Oui, l'on peut craindre ici et a for
tiori, la révolution ; car les extravagances de toutes sortes, les sinécures, les pensions, enfin les milliers d'emploj'és publics, ministres, députés, conseillers législatifs qui vivent sans rien faire qui vaille, -des sueurs du peuple, au lieu de celles qui devraient leur être propres, demandent aujourd'hui la restitution, compensation du bien mal acquis, en mettant en position de travailler les milliers de ceux ruinés par -ces extravagances sans nom. Il faut donnei* <le l'ouvrag'c aux désœuvrés, aux nécessiteux, leur faire à chacun un avoir, lear donner un pied à terre, sur le domaine encore vierg:e du pays, attirer ici la population isurabondante des centres eng:outfrés du monde civilisé ; se faire enfin une population en rapport avec l'étendue du Dominion et par là même des consommateurs, des contribuables sur lesquelles repartir là dette publique pour la rendre moins onéreuse au petit nombre qui en porte aujourd'hui le fardeau.
562 — Citons à l'appui de notre thèse " la nécessité " de la décentralisation, du retour de la ville à la campag:ne, des travaux industriels à. ceux des champs, de l'agriculture.
Les statistiques des Etats-Unis font foi qu'en 1790, il n'y avait dans les villes que 3^ pour cent de la population entière des Etats Unis. En 1850 ce chiffre s'était accru de plus de 9 % ; en 1860 la population urbaine était de plus de 16% ; en 1870 de 21 pour cent } en 1880 de 22^ par cent et en 1890 les populations urbaines et rurales étaient dans le rapport de 29 à 7L Voilà des chifires pleins de renseignements.
563 — En i§'3'l la population urbaine du Ciinada clait «le près de 19 par cent de la population entière et 20 ans plus tard ou en i§9B de près de 29 p.ii* cent, et la marche va toujours croissante. Les postulations de certaines villes se sont accrues outre mesure en ces dernières années, comme de Fall River, Xew Bedford, Holyoke et Worcester, respectivement de 55, 65, 43 et 44 % pendant que l'Etat entier du Massachussets n'accuse qu'une augmentation de 23|.
564 — Les villes sont peuplées audelà de leur légitime capacité, les cantpag^nes dépuplées et manquant de la main d'œuiTe nécessaire pour faire la récolte, et durant
l'année actuelle les villes d'Ontario ont dû envoyer au Nord Ouest du Canada par le C. P. R. près de 10,000 mains additionnelles pour aider à emmagasiner les produits des champs. Le Dr. Stewart, M. S. R. C, déjà cité et qui s'occupe intelligemment de cette question de la réhabilitation des populations rurales, laquelle a beaucoup plus sa raison d'être que le ■reboisement des forêts, s'exprime ainsi dans le Chroiijcle du 31 juillet deruier : Les puissances en jeu attirent évidemment les gens des compagnes vers les villes et rien autre chose qu'un agissement intelligent' ne créera jamais un contre-couran^-. Un moyen bien simple «l'accomplir ceci serait pour le ;^ouverneineiit Fédéral de venir en aide aux désceuvrés des villes, aux déclassés qui ont abandonné leur élément naturel — la campag^ne — en leur fournissant les moyens d'y retourner, en les établissant «ur les terrains non concédés de l'Ouest. Un autre moyen, dit-il, de faire retourner le courant serait de diminuer pour le fermier, l'agriculteur, le fardeau des impôts. 11 est clair que l'industrie honnête et intelligente sera plus certaine d'une rémuné- Tation lucrative en se dirigeant vers les champs, s'il est possible de l'y attirer. Ceci est une chose de pressante importance ajoute-t-il, et il faudra bon gré, mal
gré que nos hommes d'état s'en occupent sérieusement tôt ou tard.
565 — Puis nous avons aussi ^r. T. Levasseur^
rédacteur d'un important journal de St. Paul, Minnesota, qui en date du 10 août dernier écrit à Li» Presse de Itloiitréal, (voir le numéro de ce journal du 31 du même mois), sous l'entête " Hommes et choses de l'Ouest " que son projet d'affiliation, d'unefédération de nos sociétés nationales, ou encore dfr l'unité canadienne-française aux Etats-Unis, dans uq but d'assurance, va son chemin. Cet article de tout une colonne de L.a Presse, mérite attention, car il y discute à fond la question avec les principaux citoyens de l'endroit, le tout dans le but d'assurer le futur des classes ouvrières ou de leurs familles après elles.
566 — La Presse dit aussi, sous l'en-tête de " Un Paradis Perdu," parlant de l'essai infructueux que firent en 1892 les. désoeuvrés de l'Australie, pour se fai^rç.up Eldorado " Hélas la leçon de la commuue de Paris en 1848 était donc déjà oubliée et l'Anglais M!. Peel, q^ia fourni la substance de ce récit, conclut en ces termes r
<^ fj'expérience a montré que le fait d'estimer an même prix le travail de chaque personne sans accorder de considération au tempérament, au sexe, à l'âge, aux services, aux capacités physiques et mentales, ne produit pas les résultats satisfaisants espérés." Cette conclusion, si exempte de passion et de parti pris, sera aussi le nôtre ; nous y ajouterons une simple réflexion : c'est que l'autorité, chassée par la porte, rentre par la fenêtre et devient une tyrannie."
567 — Cette conininnnuté iniag^inée par tous les socialistes tour à tour; ce moyen de se soustraire à toute inquiétude quant à son avoir, ne saurait exister, ne réussira jamais.
Nous l'avons déjà dit : Dieu ne veut point que nous soyons jamais sans être inquiets du futur. ''Gagner son pain à la sueur de son front, " ne veut dire autre chose, et tout ce qu'il convient de faire, encore une fois, est seulement de mettre chacun en mesure de le faire en rendant aux champs ceux qui jamais n'auraient dû les laisser, en y envoyant ceux pour lesquels il n'y a aucun emploi dans les centres trop encombrés.
568 — Les moyens pécuniaires de le faire ont déjà été signalés. Il y a des taxes, des impôts que payent les gens conipai-ativenieiit à l'aise sans niaui^réei* et qu'ils payeraient même avec satisfaction dans le but utilitaire, humanitaire de venir en aide à leurs frères moins fortunés, et ils le feraient, à fortiori, avec plaisir, comme moyen, en éliminant les désœuvrés, d'éliminer les anarchistes qui ne cherchent qu'à amener ce partage par les riches d'une partie de leurs biens pour le soutien de leurs semblables, ou plutôt pour les mettre tout simplement en mesure de se soutenir eux-mêmes par leur travail : la taxe par exemple à Paris que l'on prélève aujourd'hui sur les amusements. Cette année les statistiques publiées en rapport avec cette taxe démontre non seulement que les pauvres bénéficient largement des plaisirs des riches ; mais sont intéressantes à un autre point de vue, en ce qu'elles font foi d'une dégénérescence dans les goûts artistiques des Parisiens : Il est de fait par exemple que (je cite un extrait du «' Chronicle " du 29 août dernier copié du *» London Standard '') l'an dernier les recettes des " Folies Bergères " furent de 1,147,406 francs pendant que celles de " L'Odéon " subventionné par l'Etat et qui n'est second, qu'à " La Comédie Fran-
çaise," n'ont été que de 428,600 francs, ou du tiers à peu près de la première, la recette totale des théâtres étant de 13,404,155 francs sur laquelle les 3 par cent perçus par le g:ouverneinent au profit des pauvres n'est pas de moins de $7§,000.00.
569 — La presse contemporaine abonde dans le sens de l'auteur, à l'effet qu'il faut en venir tôt ou tard à se cotiser, chacun suivant ses moyens pour venir en aide à nos frères désœuvrés. Il faut pour ainsi dire rocoinniencer à neuf, retourner au point de départ de nos premiers parents : à la culture de la terre qui offre un rendement abondant ou au moins suflisant à qui sait l'arroser de ses sueurs.
570 — lirons mettions en ^arde contre la diminution des industries, des emplois, des moyens divers «le gfag'ner sa vie, en
faisant fi de l'avis de ceux qui veulent diminuer le travail du genre humain en supprimant du coup, par un langage universel, une monnaie unique, l'emploi des
millions de personnes aflectées, de par le monde, aux besognes de la traduction, réduction des valeurs d'un pays en celles d'un autre; et en voilà mu autre qui vient abonder «laiis le même sens de réduire encore la besogne qui fait vivre des milliers, des millions d'âmes, en supprimant, recommande t-il, toutes les lettres inutiles, lettres non prononcées et qui dans les deux langues, l'anglais et le français seuls, se comptent par centaines de millions dans les livres publiés tous les ans par les deux nations.
571 — Ce qui empêche ou au moins retarde à Londres, en Angleterre, la révolte — motivée en France en 1793 i^ar les extravagances des haut placés : laïques et cléricaux — c'est que le peuple tout en maug:réant contre les inillionnaires, les JLords, les riches en général, a le bon sens de comprendre que CCS fortunés dépensent des millions annuellement, non pas,si Ton veut^ dans le but direct de venir en aide aux pauvres, aux désceuvrés ; mais qui a tout de même cet effet désirable. L'on entend souvent dire par ceux qui ne raisonnent point, et qui déplorent le luxe, les bals, les amusements, les théâtres, qu'un tel qui a consacré à une soirée une forte somme^
des milliers de piastres ou de louis, aurait mieux fait de les donner aux pauvres — Eh bien non — cette opinion n'a aucunement sa raison d'être. Le pauvre peut être et est de fait, tout comme celui qui ne l'est point, homme de cœur, et comme tel, il aime mieux être mis en position de gagner sa vie que de vivre d'aumônes ; et c'est précisément ce que, pour beaucoup, les soirées de toutes sortes que donnent les riches lui permettent de faire. Ainsi il y a tout d'abord les petits comme les gros marchands qui écoulent ainsi leurs effets — les couturières, tailleurs, modistes, cordonniers qui ont à confectionner les vêtements — les employés des manufactures où se font les soieries, les rubans, les dentelles, les fleurs, les parfums — il y a les cochers qui en profitent— les pâtissiers, charcutiers, jardiniers,perruquiers, bijoutiers — les fleuristes, les décorateurs, les musiciens etc. En un mot cet argent pénètre partout et chacun en à sa part et par une distribution plus proportionnelle aux besoins de chacun que si on le distribuait en purs dons, dont l'effet ne serait que d'entretenir dans l'oisiveté les récipiendaires.
572 Il y a, dans ce monde, dit le révérend
père Faber, de» âmes qui ont le don de trouver la joie partout et de la laisser après eux lorsqu'ils partent. Leur influence est une
inévitable satisfaction du cœur. Ils ont à faire pour
Dieu une œuvre grandiose, et ils le font d'autant plus
qu'ils s'en aperçoivent moins. Vivre avec eux, c'est
vivre dans un atmosphère de plaisir sans bruit, de
sereine gaieté. Il est vrai de dire que celui-là est le
plus grand, le plus heureux, et le plus selon l'esprit de
Dieu, qui a ajouté une seule jqie, à la somme de
bonheur du monde.
573 — Le fori^eron, tire d'une g^ueiise de fer pour une valeur de ^l'i.OO de '« fers pour chevaux. Le coutelier en tire pour de $200 à Ç300 de laïues de couteaux. Le machiniste en fait des aiguilles valant de $6000 à S7000. Un horloger en ferait pour $'200,000 de ressorts de montres, ou pour §2,000,000 en ressorts capillaires. Un faiseur d'outils de dentiste, en ferait pour $3,000,00 de menus outils barbelés qui servent à extraire les nerfs d'une dent, soit plus de vingt fois la valeur d'un poids égal en or. Inutile de rappeler qu'il est plus facile de fabriquer des fers pour chevaux que des couteaux, des couteaux que des aiguilles, des aiguilles que des ressorts ; mais le produit plus fin, plus délicat, paye, et de surcroit, le travail additionnel.
574 — Ce ne sont point les Jeunes gens à.
résidences soiiiptueiiscs, et en ayant larg^einent l'occasion, qui ont obtenu durant la vie les plus g:raiids succès ; mais les pauvres garçons et filles de la campagne en circonstances difficiles, et n'ayant " aucune chance." Voilà ceux qui ont fondé nos universités, bâti nos hôpitaux, établi nos maisons de commerce, fait nos découvertes, se sont dévelojjpés en nos hommes d'état, et sont devenus les piliers d'une nation. Non ce ne sont point la fortune, le luxe, mais le dur besoin qui ont toujours été l'aiguillon sans prix des grandes choses accomplies.
575 — Comme il est vrai de dire qu'avec les mêmes matériaux, un homme fait un palais, un autre un taudis — l'un, des villas^ l'autre des hangars : que les briques et le mortier continuent de l'être jusqu'à ce que l'architecte en ait fait autre chose. Wicliel Ang'e trouva une fois parmi les débris au bord d'un chemin dans les faubourgs de Florence, un morceau de marbre déjeté que quelque ouvrier inhabile avait haché, gâté et rejeté comme inutile. Plusieurs artistes en avaient observé la fine qualité, et regrettaient que le morceau eut été gâté, mais n'y voyaient rien de plus ; mais l'œil vif d'Angelo voyait dans cette raine tout un idéal, et
avec son ciseau et maillet il tira du marbre déjeté " Le jeune David,"
576 — Un cas particulier jugé dernièrement (1898) par la Cour Suprême des Etats-Unis : un nommé Bunk fort endetté se fait assurer pour $200,000. Il se suicida et l'un des assureurs au montant de $45,000 refuse de payer : les héritiers portent la chose devant la justice. Il est avéré et prouvé, que Bunk s'est suicidé en pleine connaissance de cause, jouissant de ses facultés, et qu'il aurait même dit à l'avance que c'était son seul moyen de payer ses dettes à l'aide
d'une assurance sur sa vie La Cour a débouté l'action
des héritiers.
577 — L.e ]TIis$issi|»pi et ses ti'ibutaires, le
système fluvial le plus grand du monde, accuse une étendue collective de 100,000 milles. L'Amazone, le Nil et le Gange pris ensemble en approchent à peine. L^n vapeur laissant Pittsburg peut visiter 23 Etats sans passer par aucun chenal artificiel. Le bateau peut remonter par l'Alleghany, la Monongaheia, la " Big Sandy," la Kentucky, la Wabash, la Tennessee et la Cumberlandj et rentrer dans l'Alabama, avant d'atteindre l'embouchure de l'Ohio. En amont de Cairo,
le vapeur peut traverser non seulement le Mississippi mais la St-François, l'Arkansas, la Blanche (** The White"), la Rouge ("The Red"), la Yazoo, la Tallahatchee, la Yalobusha, la Ouachito, les grands bayous et tous les tributaires de ces rivières. En amont de Caire se trouvent le haut Mississippi, 1" Illinois, la Missouri, la Yellowstone, la Platte, la " Big Home '" et une vingtaine de tributaires de ces dernières. Le bateau supposé peut toucher sur son parcours à pas moins de 1060 villes et cités. Ces rivières égouttent un territoire de 1,683,303 milles carrés, occupé par une population de 24,298,332 d'âmes en 1890. En 1889, le commerce de ce système fluvial se faisait par 7,458 vaisseaux, jaugeant un tonnage effectif de 3,298,379 tonnes et une valeur de 15^ millions de dollars, et ce commerce est si hicratif qu'il dépasse annuellement en valeur d'un million de piastres, celle de toutes les embarcations y affectées. Ces bateaux transportent tous les ans onze millions de passagers et 33 millions •de tonnes de fret. Et ce n'est là qu'un seul des systèmes fluviatiles du territoire Américain. Il y a encore celui de la Yukon, de la Colombie, de la Colorado, et celui de l'Alabama à Tombigbee. Et d'une extrémité à l'autre de toutes ces rivières, pas une douane pour gêner le commerce ou le mettre à contribution pour un seul sou : et encore les ressources de
ce merveilleux pays ne sont-elles qu'à demi dévelopi^ées.
578 — Au Canada, vu l'étendue du pays en rapport avec sa population, le système postal n'a produit que des déficits variant de §28,000 à $911,000. Aux Etats U'nis oîi les conditions sont plus favorables, vu sa population de 70,000,000, pendant que celle du Canada n'est que de 5 millions (l'jf de l'autre) le service l'an dernier a été de $90,000,000, la recette de §80,000,000 — déficit de 10 millions — Dans les princii^aux pays d'Europe au contraire, il y a eu un surplus : de §3,000,000 par exemple en Allemagne où le coût du service est de §94,000,0<Xl et le revenu de §97,000,000. En Angleterre la dépense postale est de §40,000,000 et la recette de §57,000,00(1. En France les chiffres sont de 37 millions de dollars pour la dépense et de 45 millions pour la recette. En Russie 23 millions contre 32 millions; en Autriche de $21,000,000 et $23,000,000 — Notre déficit cette année eut été de f 824,000, mais la vente des timbres-Jubilé l'a réiuit à §585,000.
579—11 est rationnel que l'Iioinnie en général veuille s'instruire : se i-endre compte
du lever et du coucher réguliers du soleil, des phases de la lune, du pourquoi des marées, de l'origine des rivières et de leur écoulement ininterrompu. Il veut connaître la forme, la grandeur, la formation de la terre, et la raison d'être de ses rochers constituants, <le sa houille, de ses minéraux. Il n'y a peut être pas besoin qu'il sache comment il se fait que notre système est supposé dû à une agrégation de matière cosmique, ou que le soleil, les planètes, la terre se dirigfeiit eiiseiiiblc vers la constellation Hercule 5 mais il lui est pertinent de connaître quelque chose ayant trait à sa propre constitution, sa manière d'être : son système osseux, musculaire, -nerveux, digestif, vasculaire, veineux et artériel ; afin qu'il comprenne ce dont il souffre, et qu'il soit ainsi mi.*» en mesure de subvenir à ses besoins.
Il lui faut apprendre la composition et le lieu de provenance des divers matériaux dé son art du métier, ainsi que de ceux des arts et métiers ou inariulactures des autres. Il connaît le bois, la pierre pour être constamment en contact avec ces substances et il en connaît l'origine ou la provenance ; mais il n'en est pas ainsi du verre, de la bi'ique, de la fa ehce, chaux, cuir, coton, soie, etc ; pendaiit que pour ce qui est de la laine, il peut la deviner en la voyant suspendue aux flancs du mouton ; il voit que les plumes viennent des oiseaux, les fourrures de
nos animaux domestiques, ou de ceux qu'il a eu occasion de voir en ménagerie ou aux jardins d'acclimatation. Il peut même se rendre compte de l'existence des tissus en y voyant s'y croiser les tils composants, comme dans le tressé des pailles, des cannes d'un fond de chaise, ou des brins d'osier ou éclisses dont on fait les mannes, les paniers.
580 — l.es leçons «le choses du Kinderg^nrten des Allemands sont nécessaires à tout âg^e : les jjetits blocs ou bois jjour édifier, construire à diverses formes ; les balles, les marbres pour enseigner l'action, la réaction, l'angrle de réflection égal à l'ang:le d'Incidence, le parallélogramme des forces. JLa rétraction peut s'apprendre dans un verre d'eau ; ou en plongeant le bout d'un bâton dans l'eau d'une cuve, d'un puits, d'une mare, d'un lac, d'une rivière. Il n'y a pas lieu à des termes tchniques dans la discussion du centre de gravité, où quant à la manière de le trouver.
Il appartient à l'homme de science de su§:g:érer au professeur ordinaire comment il doit donner ses leçons de choses pour l'enseig:nenieiit du million. Deux hommes portant un billot plus petit à un bout qu'à l'autre
peuvent croire tout d'abord qu'ils sont chargés tous deux d'un poids égal ; mais qu'ils le remettent à terre et le lèvent par une extrémité, puis par l'autre ; ils ne seront point lents à saisir la diôérence, et à épauler tour à tour le gros bout, le petit.
5§1 — <^ue l'on demande à un homme de couper en deux parties d'ég^al poids, un morceau irrég^ulier de bois, de pierre, etc. ;
en deux blocs de même contenu cubique, un billot de sciage conique ou dont les extrémités sont de diamètres différents ; comme qui dirait encore : trouver le point où il faut poser les tourillons d'un cannon pour que les deux bouts se contrebalancent l'un l'autre. Eh bien il ne s'agit que d'y penser, il a fait la chose cent fois étant enfant, lorsqu'il balançait sur le rebord de sa tasse, de son goblet, sa cuiller — lorsque, formant pour ses enfants une baleni^oire, il tirait ou poussait tour à tour la planche, le madrier par un bout ou les deux successivement jusqu'à ce qu'en tin les deux bouts se balancent l'un l'autre. Voilà donc le centre de gravité voulu, le point où il faut scinder le billot, le scier, le fendre pour que les parties soient de même poids.
S^9 Pa«i« beaucoup de choses, l'ensei-
^m«iuei9t tejellilique pour l'Iionmie «le scic'Jiijce.ii'a i»iS4s sa raisou d'élre. Le u:aître peut L^rQ^ême en en lisant, étudiant le procédé, se rendre compte de la manière dont se fait la brique, la faïence ; où il peut y aller voir et conduire l'élève ; car l'enseignement se fait plus vile, plus facilement p^r.|/e$ ^e)MX, que par la lecture. Le professeur pfiut expliquer que Je colou croit, et où et comment on le réduit , en fil à coudre, à tisser — puis le procédé du tissage. Il peut expliquer comment se fait la ÇjjJepar le ver de même nom — ce dont se nourrit le ver à fipie — que le cuir est fait de peaux tannées — qua pour confectionner des vitres, il y a, après avoir pris, à l'extrémité d'un tube, du verre fondu, le souffler pour en faire tout d'abord des c)'lindres dont on enlève Cet .cflWflaejflt) successivement les deux bouts ; puis que l'on fend par un côté le cylindre en y promenant un fer froid ; puis qu'on met le cylindre au four où il s'apaolUt, a'ouyre, s'aplatit sur une table que l'on retire ensuite du four pour, au moyen d'un diamant, réduire enfip la feuille en carreaux des dimensions voulues — comjuient les glaces à miroir, à vitreaux d'étalage, au ligiVi.d'^tee soufflées, sont fondues, coulées sur une table en fer à rebord de l'épaisseur voulue, puis la surface supérieure du verre encore en fusion, aplani en y promenant un rouleau qui l'égalise et en enleva
en le poussant devant lui, le surcroit, le surplus du métal pour être remis au fourneau — comment les métaux : le fer, le plomb, le cuivre etc., comme le verre, peuvent être fondus, coulés dans des moules et façonnés de la manière que l'on connaît — comment le papier se fait de guenilles bouillies, blanchies au chlore, réduites en charpie, formant une pâte comme de la crème qu'un mouvement vibratoire fait étendre sur un tissu en fil de fer, ce papier s'enroulant pour le sécher autour de cylindres chauffés à la vapeur — enfin comment on fait le caractère d'iiaipriiiierie que l'on met ensemble pour en faire des mots, des phrases, des pages, des livres.
583-Le pcdag:og:iic ordinaire (maître d'école) peut dire à. se»» élève» d*où vient la houille —
que ce n'est pas une substance manufacturée par la main de l'homme, mais élaborée dans les usines de la terre et avec le lapse des siècles — que la chaux , s'obtient en faisant cuire la pierre de même nom pour en chasser l'acide carbonique. Il peut expliquer raille choses sans l'aide du technologue ; mais il lui faut l'homme de science pour lui di;e de quoi est composé la houille (charbon de terre), le géologue pour lui en expliquer le-; touches superposées séparées par autant de couches ou strates de pierre. Le
géologue lui dira les bois et forêts de la terre, la végétation luxuriante des premiers âges du monde, due à la surabondance d'acide carbonique de l'atmosphère des premiers temps. Il lui fera voir comment le soleil ii«>|>ii'e, évapore l^eau «le l'océan — que cette vapeur jjoussée par les vents, se refroidit au contact des montagnes, se précipite en pluie qui forme des ruisselets, des ruisseaux, des rivières — que ces eaux entraînent avec elles les terres, les sables, les pierres — comment ces matières désintégrées, séparées des rochers par la giclée, l'atti'itioii, l'érosion des eaux, se sont déposées en couches plus ou moins régulières sur le fond des estuaires, des lacs, des côtes riveraines où ces rivières se déversent^ comment enfin ces couches de glaise, de sable, sont devenues, sous la pression des eaux, et par action chimique dans la suite des âges, des strates de pierre.
5§4 Le i;éolog:ue peut écrii-e en langrag^e
or<liiiaire, l'Iiistoire de l'L'nivers: soit un simple résumé, ou autant quil est nécessaire qu'en fâche et retienne en mémoire l'homme sans éducation classique, ou qui n'en a ni le temps, ni les moyens ; autant que peut désirer en connaître un paysan, un mécanicien, un ouvrier intelligent, pour ne pas paraître
à d'autres tout à fait ignorant du monde qui l'entoure. Il n'est pas nécessaire de se reporter en arrière au cliaos de la Genèse ; mais commençons par épouser la théorie généralement admise que notre g'Iobe terrestre, était à l'abord, une boule de matière fondue et incandescente, entourée tout autour de vapeur se condensant en eau pour former les océans, au fur et à mesure que la croûte de la terre se refroidissant devenait la substance que l'on appelle aujourd'hui g'ranit. Notre individu de tous les jours, peut comprendre ceci, et de quelle manière les bouillonnements de la matière intérieure encore en fusion ont fait sur une plus grande échelle ce que font encore de nos jours, quoique d'une manière moins accentuée, les volcans, les îrenibleinents de terre. Il doit voir l'analogie entre les montagnes et les inégalités de la surface terrestre motivées par cette action, tout de même que la vapeur emprisonnée à l'intérieur d'un pâté, d'un plat de viande recouverte par une pâtisserie, en détermine à la surface des monticules, des boursouffles, des inégalités, des endroits en relief figurant les montagnes, des dépressions imitatives des vallées et des bassins océaniques : et enfin comment quelques unes de ces monticules venant à se percer sous l'effort de la vapeur figurent les volcans, les fnnierolles, les geysers.
^S5 — L.'incg:ale vitesse de rotation de la terre à Téquateur et dans les latitudes éloignées, avec l'action du soleil, est la cause des vents qui k leur tour l'ont les vag:ues, les
vagues la désintégration des côtes maritimes ; et cela avec le détritus apporté par les rivières venatit des hauteurs où les vents ont chassé les vapeurs de la mer, a formé les couches superposées au granit. Maintenant surgissent les forêts. Elles croissent pendant des siècles, luxuriantes de chaleur et des gaz dont elles se nourrissent, jusqu'à ce qu'un cataclysme, un cyclone peut-être les abat, les terrasse, et là elles jonchent et pourrissent et finissent par devenir de la lig^nite et enfin de la houille — ou peut-être le procédé, l'élaboration, n'est pas encore complet, lorsque par un affaissement de la surface elles s'enfoncent sous les eaux, pour y être recouvertes à leiir tour, de couches de sédiment qui deviendront pierre plus tard. La surface se soulève de nouveau, c'est-à-dire la croûte de granit sur laquelle reposent ces couches de houille, de pierre — elle se revêt d'une nouvelle végétation qui grandit, grossit, Unit par pdarrit", s'écraser à son tour et devenir charbon. Nouveau cataclysme : la croûte s'enfonce encore, il s'y fait de« dépôts de détritus qui se durcissent enfin jusqu'à devenir des bancs soUdes de pierre, l-e procédé se répète et se répète encore, d'un affaisse-
meut suivi d'uu <;xli»usscuient de la croûte terrestre sous l'effet encore sensible de l'intérieur non encore suffisamment refroidi pour faire cesser cet.te intermittence de mouvement— Ceci explique les 27 couches de houile — autant de cataclysmes de la Bpfte— -que l'on compte dans les mines de la Nouvelle Ecosse, celles en plus grand ou moindre nombre des autres pays, et ces intermittences d'affaissement, d'exhaussement de la croûte de la terre existent encore aujourd'hui, mais d'une manière moins accentuée, (nos géologues en font foi) sur les côtes de la baie d'Hudson, le long de la rivière Ungava du Labrador et ailleurs.
5S€ — Quaud dans les preuiiers âgres du monde les eaux de la terre se sout suflisauintent refroidies, elles se sont peuplées tout d'abord de mollusques ; puis de poissons, la baleine et quelques autres mammifères ; l'air devient vivant d'oiseaux; la terre de reptiles et de quadrupèdes, jusqu'à ce qu'enfin apparaît l'homme qui trouve tout préparé pour son existence : sa nourriture dans et sur le sol ; dans les eaux, les rivières, dans l'air et à la surface du globe ; }e bois pour s'y bâtir, la pierre ; la houille pour s'y faire du feu, et dans les veines de la terre, l'or, l'argent, \e cuivre, les minerais de 1er et autres ; les fourrures
pour se vêtir, et un créateur prêt à pourvoir à tous ses besoins.
587 — Si l^oii ne |»eut dire i'âg:e absolu des diverses clia'nes de iiiontag^iies qui croisent en tous sens le globe — il est cependant certain qu'on est à même «le coiina<lre leurs àg:es relatives, et cela par la nature, le nombre, le conforme, le non conforme des strates ou couches sédimentaires se reposant dessus ou sur leurs flancs, leurs pieds, c'est-à-dire à leurs bases respectives ; de même que le rapport de ces strates à l'endroit de leur priorité d'existence se connaît par les espèces fossiles qu'on y trouve ; les formes les plus simples les plus primitives occujjant naturellement les couches sédimentaires premières, les autres les autres, puisque dans les strates superposées aux premières et de plus en plus récentes, l'on rencontre des formes; de vitalité de plus en i^lus perfectionnées jusqu'au quaternaire ou dernières couches sédimentaires dans lesquelles on trouve les formes les plus perfectionnées de faune terrestre.
5§§Pour s'expliquer l'existence, le transport de ces immenses cailloux et rochers qui jonchent cà et là la terre et à des distances
si grandes de leur endroits de provenance, on a les glaciers des Alpes et des autres chaînes de hautes montagnes en général, qui par leurs morraines font foi du charriage de ces blocs par l'effort des glaces qui dans leur mouveuient progressif les poussent devant elles, ou à la surface inférieure des quelles, ces blocs de pierre se trouvent attachés et transportés avec elles jusqu'à ce que, fondant sous l'influence des températures plus élevées des vallées, elles y déposent enfin ces erratiques à des distances énormes des montagnes dont elles proviennent.
5§9 — L'action dos glaccvs sur les rochers riverains des fleuves et cours d'eau, se voit constamment sur les rives du St-Laurent, entre autres, ou un caillou, un rocher adhèrent en sous -œuvre à la glace des " battures " et y incorporés par la congélation de l'eau tout autour, se transportent au printemps, ou à la débâcle, à de grandes distances de leurs positions primitives, comme on le sait en constatant de temps à autres, la disparition d'un rocher d'un endroit, son apparition à un endroit où il n'y en avait point auparavant, ou à eau plus ou moins profonde, où les sondages n'en avaient pas encore fait foi, et de là quelquefois de dangereux échouements de navires.
590 — L.*époque dite glaciaire en est une
imaginée par les géologues pour faire comprendre — où, comme au Nord de l'Amérique, il n'existe point de glaciers pour expliquer la chose, ni de montagnes assez hautes pour en motiver — la présence de ces immenses quantités de pierres et sables, cailloux et rochers qui recouvrent le sol en bien des endroits à des profondeurs relativement immenses — comment ce détritus, ce diluvium ainsi appelé a été transporté. A cet efiet, nos montagnes du Nord n'ayant guère que de 2000 à 3000 pieds de hauteur, l'on suppose qu'une merde glace de quelques 5000 pieds d'épaisseur, dont ils expliquent assez plausiblement l'existence, se soit répandue sur le pays, s'avançant à pas lents comme le font les glaciers des Alpes — une couple de pieds par jour, plus ou moins paraît-il — car comme on le sait la ghice est plastique et se meut comme le ferait un monceau de pâte entassé à cet effet à une hauteur suffisante pour motiver la chose. Mais il est possible aussi, nos Laurentides étant les plus vieilles montagnes du globe, comme leurs sommets arrondis en font foi d'ailleurs, que ces montagnes aient été autrefois béaacoup plus élevées et qu'il y existât des glaciers pour expliquer la présence chez nous de ces rochers, petits et grands que l'on trouve en si grande abondance à la surface du sol.
591 — On se fait une idée assez juste du itiônveiHeiit journalier de la terre autour de son axe, de son mouvement annuel autour du soleil, et du mouvement mensuel de la lune autour de la terre eii les assimililant à ceux d'ua bicycle antoui' d'un rond, ou terrain circulaire ayant à son centra un objet quelconque, une lumière par exemple figurant le «ôleil. Alors chaque tour du bicycle autour du rohd représente une année et un to'ir autour du soleil — chaque tour de la grande roue du bicycle autour de son axe, est celui de la terre sur elle môme et représente une journée — enfin la petite roue du bicyole malgré qu'elle n'ait point l'air do faire le tour de la grande, représente ce mouvement au parfait, puisque les deux roues tournant avec des vitesses différentes présentent successivement l'une à l'autre différente* parties de leurs surfaces respective».
!i9'i — Foucaud a rendu évident le mouvement journalier de la terre autour de Sitti axe, en suspendant à la voûte du dôme du Panthéon, par un til, un boulet qu'il mit en oscillation suitàùt un axe de l'édifice. Au bout de quelques heures le plan d'oïcillation avait complètement changé de
direction, et dans un nombre total d'heures, dépendant de la latitude du lieu, la pendule avait fait le tour complet du dôme et était rovenu à son point de départ. Chacun put répéter chez soi cette expérience de Foucault au moyen d'une boule suspendue du plafond et à preuve que ce n'est pas le point de suspension qui fait dévier le plan d'oscillation, tenez au bout du braa votre montre par sa chaîne, faites-la vibrer, osciller, faites rouler la chaine dans vos doigts et vous verrez que le plan d'oscillation n'en sf-ra pas affecté.
593 — Vous voulez jug^ei* «l'une manière pratique «le rég^alité, aux équiuoxes, «le l'inég:alité en «l'autres temps, «lu maximum de «Ijfiërence, aux solstice», «les jours et «les nuits — «les jours et nuits polaires «le six
mois chacun «le l'effet «lu soleil sur les
saisons : Sur une table ou chaise au centre de votre chambre ou sur le plancher même, ayez une lumière figurant le soleil, et qu'un des coins supposé infiniment éloigué du plafond soit pour vous le pôle céleste ou la direction de l'axe terrestre. A travers l'axe d'une orange ou d'une jiomme faites passer une broche à tricoter ou un manche de plume. Voilà pour vous la terre, tenez-la par les deux extrémités de son axe,
tenez cet axe à une inclinaison régulière et toujours parallèle à lui-même, promenez votre terre autour de son soleil et vous vous rendrez compte de tous les phénomènes ci-haut relatés.
594 — Pour se rendre compte des. phases de la. lune, des éclipses de luue, de soleil,
l'idée se j^résente, comme d'elle-même, d'une lumière au centre représentant le soleil, une boule pour figurer la terre, une autre plus petite la lune — puis en promenant la lune autour de la terre, vous vous rendez compte de suite : de la pleine lune, quand elle est du côté de la terre opposé au soleil ; de la nouvelle lune, quand elle est entre la terre et le soleil, puis de «es quartiers en la tenant convenablement ; enfin des éclipses de la terre par la lune, et de la lune par la terre, suivant le cas.
595 — L.a vitesse de la lumière — 180,000 milles (GO,(M)U lieues) par seconde — fut découverte par Kœmer. Il avait calculé pour 6 mois les éclipses des satellite» de Jupiter. Les six mois suivants faisant foi d'un écart entre les temps calculés et les temps réels de ces phénomènes, il en conçut l'idée que c'était la plus grande distance à laquelle avaient lieu ces éclipses ou
occultations des satellite» ou lunes de la planète, quant elle était du côté du soleil opposé à la terre, qui causait ^' eet écart. Il avait jugé vrai et depuis lors on a vérifié par de» moyens indépendants cette vitesse qui sert aujourd'hui d'unité de mesure appréciatrice pour les distances des étoiles.
.59<5— Chnciin peut voir pour soi que la somme des trois ang^ies de u'importe quelle tfinuçle vaut deux ang^les droits. Faites-vous ^n triangle quelconque en papier ou carton, coupez-en les trois coins ou points angulaires, joignez-les le long d'une ligne droite ou d'une règle ou tringle ; ces trois apgleg remplissent l'espace autour de leur point de contact. Donc quant on connait deux angles d'un triangle, on connait le troisième. C'est, fort de cette vérité fondamentale et autrement démontrable par la théorie, le raisonnement, que prenant aux deux extrémités d'une base connue les angles y soutendus par un troisième point quelconque sur la surface de la terre, (sur une feujlle de papier, si l'on veut) on arrive à en prouver la distance et position relatives, que ce poipt nous soit accessible ou non. S'il s"agit du soleil, d'une étoile, l'on observera ces deux angles à six ipois de (ii8t9.n/;e l'w de l'autre, c'est-à-dire des extréijuj^és
d'un diamètre de l'orbite de la terre autour du soleil et tout sera dit.
597 — On se «Iciiiandc coniiiient Bernier saura quand il aura le pied sur le pôle arctique, sur l'extrémité de l'axe de la terre. C'est bien simple : du pôle à l'équateur il y a 90°, un angle droit ; du zénith à l'horizon, encore un angle droit. Si de deux quantités égales, on distrait une même quantité, les restes seront égaux. La quantité à distraire est l'angle que fait le pôle avec le zénith. L.a distance du zénith à l'équateur est la latitude de l'observateur ; la distance du pôle à l'horizon est un angle d'élévation. Donc l'aiig'le «l'élévation du pôle est égal à la latitude. Le voyageur polaire n'aura donc qu'à se diriger sur le pôle jusqu'à ce que sa latitude soit de 90", c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il ait le pôle céleste verticalement audessus de sa tête. Il est vrai que le pôle céleste n'est point visible : mais il s'y trouve une étoile appelée l'étoile polaire, et que tout le monde connait. Si cette étoile était exactement au pôle ou dans le prolongemen;t direct de l'axe de la terre, tout serait dit ; mais elle en est éloignée d'une quantité connue et faisant allouance de cet espace angulaire d'un peu plus d'un degré, on arrive à savoir exactement oii on est.
59§ — €e que c'est que la long:itiide d'un lieu. Chacun sait que la terre tourne sur elle-même, autour de son axe, dans 24 heures. La circonférence se divise en 360 -', donc une heure représente 15°, une minute de temps 15 minutes d'espace ou le quart d'un degré ; une seconde de temps, 15 secondes d'espace ou le quart de 1" et ainsi de suite. Maintenant, comme l'on sait, le soleil au méridien veut dire qu'il a parcouru la moitié do sa carrière diurne, qu'il est midi. Vous mettez votre montre, votre chronomètre à midi ou à zéro, point de départ, point d'où vous partez. Vous vous dirigez dans un sens quelconque. Le lendemain vous visez le retour du soleil à votre méridien, c'est-à dire au méridien du lieu où vous vous trouvez au bout de 24 heures, votre chronomètre accuse un écart de 20 minutes ou de 5° ; vous êtes donc à 5** de longitude de votre méridien de la veille, ou a 300 milles marins (nœuds) nautiques ou géographiques de votre point de départ, et cela à l'Est où à l'Ouest de votre position de la veille suivant que vous vous dirigez avec ou contre le soleil ; ce que vous dit votre chronomètre qui dans un cas indiquera midi 20 minutes, dans le cas contraire midi moins vingt.
599 — L'homme illettré, non instruit, non technique ; mais qui a appris à une école élémentaire la nomenclature des figures et de leurs lignes composantes, se demande comment par exemple décrire uii arc de cercle, une courbe de voie ferrée ou itutre lorsque le centre en est inaccessible. La géométrie enseigne que si dans un demi-cercle, on mène en un point quelconque de son diamètre une perpendiculaire ; cette dernière est moyenne proportionnelle entre les deux parties du diamètx-e. Donc étant donné une portion quelconque d'une courbe de n'importe quel rayon, si on en mesure la corde et la flèche, cette dernière carrée et divisée par la demi-corde donne le reste du diamètre dont la flèche fait partie. Les deux ajoutés donnent le diamètre et pur conséquent le rayon. Avec ce rayon on vient à trouver l'angle de deux cordes consécutives de la courbe. Au centre de chaque corde subséquente, ou suivante, on élève une perp. égale à la flèche de l'unité initiale de la courbe. Par les points angulaires ou de rencontre des cordes et les sommets des flèches, on mène enfin la courbe voulue. C'est là un moyen de résoudre le problème, mais il y en a d'autres.
600 Soit SI. trouver le diamètre que «levait
avoir uu arbre, dont il ue reste du tronc
<|u*an simple se;fni«iit. Il n'a qu'à mener une
corde ou tirer sur la surface supérieure du tronçon, une
ligne droite reliant les deux extrémités du segment de
cercle ou de la partie circulaire qui reste de l'arbre.
Au centre de cette ligne on mène une perp. que l'on
mesure. Maintenant supposons la corde de 20 pouces,
la carré de la demi-corde est de 100 et 100 divisé par
2 pouces de longueur par exemple de la flèche, donne
50, ce qui ajouté à 2 donne 52 pouces ou 4 pieds, 4
pouces pour le diamètre de l'arbre dont le tronc fait