriens de tous les piys : se cotiseï- jiour leur donner et à tous les désœuvrés un pied à terre, et de quoi vivre un an, puis les y envoyer avec renouvellement de l'injonction de Dieu " g"ag:iicr sa vie à cultiver la terre à la sueur «le sou Troiit ' puis encore, de la part de l'humanité mise ainsi à contribution, ajouter à ce décret "ou y crever."
990 — Ecrivant souvent sur flu papier réglé <le fines lignes à teinte bleue, jo r<îi'ois constamment ces li$(iies sur du papier biniic ou non réglé. Seraitce que ces lignes empreintes, photographiées sur la rétine de l'œil se refléteraient, se reproduiraient par réflexion et peut-être par le mêuie procédé inconnu qni nous fait revoir durant le sommeil, ou en rêve les scènes diverses de la journée.
991 Ne pas ouV)lier qu'à l'aide d'une feuille de
papier mince, et quelque irrégulier qu'en soit le contour, on peut en la pliant sur elle-même sur une table, le plancher, la muraille ou autre surface plane et unie, se trouver en présence d'une li^iie droite. En la pliant et repliant parallellement et à plusieurs reprises sur elle-même on aura mie ré{fl<?, mi conpe-papier. A la suite du premier pli, un second pli ramenant la ligne droite sur elle-même nous donnera un ang^lc droit, une éqiierre. Ce dernier replié sur lui-même sera un anjj^^le de 45 dcîfrés: angle central d'un octogone — encore en deux : un angle de 22.^ degrés ; et en deux encore, l'aiin^lc de 11 : celui de la ••ose des vents. L'angle de 45° replié en trois (chose a^sez facile à faire en tâtonnant un peu) donne 15°. Ce dernier encore en
trois nous met en regard un angle de 5-* De là à raiigle de 1'^ il ii*y n qu'un |>a$, l'œil pouvant apprécier à trps prfs et arriver facileujent à subdiviser en 5, i^ar essais deux à trois fois répétés, cet espace angulaire. Enfin à l'aide de cette unité angulaire et des autres subdivisions en 5, 15, 45, 90, il nous sera facile d'arriver à 6'^, 16°, 4<i°, 'Jl-'—à IF, 21°, 51^ et enfin avec des 5, des 15 et des unités et multiples de ceux-ci à un aii|;lc d'un nombre de deg^rés quelconque de l- à 360 . Pour ce qui est d'ailleurs, d'une règle dotit ou puisse se servir pour régler le papier à écrire, il suffira d'enrouler à plusieurs reprises la feuille de pajjier sur elle même et d'en coller le rebord au mucilage pour avoir une règle ronde dont on se servira au besoin. D'ailleurs, ce à quoi ou ne pense pas toujours : on peut couper sur un rouleau, une feuille de longueur ou largeur voulue et à côtés parallèles et perpendiculaires, en faisant glisser le canif le long du rouleau même, servant de règle ronde à cet effet.
992— La feuille d'or se battait il y a 3,000 ans pour en orner les cercueils des Egyptiens, comme elle se bat encore de nos jours.
On n'a pu substituer au battage par la main de l'homme aucun procédé mécanique aussi efficace, aussi
délicat. L'alliage qu'on y ajoute n'est que pour un cinquantième à peu près, réduisant ainsi sa pureté de 24 à 23^ carats, et on ne le fait point comme pour la bijouterie, pour en sauver la quantité puisque le feuillet d'or se vend plutôt à la mesure qu'au poids, mais pour qu'il soit moins adhérent au papier au velin dont on fait les livrets entre les feuilles desquels on le tient en sûreté jusqu'au moment de l'employer. On rougit l'or au besoin en y ajoutant un alliage de cuivre de cette couleur — on le rend pii\e ou plus blanc avec nne addition d'argent. L'ouvrier met son or au creuset pour le réduire en un lingot de 1 pouce de largeur, 5 de longueur et ^\ de pouce d'épaisseur, pesant 2^ onces Troie. Après l'avoir trempé, on passe ce lingot au laminoir le réduisant ainsi en un ruban de même largeur mais de 7 à S verges en longueur. Voilà donc de suite l'épaisseur initiale de ^g" réduite à un centième près de ce cliiflfre ou à un 2 millième de pouce environ. On coupe ce ruban en longueurs d'un pouce. On place ces morceaux empilés l'un sur l'autre bien exactement, entre et au centre d'autant de feuilles d'un papier très fort fait surtout en france et en Allemagne. Ces feuilles ont 3^ pouces, sont carrées et au nombre de 180 à 200. On procède alors au battage ou à la réduction d'épaissseur des petits lingots composants, et par conséquent à leur extension latérale dans les deux sens par un marteau rond de 4 i^oucea
de diamètre et dont le poids est de 18 livres. Ce premier procédé est d'une demi-heure à peu près et le petit lingot d'un pouce carré ainsi développé en une feuille de 1(J fois la grandeur, est devenu par conséquent JO fois plus mince et n'a plus que U.0002" (deux dix millièmes) d'épaisseur. Le second procédé con siste, en se servant de délicates pincettes en bois, pour que l'or n'y adhère point, comme il le ferait si elles étaient en métal, à enlever les feuilles d'or ainsi réduites d'épaisseur, et augmentées en surface, les couper chacune en quatre et les remettre entre ou séparées par autant de feuilles de vélin, ces dernières ayant 4 pouces sur les deux sens aulieu de 3^. Nous voici maintenant avec un livret appelé " shoder " et contenant non plus de lyu à 200 feuillts comme pour le premier martelage, mais de 720 à 800 feuilles du précieux métal. Il faut une heure pour composer ainsi le " schoder." Le martelage ou battage se continue ensuite avec un marteau de seulement 12 livres pesant aulieu de 18 livres, et cela dure deux heures. Quand les feuilles d'or par ce second martelage ont atteint les rebords du livret (schoder) l'ouvrier les en enlève pour les couper de nouveau chacune en quatre que l'on remet encore entre les feuilles d'un troisième livret ou sorte de " schodor " composé cette fois d'un parchemin ou vélin encore plus fort, mais plus n)ince et plus uni et délicat que le précédent. Voici donc la
feuille d'or réduite à un seizième de son épaisseur première de .0002" ou à un .0,000,125 soit à peu près d'un cent millième de pouce, ou le nombre des feuillets augmenté à plus de 2,000. Ces feuilles d'or ainsi réduites d'épaisseur et placées entre celles du livret en dernier lieu décrit, sont soumises à un troisième martelage, mais cette fois avec un marteau ne pesant que 7 livres et pendant 4 heures de temps, et qui les réduit enfin à une épai«»ioiir ne dépassant point la deux cent cinqnanfo inilliènic partie d'un pouce, soit à peu près la l,OOOènie partie de l'épaissesir d'une feuille de papier ordinaire à écrire ou à inspriiiier. Ce sont ensuite d'ordinaire, des maiTis féminines, plus délicates que celles de l'autre sexe, qui sont employées à prendre, toujours avec de délicates pincettes en bois, chacun des feuillets d'or, et au nombre de 25 pour les placer un à un entre autant de feuilles de papier de soie saupoudrées d'un rouge, qui constitue le livret d'or du commerce et dont 20 de ces livrets forment un paquet de 500 feuillets. C'est à Londres, à Paris, à Florence que s'exerce cette industrie mais surtout en Allemagne. Aux Etats-Unis, co n'est guère qu'à New- York et à Philadelphie qu'on exerce cet art et il y a de 20 à 25 établissements où on le fait, quelques 200 ouvriers seulement y étant employés. Il se fait avec du cuivre rouge une imitation assez réussie de la
feuille d'or — elle ne se vend que $1.25 le paquet ou les 5(Xt feuillets, pendant que l'or se vend §7.00 la même quantité. L'art de marteler, battre l'or demande un long apprentissage, et beaucoup d'intelligence. Il faut aussi que les outils soient, pour assurer le succès, d'un© température uniforme et sans humidité.
993 — L'Espagne pcid son empire, son prestis^e. Lors de son accession au trône d'Espagne en 1556, Philippe II se trouva maître du plus vaste empire que le monde eut vu depuis que Rome fut au zénith de son pouvoir. Ses flottes étaient fameuses pour leur grandeur, et elles connnandaiont l'Océan — ses armées étaient fameuses à cause de leur valeur — Elle pesait les destinées de l'Europe, avait des i^ossessions sur tous les continents, et on peut dire que les Amériques Nord et 8ud lui ai)partenaient. S. Johnson écrivait aussi récemment qu'en 1740, en se plaignant des misères des pauvres peuples : " N'y a-t-il plus de " régions h réclamer par l'Espagne ? Alertes, levons- " nous, explorons ces pay.-. fortunés et ne tolérons plus " l'insolence de l'opiiression."
L'empire espagnol a été le résultat de mariages, d'alliances, de conquêtes et de découvertes ; son déclin, sa chute peuvent être atti'ibués au caractère