partie
601 — L.'atiiio$plièrc qui nous entoure pèse sur nous et sur t4»iit ce qui nous environne «lu poids de 15 Ibs. au pouee carré. C'est un savant Italien Toricelli qui a découvert ceci. Enefiet, en suçant on fait le vide dans une paille au moyen de laquelle on aspire le liquide que l'on est en train de boire et le poids de l'air agissant sur la surface du liquide dans le vaisseau, le force à monter pour combler le vide laissé dans la bouche après qu'on a avalé ou expulsé par le nez l'air qui y était emi^risonné. L'eau dans un tube de succion de pompe ne monte qu'à une hauteur de 32 à 33 pds., et une colonne d'eau de cette hauteur et de un pouce carré pèse 15 Ibs. ou à peu près. Quand on mange sa soupe, son potage, c'est l'air
qui nous la pousse dans la bouche pour combler le vide y créé par l'inspiration que l'on fait vers les poumons, ou qu'on avale l'air pour ainsi dire.
002 — L'action du siphon renversé se comprend en ceci que avec une jambe ou branche plus longue que l'autre, et lorsque la longue plonge dans l'eau d'une cuve, d'un lac, d'une rivière, le poids de l'eau dans la longue l'emporte sur celui dans la courte qui plonge aussi dans de l'eau à un niveau plus élevé — de même que d'une corde enroulée sur un tambour, ou un axe, le bout le plus long emporterait l'autre. Le bout long ou inférieur du tuyau en se vidan.t ou en tendant constamment à le faire par son eau qui descend, s'écoule au niveau inférieur, fait ou tend constamment à faire le vide dans la branche courte du siphon ou si vous voulez à son sommet, et force l'eau à monter dans la jambe courte pour remplir ce vide. L'air pousse également des deux côtés ou tend à faire remonter l'eau dans chaque côté du tuyau recourbé ; mais c'est parce que le moindre poids de l'eau dans la branche courte lui offre uioins tle résistance que le poids de l'atmosphère supporte plus facilement le liquide de ce côté pour le laisser s'écouler par l'autre. Mais, de même que dans le cas de la pompe aspirante, il faut que la hauteur totale entre les niveaux des deux eaux,
ou jjlutôt entre celui de Teau la plus élevée et le sommet du siphon ne dépasse point une trentaine de pieds. On peut ainsi vider un réservoir, un lac, etc., pardessus un entourage de 30 pieds de hauteur, une monticule ou chaussée, une colline, un rocher de même hauteur sans avoir à y creuser un canal à cet eflet.
603 — Le baromètre est un instrument qui indiqne la pression de l'air. Cette pression (601) est de quelques 15 Ibs. au pouce carré. La pression, le poids de l'air sur nous diminue selon qvie l'on monte à une plus grande hauteur et qu'on a laissé i)lus d'air au dessous de soi. Toute légère que soit la plume, comme l'est l'air, plus on en aurait sur le corps, plus on sentirait le poids — Donc en piomenant un baromètre de bas en haut, soit en gravissant les tiancs d'une montagne, ou en ballon, et en indiquant sur le tube contenant le mercure ou sur le bois avoisinant, les niveaux successifs correspondant aux hauteurs successives atteintes ; on aura, un instrument au moyen duquel on indiquera non seulement la pression variable de l'air en rapport avec le temps, la température ; mais dont on pourra se servir jiour savoir à quelle liaiiteur on se trouve au dessus de la surface de la mer ou audessus de celle de la terre à l'en.
droit de départ où on se trouve, sans se donner la peine de mesurer cette hauteur.
604 — Li'eau bout au niveau de la mer à une certaine température. Bouillir, c'est bouillonner, former des bulles d'eau à la surface du liquide. La pression de l'air sur la surface du fluide tend à opposer, empêcher ce bouillonnement. L'eau emprisonnée dans une chaudière, et suivant que cette dernière est plus ou moins hermétiquement close, atteindra, avant d'entrer en ébuUition, une plus forte température. De même en montant dans l'atmosphère, l'eau bout à une température moindre ; c'est-à-dire qu'elle entre en ébuUition, fait des bouillons, des bulles à sa surface avant d'avoir atteint la chaleur qu'il lui fallait atteindre à cet effet à un niveau inférieur, parce que à la plus grande hauteur l'air pesant moins, s'appuyant moins fortement ou avec moins d'effort, sur l'eau dans le vase, s'oppose moins à l'agitation de cette surface. Si donc, comme dans le cas du baromètre, l'on promène un thermomètre de bas en haut de l'atmosphère, soit sur le flanc d'une montagne, ou en s'élevant à l'aide d'un ballon et qu'à chaque étape successive, on fasse bouillir l'eau et que l'on remarque, et marque sur le tube ou sur le bois ou métal auquel le
tube est. attaché, les endroits, le» points atteints parle
mercure dans le tube ; ce thermomètre servira à
l'aide d'une échelle de hauteurs y inscrites en regard
des niveaux successifs du mercure, à indiquer à
quelle linuteur on est parvenu, sans avoir
à mesurer cette hauteur. Il n'y aui-a donc à chaque
endroit dont on veut connaître l'élévation audessus de
la mer, qu'à faire bouillir de l'eau et à y plonger le
thermomètre, voir à quel point l'eau bout et tout sera
dit.
605 — Pour faire un baromètre aqueux, c'est-à-dire à eau, ou dont- les indications seront rendues perceptibles, sensibles, visibles par la hauteur de la colonne d'eau dans le tube — il faudra naturellement (601) se servir d'un tuyau, de plus de 30 pieds de hauteur verticale, puisque le poids de l'atmosphère force l'eau à monter à cette hauteur dans un tube clos par le haut et duquel on aura d'abord extrait l'air pour y créer le vide. Chacun peut le faire chez soi dans le coin d'une maison à trois ou quatre étages, le tube dans les étages inférieurs étant en bois ou en métal quelconque et dans le dernier étage «en verre afin d'y pouvoir voir et suivre le déplacement du niveau de l'eau suivant l'état de l'atmosphère. Il y aura alors à observer le niveau le plus bas qu'atteigne l'eau dans
un an ou une série d'années et à indiquer ce niveau sûr le tube, puis à voir le niveau maximum dans un état opposé ou contraire de l'air. Cet espace ou différence de hauteur divisé en pouces ou gradué à volonté, servira, en y inscrivant aux divers niveaux : beau temps, mauvais temps, pluie, sécheresse, humidité, etc., à faire voir et à laisser prédire par la suite, assez approximativement, le temps, la températuie qu'il va faire ; faisant attention que quand l'eau monte dans le tube, la surface est convexe et concave quand elle est en voie de descendre.
606:— On peiit> tout de même quMiii baromètre à eati ou liydrnulique, faire un tlier- MÉOmctrc de même nom, au moyen d'un tube assez long. Muni d'un tube de la s<Tite, en verre, on le plongera dans l'eau glacée, ou à la température de la glace fondante et on inscrira en ce point du tube où se tiendra le niveau de l'eau, un zéro ; puis on plongera le tube dans de l'eau bouillante et l'on inscrira au haut de la colonne d'eau le chiftre 1()0 par exemple, indicatif de ce que l'on veut appeler 100^ (degrés) de chaleur. Divisant ensuite l'espace entre 0 et 100 en cent parties, on aura autant do degrés vis à vis desquels on écrira la température du sang, ce que l'on
sera convenu d'appeler la température moyenne de l'air, ou celle sous laquelle l'homme convenablement vêtu se trouvera à l'aise. L'eau gelant audessous de zéro, on ne saurait à l'aide d'un tliermomètre à eau, indiquer les froids audessous du zéro : et voilà pourquoi on emjîloie du mercure qui ne gèle qu'à 40 degrés de froid ou de l'esprit de vin qui ne gèle pas même à 60 degrés.
607 — Le procédé décrit pour se faire un baromètre à eau, sera sensiblement le même que pour un baromètre iiierciirial, sauf que le mercure étant de 13 fois le poids de l'eau, la longueur du tube dans le cas actuel ne sera que de 30 pouces à peu près au lieu de plus de 30 pieds, et de même que après avoir pompé l'air du dernier on n'a qu'à en plonger le bout ouvert dans l'eau pour que par la pression atmosphérique il s'emplise d'air ; de même après avoir fait le vide dans le petit tube, en ayant tout d'abord hermétiquement scellé le haut, et avec le doigt en sous-œuvre du tube pour empêcher que Tair n'y entre de nouveau, ou avec un robinet fermé situé au bas du tube, et que l'on ouvrira, quand on aura plongé le bout inférieur du tube dans un bain, une petite cuvette du mercure, l'atmosphère forcera le métal à monter dans le tube dont la graduation se fera comme pour le baromètre à eau.
608 — lie tlieriiioniètre iiierciirial ou a l'esprit de vin a cet avantagée sur le thermomètre à eau, que le tube en sera moins long ; mais le pourquoi principal, le motif de la préférence du premier au deruier, est l'importante considération, le sine qua non du fait que l'eau gelant à zéro, l'on ne saurait, avec un thermomètre à eau indiquer les froids audessous du point de congélation, tandis que le mercure ne gelant qu'à 40° audessous de zéro, l'esprit de vin pas même à 60°, on peut sur ces thermomètres continuer en bas de zéro la graduation à mêmes degrés ou largeurs d'espaces qu'entre zéro et 100 (point d'ébullition de l'eau), et y constater, comme pour une foule de raisons il est essentiel de le faire au besoin, le degré de froid qu'il fait, ou qu'il faut pour la congélation de certaines substances — mesurer les froids plus ou moins arctiques de l'Amérique du Nord, de la Sibérie, des pays et bassins circompolaires, etc.
609 — Pour le thermomètre comme pour le baromètre, quand ou les emploie à diverses hauteurs, aiidessus du niveau de la mer, leurs xéros res|iectirs étant censés être
établis au niveau «le l'océan, il y a naturellement des corrections à faire. C'est ainsi, on le comprend, que la chaleur qui dilate le mercure dans le tube theriaométrique, en agit de même pour le baromètre. Si donc au départ d'une excursion alpestre par exem^e, il faisait un gros froid, et que la température s'élevât pendant la journée, la différence d'indication de l'instrumeut due à cette cause pourrait nu-lJifier celle de nom contraire attribuable à ce que la température resijaint la naême au bas de la montée, elle se refroidit suiva.nt la hauteur à laquelle on est parvenu audessus du niveau de la mer — et de même pour le thermomètre employé à l'indication des hauteurs auxquelles l'eau bout à un certain degré, il y a encore des -correctioris à faire en rapport avec les indications du baromètre ça des températures variées ou variantes de la journée.
61© — Nous indiquons plus haut, la manière de faire un baromètre, un thermomètre, et il n'y a pas à douter que c'est là le moyen le plus rationnel, le plus efficace d'apprendre à connaître l'instrument, à en apprécier les indications, à savoir s'en servir. Il est nécessaire aussi de confiner ces instruments, pour les transporter facilement, à des espaces très étroits. C'est ainsi qu'un
thermomètre pourra se recourber en arc de cercle sans que l'exactitude des indications en Bouôre ; de même on peut remplacer le baromètre mercurial j^ar, un tube recourbé en forme de croissant ou d'arc de cercle. Le tube fait de métal très flexible est plein d'air, clos par un bout. Une plus fprte pression atmosphérique comprime l'air dans le tube, en éloigne les bouts, c'est-à-dire que le croissants s'oavre ; il ^e ferme au contraire sous une pression moins accentuée, et à l'aide d'une aiguille qui par un mécanisme convenable amplifie le va et yient des extrémités libres du tube recour\)é, on indiqu.e sur un cadra^n, porujpxe sur la tige droite d'un baromètre ordinaire, les diversités de pression correspondant aii beau temps, mauvais temps, pluie, chaleur. Le dernier baromètre jçst dit aiicroide.
611 — Pendant que nous en sommes à considérer les instruments propres à indiquer les pressions diverses de l'air, de l'atmosphère, il y a lieu de dire un mot du iiisiiioiiiètre, pour indiquer la pression du gaz, de la vapeur. C'est coaune le baromètre anéroïde, un tube à i)lus ou moins d'une spire — couvert par un bout et communicjuant avec la chaudière à vapeur ou le réceptacle retenant le gaz dont la pression, plus elle est forte, tend à ouvrir la spirale et fait décrire à son extré-
mité libre un espace que l'on gradue ensuite comme on le fait un baromètre, un thermomètre.
612 — Lie Bourdon est un manomètre que l'on emploie pour indiquer la pression de l'eau, l'action et la manière de le graduer est absolument la même que pour le baromètre anéroïde, le manomètre ordinaire. C'est la pression, le refoulement de l'eau à son intérieur qui tend â le redresser. Que l'on observe à cet effet, l'action des pompiers lors d'une incendie, ou encore les agissements de ceux chargés de l'arrosemnt des rues — on verra que du moment que l'eau venant de la borne - fontaine envahit le tuyau, le boyau en caoutchouc, en coton, en cuir ou fait de substance élastique quelconque (c'est-à-dire pour tout tube non rigide, comme le serait le fer, le cuivre) le boj'au tend de suite à se redresser, à agrandir le diamètre de ses spires — l'effet de l'eau dans le tuyau étant le même que celui de l'eau ou du courant d'une rivière, de frapper, pousser plus fort sur les concavités, les manger, les agrandir, les ouvrir, les fouiller de ce côté.
613 — Pour ceux de nos lecteurs qui veu-
lent coiiiprciidre, sans se faire effort, quelques uns des phénomènes de ce monde,
disons que la galerie aux secrets " the whispering gailery " de l'église St. Paul de Londres, est une ellipse, sorte d'ovale ou de cercle allongé, comme la coupe longitudinale d'un citron, de certains melons, concombres, etc. Un cercle n'a qu'un centre — une ellipse en a deux qu'on nomme foyers. II y a des eHij^ses l^eu allongées ou de faible excentricité, c'est-à-dire dont les foyers ou centres ne sont point ou que peu éloignés l'un de l'autre. On a une figure de la sorte en coupant un cylindre, un cône, une carotte, une betterave dans une direction peu inclinée à l'axe du solide. Ce sont de ces courbes peu excentriques que décrivent les planètes dans leurs courses annuelles autour du soleil situé dans un de leurs foyers. Si au contraire on coupe le cylindre (un bout de manche à balai en fera foi) le cône par un plan plus et de plus en plus incliné à son axe, on aura l'ellipse de plus en plus d'excentricité— courbe que décrivent autour du soleil les comètes. Cette courbe a ceci de particulier que son grand diamètre est toujours égal à la somme de ses rayons vecteurs ainsi appelés ; c'est-à-dire la somme des deux lignes menées de ses foyers opposés à un même point quelconque de sa circonférence, et que ces deux lignes au point où ils rencontrent la surface de la courbe font toujours l'angle de réflexion égal à l'angle d'incidence ;
ce qui veut dire pour tous ceux qui savent ou qui ont vu jouer aux billards que si le billard était de forme elliptique, une bille projetée de l'un de ses foyers et frappant le rebord, la périphérie de la table, rebondirait en faisant le même angle, absolument comme dans un billard rectangulaire ou de foi-me ordinaire, et la bille ainsi lancée irait passer par l'autre foyer de la courbe.
614 — Nous venons de voir (013) que une boule partant d'un des foyers d'une table de forme elliptique, et frappant le bord de l'elliiise se portera sur l'autre foyer. Il en est de même de toute autre chose : un rayon de chaleur ou de lumière partant d'un des centres et frappant la périphérie en un point quelconque sera réfléchi au foyer opposé. La voix aura le même effet, ses ondes sonores atteignant la paroi de la chambre ou d'une pièce elUptique, en bois, en pierre, etc, seront renvoyées sur le foyer opposé où toutes les vibrations iront se concentrer ; donc dans la galerie aux secrets de l'alinéa 613 — une personne sitnée et parlant à voix basse dans l'un des foyers de cette gralerie elliptique, sera entendue distliictenient d'une autre personne située dans l'autre foyer, et, sans que les autres personnes dans la galerie puissent rien entendre ou à peine.
615 — Pour i»ré<lire io rctoitr d'une coiiiî'tc
dont l'orbite est elliptique, il ne faut à l'astronome que peu de données, une partie seulement de sa courbe. Avec cela il trouvera ses deux axes, la position de ses foyers, leur excentricité, les rayons vecteurs menés des foyers à un point quelconciuode la courbe où se trouve située la comète, la planète, le météore quel qu'il soit, situé dans ot déci'ivant autour du soleil la courbe demandée. Oui, de même que l'ingénieur peut poursuivre, tracer ses courbes de voies ferrées et autres à travers les eaux et forêts de la terre ; de même l'astronome i)oursuit à travers les cieux étoiles, trace sur le fond azuré du liruiament,rorbite de l'un quelconque des membres du système solaire. 11 prend note de sa vitesse et avec ces données peut prédire à très près l'époque de son retour.
Glii Ji'lt'i' iiiio bombe tiit obus dans la
Éorlei-e^ise de l'eiiiïeiiii. Ceci se calcule d'après
les données il'une coi rbe ap| el -e *« parabole ",
celle qui se présente à l'œil lors p/on coupe un cône dans une direction }>arallèle à son côté. Cette courbe dont les jambes ou branches, comme il est évident, b'écai'tent toujours l'une de l'au're et ne peuvent
jamais revenir sur elles mêmes, est une courbe non fermée n'ayant (ju'un seul loyer. Elle piésente un rapport constant entre ses abscisses et leurs ordonnées élevées au carré ; c'est-à dire entre les distances successives de son sommet aux ordonnées successives qui correspondent à ces abscisses. A l'aide de ces propriétés, on peut toujours, étant donné l'angle d'élévation d'un obus et la charge de poudre à canon «jui doit le chasser à destination, calculer la hauteur qu'atteindra le projectile. Puis l'on sait que, en descendant, l'obus déciira absolument la même courbe, mais en sens inverse, qu'il a suivi en montant.
6IT — L.e porte-voix, le miroir réflerteiir.
Ces deux objets reposent pour leur théorie sur une autre propriété de la courbe dite parabolique. Cette propriété est qu'un rayon quelconque de lumière, de chaleur, do la voix humaine, d'un son, une bille même partant de son foyer et se projetant sur, allant Irajiper sa périphérie, repai'tira ensuite, sera réfléchi dans une direction parallèle à l'axe de la courbe. De là, pour en faire un porte-voix, il n'y a qu'à en éliminer le sommet, la calotte du paraboloïde, c'est-à-dire d'un solide de révolution produit par la demi-parabole eu tournant autour de son axe. Autour du collet de la
calotte enlevée on adapte une embouchure se prêtant à la forme de la bouche, et si la bouche, la source de son quel qu'il soit, est placée à l'endroit du foyer ; tous les rayons ou ondes sonores qui en partiront, iront, après avoir frappé le pourtour du porte-voix, partiront ensemble en un faisceau parallèle à l'axe, se dirigeant vers celui auquel le message s'adresse, comme d'un capitaine à un autre en mer, ou vers un phare ou vice versa. C'est-à-dire que lo porte-voix a l'etfet de concentrer le son de la voix sur l'objet, la personne visée, tandis qu'à l'air libre, les trois quarts de sa force seraient perdues, dissipés dans l'espace.
618— Le réflecteur parabolique en est un
dont la forme se des>ine en promenant, comme poiu* le porte-voix, la demi-courbe parabolique autour de son axe, et ton jours à la même distance de ce dernier. Au foyer de la ]>arabobe, se place une lumière, un feu, une sourcf! quelconque de lumière dont les rayons frapjiant tout autoiu' et dans toutes les directions la paroi intérieure du iiuraboloïde ou réflecteur de même nom, se forment en faisceau parallèle à l'axe, et partent ensemble à l'accomplissement de leur mission humanitaire.
619 — Yilosse des vsi^iios do l'orcan. Celle vitesse a trait à la force et continuité du vent, n ais dépend aussi des dimensions des vagiies et de la profondeur de l'eau. L'astionome anglais Airy a calculé que pour une vague de lOO pieils de largeur ou d'amplitude, dans une profondeur d'eau de 100 pieds, la vitesse de la vague est de 15 nulles à l'heure. Pour une vague de 1000 pieds de largeur dans une mer de même profondeur, la vitesse serait de 50 milles à l'heure ; et pour une vague de la largeur de 10,0(X) pieds (2 milles à pou près) dans un océan de 10,000 pieds de profondeur, la vitesse serait de 150 milles à l'heure. Eoche raconte que lors d'un tremblement de terre à Samoda, isle Niphon, au Japon, le havre fut d'abord vidé d'eau — vint alors une vague immense comblant de nouveau le havre, puis se retirant pour laisser une seconde fois le havre à sec, et que ceci so répéta plusieurs lois.
620 Evapoi'alïoii de la iiiei* par le soleil.
La moyenne de la pluie qui tombe de par le monde est telle que, distribuée, elle couvrirait la terre à une profondeur de 5 pieds ; c'est surtout de la zone torride que cette eau est évaporée, c'est-à-dire l'eau que l'atmosphère enlève de la mer pour la renvoyer ensuite en form e de pluie. Cette zone torride est de 3,000 mille»
de largeur et de 24,000 de pourtour ou de 72 millions de milles carrés en superficie. Le soleil évapore annuellement quelques 16 pieds d'épaisseur de cette eau, pour former la n)0\'enne do 5 pieds swr la surface entière du globe. Or Teau d'un seul mille carré à un seul pied d'épaisseur ou profondeur est do 27,878,400 pieds cubes ; mais l'épaisseur d'eau évaporée par année est de 16 pieds, c'est-à-dire de 946,054,400 pieds cubes et comme l'eau pèse 62A livres au pied cube, le résultat est de 29,473,200 de tonneaux pesant et pour les 72 millions de milles carrés, 72 millions «le fois autant ou de plus de 2,000 millions de millions de tonnes (2,122,142,400,000,000). Voilà le. travail iunnense que fait le soleil tous les ans ?ans avoir l'air de s'en trouver plus mal. Que toutes les opérations les plu.-' grandioses de l'homme sont insignifiantes, mesurées à l'aune de Dieu.
621 — Qik; la crédulité Siiuiiaiiie ost ^raii-
' de A Mount Vernon où est uiort Washington, et qui
est visité tous les ans par des centaines de touristes il
y a au sommet des poteaux, comaie ou voit de nos jours sur les couchettes en fer, de petites boules en verre avec trous percés dedans pour les percher sur les lancettes ou fiches qui couronnent les poteaux. N'étant que postiches ou non fixes, ce dont le visiteur qui
y touche n'est pas lent à s'apercevoir, chacun qui peut le faire sans être aperçu du gardien de la maison, enlève, empoche un de ces petits globes et paît avec ridée que c'est un des ornements mêmes qui ornait la couchette à l'époque où Washington y faisait son lit. Ce sont les reàques d'un endroit sacré pour les Américains. Le gaidien est ajipelé de cette manière à remplacer ces petits objets en verre plusieurs lois par semaine ; mais heureusement que ça ne coûte pas cher — Une manufacture près de Pittsburg les fait à raison de 30 centins la grosse (12 douzaines). 11 y a d'éparpillés de par le monde des milliers de ces petites boules de crystal ; le gardien eu achète tous les printemps plein un baril pour remplacer celles qui sont enlevées ; et du e, encore une fois, que chacun croit avoir mis la nain sur un véritable souvenir du grand homme. Les objets réels, c'est-à-dire les petits globes qui existaient du temps de Washington sont dans une voûte à l'écreuve des tentations humaines.
622 — Ce qieN>ii peut â's»ie-(; do lu Biioiilée <l« SCi<; qui, en provenance des jnoulins siu- toutes les rivières des pays boisés, envahit ces rivières, en chasse le poisson, et en détériore l'eau. 11 est question depuis la découverte du gaz acétylène par AVilson, de brûler,
carboniser cette moulée pour eu faire le " carbure de calcium " nécessaire à l'élimination de ce gaz au moyen de l'eau. Ce carbure de calcium se fait en mêlant du carbure en poudre avec de la chaux vive également pulvérisée — <Jn fait cuire le mélange à quelques 10,000° de cliak'ur à l'électricité — La chaleur chasse l'oxygène do la chaux (l'oxyde de calcium) qui est remplacé par le carbone, foraiant le Cili'bliri; «le 4;:ilciiiiii voulu, et avec cette substance trempant dans un bain d'eau, on a l'acétylène — gaz que l'on peut ainsi fabriquer à doiiiicile et dont la lumière vaut celle de l'arc électrique.
<>2S — USisiqui; viS9<> a sttn 4lé|»otoii' poiii* ses cendres, bsilaysii'cs, etc. Londres en a une foule, vu son étendue — .l)ans ces ilépotoirs, en en fouillant les saletés de toutes sortes, on trouve toujours des ol^jets de valeur ; aussi la ville perçoit-elle de ces vidanges, en les vemlant ou louant à tant par année, un revenu (pii aide à rouviir les frais d'enlèvement et de transport Journaliers, hebdomadaires ou autres, de toutes les portions de la ville. Un seul dea dépotoirs de Londres a ainsi fourni pendant l'année 189fi à ses détenteurs, à part de cinq chèques (mandats sur la banque) variant de £3 à £4:2.14 ($15 à $213), un coupon de dividende de £27, un billet A demande de £1000,
un billet promissoire de £706, lesquels ont été remis à leurs propriétaires sur paiement de récompenses raisonnables — une assez grande quantité de monnaie, des montres, Joncs et bagues en or, et autres valeurs. De la seule petite section de Londres sous l'inspectorat de N. Lett, le dépotoir a fourni pour £541.17 de vieux papier— £47.10 de guenilles — £84.16 de bouteilles — £181.3 de corde et ficelle — £24 de livres. Le chiffre réalisé pour les vieux métaux ; vieux poêles, boites à conserves alimentaires, etc., n'est pas donné, mais ces dépotoirs valent jîlus qu'on le pense.
624 — (|iielqii(;<!> iiiis «le iiu«> g:raiids lioiuiiie!i« de i>:ii- le siioside, ne doniieiit que 4 lieiires, d'autres encore moins. Quelquesuns des plus forts travailleurs se sont contentés de beaucoup moins que les 7 à 8 heures de sommeil voulu par les docteurs. Le grand ingénieur Brunel travaillait 20 heures par jour sur les 24. Legge, un professeur au collège d'Oxford, et qui n'est mort qu'à l'âge de 82 ans, ne dormait que 5 neures. Comme je me fais vieux, dit Humboldt, il me faut plus de sommeil : 4 heures au lieu «le •>, quand j'étais jeune j'en avais assez de deux heures. Nous sommes d'avis, avec l'auteur de ces recherches que six heures de sommeil n'est pas trop. Il y a de grands mangeurs et de petits
mangeurs — pourquoi pas do grands et de petits dormeurs. Il y a, dit-on, des espèces animales qui ne dorment jamais. Nos fonctions vitales ne sommeillent jamais : la respiration continue, le battement du cœur, la circulation du sang ne cessent jamais. Autrefois il n'y avait point de tentation de faire de la nuit le jour ; la lumière était trop mauvaise pour le motiver ; mais aujourd'hui avec l'acétylène, l'électricité, on est porté à veiller. Le grand dormeur, si la théorie d ■ Darwin est vraie, fera place à un être se contentant de bien moins de sommeil qu'autrefois.
625 — L,a plasticité «le lu pierre. Voilà qu'on est en train de la prouver. Une découverte parait-il toute canadienne, puisque ce sont deux professeurs du collège McGill à Montréal, qui la réclament. C'est une surprise — oui et non — qui dirait la glace plastique ? et pourtant elle l'est à un haut degré. Oui, ces messieurs, armés, aidés de l'outillage du McGill, parmi les plus beaux, les plus complets du monde, ont pu disposer de pressions allant à 100,(KX) livres au pouce carré. Enfermant hermétiquement le marbre de Carrare dans des encadrements métalliques pour l'empêcher d'éclater sur les parois extérieures ; un cylindre de ce marbre, sous une pression lentement et longuement exercée, a pris une forme plus raccourcie de
beaucoup et renflée au centre do sa hauteur ; et on démontra la possilnlité de le réduire en formes quasi quelconques. Cette découverte est précieuse en rap port avec les enseignements do la géologie. L'on s'étonnait que des couches solides de pierre dans les entrailles de la terre et à des jirofondeurs de milliers de pieds se trouvaient ainsi plissées, tordues en tous sens sans signes de fracture, et l'on supposait pour expliquer ce fait, un état de fusion plus ou moins prononcé — mais on voit aujourd'hui qu'il n'en est rien et empêchées que le sont les strates de pierre, de céder latéralement, il n'est plus singulier qu'elles aient pu par la pression des couches supérieures, leur poids, et les eiforts seismiques auxquels elles ont été assujetties, revêtir ces mille formes des couches de la croûte terrestre.
6'J6 Eu voilà encore un (189^), un " Syracu-
séen " du nouveau monde qui croit avoir cette fois trouvé, <le bon, le mou veulent |ierpétucl, et qui a même fait plus, puisque d'après lui, non seulement la machine qu'il a imaginé (dans un rêve dit-il) vainc sa propre friction, et fait fi des résistances de l'air, etc, — mais fait actuellement fonction ner une machine à coudre, et va faire fonctionner une voiture automobile ; et a l'air de croire que cette ma.
chine va remplacer, révolutionner tout le mécanisme que l'on connaît. Non, c'est une absurdité. Mais toutefois, il serait peut-être possible qu'il eut réduit la friction <à vaincre presque à zéro, et que sa machine fonctionnât pendant assez longtemps, avant que le mouvement en vienne à l'état de repos — comme si par exemple sur une surface parfaitement plane, unie, polie et à niveau, c"e>t à-dire suivant la courbure du globe terrestre, on put lancer une boule qui s'y maintiendrait en mouvement pendant un temps indéfini.
* * 6*27 — niax O'Kcl] dans sa comparaison «le la isituitû fi'aiir*ass4' avec le sérieux anglais,
l'attribue pour beaucoup au fait que le français en général est 2>i'Opriétaire de son avoir, pendant que l'autre n'en est que locataire ou détenteur temporaire. 11 a raison. Combien ^ouvent n'entend-on point dire à un j)auvro di.-ible '"Je soupire après le jour où j'aurai une petite maison à moi, un petit morceau du sol dont je serai le iiroiniétaire, le maître aitsolu, d'oîi l>ersonne ne ])Ourra me chiisser, me menaci^r même de le faire si je ne lui i)a3'e son loyer. " Soyez gais, " joyeux, dit O'iîell, passez toute votre vie à renjereier " la Providi'nce de ce que vous êtes en vie ; vivez bien, " vivez longtemps, car ce si*ra la seule chance que "jamais vous en aurez." Le français, dit-il, laisserait
de côté une affaire pour jouir de son confort. Il a longtemps résolu le problème d'avoir trois arpents de terre et une vache et il plaint l'anglais qui lorsqu'il laisse son bureau pour le diner, affiche sur sa porte " de retour dans 5 minutes " — Mon Dieu dit-il — " 5 minutes pour l'événement le plus important delà journée. Comment d'ailleurs, ajoute-t-il, peut-il être gai après une livre de steak et un bock de bière, pendant que le français, lui, est joyeux parce qu'il ne mange que des choses légères et ne prend que du vin.
62M — Un Edcii sans Adam. Il y a en Russie
un tlistrict exclusivement administré, pour la plus grande partie de l'année, par le beau sexe. C'est une étendue de 19 milles carrés dans la Province de Sjuolensk. De bonne heure le printemps tous les houmies partent en recherche de travail qu'ils trouvent dans les grands centres, et sont absents durant 9 mois et laissent à leura i'emmes et filles à cultiver la terre, et à gérer les affaires en général de l'endroit, sous la présidence d'une mairesse. Ce Paradis sans hommes est une des parties de l'Empire Russe les plus prospères et la Czarita s'intéresse fortement à sa prospérité.
629 — On s^accoiitiinie fiicilcinciit à. apprécier, à. cosiiptci* l<;s sccosi<lp$i, quand on a entendu battre la pendule de quelques 4 pieds de longueur des anciennes horloges de famille ; mais il faut un point de départ, quelque chose, un son qui frappe l'oreille au début iiour permettre d'apprécier la première seconde — Il y a donc à commencer par zéro — c'est-à-dire à prononcer le mot avant de commencer à compter — donc on dira " zéro, un, deux, trois, quatre, cinq et ainsi de suite.
030 — Diirniit une fusillade lors «rime revue uislitaire Ton entend non pas ensemble mais successivement la détonation de chaque pièce, et l'on s'étonne de la régularité avec laquelle cha<jue soldat peut tirer ainsi l'un après l'autre à si courte échéance. En effet ce serait impossible de tirer ainsi à la suite les uns des autres, dans une fraction si infinitésimale de seconde ; et aulieu de cela tous les fusils partent ensemble ; mais comme, pour une i)ersonne <jueIcon<|ue qui entend la détonation, chaque soldat est de deux pieds plus éloigné do lui que le précédent et que le son met une seconde à parcourir lUOO pieds, il mettra la ôOOème partie d'une seconde de plus à vous venir de chaque
fusil de plus en plus éloigné de vous. Si par exemple il y a 1(300 hommes qui tirent et que vous soyez à une extrémité de la colonne, vous entendrez le son du premier fusil près de vous instantanément et ce n'est qu'au bout de 2 secondes que vous entendrez le dernier. Si au contraire vous étiez au milieu de la colonne vous entendriez les détonations deux à deux, l'une de chaque côté de vous et le tout en une seconde.
631 — Dans le pliéiioiiièiie dis «»oii lis vibrations sont d*aiitant plus rapides que l'appareil qui a fouetioii de les produire et apprécier, est plus délicat. En effet, le premier son continu et appréciable comme tel, est lorsque la vibration de la corde ou instrument qui le produit est d'au moins 16 fois par seconde. Les organes vocaux des gros animaux produisent des sons dans les basses notes de la gamme, comme le lion, le taureau, et où les vibrations ne se comptent que i)ar dizaines et centaines par seconde, et il en est de même des voix de basse chez l'homme. Les notes hautes au contraire et cela, tant de la voix humaine que du piano, du violon, etc., se produisent à raison de quelques milliers de vibrations à la seconde. Les notes encore plus hautes vont dans les dizaines de mille vibrations. La voix perçante du serin a des notes qui atteignent une vibration encore
immensément plus rapide ; puis pour les sons que produisent, soit par leur gosier ou par leurs ailes ou antennes, certaines insectes à cris perdants comme le criquet, la rapidité devient presque incroyable, et augmente encore pour les insectes dont la voix n'est plus qu'une sorte de sifflement à peine sensible à l'oreille humaine — c'est comme qui dirait, le point de transition entre les vibrations sonores et celles de la lumière (jui tomlient sur un organe plus délicat que l'oreille, et ne se comptent plus par milliers ou centaines de milliers de vibrations par seconde, mais bien jiar milliers de millions.
032 — L'œi! retient pendant un huitième, un (lixièane de seeonde l*ini|>res«ion de tout ce qu'il voit. Voilà ce qui exi^lique comment l'on peut par des images répétées à échéance plus courte que la dime d'une seconde et représentant un objet en différentes positions, le voir se mouvoir. De cette manière on n'a qu'à dessiner sur le papier dans une dizaine de positions ditï'érentes un homme, un cheval, qui marche, qui saute, qui court — un homme qui scie du bois — un autre qui fait la pirouette ; et à promener ces images consécutives devant les yeux de son auditoire, avec une rapidité d'au moins dix par seconde, pour assister à la réalité ; c'est-à-dire pour voir l'homme
scier le bois, l'autre faire la culbuta, le cheval au trot, au galop, etc. Un autre ett'et dû à ce phénomène de la durée de l'impression est que par exemple si on passe le long d'une série d'olijets ronds comme de tuyaux empilés, ou simplement de trous ronds dans une clôture ou palissade, ou en longeant des piles de boulets de canon ou d'obus, chacun de ces ronds nous paraît sensiblement oval ou elliptique, si l'on passe assez vite pour que l'effet s'en fasse sentir.
633 — Il est bon de snvoir apprécier une fraction de seconde et tout d'abord, n'importe qui peut compter jusqu'à dix pendant le lapso d'une seule seconde. On peut même compter jusqu'à vingt, mais alors pour éviter les mots à deux syllabes comme dix sept, dix huit, dix neuf; ou, commençant, si c'est en anglais, à " thirtcen, fourteen, fifteen, sixteen," il faut répéter deux fois la série de 1 à 10. Pour aller plus loin, que l'on prenne un livre de 500 feuilles par exemple, ou verra qu'en faisant passer ses feuilles composantes entre l'index et le pouce, on aura, si on met une seconde à le faire, divisé Ja seconde en 500 parties égales. Mais comme on 2>eut le faire de .") à 10 fois par seconde, chaque feuille nous aura passé entre les doigt, dans la lOOOème ou 5000ème d'une seconde. Soit encore une roue dont la circonférence ait 1000 pouces
(diamèti'e de (juelquos 26 pieds) ot que chaque pouce soit divisé en mille, comme si la périphérie était composée de feuillets de i^apier mince (1000 au pouce) — Eh bien qu'on fasse tourner cette roue avec une vitesse seulement de une fois par seconde — il vous passera sous le doigt mille fois mille feuilles de papier ou 1,000,000 de subdivisions, c'est-à-dire que chaque division vous aara passé sous la main dans la mi lionnième partie d'une seconde.
634 — I^'jdéc peut ne pas iiosis vciiii' nu besoin, de In ninnière «l'ariiver nu volume exact «l'un corps très irréjfulier. Le voici — pour cuber par exemple un morceau de statuaire, de sculpture, le mettre dans une boîte de capacité connue ou facile <à connaître, combler le vaisseau ou réceptacle de sable, moulée de scie, etc. Sortez, retirez la statue, le morceau de sculpture, nivelez le sable, la moulée au fond de la boîte, mesurez en la hauteur ou i^rofondeur, et le rapport de cette hauteur à celle de la boîte en entier, donne de suite ce que l'on cherche. On cuberait de même un homme, un animal vivant, un légume, un frui', une chaise, un modèle découpé, sculpté quelconque.
635 — Ou pont Hi-rivor au ciibnji^o d'un cor|>« iri'éifuiici- quolroiiquo parla coiiiiaissaiicc <1c son poids ou faire l'opération inverse. En effet, on trouve dans les tables des poids siiécifiqiies, le poids par iiouce ou pied cube de toutes les substances que l'on puisse concevoir : solides, liquides, gazeux ou aérifornies. Soit donc à cuber un morceau de pierre, un rocher, un caillou ; il faut le peser puis trouver parmi les poids spécifiques celui de l'espèce de pierre dont est composé le rocher qu'on a à apprécier; et par une simple division, on arrive au résultat voulu. De même si dans l'impossibilité de i^eser une tinette de beurre, on le toisait, le poids du beurre au pied cube donnerait la réponse voulue.
630 — Qu'il s'ag'isse d'apprécier si l'avance le poids d'une sculpture en fonte de fer ou en plomb, etc. — Pour faire l'objet voulu, il faut supposer un modèle fait par exemple en bois, ou une maquette en quelque autre suljstance. Soit le poids du modèle de 10, 100, 1000 livres, il faut prendre à la table des poids spécifiques, le poids du pied cube du métal dont doit être coulée la statue, etc, et le poids aussi au pied cube du bois ou matériel dont est fait le modèle. La comparaison des deux par une simple règle de trois, vou.s fera connaître le résultat voulu.
tili7 — L<> tirant «restci «rtiii \'ai<>><^e:iii se
connaît en toisiint ou pesant le vaisseau ; c'està dire en en calculant le poifls. Alors il déplacera une quantité d'eau du même poids. Il y a donc à diviser par C)2l, nombre de livies d'eau dans un pied cube. Maintenant si c'est un ponton, un chaland ; la surface de sa base fera de suite connaître de combien il s'enfoncera dans l'eau, en divisant par cette surface, le nombres de pieds cubes d'eau qu'il déplacera.
638 — L':ttiiio«>|>li4'i-o <|sio Von i-o«»g>irc est un
mélange de deux <iaz ; l'oxygène et le nitrogène ou azote — c'est comme de l'eau-de-vie mélangée d'eau — soit un dans quatre, avec un peu d'acide carbonique. Le dernier gaz est destructif de la vie animale. Plus lourd que l'air, il descend au fond des caves, des puits, des souterrains et comme il a déjà été dit, on ne s'y risque qu'après s'être lait précéder d'une lumière, d'un objet enHannné quelconque lequel, s'il s'y éteint, indique le danger d'y aller. Mais ce gaz ne peut s'élever qu'à une faible distance du iond ou de terre ot alors on peut respiier étant debout dans une caverne, où il y aurait danger de se coucher. L'oxygèno vient dans les poumons en contact avec le sang et le purilie, lui
enlève son carbone, et le rend d'un rouge brillant, vivifiant. Dans Tacte de la respiration, il y a l'inspiration et Texpiration. On inspire de l'oxygène avec l'air ; on expire, on renvoie de l'acide carboniqiie, I^oison pour vous mais dont les végétaux, les arbres s'accommodent — c'est-à-dire que la faune se refait d'oxygène renvoyant l'acide carbonique — la flore au contraire respire, inspire l'acide carbonique et expire, renvoit de l'oxygène. Cependant l'acide carbonique a ses usages précieux ; on en charge les boissons de tempérance ou non alcooliques, ce qui leur donne du ton et les rend beaucoup plus potables et agréables à 13 rendre.
639 — Lîi cit'CiifatBoii du sang (découverte due à Jlarvey). Cette circulation est double : artérielle et pulmonaire. Le cœur est une pompe à double action asi^irante et refoulande. Il y a 4 compartiments à cet etïet. Le sang revivifié d'oxygène qui vient d'être reçu des poumons est refoulé dans les artères, atteint toutes les parties, les plus éloignées, les plus intimes du corps animal, laissant derrière lui en allant ses éléments reconstituants — ce sang est d'un rouge brillant : il revient au cœur par les veines, reprenant dans son voyage de retour les éléments délétères qui en changent la couleur en un rouge foncé ou bleuâtre.
De retour au cœur où il arrive dans un compartiment opposé à celui d'où il est parti, il est renvoyé sur les poumons, où en contact avec l'oxygène de l'air do la respiration, il purge ses saletés, son carbone qui est expiré ; il se refait d'oxygène qui lui rend son rouge écarlatc, et retourne au cœur pour être de nouveau chassé dans les artères, et cette action se continue tant que vit l'animal.
640 — On peut, l'C^arduut te soleil, le Ki'Uiid joui-, ou U9e4> lisBBGlère que{<;oisque, ù. travers ses |>aiipiè!-4's, y vobi* circuler le sang- et esi ap|>ré<-i<'r la g>etitesse des parties coiislitiiautes. Cette action y fait voir le sang, comme une poussière très fine, dans laquelle on voit de petits éléments rouges Hottant dans un sérum gris blanc. Ces éléments rouges vus au microscope sont de petits disques rouges (l'un diamètre à peu près d'un 600ème de pouce ou de l'épaisseur d'une feuille de papier mince. Le sang pénètre partout, toutes les parties du corps et à. preuve, c'est que l'on ne peut faire une piqûre où que ce soit sans qu'il en sorte du sang. Si comme on a le droit de le supposer, tout dans le corps animal a ses i)roportions, suivant l'âge, suivant la grandeur de l'être — alors les corpuscules
du sang dans un enfant, dans un insecte à peine visible à l'œil nu, doivent être presque inKniment plus petits que tlans riioiinne, l'aniuial adulte, puisqu'il leur faut passer par des veines, des artères qui eux aussi doivent être d'autant j)lus petits dans leurs capillaires que le corps de l'insecte est plus petit que celui de l'aiiiiual.
641 — Pour dessiner à grands traits l'action de ta iiiilritioii et «le la «li^^estioii, disons synoptiquement que la nourriture après une mastication de la bouche et mélangée à cet effet de la salive ou des jus salivaires, se rend par l'œsophage à l'estomac oii elle subit l'action du jus gastrique ; elle passe de là par le pylore au duodéixuuj, première section du tube digestif et de là, par action [)éristaltique, à travers les trente et quelques pieds des boyaux ou intestin-^. Les lymphati<iues et lactifères, vaisseaux ou contluits capillaires très menus, en sucent et enlèvent en passant les éléments nutritifs, qu'ils versent dans les veines ou dans la circulation veineuse se reportant au cœur jioiir de là être renvoyé, le sang ainsi supi»lénienté, sur les poumons et y être oxygéné avant d'être de nouveau expulsés du cœur dans les artères en destination à la nourriture îles tissus ; jjendant que les résidus non nutritifs continuent leur chemin pour être
enfin expulsés du corps, en être éliminés, comme on élimine les cendres d'un poêle, d'une fournaise après que le combustible, sa nourritiu-eà elle, a laissé derrière lui tous ses gaz, son carbure allant à produire la combustion, la chaleur, que le calorifère a pour fonction de renvoyer i)ar ses tuyaux comme par autant d'artères sur tous les points où cette chaleur est requise.
642 — Le iiiag^iiétisiiie IoitosIi'C peut se dire une attraction exercée par certaines substances sur certaines autres, comme d'une pierre-aimant, (un minerai de fer), sur une barre de fer, une aiguille d'acier. Il existe un magnétis-me terrestre dont on prend avantage pour se diriger dans un sens voulu au moyen des indications de l'instrument, apjjelé compas, dont l'aiguille pointe constamment vers le Xord. Cette propriété de l'aiguille aiiiiantée permet au navigateur de conduire son vaisseau à bon port, à l'ingénieur de tracer ses voies à travers la forêt. On a cru longtemps que le pôle magnétique de la terre était situé à l'extrémité de son axe de rotation, mais ce pôle, ce point d'attraction de l'aiguille aimantée })arait au contraire être situé vers la latitude 8(J" ou à pas moins de 20° du pôle terrestre, et dans la longitude approximative de plus de 72° à j^aitir des méridiens de Londres ou de Paris — mais ce point, ce pôle magnétique n'est aucu-
nement fixe ou stationiiairp, ?a position varie avec les années. Ainsi à Paris en lôSO , la déclinaison ou déviation de l'aiguille était orientale ou à l'est du vrai nord, et de 11° 30' — en IC^GC) elle était nulle et l'aiguille indiquait alors le vrai nord — aujourd'hui (IS94) la déclinaison est occidentale ou ouest du vrai nord de pas moins de 16 . On s'attend que cette déviation sera encore nulle en l'J37. Il y a donc, en se reposant sur les indications de l'aiguille, à tenir compte de ces déviations séculaires, progressives tantôt vers l'est, tantôt vers l'ouest, et il y a de plus des déviations annuelles qui ont l'air de tenir de la température des saisons, et encore des dév'ations diurnes qu'il ne faut pas négliger dans certains cas.
643 — Il convient de dire que l'élccti'icilc produit I*aiiiisiiitali09i et que l'on s'en sert à cet eôet. Un morceau de ier doux (non trempé) autour duquel circule par un fil isolé qui l'entoure à plusieurs spiresjs'aimante instantanément quand il circule autour un courant électrique, continue de l'être tant que dure le courant électrique et cesse instantanément avec le courant que l'on détourne. Ces aimants sont appelés électro-aimants et ont leur usa>;e important dans la télégraphie ofi l'aiguille, le petit levier qui imprime le caractère, ou perfore le papier, du moment
qu'on met le doigt dessus et tant qu'on l'y laisse, devient et continue d'être un aimant, et cesse de l'être du moment qu'on en enlève le doigt.
644 — Une «Icpf'cijc téic'gTapiiiique lancée à une extrémité d'une ligne, d'un câble électrique, se répète instantanément à l'autre extrémité de la ligne. L'alphabet télégraphique est un composé de traits et de points.qui combinés diversement forment des lettres et les lettres des mots. Pour former un point, le doigt ne demeure sur la clé que pendant un instant, tandis que pour la formation d'un trait, il faut l'y laisser plus longtemps, mais toujours durant une petite fraction seulement d'une seconde. C'est que la lisi*>re de papier sur la quelle s'impriment ces points, ces traits, est en mouvement par un mécanisme d'horlogerie, et que le trait est d'autant plus long que la pointe qui perce le papier demeure plus longtemps en contact avec, pendant son mouvement progressif ou de déveloiipement de l'axe autour duquel le papier est enroulé. Le mouvement du levier se fait simultanément à chaque bout de la ligne. A un bout par celui (jui envoie le message et à l'autre bout, ce mouvement se fait automatiquement, et vice versa quand le message vient do l'extrémité opposée de la ligne.
645 — Coqji'cstl'ciccli-icité, onne le sait point; mais il suiKt qu'on saclie coaunent elle se comporte et qu'on i>Tiisse la luettre à i^rotit comme on le fait aujourd'hui non seulement 2>our la télégraphie à distance, mais pour créer et utiliser le pouvoir nécessaire à la locomotion par terre et par eau, pour activer toutes sortes de machines et pour mille autres tins utiles. L'électricité a lieu, se produit par la friction, le frottement— On s'en aperçoit lorsque pour enlever le crayon d'une feuille de papier on se sert à cet effet du caoutchouck. Cette feuille tend a demeurer adhérente à la table ou à une autre feuille s'il y en a une sous celle que l'on frotte — Remarquez aussi quand vous aiguisez un crayon de plomb tjue les j^etits copeaux du crayon, le bois, la craie restent collés aux doigts, et entre eux et au canif. On s'en aperçoit souvent en se caressant, se brossant, se peignant les cheveux, en caressant le dos d'un chat, il vient de petites étincelles.
646 — Lie système nerveux est sous le rapport de ses ramifications analogue au système vasculaire — veineux, artériel. Les os sont vides ou ont des protubérances où il y a des trous, des perforations par où passe la moële, faisceau de nerfs de mouvement et de
sensation par lesquels le cerveau télégraphie h toutes les parties du corps sa volonté, son vouloir qui se traduit ainsi en mouvements diveis des membres, des muscles, et les sensations y produites jiar ces mouvements ou par le contact avec d'autres parties du corps ou par des objets extérieurs sont reportés au cerveau, siège de ces sensations, comme le fait voir le fait que même après l'amputation d'un membre on y sent encore, c'est-àdiie que l'on croit y sentir quelque chose, pendant que c'est au cerveau que se traduit, se perçoit la sensation que l'on croit éprouver ailleurs.
647 — Le " National review '' de Londres fait la comparaison de L.oiidi'es avec Paris ; mais tout à fait au désavantage de la première de ces deux villes. Londres, dit-elle, n'est pas tant une ville capitale qu'une ville lirovinciale qui a dépassé ses limites. A Paris, des rues, des boulevards magnitiqucs de largeur, de longueur, d'alignement ayant des chaussées de fortes dimensions et d'amples trottoirs partout agrémentés d'arbre^i. Rien de cela à Londres. A Paris tout est grandiose : les monuments, comme l'arc de triomphe do l'Etoile, sont placés de manière à lonner le point de inire d'une foule de rues qui ont été tracées tout exprès à cette iin. Dans l'ouverture d'une nouvelle rue à Paris, d'un antre boulevard, on eu étudie
soigneueement raligiiement. A Londres Jamais on n'y l)ense. La galerie nationale, la " Somerset House " sont ce que nous avons de mieux à opposer au Louvre. Comparez le grand opéra de Paris avec le théâtre Covent Garden de la capitale anglaise, le ' marhle arch ' de Londres avec' l'arc de triomphe ' de Paris. Mais le contraste est encore plus remarquable quand on compare l'asi^ect général des deux villes.
61§— L.a curiosité peut ciiipcclicr «le se suicider. Un pauvre diable disait à qui voulait l'entendre: "Je n'ai jamais eu dans ma vie que du malheur. J'ai travaillé fort toute ma vie, et ai eu de la peine à vivre. Je soufï're depuis des années d'une mauvaise santé. Mes amis pour la plupart sont morts ou ont laissé la place. J'ai des goûts littéraires* et artistiques, et ne puis les satisfaire. Je faillis dans tout ce que j'entreprends, et j'ai l'air d'être d'aucune utilité dans le monde. Ch;uiue ibis, dit le misérable, que j'ai pu obtenir une position, la politique est venu m'en éHminer. J'ai tenté de partir une agence de propreté foncière, mon associ" s'est enfui avec les profits. .T'ai ouvert un bureau audiencier et ai passé au feu. J'ai entrepris une fois de récolter des votes pour une élection. L^n chien vicieux a ruiné mes vêtements et deux à trois fois on m'a jeté en bas de
l'escalier. La semaine dernière un perroquet d'affection est mort, hier j'ai perdu une pièce de 25 centins, aujourd'hui j'ai un affieux mal d'oreille — il n'y a qu'une chose qui m'empêche de me suicider et de mettre fin en le faisant à ma misérable existence ; c'est la curiosité de savoir ce qui pourrait bien encore m'arriver.
649 L>c •» CornlisEl ITIag^azinc " racoiitc
qu'un certain clérical, au moment de commencer le service divin, regarde à travers la fenêtre en verres non coloriés et dit: *' tiens, comme je vois venir ma Fcpur, je vais avec votre permission remettre le service jusqu'à son arrivée. Durant les grands froids, il invitait la congrégation à venir se chantier au po<Ue avant de quitter l'église. (Quelquefois son amour de ses ouailles revêtait une autre l'orme, et au bout d'un eermon d'une demi heure, il disait : " comme le temps est encore si mauvais, je vais mes chers frères prolon- 'ger mon discours dans l'espoir que le temps s'éclaircira.
050 — Le moyen le pius <-i'i-lniii «rarrivcr îi 1» boiir^ie d'un lioiiiiiic c«<t |>ai- son e^loinac.
Un bon dîner vous fait favoriser un projet quelconque. Un bon discours vous fait voir les avantages qu'il y a.
tout de même qu'un bon sermon peut convaincre du mal que l'on fait. Tout n'est que persuasion — sorte de chantage par lequel vous pouvez être induit à pécher ou à faire toute le contraire. Alors si la parole, l'éloquence, la bonne chair, le bon vin, les joyeux compagnons, peuvent vous gagner, avec tous vos avantages pécuniaires et éducationnels ; ne regardez-donc pas avec tant de dédain le pauvre diable qui vend son vote lors d'une élection, où on s'essaie à obtenir $2 pour ce qui n'en vaut qu'une.
651 — Il est étrangre jusqu'à. qu<el point l'houinie peut juger faux, quand les événements sur lesquels il est appelé à se prononcer, sortent des voies ordinaires. Lorsque, il y a maintenant une trentaine d'années, on a construit les piliers d' un certain pont reliant la " Pointe aux lièvres " au côté opposé de la rivière, il a été prouvé que certains bateliers s'appropriaient à cet effet, enlevaient en plein jour de la jnerre d"un .quai appartenant à la ville. Eh bien le croira-t-on le Recorder d'alors jugea qtie parceque Ton emportait ainsi la pierre sans avoir l'air de se cacher, de dissimuler aucunement le vol que Ton commettait, ce n'était jjas un vol et la ville perdit son procès. Donc si un individu m'enlevait de propos délibéré ma bourse, et sans aucunement se
gêner pour le laire, ce ne .serait pas un vol, parcequ"il ne se serait donné aucune peine pour «lissimuler Tac lion.
6Ô2 Lo ■BK'ilh'igr iiioyt'ii pour un voloiir
«le <li>s:ti-aii4>i- loiil >.oii|m;oii, l'f^t «l<; |>rocc'«ler ù la vue <>t au f>u «le tout le iiioud** — Quand les voleurs en plein midi, armés d'échelles sont allés descendre pour les enlever les gouttières en cuivre rouge chez les Stewartà New-York, chacun s'imaginait tout naturellement que ce devait être par l'ordre des propriétaires pour les réjiarer, ou jiour autre raison valable, et i^as même les connétables (jui les voyaient faire, ont songé à leur demander ce qu'ils faisaient ou par l'ordre de qui ils agissaient.
G53 — Il y a faut «le moyens «le voler sans absolument le faire. Les riclies pèlerins d'une succursale de X.-D. de L. donnaient au clérical desservant la paroisse de fortes sommes d'argent par année. Avoir l'air de douter, quand on donne quelque chose, ce que va en faire le réciiîiendaire, serait peutêtre insultant — On donne sans rien dire ; mais il est entendu que c'est pour l'église, la mission, la bonne œuvre. D'un autre côté le Révd. quia touché l'argent
se dit " le donateur n"a rien dit, donc j'ai droit de croire que c'est à moi personnellement que l'argent était destiné et il remijoche et de fait il en receuillit de cette manière pour plus d'une vingtaine de mille
dollars.
654 — Donner n. croire par une cn-téte qui n^a aucuneiuent §a raisoas d'être qu'on veut bénéficier les antres, tandis que c'est son |»ro|>re i^ain et proOs que l'on vise. Par
exemple on a des sociétés de prêteurs d'argent à un taux ruineux qui pour ne pas vous le laisser croire se se donnent le titre de " Sociétés de bâtisse " — Qu'il y a de m03'ens dans ce monde de tromper ses semblables, de les leurrer, leur faire prendre des vessies pour des lanternes. L'intérêt n'est que de six par cent, et on a l'air de vous favoriser en vous permettant de rembourser par petits montants mensuels, et de ne le faire que dans dix ans — Mais remarquez, et c'est là que l'emprunteur s'aveugle — aulieu de garder le montant pendant les 10 ans, vous commencez à le remettre dès l'échéance du premier mois — Donc comme terme moyen, vous n'avez gardé votre argent, voua n'avez joui du montant total de l'emprunt que pendant une mo3'enne de 5 ans. Or iU ans à Ij par cent n'est autre chose que 5 ans à 12 par cent. Donc c'est à 12% d'intérêt que vous avez emprunté et non à six.
65.5 — Un caissier «le banque pour désarmer tout soupçon, toute idée de la part des directeurs de lui faire une enquête à l'endroit de la facilité avec laquelle il s'enrichit à même son salaire comme gérant de l'institution : leur suggère des emjn'unts sur les fonds de la caisse. A. et B. votent pour un 2^rêt à C, sachant que chacun d'eux à son tour, aura besoin du vote de C. pour en obtenir autant. La caisse est au moment d'être forcée à liquider. Mais avant de le faire, on avertit ses amis qui en retirent leurs mises respectives, pendant que tous les autres pauvres diables de déposants s'en vont les mains vides. Mais le caissier est devenu riche, et après sa mort, et à même les fonds de l'institution, il laisse de fortes sommes aux siens, et a de quoi payer un $500 à l'Eglise pour lui ériger un mausolée au bas cœur ou en dedans des balustres, comme si au lieu d'une crasse il s'agissait d'un homme de bien.
656— Moyen facile «le s'enrichir. Donner en se mariant un fort ilouaire à sa femme, faire assurer sa v,e pour un gros montant — Au lieu de iiayer sa marchandise à qui de droit, on solde les primes d'assurance, on donne tant à compte sur le douaire. On escompte dans une banque pour payer à une autre, on gagne ainsi des années. Puis on fait banqueroute, on liquide
et on a le front de vous dire : " mais je dois encore tant à ma femme sur son douaire. La femme garde son avoir et le mari empoche le capital de son assurance à terme, ou s'est précautionné avant de déclarer faillite, de la somme nécessaire pour continner à en payer les primes annuelles. Ou encore le négociant, au lieu de payer sa marchandise, ne donne que des à comptes, gagne du temps, achète des propriétés avec l'argent qu'il doit à ses fournisseurs, passe ses biens fonds au nom de sa femme, fait faillite après quelques années et reste riche, pendant que ses créanciers demeurent le bec à l'eau — Est-il étonnant maintenant, que chacun se le demande, que Dieu ait dit : " En vérité, en vérité, je vous le dis " il est aussi difficile pour un riche d'entrer dans le royaume des cieux que pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille."'
657 — On peut y aller encore plus ou\'erlenient — ou peut faire du cliantag^e, voler même sous un contrat si cet effet, et cela et à cause de cela, de manière que la Cour même, la justice (aveugle) ne s'aperçoive du frauduleux de la transaction. Certains contracteurs, firent une réclamation de quelques $20,000 — l'Ingénieur en charge refusa de la reconnaître — Ils mirent la chose entre les mains d'un
agent sous un acte notarié par lequel l'ageot devait toucher une somme fixe jusqu'à concurrence de la somme réclamée, plus 5 pour cent sur tout ce que l'agent i^ourrait leur obtenir de plus que le chiffre de leur demande — Mais dans un cas semblable, le contracteur commence par doubler sa demande, pour laisser de quoi à retrancher i)ar les experts ou par les juges pour se donner un air d'impartialité sous les circonstances. Le montant de $20,000 fut donc j^orté à $40,000 et c'est sur ce dernier chiffre que l'agent devait toucher une somme fixe de quelques $2000.00 — L'agent visant plus loin refit le compte à lui fourni par les contracteurs, et le porta à tout près de $100,000 au cas d'avoir la chance de toucher les h% sur la différence. Mais l'affaire rata devant les experts et au lieu de $97,000, les contracteurs n'en eurent que $17,000 ; refusèrent en conséquence de donnera l'agent le montant stipulé et de là le procès qui mit à nu devant la justice tous ces faits — sans que la justice y put voir du mal de la part d'un agent qui sait que la somme due a tout d'abord été doublée, et qui la doublée une seconde fois pour essayer de sucer d'autant le gouvernement au profit de ses clients ; mais surtout pour ses 5 % stipulés.
65S — Coiniiieiit «1c inoiiis on peut faire plus : d'une quantité négative une positive, en un
mot faire mentir l'algèbre à son profit. Dans la construction d'un certain édifice juiblic à centaines d'ouvertures ou fenêtref-- — les contracteurs obtiennent de l'architecte la j^ermission d'en changer les appuis, sans préjudice à l'artistique de la bâtisse, et de l'aveu mêuie des contracteurs, ils y sauvaient $2.00 par appui. Plus tard, rendu au haut des croisées, le contracteur demande à en faire les claveaux en 5 morceaux au lieu de 3, déclarant que ce serait pour lui un gain d'au moins $10 par châssis, et en eflet sur ces deux seuls items les contracteurs bénéficiaient au montant de plus de $2,000. Eh bien ! quand vint le compte des extra— les deux items en question y figuraient transformés — Les appuis étaient chargés à $5.00 de plus par fenêtre, les voussoirs à $10.00 de plus au lieu de ÇIO.UO de moins, diflérence de f-27 par ouvertuie en faveur des récipiendaires en
perspective.
659 — " Sacré bélo, quaiul y a <lii cliaiig^oiiieiit, c'est toujours de l'extra " voilà les paroles mêmes (pardon lecteurs) qu'adressait un certain contremaître à un contracteur en voie d'ériger au cimetière iStCharles un mausolée à un riche banquier, lorsque sur la demande que lui fit le premier s'il avait bien des extra — lui répondit : non et au contraire l'architecte a fait des changements qui ont facilité, diminué mon travail.
CCO — L.<> c'liaiiia$;:c peut être ou au uioiiis avoir l'ail' d'ctrc tout à fait liuiiiauitaire
Les degrés qui, du niveau de la douane do
mènent au fleuve à marée basse, devaient être en pierre — il y en a quarante de 120 pieds de longueur (48(X) pda. lin ) Pour des raisons i^urement philanthropiques — qu'on n'aille point faire au contracteur l'injure de lui supposer d'autres motifs — l'idée lui vient que ces degrés en pierre peuvent être dangereux, en ce que si l'on y tombait, le coup serait plus fort que .sur le bois — et de suite, le commissaire des travaux publics d'alors, donne dans le panneau avec d'autant jilus d'emjiressement, que s'étant porté caution pour le contracteur, il y avait à craindre que sous un prix insuffisant, lui, caution, ne fut appelé à combler un déficit quelconque. Eh bien oui, les degrés qui devaient être en pierre sur voussures en maçonnerie ont été remplacés par du bois, et une somme d'au moins $40,000 épargnée de cette manière au contracteur.
<{0I — Il lie faut |»a«« se porter eautioii pour un eoiitracteiir dont ou a à approuver les comptes — car sous un bas prix, on peut craindre d'être appelé, non seulement à perdre la somme qu'on se fait payer pour consentir au cautionnement, mais à payer beaucoup plus. On est donc nécessairement
porté à sanctionner tous les extra possibles, tous les changements qui peuvent en créer, pour que le contracteur avec de gros profits fasse honneur à son contrat, et que vous ne vous trouviez point, vis à vis de ses fournisseurs, courir le plus petit risque d'être tenu à rembourser ou payer quelque chose.
66'i — Le devis des " «luantités " d'iiue bâtisse quelconque, doit toujours se faire par uu tiers ; c'est-à-dire que vous devez faire faire par un autre, le toisé des quantités des matériaux et de la main d'œuvre de tout édifice dont vous êtes appelé à faire les plans et surveiller la construction ; et de même, vous pouvez faire pour un autre, le cahier de charges d'une bâtisse dont cet autre, ou un autre que vous-même est saisi. Si non, et que vous vous soyiez trompé, en plus ou en moins — alors de deux choses l'une : ou, si vous avez fait erreur en moins, vous êtes porté à favoriser les extra du contracteur pour couvrir ce que votre erreur peut lui faire perdre et à voler en le faisant le propriétaire, ou ai vos quantités sont en plus, vous le volez encore en ce que les soumissionnaires, tous ce qu'ils en sont, demanderont autant de plus pour la bâtisse et vous favoriserez encore les extra pour que le contracteur vous mette en mesure
de rembourser au propriétaire, ce que sans cela vous lui feriez perdre jiar vos mécomptes.
663— Vous n'avez point à accuser de cliaiitag'e, un prof'essioiiiiel qui vous fait payer la valeur reconnue ordinaire de ses services, parce que dans un autre cas il aura h prix fixe ou déterminé à l'avance, travaillé pour vous si n»t taux inférieur. En effet un quiconque, plutôt que de ne pas travailler pour vous, fait votre ouvrage pour une raison ou une autre, à moitié prix pour ses services — mais lorsqu'il n'j»^ aura point d'arrangement entre vous conclu à l'avance, vous n'aurez rien à dire si votre agent vous fait payer le taux, la valeur reconnue de son travail.
6G1— Si Ton s'adresse à un chef de l»iireau pour une copie d'un écrit, d'un pSati, «l'un document qneFcoïique et (ju'il ait A son emploi un copiste capable de faire l'ouvrage, ou qu'il puisse en trouver un à cet effet — il ne doit vous charger que le prix du copiste plus celui du teuips qu'il a eu à donner lui-n.ême à le trouver, à le mettre eu ouvrage, plus encore tant pour cent (20 ^ par exemple) de
profit — Mais si votre chef de bureau faute de copiste est obligé de faire la chose lui-même, il a dioit alors, je crois, de vous faire payer, non pas les honoraires d'un copiste, mais les siens propres.
665 — Encore une focnie «le clinntag:e. Une
conij)agnie vous fournit du gaz à raison de tant -par 1(J()0 pieds, avec Finjonction que si vous payez à échéance du quartier, elle vous fera remise de 20, 30 ou 40 pour cent. Alors comme tout le monde s'empressera de i)ayer au taux réduit, cela veut dire que même à ce taux réduit la compagnie fait amplement son affaire. Or il peut y avoir un cas isolé ou j^lus d'un, oii par absence ou manque d'argent vous ne jouissiez solder votre note que le lendemain de l'échéance ou enfin quelque temps ajjrès que la somme devient due. Je dis que si la compagnie persiste à vous faire payer le chiffre total, cela équivaut à vous charger 20, 30, 40% d'intérêt et je ne sache i)oint que devant la justice on ne déclarerait pas que cet le manière de voir est légitime.
666 — L.Mioniine :i-t-il <aeii\ <-on!>»ciences.
On serait tenté de le croire, puisque, travaillant à la journée, c'est à-dire à tant par jour, il diffère tellement
(le lui-même lorsque travaillant à prix tlxe ou à tant pour le tout. Ceci existe à tous les degrés de réchelle sociale, oflicielle, professionnelle — En effet — voyez par exemple le charretier qui a entrepris l'enlèvement de votre neige. S'il est au voyage, les voyages seront aussi petits, aussi peu tassés que possible, pour en grossir le nombre : si au contraire, il est à tant pour la saison, ou même pour une " bordée ", H piétinera le contenu de sa voiture, pour en loger deux fois autant et en avoir plus tôt Hni. L'ouvrier en général en agira de même, faisant durer la besogne s'il est à tant par jour — l'activant dans le cas contraire. Le professionnel chargé d'un travail littéraire, artistique, otiiciel — d'une expertise, d'un rapport à faire sur tel sujet — en aura vite Hni si le prix de ses services a été conclu à l'avance — tandis que si, à tant par jour, il y dévoue deux fois le temps, il fera Hpjiel à sa conscience de lui venir en aide en lui suggérant pour argument que la besogne est plus réussie, parce (ju'il s'est donné le loisir d'y songer plus mûiement. La chose est évidemment inhérente à notre pauvre nature humaine, pétrie qu'elle l'est de faiblesses de toutes sortes.
667 — L.a diiaiitô «lo IMioiliuie se manifeste de bien des manières. Un individu intriguait ses amis,
en faisant toujours venir deux verres d'absinthe à la fois, malgré qu'on le sut seul dans son étude. Un ami voulant en avoir la conscience nette, lui en demanda la cause. Ah, dit-il, c'est bien simple, voyez-vous» quand je |>i'eii«ls un verre, je deviens un tout autie hontine, et Je donne l'autre verre à l'autre Iioniine.
G6§ — L'homme qui cumule plui^ieurs fonctions, doit signer es-qualité. Ainsi, vous êtes en même temps arpenteur, architecte, ingénieur— ou encore médecin, géologue, naturaliste et ainsi de suite ; alors ne signez point comme architecte si c'est un ouvrage de topographie dont il s'agit, ni comme médecin si vous traitez une question d'histoire naturelle ; car votre signature comme médecin ne vous lie aucunement comme mécanicien si vous exercez les deux fonctions ; pas plus que si, exerçant une fonction officielle, vous signez en votre particulier ou sans y souscrire le mot, maire, juge, ministre, etc.
669— Que de siibtert'ug^es chez l'homme
pour expliquer son action, ou plutôt son inaction. S'il est " à la journée " il arrivez-a pour commencer juste à l'heure, ou même un peu ajirès, il " allumera," jasera,
et si à midi sonnant il a une brique à la main et une truellée de mortier pour la j^osor, il jettera tout là — si c'est un charretier, il aura pour excuse de n'être pas revenu à une heure de la relevée, que il fallait bien que son cheval prit le temps de manger. II mène son cheval le pas, revenant comme allant — il arrivera tard et jjartira avant l'iieure surtout l'hiver en prétextant qu'il faisait trop noir pour continuer son travail. Mais que ce même homme soit à l'entreprise — voyez le changement qui se fait en lui. Il devient, comme celui qui a pris un coup, un tout autre homme. Il est sur les lieux avant l'heure réglementaire, et part après — et le midi que dit-il " que mon cheval fasse comme moi qu'il attende à ce soir pour compléter son repas. Puis il a la vuemeuilleure " ali oui, monsieur, il ne fait pas noir, je vois très bien. Il hâte le pas, active celui de sa bête s'il en a une — et au lieu de ramener son cheval, le pas, lorsqu'il revient lège, il le fait trotter. Tout de même ce n'est pas là être honnête ou consciencieux, car si son attelage à la suite d'un repas liâtif peut trotter, à plus forte raison peut-il le faire après un repas complet comme il lui en fait prendre un, étant au jour le jour.
«70 — LaiiSi^ex-iiioi savoii- disait un Père Jésuite, par quel clieiiiiii ce péché là. est passé afin
que je puisse en uger avec connai.ss.ance de cause : et il avait raison. Il faisait foi en cela de (onnaiire notre humaine nature : car ce qui est péclié véniel pour l'un peut être mortel pour l'autre : la ligne de démarcation entre les deux étant des plus difficiles à tracer. Un 30U pris à un riche qui n'en souffrira aucunement, n'est point le sou volé au pauvre, à i'aSamé qui va peut être succomber à son jeune forcé. 11 faut voir aussi la tentation qu'il y a eu : car tout répréhensible qu'il soit de trop aimer ; si une ange tombe dans vos bras, ma foi, la situation est difficile.
671 — Il convient «le ne pas denienrer sons le même toit uvec ccini «lont vons ponvez avoir à contrôler les rérJainations ponr extra. Un ex-ministre du Gouvernement Fédéral du Canada commit cette imi^rudence et cela pendant huit années consécutives. Si le contracteur avec qui il logeait et qui payait peut-être à lui seul le loyer, eut été un homme instruit, un homme d'une certaine éducation, ayant des goûts littéraires, artistiques ou autres qui exquiquassent le motivé de l'union de ces deux âmes, on en eut été moins surpris, moins scandalisé— mais rien de tel. Aussi ce ministre qui pouvait aspirer à devenir chef de gouvernement, s'est vu
déjetei-, et n'était le fait qu'il venait d'être honoré d'un titre par sa majesté, et que c'eut été donner un soufflet A la reine que d'envoj'er cet homme en prison, il y serait allé tout comme le contracteur avec lequel il était si ridiculement lié d'amitié.
67ti — Ai'i'ivei' au pôle nord en passant sous la g^lace. C'est ce que un nommé Riedel se dit prêt à faire dans un vaisseau, à la Jules Verne, construit à cet effet. Le coût de l'expédition serait de $125,000. Eiedel et son équipage se rendrait à Spitzberg dans un vaisseau ordinaire. De là il prendrait son " Nautilus " pour le reste du voyage : quelques 400 à 500 milles à faire sous la banquise — de temps à autre il y aurait à regagner la surface, ou arriver à l'air libre pour y respirer ou faire provision d'air — soit de .50 en .50 milles, forant au moyen d'une tarrière spéciale à travers la glace, ou y faisant à l'aide de la dynamite un trou assez grand pour que le " Nautilus " monte à ciel ouvert. Epaisseur supposée de la glace quelques 14 pds.
673— Dans le dernier " World" de New York (Fév. IS'JS) est un exposé du bon niarclié auquel peut vivre une famille — L'auteur eu arrive à
'opinion «lu'une famille de cinq jieut se loger, s'habiller, se nourrir à. raison do $32 par mois $384.00 par année. C'est exagéré, puisque la moitié des familles au Canada vivent confortablement pour la moitié de ce chiffre. En effet les manœuvres n'y gagnent que de 80 à $1.00 par jour et cela durant une moyenne de seulement 200 jours en moyenne. Puis en France il est reconnu que le i^aysan vit à raison de 30 centins par jour ou de $90.00 par année. Mais ce qui vient donner le démenti aux conclusions de l'article dont il s'agit, est un autre du même journal, même No. et immédiatement au-dessous du 2iremier,ayant jîour entête. " A meal and a night's lodging for 2 cents " — c'est-àdire que pour 2 centins (10 centimes) le récipiendaire a un bol de hachis au bœuf, une tasse de café et du pain ; puis il lui est loisible de passer la nuit non pas dans un lit, bien entendu, mais en s'encantant sur la table, ou s'allongeant sur un banc s'il y a suffisamment d'espace jiour le faire. A ce taux les 3 repas de notre individu ne lui coûteraient que (i sous ou même 4 sous s'il se contentait comme beaucoup le font de deux rejjas par jour — 8i donc la famille était de 5, ce ne serait que 30 cents par jour à 3 repas — A Paris d'ailleurs on fait la même chose : on vous donne une bonne assiettée de viande et pain pour 2 sous.
6î'4 — L'ail' liquéfié. Ceci ne devrait pas nous paraître ])lus étrange (|ue de la valseur d'eau au pôle nord, de la glace dans les tropiques. Il y a en effet déjà quelques années que Dewas a le premier réduit l'air à un liquide ; mais par un procédé trop coûteux pour en permettre l'usage dans le commerce. Voici qu'un M. Tripper, de New York, dit le " Scientific American," a réussi à produire l'air à l'état liquide 2>ar un procédé qui va en motiver la liquéfaction au besoin. Il comprime l'air à 2,1)00 Ibs. au pouce carré et ceci lui enlève sa chaleur ; cet air déjà refroidi à peut-être 100° est employé pour en refroidir d'autre ; cet autre air est de nouveau comi^rimé sous une pression de 2,000 au pouce, et atteint après ce second procédé un froid de peut-être 200'^ ■■, en dernier lieu, on emploie cette seconde édition d'air au refroidissement d'autre air au même degré, et ce troisième produit soumis à son tour à 2,000 Ibs. de pression au pouce carré atteint enfin une température, un froid de 311.8^^ de Farenheit et sous ce froid intense se liquéfie. On liquéfie de même, mais à températures différentes tous les gaz. On serait porté à croire qu'ainsi liquéfié et exposé à l'air libre, ce liquide dut faire explosion, c'est-à-dire par un seul effort d'expansion, rejjrendre sa forme gazeuse ; mais non, et pour comprendre pourquoi, on n'a qu'à songer (|u'il n'y a pas de raison pour que cet action immédiate ait lieu, pas plus que la glace, (eau
gelée ou solidifiée) ne doit se réduire immédiatement en eau, même sous l'effet d'un soleil ardent ou d'une grande chaleur.
675 — Le iioiiibre (1<> téic>|>lioiic«» aiijourd'Iiiii cil activité «le par ic iiioiidc, est d'après r " Electrical Engineering '" de Chicago, de quelques 1402,000, dont 900,000 aux Etats, 140,0(J0 en Allemagne, Angleterre 75,00O, France 35,000, Russie IS/XJO, en Cochinchine 200, Suède 50,000, Suisse 30,(X)0.
676 — Le fliioi'oiiièti'c est un instrument qui vient d'être imaginé i^our supplémenter, c'est-à-dire rendre plus jirécises les indications données par les rayons X (rayons Roentgen) de corps étrangers dans le corps humain ou animal. Cet instrument est dirigé sur l'endroit en deux sens, à angle droit l'un à l'autre, pour préciser l'endroit, la forme de l'ombre jiroduite laquelle, parait-il, est toute différente et nullement définie ou plus ou moins indéfinie suivant l'aspect sous lequel on l'examine. D'ailleurs l'indication au rayon X, s'il est précis de direction, ne l'est point quant à la profondeur ou distance à laquelle l'objet opaque qui projeté l'ombre — une balle, une aiguille— se trouve de la surface : et la seconde observation au moyen du fluo-
orinêtre, avec les mesures nécessaires prises à la surface, sutlit pour localiser, fixer la 2-»osition exacte de l'objet.
G77 — On va enfin «léniolii- siii* un parcours ou périniètrc «le K milles (quelques 14,000 mètres) les f'ortirïcatiosis de Paris, et ne les remplacer que par une sorte de grille ou clôture, un mur peutêtre pour les tins de l'octroi (ce que payent les ett'ets de toutes sortes qui entrent dans Paris). D'ailleurs, comme on le pense bien, avec nos moyens d'attaque et de défense actuels, ces anciens ramparts ne valent pins rien. A l'espace aujourd'hui occupé par ces murs d'enceinte, on va substituer de nouvelles rues, des parcs, des embellissements divers.
©TS — Infau<>ii€e «le la richesse sur la mortalité. Le statisticien de Breslau vient de publier dans le " Zeitsclirift fuer ITj^gieine imd Infektions Krankhciton," un intéressant résumé à ce sujet. Comme critérium de la richesse, il prend le montant de loyer. En ISUC), dit ce journal, il est mort sur 1,000 personnes payant un loyer de 300 marcs, 20.7 — sous un loyer de 300 à 750, 11.2 mortalités — à un taux de loyer de 750 à 1500 marcs, seulement 6.5. Pendant que
d'après ces chiffres la mortalité parmi les pauvres de Breslau est de trois fois celle chez les riches, elle est de fait encore i^lus grande ; parce que ne sont pas incluses les personnes mourant dans les hôpitaux et que l'on peut considérer appartenir presque exclusivement à la classe indigente. Cette différence est surtout accentuée chez les enfants, dont ceux des riches sont naturellement entourés de plus de soins.
679 Les g^éolognes croyaient il n'y a |»as
loug:teiiii>s encore qu'il est inutile de forer le g'raiiit pour en tirer de l'eau — mais cette théorie est maintenant controuvée. A plusieurs endroits en Norvège on a creusé des puits qui donnent d'excellente eau : et voilà qu'à la Caroline du Sud, E.- U., on est arrivé à la profondeur de 285 pieds, à une eau qui s'élève à 3 j^ieds sous la surface du sol, et a un rendement de 2()(»,00(l gallons par jour. Ces eaux ont de précieuses proi)riétés hygiéniques, et là où on en fait usage les fièvres ont diminué de SU pour cent.
680 Prix des objets d'art ; tableaux des ;$rands maîtres. On lit dans " i'Almanach Hachette " pour l5;94 et ces états synoptiques sont
précieux à cause des recherches que n'importe qui aurait à faire pour former une semblable statistique — que 50 des tableaux qui se sont vendus les plus hauts prix de nos jours, l'ont été aux chiffres suivants : la Madone Ansidei, par Raphaël, pour la " National Gallery " de Londres, à la nation .s350,<)00 — La même institution possède encore le portrait d'un homme par Morone §30(),œO — Vient ensuite Jean-François Millet dont " La Bergère '' a été payé par M. Chauchard $200,000 — Le même collectionneur possède, par le même artiste, " L'Angelus '" qui lui a été vendu $110,000 — La famille Rothschild a plusieurs ouvrages presqne sans prix. Edmond de R. a payé $160,000 le "Jardin d'Amour " par Rubens ; il a aussi acheté trois des portraits de Gainsborougli pour $325,000. Alphonse de R. a donné $120,000 pour le portrait de " César Borgia " par Raphaël et $25(),0OO pour deux tableaux de Rubens. Gustave de R. acquit à raison de $150,000, deux ouvrages de Rembrandt. Feu le Duc d'Aumale acheta les "Trois Grâces" de Raphaël pour $125,000 et Madame Guinness de Londres a donné $240,000 pour deux ouvrages de Rembrandt. Le Musée du Louvre, Paris, acheta au chiffre de $120,000 1' " Assomption" de Murillo. C'est au prix de $90,000 que le Musée de Berlin a acquis le portrait de " Albert Durer." Le " Christ devant Pilate " par Munkacsy fut vendu $100,000. Les Mei.ssoniers réalisent aussi des prix énormes en
rapport avec leurs dimensions: son " ixU" fut payé $110,000 par M. Chauchard ; " son " JS07 " maintenant au Musée Métropolitain fut acheté pour ; 60,000. Le portrait de " Spinola " par Van Dyck a été vendu $100,000. La " National Uallery "' à la vente de la collection du duc de Lansdowne, acheta trois ouvrages de Velasquez, Morone et Halbein au prix de S300,<MX». Plusieurs autres tableaux ont été vendus $60,000 chacun ou au-dessus, parmi ces derniers le " Doreur " de M. Havemeyer par Rembrandt. Ce n'est pas souvent qu'un " Raphaël " soit à vendre. Aujourd'hui sa " vierge au candélabre " est à vendre ; il a été acheté lors de la collection Mouroe de 1882 pour $100,000. Si ce travail de second ou troisième ordre du grand peintre d'Urbino, vaut \Aus que $100,000 il serait intéressant de savoir quel serait le prix de vente d'un chef d'œuvre comme la " Madone " de San Sisto, ou encore la " Madone " de Foligno.
6§1 — On vient «le «léconvrir dit le »' Sehni. "Wein Zeitung: " «les mites «lans les vins sncrés : Malagru, IVIuscatei, Sanios, etc. On
avait cru jusqu'à présent que les vins contenant de l'alcool étaient exempts des attaques de ces insectes, (probablement parce que on avait pris pour une crois-
sance végétale, la matière blanchâtre qui se forme à la surface de ces vins) cette insecte est de l'espèce " acarus possulorum.'' Elle est la même que celle que l'on trouve sur les figues, raisins et d'autres fruits secs, desséchés pour la conserve, et ne se trouve guère que sur les vins faits de ces fruits secs, et non dans ceux faits de raisin vert. Il ne parait pas néanmoins que la qualité des vins en soit sensiblement atiectée, ni que leur alcool en soit perceptiblement dimnaué. Il est donc bon de filtrer ces vins avant de les boire ou mettre en vente. Il nous vient beaucoup de raisin sec d'Alicante et de Grenache, et les vins en provenance de ces pays, sont souvent affectés de la manière précitée.
683 — li' astronome Flaiiiniai'ioii semble douter de l'exactitude de la théorie de Scliiapareili à l'endroit des taches observées par ce dernier sur la surface de la planète Vénus, et qu'il regarde comme preuve que Vénus tourne autour de son axe exactement dans le même temps qu'elle tourne autour du soleil, comme il en est d'ailleurs de la lune qui tournant autour de la terre dans le même temps qu'il le fait autour de son axe, présente toujours la même face à la terre. Flammarion a l'air de croire que ce que prend Schiaparelli
pour des taches sur la planète Vénus même, ne sont peut-être que des taches dans son atmosphère. Il croit que la profonde atmosphère de ce membre du système solaire empêche de voir la surface de la planète ; l'atmosphhère terrestre de moindre profondeur absorbant un tiers de la lumière réfléchie de sa surface.
GHH Il fant pour faire fondre les divers
métaux : pour lAluminum, 6UU° centigrades — l'Argent, 970°— l'Or, 1062°— le Cuivre, 109.5 —le Platine, 1760^.
O^'l On se demande pourquoi, à l'approche d'un train ou convoi de chemin de fer à Jurande vitesse, on vous avertit de vous éloig^ner, de peur que le mouvement de l'air ne vous entraîne avec lui, mettant ainsi votre vie ne danger. Tout observateur d'ailleurs fait foi d'une tendance de la «orte : c'est que le char, le convoi en mouvement entraîne avec lui une couche d'air, tout autour, d'une certaine épaisseur ou s'étendant à une certaine distance des parois des wagons. On est prêt d'ailleurs à admettre cette action du convoi à grande vitesse ; car l'on sait que l'eau courante d'une rivière, d'un cours d'eau, dans un égoût, entraîne avec elle par
le frottement une première couche d'air en contact avec la surface du liquide, — cette première couche, une seconde ; celle ci, une troisième mais toujours avec une vitesse décroissante, et bornant en conséquence l'action du frottement, de la friction à une épaisseur totale finie. Un professeur, Nijjher, aux Etats Unis, vient de mettre la chose à l'épreuve au moyen d'une sorte de tasse ou entonnoir attaché au char du côté où va le convoi. A l'arrière de la tasse ou du bol un tuyau de caoutchouck laisse jjasser l'air qui va enregistrer son-action sur un jauge à cet effet. Il a de fait constaté que l'action de succion du train sur l'air est très prononcé, s'étend. à plusieurs pieds du convoi et qu'il est de fait dangereux de s'y tenir trop à proximité.
6S5 — ITIalg:ré que l'on craig:iie davaiitag^e le tonnerre, les éclairs que toute autre source de danger — il n'est pas moins vrai que la proportion des ' accidents, des fatalités dues à d'autres causes l'emporte de beaucoup sur la première. C'est ainsi qu'il n'est mort aux Etats Unis de 1890 à 1897 que 193 personnes frappées par la foudre, tandis que durant le même intervalle dans la seule ville de New York il y a une moyenne de 20(J noyés, 150 sont brûlés à mort ou ébouillantées, et il en meurt 500 de diverses chutes. Il
est rare <jue qui que co soit périsse par la foudre à New - York et les statistiques font foi que l'immunité 30US ce rapport est beaucoup plus considérable à la ville qu'à la campagne.
6§6 — Il y «Il :i |»lii« qui dans les cliinais modérés vivent jusqu'à devenir eciiteiiaircs, que dans les latitudes plus froides. Le
dernier recensement de l'AUeniagne, constate que sur une population île 55 millions, 7S seulement ont passé la centième année. La France avec une population de 4U millions d'âmes, compte 213 centenaires. Il y en a 146 en Angleterre, 578 en Irlande, 46 en Ecosse. La Suède n'en a que dix, la Norvège vingt-trois, la Belgique cinq, le Danemark deux, la Suisse pas un seul ; L'Espagne avec une population de IS millions, à 401 personnes qui dépassent un siècle d'existence. Des 2,2.50,0UO habitants de la Servie, 575 ont dépassé le* cent ans. L'homme le plus vieux qui existe, paraît-il, est Bruno Catrien, né en Afrique, et résidant aujourd'hui à Rio Janeiro, il a 150 ans. Un cocher a Moscou à vécu 140 ans.
est — lîlaiiières diverses de tromper, frauder ou essayer de le faire, et qu'on le remarque
bien, il n'y a ici rien de fictif. L'auteur n"a pas eu à tit-er sur son imagination pour les faits qui suivent. Ce sont tous des cas d'actualité recueillis durant sa pratique : Quand il y a à soumissionner pour une entreprise chacun essaye de tromper son voisin en lui disant tout haut : pour moi, que celui qui peut faire cet ouvrage pour tel prix (donnant en même temps un chiffre élevé, pour laisser croire, que c'est à peu près à ce prix qu'il va soumissionner) qu'il le fasse ; et le même homme soumettra, suivant le cas, à un prix plus bas de plusieurs milliers de dollars que celui mentionné par lui. J'ai vu faire ceci cinq cent fois, mille fois durant ma vie. Ou encore, quand un prix pourra s'interpréter de deux manières, notre homme, les soumissions ouvertes et connues, s'il est trop bas, trop en dessous du plus bas chiflFre demandé, expliquera son prix à son avantage — dans le cas contraire, à son désavantage pour obtenir le contrat. Par exemple pour un i)i]otis, un pal-planchéiage, il dira dans le premier cas que c'est par pied linéaire de chaque pilot, de chaque pal-planche ; et , dans le second cas, ce sera par pied linéaire du pilotis, du pal-planchéiage mesuré horizontalement.
Ou encore, sous un chiffre îiH pied pour le bois d'un quai, si le bois est de plus d'un pied cube au pied linéaire, il fera son compte sur cette base — puis pour les menus bois rond» gros comme le bras, qui auroat servi à
composer les planchers servant à recevoir, porter la pierre qui doit charger le quai ; il fera entrer en ligne de compte tout ce bois au pied linéaire, mais il ne croira pas mentir en le faisant : car il aura soin d'omettre le mot, le qualificatif " linéaire, " et ce sera encore * tant de pieds.'
Et, pour la toise de pierre dont il doit charger le quai, ce sera à la toise anglaise ou de 216 pieds cubes anglais, aulieu de la toise française valant 260 pieds cubes ; car la toise est uue mesure purement française ; mais en pays mixte comme le Canada, il se donnera l'air d'avoir ainsi compris la chose. Voilà donc une ditférenct;' de 20% — et non satisfait de cela, il fera mesurer cette pierre dans le bateau, dont pour préserver le fond, les parois latérales, il les aura garni de madriers de 3 pouces soigneusement cachés en empilant la pierre pour en dissimuler les rebords, les extrémités : cette différence ajoutée à celle des vides que laissent les madriers entre leurs parois rectilignes et les parois curvilignes des flancs du bateau représentant encore un autre 20% — ensemble 40% de déficit.
.Soit encore que l'on vende ici du bois de chauffage à un anglais ou à qui n'en connaît point la différence, la corde (mesure française) vous sera faite anglaise ou de S ' X 4 ' de front aulieu de 8 '-6 x 4 '-3 " qu'il faudrait pour qu'elle fut légale, puisque 15 pieds linéaires français valent l(i pieds linéaires anglais.
6§§ — On peut pour Iraudcr un ;^ouverne« ment mettre à contribution les éléments.
En effet, pendant les constructions des phares sur le St-Laurent, on encombrait de quarts de ciment le pont du navire qui le transportait. C'était afin de, au premier soupçon d'une tempête, d'un fort vent, se donner un prétexte pour le jeter pardessus bord, sachant que sous ces ciiconstances, il serait payé tout de même, et qu'il en faudrait d'autant plus pour combler le déficit ainsi encouru.
6§9 — On peut se refaire d'un prix trop bas, d'un contrat non lucratif. La houille se paye au poids — soit de $5 à $7 la tonne. Pour en connaître le montant, la voiture est pesée et son poids, (la tare) est inscrit à ses flancs ; puis on i^èse le voyage dont on élimine la tare pour arriver au résultat net. Mais que cela ne vous gêne point. Après la voiture pesée et étampée, faites-lui ajouter en soùa œuvre quelque» barres de fer plat, par exemple de 3 " à 4" tle large, et de ^ " à 1 " d'épaisseur, ou de 10 à 15 Ibs. le pied linéaire. Ça n'y paraîtra point. Dans un récent contrat de charbon pour la prison d'une certaine ville, il y eut de cette manière 40 % de déficit.
Et on en est rendu aujourd'hui, pour conjurer ces
aortes de fraudes, à peser la pierre pour en faire des verges, des toises, tant il j' a à craindre que dans son empilage on y laisse des vides, on y encante la pierre, l'une conti-e l'autre, en manièi-e de cellules, de catacombes.
Une idée heureuse aussi est celle de laisser croire à un chevillage de vaisseau avec fiches de cuivre, en en posant une par chaque j^ièce de bordage, à tous les 2 à 3 membres, puis de simples bouts de chevilles de 2 à 3 pouces de longueur, aux endroits des membres intermédiaires. C'est pas mal imaginé, et difficile à dire, sauf à la condition d'enlever un des " voleurs " pour s'assurer qu'il y en a et de classer le navire en conséquence ; car s'il y en a un, c'est qu'il y en a d'autres ou au moins on a droit de le croire.
Quand les murs sont à la toise, on peut les faire plus épais, car si un mur aulieu de 2 pieds en a 4 ou G, il n'y a toujours, tout de même, que deux parements à faire, et de cette sorte, l'extra au même prix donne deux fois le profit.
En creusant des tranchées, faisant un tunnel, si le prix en est rénumératif, on en creuse plus large, plus haut, puis on se fait payer pour remettre le même i-oc en place avec du mortier. C'est ce qu'on a fait sur les milliers de pieds linéaires des conduits à air souterrains des "bâtisses d'Ottawa," c'est ce qu'on a fait sur !•
tunnel de treize lieues de long qui du lac Croton amène l'eau potable à New York.
690 — Bl ost <1<; ton ïiiijoiirtriiiii «l'avoir un scniidalc. Celui, celle qui n'en a point est fade. Tous les gouvernements en ont, en ont eu : La France " Le Panama " — Les Etats-Unis : les niillion.s du Tammany Hall — le Canada : le scandale du Pacifique, celui des tanneries, celui des édifices publics de la capitale, et mille autres. Même les femmes en ont : à la Crawford, à la Vanderl)ilt, etc. Il est si piquant d'avoir une révélation à faire, à recueillir. La conversation a tant de surprises, d'émotions — L^ne telle, Mon Dieu, je donnerais je ne sais quoi pour la connaître : elle a, dit-on, un scandale.
691 — La fraiido existe partout — on ne sait plus <listiu|^uer le taux du vrai. Le
, faux peut être légitime et encore, l'homme n'aime pas à être trompé i^ar les fausses dents d'une prétendue, les cheveux empruntés, les hanches accentuées, et franchement je n'aimerais à me voir aux côtés d'une femme plate comme une planche d'un pouce — faut qu'elle ait des poumons, quand ils ne seraient qu'artificiels pour la promenade, l'accolade, le tête â tête ;
aussi je ne sais trop s'il n'y aurait matière à procès, matière à divorce en présence d'une femme qui n'aurait rien que du faux — tout de même que la femme aurait les mêmes droits en présence d'un homme qui ne le serait j^oint.
692 — Il y a jusqu'aux épiciers qui vous uicntcut cffroHteuieut en mettant : qui, de l'eau dans son vin, dans son whisky ; qui, du sable dans le sucre ; un autre fait arroser le tabac — Le laitier en fait autant, crainte que le lait pur soit trop riche pour le bébé — l'habitant, le boucher, le regrattier fera souffler sa viande, bourrer de pois ou d'avoine le jabot de sa dinde, de sa volaille et vous payez ensuite à 10 sous ce surcroit de poids qui n'en vaut pas deux. Un panier de fruit aéra fardé sur le dessus, en y accumulant les plus gros, les j^lus beaux, et si vous avez l'air de douter, on vous offre de vider le baril de pommes pour vous faire voir, comme pour les huitres, que les belles ne sont pas toutes à la surface ; et vous, trompé par ce semblant de franchise, de dire : oh non. On a même vu un pain de sucre d'érable avec un gros caillou au centre, et l'habitant qui vous le vendait, avait toutes vos sympathies, parce que de chaque j^oche où il se mettait la main pour en tirer de la monnaie à échanger contre votre billet de banque, il tirait jjar mégard un chapelet.
693 — IVos ^oiiveriiciiicnts sont responsables, les premiers et |»oiir beaueoup, de toutes les fourberies qui nous entourent. Au lieu de confier les travaux publics à un honnête contracteur, avec un ingénieur, un architecte pour en diriger, surveiller la confection ; ce sera un tonnelier, un cordonnier, un avocat sans causes, un charcutier qu'on y préposera parce que celui-ci aura mérité de la patrie en travaillant à faire réélire les mêmes hommes au pouvoir. ( )n donnera tant pour un chemin de colonisation qui ne se fera point ou qu'à moitié ; on achètera toute une paroisse avec un quai, un débarcadère, des usines. Ceci n'est pas du roman. Aujourd'hui c'est le scandale du Yukon, avec ses 25,000 acres de terres aurifères par mille, pendant que 5,000 acres d'uuïbvoir de telle valeur eut été plus motivé — il faut qu'il y ait compensation quelque part. Il faut que les écuries d'Augias se nettoient, que les vamjMres du gouvernement soient éliminés. Il faut une trêve à ces fortunes scandaleuses, pendant que tant de milliers ont à peine de quoi se loger, se vêtir, se nourrir. Encore une fois, il n'est pas étonnant que Dieu ait dit — " Il est difficile pour le riche d'entrer au royaume des cieux."
694 — lliic autre phase du eli^iitag:e. Ceux
qui n'y voyaient pas de mal, ou feignaient de ne pas en voir, disaient lors du " scandale du Pacifique " (chemin de fer du Pacifique Canadien) — '' Mais qu'est- " ce que cela nous fait que les Allan aient donné " $400,000 pour s'assurer le contrat. Cet argent ne " sort point de notre gousset, mais de celui des con " tracteurs." Il n'en est pas ainsi. Tout le monde sait que dans tous les contrats de gouvernement, pour chemin de fer et travaux publics, le contracteur revient avec toutes sortes de prétextes reclamer des extras, ou des prix plus élevés sur certaines sections de l'ouvrage, et que ceux qui ont à examiner, certifier ces extra, sont tenus, forcés d'acquiescer, par crainte que le contracteur ne les menace de divulguer, le fait qu'il leur a donné de l'argent. Puis il y a tant d'autres moyens de vous intéresser à part celui de vous acheter direct, pour désarmer tout soupçon. On nomme un des vôtres à un emploi lucratif; on vous donne des parts acquittés, où vous êtes en mesure de partager les profit?. Comment sans cela tous nos ministres sont-ils devenus liches, lorsqu'on sait qu'ils sont entrés en fonctions sans le sou. Pour sauver les apparences on fait une victime, comme on l'a fait d'un ex ingénieur des Travaux Publics en lui faisant une enquête sur un cadeau que durant une absence on lui a fait de bijoux, que sa famille, croyant qu'ils venaient de lui, s'a^iproprie — pendant que d'un autre côté ou donne un collier
de diamants à la femme d'un ministre, afin qu'ad venant une demande pour un octroi additionnel des millions des contribuables à une de nos grandes voies ferrées, on n'y mette point d'obstacles.
695—11 y il «les cas <lc cliiiiita^c où il est difficile «le trouver à, re«lii'e. Une chambre, un conseil de ville est divisé sur l'octroi d'un contrat. L'assemblée est également partagée. Les contracteurs se valent l'un l'autre, leur prix est le même, chacun d'eux exécutera son contrat à la lettre. 11 y a à gagner la voix iirépomléiante. Un paye cette voix, au prix de l'or. Que dire de la transaction. La voix i)répondérante est dans la position d'un homme né avec le génie d'un inventeur, et qui vend son invention un prix fabuleux. Oui tout cela est vrai. Où donc est le maL Où est le danger. Eh bien le danger est encore celui ci, que si le contracteur revient avec un extra, et que celui dont la voix a déterminé le contrat en sa faveur est encore là, il est forcé, crainte du mauvais vouloir du donateur, et (}u'il ne déclare la chose, à voter encore pour lui, bien ou mal. Mais si le récijjiendaire n'est plus là. Eh bien dans ce cas là le donateur peut encore le forcer à user de son influence auprès de ceux qui restent, pour lui faire obtenir ce qu'il demande ; et s'il est mort, ou absent, il y a encore la
pression que lo contracteur peut exercer sur les siens au même ettet, et à laquelle ils ne peuvent se soustraire, puisqu'une dénonciation pourrait ruiner de réputation les bénéficiaires. Et à preuve que ce danger existe toujours, c'est que le " Boss '" des scandales du " Tanmany Ilall '" de New York, d'il y a déjà tant d'années écoulées, menace aujourd'hui dit-on pour se venger des années de j^rison qu'il a subies, de dénoncer, i^ublier les noms des récipiendaires, des onze millions payés par lui à des centaines de [tarsonnes dont il a tous les noms inscrits dans son journal.
696 — Vanter une personne au préjuilicc
(ou qu'on croit ou voudrait Têtre) «l'un autre, fait quelquefois l'atl'aire «les «leiix. ]\Ia femme par exemple croit me contrarier lorsqu'elle me t'ait l'éloge de mon l'rère aîné qui berce son enfant, le promène dans ses bras ou dans sa petite voiture et permet ainsi à sa femme de se reposer. Moi j'adore ces sortes de comparaisons ; car comme je dois l'avoir déjà dit quelque part, je suis contre le bercement puisqu'on ne berce que pour endormir ou arrêter l'enfant de pleurer, et que d'après moi " jjleurer est excellent pour les poumons " tout comme le rire les développe et leur donne de la force, accentue leur vitalité. Puis ces
petits chéris, je ne les prends pas dans mes bras, tant je crains de les casser — puis encore ça à l'air si femme de " dodicher " (dorloter) un bébé, sauf quand on en fait une œuvre de charité comme St-Vincent de Paul, (lue je n'y tiens pas.
697 L'Iiitiiilioii qu'on a «l'un fait veut
dire quelque ciiose. Un individu, un parent était saisi d'une réclamation de la part de l'auteur de cet alinéa. Elle était juste. L'avocat avait déjà préalablement jugé d;ius le sens voulu d'une réclamation ana» logue mais de moindre enjeu. Il jugea cette fois-ci à reiicnntre de sa première décision — Alors je lui dis carrément— " Vous auriez dû, étant mon parent, refuser " d'agir, et on en eut nommé un autre. C'est l'orgueil " qui vous a fait rendre ce jugement erronné — Vous " vous êtes dit : si je suis pour mon neveu, on dira de " moi : ce n'e-^t pas étonnant, c'est un des siens — si je "jugiï contre lui, on dira: quel homme impartial ; et '• c'est le désir de passer pour tel qui a été le mobile *• do votre action. Eh Ineu lui dis-je : le montant que " vous me faites perdre (quelques $2,700) c'est alors " vous qui me le devez et qui allez me le payer — Ayez " toutes les absolutions (jue vous voudrez du Pape *' même ; vous n'entrerez point au royaume des cieux
" avec cet aigont sur In conscience." J'avais fiappé juste — au jour de Tan suivant je reçois un acte u e donnant une j'ioiniété de cette valeur.
CS^ — Le fi'iiiirnis il est vrai de le diie rs.1 loiit <lMiii|iiilsioii. En efiet il s'enthousiasu edejieu de cliof e, conine lois de la réception faite par la Société de Géograpliie de ^Normandie, au letour de Nansen de son voyage j olaiie— enthousiasn;e iinmodéré, fou, insensé, n ais tout du cœur. Les Anglais, les Allen.ands ne se lai.'-seut loint en porter de la soi te. Ils sont fioids, solides, peisistants, capables de soutenir sans bioncliei-, une attaque, une chaige de l'ennen.i. Le français est tout de feu pour une charge, un assaut, mais faut que ce soit fait impromi^tu, et d'erublée.
699 — Les g:i'aves aceideiits se sueeèdeiit avec une iieitiBiaeilé et l'égiiEarilé éfoiiiiaiile chez tuiites les nalioiis dit iiEoiide.
IS'ous faisons alluBion ici à ceux qui sont supjosés dus à l'action de l'boœn e ou contiolables ] âr lui — non point les fatalités par treiLbleœente de teire, par désastres naritin es dus à la luieur des élén.ents, par c yclones, avalanches, inondations, etc.; niais aux incen-
die^, explosions, etc., et aucune nation ne semble pouvoir sous ce rapport jeter la pierre à sa voisine, et se glorifier de son plus grand savoir. Les nations sont do pair sous ce rapport : incendies désastreux de bazars» théâtres, hôtels, hospices, manufactures ; effondrement de bâtisses, explosions à bord de vaisseaux île guerre comme celle du vaisseau de guerre Maine des Etats Unis à la Havane, avec perte de 270 personnes — la culbute du Victoria par le Cuniperdoion lors d'une revue navale en Angleterre avee son équipage entier de plus de 400 âmes due à ce que le centre de gravitéde ce vaisseau de guerre tro[) lourdemeiit armé au-dessus de sa ligne de iloltaisoii était troj) élevé; l'incendie d'un théâtre à Biooklyn, Etats Unis, 276 morts ; celle d'un théâtre à Vienne, au-tlessus de 700 iatalités ; celle du théâtre de la gaieté à Paris ; explosion d'un vaisseau en Espagne chargé de dynamite ; chaviieii.eut d'un viipcur à Lnudon, Canada, ])lus de 200 pertes de vies ; et mille auties <ie la soi te, sans .parler des acciilents de cheiuins de fei-, collisions eu mer, etc., etc.
700— <'îi:tt<BiBC it«5.ïvt'l!** iH\M'U( oai, «iBîsqaïc d(^€oiiV4;fi4^ ajoiaK' oa 4-OBat3si'r<'-it ù lu Sssto des lutalitcs joiirtiHiièi-cs di; imy Iv iiioiide.
(Jinq accidents d'ascenseurs aux Etats-Unis dans dexix
jours — morts par les chars électriques — explosions de gaz acétylène — latalités par les essais des machines à voler — mortalité par les fils de lumières et raoteurs électriques, par bicycles, etc.
701 — Les ^oiivcriieiiicaits ont loiif fonds svci'cts et pourquoi non les iiKlividus. Il
faut dit l'Evangile que le scandale existe, mais malheur à celui par qui le scandale vient. C'est-à-dire que Iiéclié caché est à demi pardonné. Pour accepter de l'argent pour un service quelconijue, celui d'espion ou tout autre, faut se demander si, la chose devenant connue, on en aura honte ; si en l'acceptant on sera appelé plus tard à le rendre à même la bourse d'autrui — Rappelez-vous que la ti-ansaction la i)lus véreuse, faite au grand jour, en plein soleil, à voix haute, par écrit, sous acte notarié ne sera jamais soupçonnée, car on se dira — oh s'il y avait ilu mal, on se serait caché pour le faire — et <jue de mêinc la transaction la jjIus honnête faite sous le voile du secret sera entachée de fraude. On sou^^çonnera qu'il \- a du mal, anguille sous roche, quelque motif désavoiiable.
* 703 Quant à voler, si vous y êtes décidé.
faites-le, suivant l'expression vulgaire, en mon* sieur, faiiles-le i-oyalepitent ; car on n'est pas davantage pendu itour lo meurtre d'un adulte, d'un roi, qi.'on ne l'est pour celui d'un enfant, d'un mendiant. En effet, si vous vendez à vil prix, si vous prenez un montant insignifiant, vous n'aurez pas de quoi payer les mauvaises langues. Mais prenez un million, ou même la dime de cette somme, vous pouvez vivre à ne rien faire, sur l'intérêt du montant, et avec cela, un gousset bien garni, on peut acheter le silence, ou soutenir sans broncher les quolibets désagréables. Venez-vous d'outre-mer, ou d'au-delà des frontières avec un titre, emprunté ou non, ])eu importe, on vous prendra par la main, vous serez reçu partout. Les femmes adorent les titrés, les riclies — Vous aurez tout ce que vous voudrez ; vos avocats, vos Juges vous sauveront de la prison, de la potence Si vous êtes saoul, vous ne le serez point — un pauvre diable le
serait, mais pour vous ce sera une indisposition
Voilà le remède. Si vous prenez un pain pour sauver votre iamille de la mort, vous serez un simple voleur comme Jean Valgean dans " les Misérables " ; mais si vous faites les choses à la llénau, on n'osera vous toucher— Voilà la Jiisiiee de riioiunie pour son semblable. Bardoux l'a dit en plein tribunal lors du procès de Chs. de Lesseps : " Le pauvre a toujours tort, dit Montesquieu, le riche jamais " mais dieu merci
11 y a de nobles exemples du contraire, comme dans le procès des directeurs de la " banque d'Ecosse," et tout dernièrement d'nn certain lord anglais qui vient d'être condamné pour l'raudre à cinq ans de pénitencier.
703 — Il vaut iiiieiix ne pas avoir d'amis.
Cette expression de la part d'un gouvernement, d'un parti politique, me fait toujours hausser les épaules — des amis si vous voulez dans l'acception ordinaire du mot : personnes avec lesquelles on sympathise, personnes des mêmes goûts, tendances littéraires, artistiques, scientifiques — oui, mais amis politiques non — Que diriez-vous de Dieu s'il avait des auii^ — Il ne serait plus pour nous l'être infiniment juste que vous le supposez; car vous soupçonneriez chez lui de la partialité pour ses amis. C'est l'effet que doivent vous faire les amis politiques ; car vous savez à l'avance que toutes les bonnes places, les gros salaires, les pos'tions luciatives, les monopoles, les faveurs de toutes sortes seront pour eux, la capacité ne vient qu'en second lieu de considération. L.a iiisli«'e de Dieu iioit« poiti-Miil— <^n»ait à celle de» hoiitmes, fant conriir a|»i>ès.
701— Je suis puui de mou oi'ifueiU II ni^a
fait pei'ili'c «les milliers de Louis. J'avais des Téclamtîtions pour extra. Entré au service civique, coiiune ingénieur des ponts el chaussées seulement ; mais étant en même temps architecte, arpenteur tchnologue, etc., j'ai fait pendant trente ans l'ouvrage de cinq employés ordinaires de gouvernements, travaillant sur mes IS heures par jour, 14 pour l'institution au service de laquelle j'étais, toujours avec l'espoir que le sens commun, la justice la plus élémentaire me ferait paj^er un jour de ces services additionnels. Mais par avoir été trop orgueilleux pour aller le demander à chaque édile en particulier, je n'ai rien eu — et chacun d'eux de dire à ceux des miens qui leur en parlaient: "Comment penset-il qu'on puisse êtie pour " lui — il ne prend ])as la peine de venir nous le deuian- " der." Oui, je le comprends, si j'étais allé le demander et j'rometln- à ceitains certain montant, ma cause eut été bonne. ]\Iais j'auiais pouitant dû savoir que la parole de Dieu " deieaaiKlex el vous recevi'«'Z " oomporte l'humiliation de la (leman<le et que ce n'est , qu'en H'humiliant qu'on est exalté, exaucé. Ma seule compensation serait celle d'avoir accompli cette i!) jonction de Dieu : tu gagneras ta vie à la sueur de ton f ron t .