‹ Divers; ou, Les enseignements de la vieChapitre 7 sur 12 · C'e sont les elei'icaiix, parait-il, qui · texte numérisé non relu

C'e sont les elei'icaiix, parait-il, qui

vivent le plus» loii$^teiii|>^. Les chitires collationnés par les compagnies (rassurance sur la vie des Etats-Unis en font foi. Les médecins s'accordent à dire que iiarmi les éléments nécessaires à une longue vie sont la sobriété, les heures régulières, l'exercice au dehors, quelque occupation mentale et surtout la sérénité, tranquilité d'esprit. Ce sont les ministres de la religion qui vivent dans les conditions approchant le plus de celles que l'on vient d'énoncer — Dans 1,000 cas pris pour base, les médecins ont vécu 52 ans, les avocats 51 ans, les marchands 57 ans, les professeurs 59 ans, les révérends 66 ans. La vie moyenne des matelots est de 46 ans, les mécaniciens 48, les fermiers 65. Le Cardinal Martel, un bohémien, est âgé de 92 ; le Pape a 87. Le Révd Liddell d'Oxford en Angleterre vient de mourir à S7 — L'Evêque Welmer a 81 — L'évêque Williams du Connecticut a 80 ans. Le Cardinal Taschereau, Canada, est mort <à l'âge de 78 ans. Ceux qui reçoivent des pensions vivent plus longtemps que ceux qui n'en jouissent point — probablement parce qu'ils ont moins d'inquiétudes quant au lendemain. Sur ceux qui atteignent l'âge de 70 ans, disent les tailles de llarper, il y a 24 médecins, 27 professeurs ou maîtres d'écoles, 28 artistes, 29 avocats, 32 clercs, 32 soldats, 33 marchands, 40 fermiers, 42 cléricaux.

ÏOe Le Juif Errant. Il existe jjlus d'une version de l'histoire de ce personnage mystérieux, qui ont servi de thèmes à plusieurs romans, poëuies et tragédies. L'une d'elles veut que cette personne ait été serviteur chez Pilate et qu'il frappa le Sauveur en sortant du palais pour aller au supi^lice. Une tradition populaire veut que le juif errant soit de la tribu de Naphtalie, qu'il est allé avec les Sages qui ont visité le berceau du Chiist à Eethléeiii, et c'est le récit qu'il en fit aux siens qui eut pour suite " le massacre des innocents." On le perdit de vue j)endant quelques temps, lorsqu'il fut eaij)lo}'ô couiiiio ch.'U|iontier à faire la croix sur laquelle devait périr le lils de Dieu. Le Christ, en voie pour le calvaire, ayant à i)as8or devant la maison de ce charpentier, les soldats du convoi louches de ses souffrances demandèrent au charj>entiér de lui permettre de s'y reposer un instant ; mais le juif refusa ajoutant en mêuie temps l'insulte à son nian<jue de charité. C'est alors, dit-on, (]ue le Christ prononça cet arrêt, qu'il eut à errer sur la terre jusqu'à la seconde venue du Christ. Depuis que cette sentence fut prononcée, il a erré, cherchant la mort, mais ne l'a point trouvée ; sa punition devenant de plus en plus insupportable avec le hipse des siècles. Il est dit avoir apparu durant le seizième, le dix-sei)tième et même le dix-huitième siècles sous les noms de Carthophilus, et d'Ahasuerus, sous lesquels noms le juii' errant a été connu.

Î'O'Î' — "Le Si)hinx " sous l'entête d'un article intitulé " L.es Pirate*!» «les Pyramides» " dit que

rendu au milieu de la hauteur, les guides vous rançonnent à leur aise. Rendu là, vous vous demandez naturellement ce qu'il vous en coûterait pour réparer voti-e anatouiie avariée si vous abandonnant en cet endroit ils vous laissaient à vous même pour en descendre, ou dans le cas oîi ils vous en culbuteraient sous prétexte d'un accident. Alors vous êtes forcé et content de leur donner en " baksheesh " quelques dollars, en leur i^romettant encore plus au retour au pied de la pyramide où vous attend une foule, tout le village avec mains tendues i:)Our l'aumône. Cette Jiorde d'affamés vous assiège, comme le font les loups un voyageur sibérien attaidé, se lamentent et vous font donner jusqu'à votre dernière cigarette ; vous j)illent en un mot de tout ce que vous avez, et sont près de vous houspillor parce que vous n'en avez pas j)lus à leur donner. Ce n'est (pie rendu à la porte de votre hôtel que vous vous débarrassez enfin de cet*e canaille avec un soupir de satisfaction, et un vœu qu'on ne vous y leprendra plus.

ÎOS — Le tlié* De même que l'on a du sucre de la canne, de l'érable et de la betterave, etc., diverses

sortes de caf« ; de même on a du thé qui n'en est aucunement ; mais qui se boit co.uine tel. Ce ne sont point cependant des thés falsifiés. Au Pérou on biit le maté, un thé fait de V'ûex du Paraguay, sorte de houx. Au Sumatra, ils mettent dans la théière des feuilles de cafier et cela fait, parait-il, un breuvage très rafraîchissant. Au Maui-ituis, on se sert des feuilles d'orchis. Les Tonkinois ont des thés qui leur sont propres, faits de feuilles, de baies, bois et écorces. Les Abyssiniens font du tlié avec la feuille de l'oatha edulis : feuille si forte, que lorsqu'une sentinelle no peut laisser son poste pour se procurer une tasse de thé, il n'a qu'à mâcher une feuille ou deux de cotte plante pour jouir des effets rafraichissants du thé lui-même. En Tasmanie, dit on, il y a plus de 100 substitfits pour le thé proprement dit.

■yOO— Lo No. «lo " La Patrie " (journal de

Montréal, Canada), du 10 février 1S98. publié sV 24 paifos avec <sia nouvelle presse Ooss, capable de 24,000 exemplaires à Plieurc de 24 pagr<'S à la fois« fournit quelques explications à ce sujet, sans quoi on ne saurait concevoir comment une presse quelconque soit capaVjle d'une telle rapidité — car 24,000 numéros à l'heure chacun de 24 pages, cela donne 07^1, 000 pages par heure. Eh

bien, cette sorte de ieérie s'opère connue dans une foule d'autres industries par subdivision. Et tout d'abord les 24 pages s'impriment à la fois, mais 24,0(K» numéros à l'heure donne 400 numéros à la minute, et ceci 7 copies près à la seconde. C'est ce dernier résultat qu'on est appelé à apprécier. 7 copies à la seconde i^our une simple machine serait inadmissible, impossible, non 2Jrati(iue. Aussi la machine n'est elle point simple, ni même double, mais triple ou à trois étages ; ce qui réduit le tirage, l'impression à 2 numéros par seconde ; et là on commence à comprendre que c'est une vitesse assez accentuée, mais cependant qui ne l'est pas trop pour que le rouleau à l'encre ait eu le temps de passer sur le cliché suivi du papier et du rouleau qui doit presser le papier sur le cliché, ou le cliché sur le papier pour produire l'impression.

710 — La composition «l^iiii $;rniid .joiii'iiai tii'é à milliers dVxempiaires par lioiir<^ ne se fait plus à. la main, mais à la machine;

sorte de clavigrai^he dont chaque instnimont fait l'ouvrage de cinq tpyographes ou compositeurs ordinaires ; l'ancien système, où le compositeur avait à prendre dans des casses successives, chaque lettre allant à former un mot, et à les ranger, aligner à la suite les

unes des autres, pour on former des lignes du texte, lesquelles allongées à côté Tune de l'autre forment les pages. Eli bien ! aujourd'hui ce travail se fait 5 fois plus vite à la machine ; et lorsque la page de journal ainsi préparée est terminée, on en prend une empreinte, un intaglio, un modèle en creux, un moule en un mot, sur lequel ou dans lequel on coule une couche du métal avec lequel on fait le caractère : alliage de plomb et d'antimoine ayant la qualité de se liquéfier à assez basse température, et se liquéfiant aussi au point de pénétrer les interstices les plus intimes du moule pour y faire une reproduction parfaite, en relief, de la page telle que produite par le typographe et sa machine ; chaque page ainsi clichée, à une faible épaisseur, lui permettant de s'adapter, s'enrouler autour d'un cylindre (et d'ailleurs, on peut aussi en appliquant sur un cylindre du diamètre voulu, la matrice en papier mâché, couler le cliché de suite à la courbure voulue) est adaptée à un tambour ou rouleau de cette sorte. Toutes les pages, c'est-à-dire leur clichés, qui "vont à former un numéro du journal, sont ainsi disposées, et pour procéder ensuite à l'impression tel que décrit plus haut

(No 709).

711— ('oiiibieii les peuples f liment. "La

Patrie '' (10 février 1S9S) reproduit la statistique qui

suit : La Russie, 10^,148,204 d'h&bitantB ; 2 Ibs. de tabac

j.itr tête en moyenne — L'Italie, population 30,91H,863 ;

J livre et 7 onces— le Portugal, 4,712,073 : 1 Ib., 14 oz. —r Autriche 41,384,956 ; 3 Ibs les Pays Bas 4,705,546 ;

7^ Ibs. par tête — le D:ineu;ark, 2,172,380 ; 2 Ibs. 9 oz — la

Belgique, 6,341,958 ; 3 Ibs., C. oz la Fiance, 38,228,969 ;

2 Ibs., 2 oz. par tête — la Norvège, l,98s,674 ; 2 Ibs, O^oz.

la Suisse, 2,917,754 ; 2 Ibs., 6 oz Etats-Unis, 68,276,0(X);

5 Ibs.- -Espagne, 17,505,632 : 1 Ib. 3 oz. — Australie,

9,522,639; 3 Ibs., 2 oz Angleterre, 39,134,166; 11b.,

8 oz.— Allemagne, 51,758,000 ; 3^ Ibs la Suède, 4,873,-

183 ; 2 lb.s. 6^ oz Le Canada, 4,833,239 habitants;

2 ibs., 6 oz. par tête — donnant un total de 439,501,206 d'âmes et de 1,220,571,758 livres de tabac — ou une moyenne de 2.777 Ibs. un peu plus de 2| Ibs. de tabac par personne ; soit encore une u oyenne de 3'^ oz. de tabac par individu par mois : ou encore presque exacte- Tuent 1 oz. de tabac jiar seu aine, l'un portant l'autre.

71'2 — Uiic |iî-|>if<; 4r<>r do 146 ibs. posant.

C'est en 1857 qu'un M. Xapier (dit " La Patrie ") député du comté de Gloucester, N. B., exploitait un placer à Kingomer, dans le district de Bendigs, en Australie, à 14 pieds de profondeur de la surface du sol. Ce bloc était de plus de 2 pieds de longueur et la

Banque d'Angleterre iiaya le morceau $50,000. Il n'est pas oiseux de se rapi)eler ce fait, durant cette fièvre d'or qui règne aujourd'hui (1898) au Canada. Cette pépite de Xapier est la i^lus grande qui ait jamais été trouvée ; sauf que le Nord-Ouest Canadien puisse faire mieux.

713 — L.C poids, la quantité de fluide que pei'd le corps stiiiitial par la transpiration, la sueur, est presque incroyable. Ce n'est pas durant les chaleurs de l'été qu'on s'en aperçoit; car alors, il n'y a de visible de la sueur que celle qui, à la surface extérieure de la peau, n'a pas encore eu le temps de s'évaporer, pendant que celle qui s'évapore est invisible, comrLe l'est d'ailleurs l'haleine de l'homme, de l'animal, quand la température de l'air est au même degré, plus ou moins, que la température de l'haleine ou de l'intérieur du corps dont elle provient. Non, c'est en hiver qu'il faut voir cela, lorsque l'haleine, la sueur en s'évaporant, est immédiatement saisi par le froid et condensée, devenant par là même visible. Inutile de dire que la sueur se produit plus abondamment lorsque le corps animal est échauffé, excité par une longue ou fatigante course que dans d'autres temps, et que la transpiration est quelquefois presque nulle. A l'air libre, un pouce cube d'eau

forme presque exactement un pied cube de vapeur (1728 pouces cubes) ou ce qui est la même chose, un pied cube d'eau donne 170(J pieds cubes de vapeur — De retour à la ville d'une course de quelques deux lieues, j'estimai que le cheval j^ei-dait par la transpiration de la vapeur d'eau, à raison de jas moins de 3 pdscubes par seconde, 180 pieds cubes à la minute, 1800 pieds cubes dans 10 minutes ou un pied cube d'eau durant ce court intervalle de temps. Une botte de paille en feu n'aurait pas émis plus de fumée que notre cheval durant le fort de sa transpiration.

y 14— Sous l'entête " English ail but Universal.'' — " L.'aii|fliiis à |»on près universel." le " New- York Home Journal '' prenant ses chiflVes du " Sun," résultat d'un congrès postal tenu aux Etats-Unis,dit que sur 500 millions de personnes parlant l'une ou l'autre des dix à douze largues modernes, il y en a le quart ou 125 millions qui i)arlent l'anglais. Environ 90,000,000 parlent le russe — 75,00(),00O l'allemand — 55 millions le français — 45 millions l'espagnol — 35 millions l'italien — 12,(XJU,000 le portugais — et la balance le hongrois, le hollandais, le polonais, le flamand, le bohémien, le gaelic, le romain, le suédois, le finnois, le danois, le norvégien. Un arrive à cette statistique par les don-

nées du département des postes. Ainsi pendant que seidement un quart de ceux qui utilisent les facilités des départements i^ostaux des gouvernements civilisés, parlent l'anglais comme leur langue de naissance, les deux tiers de ceux qui correspondent le font dans la langue anglaise. Ceci est dii au fait qu'une si large part des afïliires commerciales du monde se fait en anglais, même parmi ceux qui ne parlent pas l'anglais chez eux. Ainsi il y a aux Indes plus de 20,000 bureaux de poste dont les afîaires en lettres et Journaux dépassent 300 millions par année, et les afîaires de ces bureaux se font surtout en anglais, quoique sur la population totale de l'Inde, qui est de près de 300 millions d'âmes, il y en a moins que 300,000 ou seulement un millième (un sur mille) qui comprennent ou parlent l'anglais. Quoique 90 millions parlent le russe, ou le comprennent, les affaires du bureau de poste russe sont comparativement petite?, le nombre de lettres traversant la Russie étant do moins que la dîme de celles mises à la poste dans la Grande Bretagne, malgré que la population de cette dernière soit de beaucoup moindre que moitié de colle de la llnssie d'Eu^ rope. Les contrées de l'Amérique <iu sud et centrale où on parle l'espagnol ou le portugais, font peu d'affaires aux postes : le nombre total des lettres mises à la poste et réunies durant une année dans tous les pays de l'Amérique du Sud et centrale et des Indes

Occidentales, étant moindre qu'en Australie. Le Chili et l'Argentine sont en réalité les deux seules contrées de l'Anjérique du Sud où il se fasse des affaires postales de quelque importance, et la plupart des lettres reçues de ou exi^édiées à des nations étrangères, ne sont point en espagnol, mais en anglais, français, allemand ou italien.

TIS — L'Académie Française vient de refuser un leg.3 de cent mille francs, à la condition qu'elle en donnerait annuellement l'intérêt comme prix de la meuilleure chanson du concours. Elle institua une première compétition et tiouva sur examen des cinq à six cent chansons soumises à son appréciation que cette sorte de littérature était d'une nature trop légère pour devoir occuiier le temps d'académiciens. Sardou écrivit que les qualités qui rendent excellente une chanson sont d'une espèce qui se prête à un jugement académique — ajoutant, avec raison, que le jour où la cliaiisosi (U;v^icii(ii-ait académique serait celui «le sa utoit.

6 3G Il faut pai'fois se servir de comparaisons triviales pour faire saisir à certains, une vérité qu^on ne saurait énoncer

autrement. L'habit rouge ne fait pas le soldat. Un américain né à Paris où ses parents étaient en promenade, voulut se dire Français — Mais lui dit un ami: si ma chatte avait des petits dans un four, ces petits en seraient-ils des biscuits.

717 — Etonnant de voir avec quel sang^ froid nos journaux exagrèrent le!$ choses.

Durant le blocus de neige de l'hiver 189S (février) on

ne se gênait aucunement pour dire qu'il y avait sur les

trottoirs de 10 à 15 pieds de neige, et de parler de

bancs de 15 à 20 pieds de hauteur à franchir par les

charrues à vapeur des trains de chemin do. fer. Le

fait est que de 5 à 7 pieds de neige est déjà assez fort

sans aller au-delà. Mais ce n'est pas pur pur désir de

fausser la vérité, mais le plus souvent par ignorance,

et cela tient à ce que la neige dans un banc n'étant

pas à face verticale comme une muraille, mais inclinée

ou en talus ou glacis comme la face latérale d'une

chau-sée, d'un déblais de voie ferrée ou autre, on est

porté à regarder ce talus comme quasi vertical et à lui

assigner une hauteur égale à la longueur inclinée de

son talus.

'a'lr§— Uu profit «le $3,000,000 (février 1898)

sur 20 liiillioii!» <1c iiiiuots «le bié. La chose a l'air incroyable, féerique, de toute une fortune <à réaliser et d'un seul coup par un seul individu ; mais n'est pas moins réelle : qu'un nommé Leiter a à dis])Oser de cette quantité de blé de pas moins que 24 millions de pieds cubes et qu'il faudrait d'après ceux qui en ont fait le calcul 22,000 wagons de chemin de fer pour transporter. Oui, Leiter contrôle absolument, en ce moment le marché au blé des Etats-Unis, sur lequel il y a eu avance de 10 cents le minot durant la dernière semaine et que à compter du milieu de janvier dernier, ces profits ont été de 20 contins le minot sur blé de mai, et de I;j contins sur le blé de juillet. Quel sera le résultat de cet état de choses, on l'ignore, mais quoique les j)rix fussent de f 1.09 pour le blé de mai et 94.^ cts. pour le blé de juillet, on craint qu'il jouisse aller à $1.25, certains mêmes disent à $1-50. Ce serait la famine pour les pauvres.

719 — i« Fcat jiisliti», riint coelmii.'* Cette expression a perdu sa raison d'être chez les Français. Zola est condamné. Tout le faisait prévoir : en épousant la cause du juif Dreyfus, Zola épousait celle de la nation juive bannie de la France. Sa cause devait donc être impopulaire. Mais la sentence de Dreyfus

était due à l'armée— or chaque famille en France compte dans l'armée, un parent : un frère, un fils, un père peut être et qui sait encore. Zola se mettait donc la France doublement à dos en atta(iuant Tarmée dans la personne de ses officiers. D'ailleurs à quoi devait servir la magnifique défense faite de sa cause par Laborie son avocat, à la suite des jjaroles de la veille prononcées par le banc, le juge président, qui n'.'x pas craint de dire — "La gloire de la France, l'honneur de l'année avant tout," c'est-à-dire, avant la justice même. Et cependant il pouvait être dans les vues de la providence qu'il y eui une victime pour en sauver des milliers en cas que quelque incident du procès donnât lieu à une guerre. Mais rappelons en même temps que Dieu a dit: " il faut que le scandale arrive ; mais malheur à celui par qui le scandale arrive."

T20 — Les " Liivres Bleus " que personne ne lit à ijeine, pullulent d'intérêt et de situations émouvantes— c'est plus beau que du Zola. C'est dans ces livres publiés à grands frais par les gouvernements, qu'on trouve ces féeries, ces merveilles du Colorado, de l'Arizona, de la vallée Yosamite, aujourd'hui le *' Parc National " des Etats-Unis, le parc des géants du nouveau monde. C'est par ces rapports d'explora-

tions qu'on connaît aujourd'hui, et seulement depuis 4U ans à peine, l'existence au Maripoza de ces grands arbres de 300 à 400 pieds de hauteur, d'un diamètre de 30 à 40 pieds et qui par leurs couches annuelles concentriques révèlent une existence de 40 à 50 siècles. Il y a aussi dans l' Arizona de superbes et immenses pétrifications : des troncs d'arbres en entier pétrifiés, réduits en pierres précieuses, des pierres de toutes les nuances imaginables, faisant l'efïet de mines de diamants tout trilles à l'avance et reflétant les mille couleurs et teintes de l'arc-en-ciel.

721 — I^u Baie (l'IIiidsoii, découverte en 1610 ])ar un homme de ce nom, est une vaste mer intérieure de quelques 825 milles du Nord au Sud et de 630 milles de l'Est à l'Ouest — Sa superficie de 397,000 carrés est de six fois celle du Golfe St-Laurent ; cinq fois celle de de tous nos grands lacs réunis : le Supérieur, le Michigan, le Huron, l'Erié, l'Ontario, avec la baie Géorgienne de surcroit. Cette Baie est de 26,500 fois la superficie du havre de Québec où on a vu arriver 16(10 vaisseaux durant une seule saison de navigation et où 400 vaisseaux peuvent, chacun, dans un diamètre de IlOO pieds, man<HUvrer à la fois, c'est-à-dire dériver au courant, éviter, comme l'on dit en termes de marine ;

en un mot, exécuter chacun et tous ensemble un mouvement complet de rotation sur son axe.

732 — Tout est vaste an iioiivcaii monde :

la baie d'Hudson, mer intérieure de deux fois l'étendue de la Mer Eouge, trois fois celle de la Mer Caspienne ou de la Mer Noire ; nos lacs à côté de ceax de l'ancien continent ; nos fleuves : les Amazones, le St-Laurent, le Mississippi mis en parallèle avec les filets d'eau de l'Europe ; vastes comme le sont nos " Rocheuses," nos Sierras à côté des Pyrénées, des Alpes ; le gla,cier Muir de l'Alaska, grand à lui seul comme tous les glaciers des Alpes réunis ; les Geysers do la vallée Yellowstone de 50 pieds de diamètre et lançant leurs eaux bouillantes à une hauteur de 200 pieds, à côté des eaux thermales de l'Islande ; comme l'Amérique elle-même co nparée à l'Europe ; comme le sera le nouveau pont de plus de 3,000 pieds de baie sur l'Hudson mis en regard de celui à baies de 1700 pieds sur la Firth de Forth en Europe ; les canions immenses, ravins presque insondables du Colorado, de 5,000 pieds et plus de profondeur, hauteur de trois caps " éternité " du Saguenay entassés l'un sur l'autre, à côté de ceux des rivières de l'ancien monde ; le Niagara regardant les cascades combinées de l'Europe, de l'Asie, de l'AI'ri-

que ; les ponts Brooklynn et Victoria en regard de ceux de la Tamise, de la Seine : le chemin de l'er du Pacifique canadien à côté de ceux des autres continents, sauf cependant à être à son tour surpassé par le chemin de fer trans-sibérien de 7,000 milles de parcours, de .St-Petersbourg à Vladivostock, au Japon.

723 — Superficies et nivcniix des grands lacs entre le Canada et les Etats-Unis. Celle du lac Supérieur est de 31,200 milles carrés ; du Michigan, 122,400 milles ; do la Baie Géorgienne, 23,800 milles carrés ; du lac Erié, 9,',)GU milles carrés et du lac Ontario, de 7,240 milles carrés, formant avec celles des rivières Ste-Marie, Ste-Claire, Détroit, Niagara, et du lac Ste-Claire, une aire totale de pas moins de 95,275 milles carrés. Maintenant pour les niveaux respectifs de ces lacs en rajjport avec celui de l'Atlantique où ils s'écoulent par le St-Laurent, Ontario est à 246.6 pieda, andessus du niveau de la mer, l'Erié à 572.6 pieds (ou à 326 pieds audessus de l'Ontario), les lacs Huron et Michigan à 581.3 audessus du même niveau, et le lac Supérieur à 601.8 pieds — les 20 pieds de différence entre le Supérieur et le Iluron, étant rachetés, comme on le sait par le canal du Sault-Ste-Marie, pendant que la différence de 8.4 pieds entre le Huron et l'Erié

se trouve surtout sur le parcours de la rivière Détroit, et les .-'.■26 pieds entre Erié et i)iitiirio, formés des ItiO pietls de la chute du Niagara, des 50 pieds de rapides audessus de la chute, des 110 pieds entre Lewiston et le pied de la chute et les 6 pieds, dans la partie supérieure de la rivière Niagara. Le Supérieur déverse dans les Michigan et Huron 86,000 pieds cubes d'eau à la seconde ; ces derniers 225,000 pieds cubes d'eau dans l'Erié ; l'Erié dans l'Ontario 265,000 pieds cubes et l'Ontario dans le St-Laurent 300,000 pieds cubes par seconde.

724 — Fluctuations des niveaux d'eau des i^rands Lacs de l'Amérique du IVord. Pendant que ces lacs ont, comme l'océan, leurs marées mais qui ne sont que de ^ à 3 pouces, contre celles de l'Océan, de quelques 2 pieds ; leurs niveaux respectifs, par les pluies et neiges fondues des 270,000 milles carrés des terrains qui y déversent leurs eaux, varient beaucoup plus et ces fluctuations s'accentuent avec le déboisement du pays. Ces saignées (ju'on se proposent d'y faire pour le oanal de Chicago, les autres canaux projetés entre les grands lacs et l'.Vtlantiquo par la voie de la rivière Hudson, ne les feront point néces. sairement varier davantage puisqu'on peut en relever les endroits de déversement au besoin ; mais ce sera

autant «l'eau de inoins du côté du St. Laurent ; et dire que nos législateurs à Ottawa n'ont pas vu cela, ni un seul des ingénieurs canadiens, sauf M. C. Bailhiirgé qui en a averti et le public et ses représentants au parlement dès 1894. La seule prise d'eau de 6(X),'KJ0 i)ieds cubes par minute pour le prétendu canal de drainage de Chicago (en réalité un canal maritime et commercial) va baisser d'un pied le tirant d'eau du Ht-Laurent, et ce niveau s'abaissera nécessairemont de plus en plus au fur et à mesure que les autn s canaux proposés entre ces lacs et l'Atlanti([ue deviendront faits accomplis.

725 Uiine g^rave question internationale

ou QUI devrait être considérée telle. L'on eut cru que c'en était assez pour le gouvernement du Canada de permettre comme il l'a fait pendant tant d'années passées, à nos amis les Américain» des Etats- Unis de la Nouvelle-Angleterre, de nous passer ainsi au nez avec leurs baleiniers en route pour nos pêcheries de la Baie d'Hudson — riche aubaine qui tous les ans leur rapportait une somme d'au moins $30,000 à $50,0<X) de profits par vaisseau ; faut encore fermer l'œil sur le fait que du côté de Chicago, il se fait un canal, nominalement de drainage et qui sera sans

doute utilisé comme toi, pour détourner du lac Michi. gan les égoûts de cette grande ville qui aujourd'hui empoisonnent ses prises d'eau d'autant d'aiiueducs dans ce lac ; mais aussi et en même temps un canal maritime et commercial entre le Michigau et le golfe du Mexique par la voie des rivières Des Monies, Illinois et Mississippi. Pourquoi n'a-t-on point à ce sujet invoqué les droits des nations, pendant que les droits de simples riverains ne veulent point qu'un individu fasse dévier le cours d'un ruisseau au détriu:ent de son voisin. Eéveillons nous et qui sait si nos aimaljles voisins d'audelà de la ligne 4'), une fois que le goût leur en sera acquis, ne linuout point par tout prendre, laissant le Niagara à sec, et réduisant ainsi le Si-Laurent au seul drainage de la vallée de l'Ontario et des rivières Outaouais, Saint Maui-ice, Richelieu et autres. 11 est vrai qu'il nous resteiait oncore la marée qui comblerait dans une ct-rtaine mesure, le déticit : mais cela jusqu'aux Trois-Rivièi es à peine ; tandis qu'à basse marée pour nous et duiant les 24 heures en amont de Québec, notre cours d'eau diminué de pins de moitié rendrait inutiles une ibule de nos embarcations actuelles et nécessiterait d'en construire de nouvelles d'un moindre jaugeage, et par suite d'un tonnage diminué, au dommage incalculable de notre commerce fluvial et maritime, puisqu'il faudrait alors la marée pour arriver à Québec et aux Trois-Rivières, avec im-

possibilité d'aller au-delà, sauf pour des vaisseaux de moindre capacité.

7S6 — Question pour une eour d'arbitrag^e.

Mis à l'éveil par la correspondance de M. Baillairgé 1894 — le journal " Inter-Océan " de Chicago dans un article alors récent s'exprimait comme suit : L'année 1897 verra s'ouvrir la canal de drainage Chicago ainsi appelé. Comme nos lecteurs le savent, ce canal va détourner vers le Mississippi une partie notable des eaux du St-Laurent. Ceci aura l'eflet de faire baisser le niveau d'eau des grands lacs, et de nuii'e au commerce maritime entre Montréal et Chicago. Si ce pays ci (Le Canada) s'était avisé de porter atteinte au système d'eau des grands lacs, d'une manière à réduire en permanence leur niveau ; il y a longtemps que la Grande Bretagne aurait été mise en présence d'une demande en dommages à cet effet, on aurait reçu injonction de se désister de ce faire. 11 est temps qu'il y ait une entente à ce sujet entre les deux nations. Une compagnie américaine paye §25,000 le droit de se servir d'eau canadienne à la chute de Niagara. La diversion de l'eau du lac Michigan est presque analogue à l'usage que l'on fait de l'eau à Niagara, pour y développer de l'énergie électrique. Il y a cependant cette différence, que i)endant que l'eau à Niagara est ren-

voj'ée à la rivière, celle du lac Michigan est perdue pour toujours du côté du golfe du Mexique. Si le Canada à un droit de propriété dans cette eau, il n'est que juste qu'il en soit indouuiisé. Le nouveau traité d'arbitrage international, sera très utile à cette tin, s'il pourvoit aux moyens de résoudre la ditKculté.

727 — Celui qui tient le enfé, le restniirniit, sait quand il peut cliai'^ei- ^Me prix/* Vous entrez faire un petit souper au Mona'^o. iSi votre homme s'aperçoit qne chacun paye son écot — il saura ne pas surcharger, car la note sera ejcaminée, discutée ; mais s'il voit que l'un des amis doit, faire les frais de l'occasion, il accentuera le coût du menu ; car se diratil : celui qui donne le souper n'aimera point à en scruter les items, crainte aux yeux de ses invités de paraître mesquin, regardant. Mais comment l'hôte le saura-t-il ? C'est que souvent dans ces cas, il n'a pas été absolument entendu à l'avance, si le goûter sera à frais commun, ou si non, lequel payera pour ; alors quand vient le temps de payer, on sonnera pour le garçon — l'un dira apportez-moi la note ; pardon dira un autre : c'est à moi que vous la donnerez et voilà que de suite le garçon est mis en position de diagnostiquer la situation et en informer l'hôtelier.

t2 8 — La tendance des locataires est de nos jours pour le système des " flats '* : du lo^:is de |>lain-|»ied, ou sui* un même étage.

C'est que à part de ce qu'il est commode de ne pas avoir à monter, descendre des escaliers ; il y a cette considération importante pour la famille ainsi installée, que tout en payant beaucoup moins cher de loyer que si elle occupait toute une maison ; elle aura l'air du dehors au moins et pour tous ceux qui verront en passant le logement, d'habiter une plus vaste bâtisse, une maison de plus riche extérieur, d'architecture plus moderne, de construction plus coûteuse ; et que sans se denner le temps d"y i^enser, beaucoup se diront en passant par là : mais ils sont très bien ces gens là, à en juger par leur princière résidence.

?29 — Comme obi a quelquefois intuition d'un mallieur. De devoir, il y a déjà bien des années, à la Kivière-du-Loup (Canada) un poi-le surchautlé (c'était en hiver) trop voisine des boiseries de l'hôtel, me fit faire la remarque " voilà un poêle qui finira par mettre le feu ici." Le surlendemain, de retour à la ville, je lisais dans la presse du jour sous l'entête " Destruction par le feu de l'hôtel Larochelle Rivière-du Loup "" que de fait cette bâtisse où j'avais

pris ma j^enaion, venait d'être la proie des flammes et que un ingénieur (arpenteur-géomètre) du nom de Alex. Wallace qui avait diné chez moi et à mes côtés deux jours auparavant, avait péri le même soir, la chambre qu'il occupait étant justement au haut de l'escalier au pied duquel était le poêle par moi incriminé, et qui en mettant tout d'abord le feu à ce même escalier, en avait empêché la descente par Wallace.

730 — Rien de plus froid, de plus sec, de moins entiiousiasinant qu'un dîner d'ingénieurs antflais, lorsque le menu n'est pas arrosé de vin, lorsqu'on n'y boit qu'à la santé de la souveraine, avec des liqueurs dites " de tempérance." L'esprit gaulois, la verve française, même sans vin, se fait sentir chez nos architectes du Canada, qui pour beaucoup sont de descendance de même nom, et peut-être que la poésie de l'architecte est un élément inspirateur qui porte à l'éloquence, au don de la parole — Mais de la part (les premiers, pas un mot durant toute la loirée capable de soulever une émotion — Pas un essai, un commencement de discours, dont la fin, la conclusion, la péroraison ne l'ut absolument étrangère à l'exorde.

731 — Au collège McGill, le mieux outillé, dit-on, du

monde entier — et il y a de quoi, imisque avec les millions qu'on lui a donnés et carte V)lanclie aux professeurs d'acheter à cet effet tout ce qu'il y a de mieux dans les pays, les puissances de l'Europe et des Etats- Unis — on annonce la soBidificalioii d«'S niélaiix sous une pression de 78,000 livres au pouce carré ; c'est à-dire la rccoiistiiutioii en barres ou ling:ots solides, de limailles de fer, cuivre, étain, etc., ou de tournures de ces métaux, — petits copeaux, menues ripes ou parcelles de ceux-ci enlevés des solides de mêmes noms dans l'opéi'ation de leur réduction au tour. Ces limailles et parcelles sont chargées dans des dés ou manchons en acier, s'ouvrant en deux, et ces derniers maintenus j^ar d'autres manchons d'une seule pièce, pendant la mise à pression de ces éléments pour les reconstituer en barres solides et jouissant alors, dit-on, chose étonnante, des mêmes propriétés de résistance à la compression, à l'extension que des barres ordinaires roulées ou laminées des mêmes métaux.

73'^ — Bl y avait des gréants dans ces tempslà. C'est sous cet entête que le Révd J. A. Chamberlain de Ne^vark, dans un sermou, rapporté par le " New- York Herald " prend à parti et en pitié ceux qui croient que parce qu'il y avait des grands génies,

de grands capitaines, de grands prédicateurs, de célèbres orateurs des temps passés; il peut en exister de nos jours ; et au contraire prétend-il, et il a raison, ceux de nos jours sont supérieurs à ceux des tem^js passés. Au physique, dit Chamberlain, les hommes valent mieux que ceux d'hier. L'homme d'aujourd'hui est trop grand, trop fort i)Our revêtir l'armure déjetée, abondonnée par les hommes d'il y a quelques siècles passés — Le collégien d'aujourd'hui surpasse l'ancien Olympien — Bossuet était supérieur à Cicéron et à Démosthènes, et pour jiauvres qu'ils étaient alors sous le rapport des nombres, il y en a par centaines de nos jours — Bis:narck, Blaine, (ïladstone dépassent les hommes-d'état d'autrefois. César était un grand général— nais Napoléon, Wellington le surpassait. C'est en disant de ces choses, en concluant à la glorification des héros du passé, qu'on énerve inconsidérément la jeunesse d'aujourd'hui.

733 — " Les g:é:ints continue Chamberlain ne sont pas nés, ils sont faits," L'adaptabilité héréditaire y sera pour quelque chose, mais les quali tés acquises on auront davantage. La force ordinaire, le sens comaum, l'honnêteté d'usage sont les premières qualités essentielles. 11 doit entrer dans la com-

position d'un grand homme, le génie du travail ardu ; l'économie du temps, la sobriété du pouvoir, contrôlés par un vouloir indomptable. Le temps, l'argent, le pouvoir nerveux dissipés par les jeunes gens non en véritable récréation, et délassement, mais à paresser, libertiner ; pourraient l'aire de plusieurs d'entre eux, des grands hommes. N'oublions point non plus que la piété, la dévotion est profitable. Les géants dont parle la Genèse étaient les petits-tils de Dieu. Les Les géantg d'aujourd'hui sont de véiitables tils de Dieu. Ceux-là sont les plus forts, qui sont les plus forts en Dieu. Jésus est le géant des âges, et plus on est près de Jésus, plus on en approche, plus on devient gtand. Les qualités chrétiennes sont de précieux avoirs, car le Christ règne aujourd'hui, commande plus que tous les potentats de la terre. Les hommes qui se moquent de la religion, se démentissent eux-mêmes en exigeant chez leurs employés, des qualités chrétiennes. La foi, l'espérance et la charité sont d'aptes emblèmes dans le commerce et les professions. Le chemin qui conduit à la grandeur est jonché de calvaires. 11 iaut i)orter des croix si l'on veut s'élever, être exaltés. " 11 est bon pour l'homme qu'il porte le joug en sfi jeunesse " c'est même essentiel qu'il le fasse, et le joug du Christ est l'emblème typique au moyen duquel, l'homme peut de nos jours, par la grâce de Dieu, devenir un géant.

734 — Saluons avec déférence l'homme à venir. La jeunesse d'aujourd'hui peut s'élever audessus des meuilleurs de leurs pères. Jamais il n'y eut un plus grand besoin de géants qu'aujourd'hi : non pas un géant ça et là, mais tout une race de géants. Chaque profession est encombrée de petits hommes, d'incapacités, et est en recherche de géants, d'intelligences hors-ligne.

Les professions comme les bâtisses modernes à tant d'étages, ont dans les hauts des étages à louer. Les chemins de fer sont anxieux de gérants de première classe ; les bureaux de rédaction de nos grands journaux sont prêt» à donner de larges salaires à des écrivains habiles : les chaires à prêcher cherchent des prédicateurs qui commandent ; les corps incorporés demandent en Tain des conseillers dûment qualifiés . la nation demande de meilleurs hommes d'état ; les collèges, de meilleurs précepteurs ; les marchands, de plus réussis vendeurs ; les manufacturiers, des artisans plus habiles. L'étiquette "étage d'en haut à louer" parait à tous les coins des rues, engageant les jeunes gens, les gamins de bonne volonté, et qui ont bon bras, bonne jambe, à monter les escaliers à l'ancienne façon. Il n'y a j^oint d'ascenseur pour élever les paresseux, les flâneurs, au sommet des affaires, au haut de l'échelle de la vie professionnelle. Il faut que

les hommes qui travai lent à la téie d'une profession, d'une industrie, aient de la force, et cette force leur vient le mieux en atteignant jiar un travail fatiguant les positions élevées.

735 — L'encre s'en vit vite. Ceci peut paraître trivial ou de peu de conséquence ; mais à la longue ça devient ahurissant, d'être constamment à recourir à la fiole pour remplir le godet. Mais ce n'est pas tant par l'usage, remjjloi qu'on en fait que l'encre disparait, que par l'évaporation qui s'en fuit quand l'encrier est à large baie, à ouverture béante. 11 s'en perd de cette manière beaucoup plus par évaporation que par usure, et il est essentiel do la tenir en vase, large du bas ou du fond si vous voulez, niais à goulot ou col engorgé. On ne saurait croire lu différence que cela fait.

736 — On entend dire tous les jours de telle et telle découverte ou invention. " Cela va révoliitiouiier le monde." On a dit cela en son temps, de la machine à vapeur, du chemin de fer, de l'électricité, du télf phone, etc. Aujourd'hui c'est de la machine à voler, du vaisseau aérien qu'on le prédit. Un écrivain du " Home Journal " de New-York en attend les effets, les résultats les plus cosmopolites, un boulever-

sèment complet de nos relations coiitnerciales et autres trop long à réjtéter ici. Mais attendons ; car tout d'abord le vaisseau aérien n'est pas encore un fait accompli de manière à donner des résultats i>ratique8 très importants, et comme ce que l'on en esj)ère ne viendra qu'avec le temps, on peut s'en émouvoir à loisir. Un correspondant du " Canadian Engineer '' et de " La Presse " (M. Baillairgé) en a indiqué la solution par une combinaison du ballon pour ten:r le vaisseau à flot, et de la macliine à voler jiour lui donner un mouvement progressif à travers les airs et assujettir la direction de parcours.

ÎST — Le dernier bulletin de la Société de Géographie de Québec, contient le projet de M. Baillairgé et al. de barrer le détroit de Ilei9e-l!>»le j)our

fermer le golfe St-Lam-ent do ce côté à l'entrée des glaces et courants d'eau glacée venant des mers polal" res ; l'idée étant d'adoucir ainsi le climat d'Anticosti et des territoires autour du golfe et de relier par uji chemin de fer, Québec au Labrador et le Labrador à Terre Neuve, puis en traversant Terre Neuve arriver à un point d'où le voyage océanique d'Amérique en Europe ne serait plus que de 3 jours .au lieu de >\ qu'il l'est aujourd'hui.

73§ — Le «ri nnti-Séiiiiliqiie en France ne parait avoir sa raison d'être ; cest-à-dire que l'élément hébraïque ou judaïque est autant à craindre, est une source de danger pour la France, autant à cause de ses nombres que de sa richesse. En etiet, si dans toute la France on ne compte que 70,000 juifs contre une population totale de 38 millions d'âmes, cela ne donne qu'un juif j^ar 540. Mais sur ce nombre de 70 mille, il y en a 40,0<X) dans Paris seul, ou un par 50, ce qui est encore trop peu pour que on ne puisse en avoir raison.

ySO — L.C monde, dit Stead, gn^nera à l'emprisonnement de Zoia. Sept hommes de lettres des Etats-Unis : McCarthy, Arnold, Jones, Pinero, Besant, Meredith et Stead ont écrit dans le " New York World " leurs vues sur le résultat du procès d« Zola. Tous en font des éloges, et de tous il a les sympathies. Ils l'honorent coiiime martyr dans la cause de la justice.

T40 ITIontréat, Québec, etc., sont triple-

ment enneigés cet hiver (1898). En effet, la " bordée " a duré trois jours et les rues sont encombrées comme jamais. Aussi est-ce drôle, Instructif

même d'étudier dans son enlèvement, les individualités diverses qu'il y a dans un même homme :

Notre homme " A la journée" est tard à l'ouvrage et prompt à laisser — Il y va légèr'ment et à peu, vous savez. Puis il va petit pas, comme vous n'en doutez.

" A la job " c'est-à-dire à l'entreprise.

L'attelage est actif à aller et venir— Il entasse la neige tant qu'il peut en tenir — Et de sort' que plus tôt il en puisse finir.

" Au voyage "

Il va et revient à la course ou a« trot — La neig' non tassée n'emplit point son banneau — Et le nomb' des voyages en est ainsi plus gros.

* * 741 — L.es paft«ager$ «l'entrepont, ou de seconde classe, à bord de nos vapeurs océaniques se demandent de par quel droit, puisqu'il ne leur est point loisible d'aller au salon, ceux de première classe ou de cal)ine se donnent celui d'envahir leur quartier. Et de fait ils auraient bien le droit de s'insurger contre ce sans gêne de leurs frères plus doués sous le rapport de la fortune. Et dire que assez souvent ce sont des parvenus qui ajoutent l'insulte à la curiosité, en s'y tenant

le mouchoir au nez, coQiine pour dire : oh ! quelle odeur.

7t'i — Chaque nation a son étiqiictti; particulière, et il est bon de s'en inloruier, crainte d'avoir à se repentir de ne pas la connaître. Par exemple, chez les Arabes, les ilahométans, on ne saurait faire à l'un d'eux une plus grande insulte que de lui demander, comme on le fait chez nous, comment se porte sa femiue. Il est facile de deviner pourquoi. Aussi ne doit-on pas non plus entrer chez lui, avant de s'être arrêté assez loin de sa porte pour lui en demander la permission, pour lui donner le temps d'es'juiver durant l'intervalle les femmes de son harem.

743 — Qui a découvert l'Amérique. Cette question est à l'ordre du jour aux Etats Unis, et est vivement discutée par les journaux les plus en vue et par les sociétés liistoiiques et antiquaires de l'Amérique, et les conclusions auxquelles on s'arrête sont loin de favoriser les prétentions de ceux qui persis tent à regarder Christophe Colomb comme le premier découvreur du continent. Au contraire il est avéré maintenant par tous ceux qui étudient l'histoire que l'Amérique fut découverte il y a au moins neuf siècles.

La légende irlandaise à ce sujet, revêt tous les jours un caractère de j)lus en plus authentique — c'est-à-dire que cette découverte du nouveau-monde est due à St- Brendon. Xon seulement les annales de l'Irlande le confirment, mais la chose est corrohorée par les sages Scandinaves, auxquels Humboldt et Usher ont apposé le sceau de leur autorité.

744 — L,«îs temps soîst à la mierrc à en juger par le nombre de cuirassés, vaisseaux blindés de grand tonnage aujourd'hui en cons'ruction dans les chantiers de l'Europe. Les Armstrong construisent sur la Tyne, deux croiseurs anr.és pour le Brézil, deux pour le Chili, un pour la Chine, un autre pour le Portugal. Ils ont aussi en mains deux vaisseaux blindés de 3,800 tonneaux pour la Norvège, et un vaisseau d'exercises pour le Chil'. On a dernièrement mis à l'eau deux croiseurs pour la Chine et on en construit trois autres à Stettin. Le Japon est en train de faire l'achat de deux croiseurs que l'on construit à La Seyne pour le Brézil, et un autre à Elswick, et a réussi à en acheter deux ordonnés en Europe par le Chili. Le plus fort de l'ouvrage qui se fait dans les chantiers anglais est pour le Japon, qui a commandé la construction de trois vaisseaux de guerre de la classe du

" Magestic," de la force des plus puissants bâtiments de guerre de la marine britannique. Les Armstrong, sont à compléter pour le Japon un autre vaisseau de guerre d'un tonnage de 12,450 tonnes, pour servir de compagnon au " Fugi, '' plus un croiseur armé, à grande vitesse de 4,300 tonneaux. L'on construit encore en Angleterre, en Allemagne et en France, pour le même gouvernement quatre croiseurs blindés de 9,600 tonnes, à vitesse de 20 nœuds. On a encore commandé pour le Japon, en Angleterre — huit destructeurs de torpilleurs de 30 nœuds à l'heure ; sur le continent, douze bateaux torpilleurs de 90 tonnes et un destructeur. Voilà donc un ensemble de 26 cuirassés et de 21 torpilleurs et destructeurs de ces derniers — 47 engins de guerre de construction à peu près

simultanée.

TéS—Un journal de la métropole "LeWitness" vient de lancer un concours pour un cha.nt national pour le Canada. Déjà on en a fait plus d'une fois l'essai sans y réussir. Pas un n'a valu la peine d'être entonné plus d'une demi-douzaine de fois, et surtout qu'on ne dépasse point cinq couplets, car ce sera à ne

pas y résister.

746 — New York va suivre l'exemple d'Ontario,

pour niciil<iiici* chez les enfants le patriotisme, le respect, l'amour 2:)0iir la Patrie, en arborant sur le toit de chaque maison d'école les " Stars and Stripes." Les enfants auront à saluer le drapeau à l'entrée, à la sortie de la classe, et si le temps, la température ne permet point de l'installer au toit, on le déploiera tout de même sur la muraille intérieure de la salle.

747 — Tl arrive assez souvent qu'on est contrarié d'un refus, ou lorsque, sans même que la chose soit refusée, on ne répond point, on fait le mort ou le sourd — puis, que l'on est content que la demande soit restée sans écho. C'est surtout le cas lorsqu'on demande une faveur pour soi même ou un autre, dont l'obtention nous aurait rendu redevable envers le donateur, et humilié, car on reste alors tout à fait indépendant de celui dont on a sollicité l'intervention. Une autre phase du sujet sous considération, est celle oii l'on demande de l'aide pour faire quelque chose et qu'on a à se rendre ensuite le témoignage que cette aide nous eut été absolument inutile et probablement nuisible.

748 — Il est difficile d'arriver à connaître

la vérité, loi-!s>qii4^ ri'xngréi-alioii, l<> iiii>nsoiigfc itrofile :ieix driix : l<> néiiitcicr et l«; débitoiii' ; connue dans le cas d'un gérant de théâtre qui aime à vous laisser croire qu'il paye de forts salaires à ses acteurs, et que ces derniers aiment autant vous laisser sur cette impression, dans le but de hausser dans votre a2:)préciation leur mérite.

YJO — l^cs g:raiB<1s canasix du monde ont coûté : le canal maritime de Suez de la Mer rouge à la Méditérannée — 1(J() milles. ^ 1,000,000 du mille— celui de Corinthe de 4 milles, aussi un million de piastres du mille — le canal Nicaragua en coûtera certainement autant et pentêtre davantage. Les deux premiers sont à niveau ou sans écluses, et n'ont point à iaire face, comme le Nicaiagna ou le Panama de l'Amérique centrale <à l'élimination des eaux qui peuvent leur arriver par les pluies torrentielles de ces régions tropicales. Le Panaua, si l'on s'y fut pris honnêtement n'aurait guère coûté plus. De même pour les chemins de fer souterrains de Londres et des Etats-Unis, et pour les tunnels sous les rivières, leur coût de revient est d'un million de dollars au mille en moyenne, les piécautions à prendre pour les voies sous le lit des rivières où il n'y a point de frais à faire pour

droit (le voie compensant pour ceux sous les villes oii les droits do passage sont excessifs et où les difficultés de passer ouire les obstacles à renconter en chemin, comme ôgoùts, conduits il'eau, de gaz, etc., viennent exagérer la dépense de semblables travaux.

750 De même que, disait Toricelli, la nature a

horreur du vide — do même l'homme a horreur do l'inconnu et le revêt de terreurs de toutes sortes. Aiitico«iti, l'islo de ce nom de 130 x -^5 milles de largeur situé dans le col du golfe St-Laurent entre Gaspé au Sud et le Labrador au Nord, avait été décrit jusqu'à présent dans l'Encyclopédie Britannique, dans l'ouvrage de Bolin basé sur les écrits de Malte Brun et Balbo, dans " Bells System of Geography " comme stérile et ses côtes inhos})italières jonchées des épaves de fréquents naufrages — Ilosa en énumère 137 durant les 160 années de 173('> à IS90. Faucher de St Maurice dans son " De Tribord à Bâbord" écrit que toutes les tentatives décolonisation devront échouer vu l'absence de havres et la présence d'une forte ceinture de récifs — Mais M. N. Levasseur dans un charmant récrit que l'on trouve pages 174 à 210 du dernier bulletin de la Société de Géographie de Québec, vient donner pour beaucoup le démenti à tous ces tristes présages, et nous démon-

trer que les MM. Menier acquéreurs et propriétaires actuels de l'Isle, sont en voie d'en faire un pays tout à fait exploitable, et attrayant même pour les touristes ; tout de même que Spitzberg situé sur le cercle arctique a elle aussi perdu ses alarmes : puisqu'il y existe aujourd'hui un hôtel visité maintenant tous les ans par des centaines de voyageurs.

')'51 — Vitalité des crystaux. Sous cet entête, on lit dans le " New York World " du G mai 1897, " Découverte étonnante du professeur Yan Schroen " de Naples — Crystaux enfantins (Baby crystals) com- " bats entre eux — Nouvelle vérité qui va révolutionner " toute science ! — Toute matière est-elle organique — " Le Dr Yan Hoist parle de photographies qui font foi " de la Naissance et de la Croissance des pierres." M. Baillairgé dans une correspondance adressée au '* Naturaliste Canadien " publié à Chicoutimi par M. l'abbé Huard et reproduit par la Société de Géographie de Québec, dans son dernier bulletin — pages 266 à 270» admet la ressemblance, l'analogie de cette croissance avec celle de la crystallisation des matières saccharines et autres, la formation de la glace par congélation à la surface de l'eau ; mais fait remarquer que pendant que sur nos vitres la croissance arborescente se fait en

tous sens : latéralement et du haut en bas, comme de bas en haut ; la véritable croissance ou des matières végétales et organiques ne se fait qu'en montant ou vers l'astre du jour dont la jjlante cherche les rayons

vivifiants.

759— L.e tombeau d'Osiris, dieu principal des

Egyptiens et compagnon d'Iris vient d'être découvert à Luxor, village de la Haute Egypte, site de Thèbes. La nouvelle en fut d'abord reçue avec incrédulité ; mais tous doutes ont été éliminés par un télégramme du directeur général des excavations, au président du conseil égyptien des ministres. C'est M. Amélineau qui a fait cette découverte. Avec le pa.ssé ainsi mis en présence du présent — ce sera le cas de dire que les extrémités se touchent.

7!i3 — La statistique constate une augmentation accentuée dans le nombre des fciiiincs qui fument ; les classes moyennes, comme l'aristocratie, et la femme ouvrière emboite le pa?. Le bicycle, paraitil, en est la cause. Et pourquoi ne fumeraient-elles point, pourvu que pour une dame ce ne soit qu'une cigarette ; pour les riches un narguilé, à la turc, ou une pipe dont le service de remplissage, de nettoiement,

etc., se ferait par un domestique, une servante ; car il seiuble que l'on verrait de mauvaise grâce une élégante s'j' ealir les doigts. Pour la femme ouvrière, la luênie objection n'existerait point au même degré.

■ySâ — L'on écrit de Berlin (5 mars 1898) que dans le discours que fit l'empereur CTuillaume à Wilheluihaven, à l'occasion de la prostation du serment par les recrues navales, le passage suivant se fit remarquer " Là où l'aigle allemand a fait prise de possession et a Kxé ses serres, ce pays est allemand et demeurera allemand ; ce qui fait présager que l'espoir du roloiii* à lu Fa'uiBCc, 4l<; l'Alsitce et <le la Lurraiiie ii''est guère probable.

'755 — Li^arbre g'éaiit «le l'île «le Java est, dit-on, jumeau, double ou composé de deux arbres dans un ; et ces deux êtres ou essences sont de mê.ue genre niais d'espèces différentes, les feuilles de l'un d'un vert tendre, celles de l'autre d'une teinte plus foncée. Cet arbre doit avoir 120 pieds de tour ou près de 40 pieds de tliauiètre, s'il est vrai qu'il faut 20 pcisonnes les bras tendus pour en faire le tour. Le tremblement de terre si fréquent en cette île, et qui a

flétruit un si grand nombre de ses liabitants n'en a eu jamais raison — l'arbre y a survé(ui. Il est là depuis des siècles, reliant le passé an présent, et excitant l'admiration des visiteurs, la dévotion des indigènes qui l'adorent comme un dieu. Le souimet de l'arbre auquel on peut atteindie avec la permission et sous la surveillance des prêtres mahométants, qui occupent une maison à sa base, est couvert de fleurs d'orchidées des nuances les plus riches, et de plantes parasites qui ont pris naissance dans l'humus formé à l'endroit des fourches de ses branches par les feuilles mortes qui y tombent et demeurent. Ces orchis sont d'espèces variées, et l'arbre est en un mot une masse odorante et à la fois de florale élégance, dont sans le voir on ne peut se former une idée. C'est tout un jardin susl)endu dans les airs, comme ceux dont Sémiramis avait doté Babylone.

756 — Il résulte des expériences faites par l'Université tle l'état de Ne^v-Yoïk que I'Ibosbiiiio pont se iKiiirrii- pour 16 ceiitiii» psti* jour, la feuiiiie pour 13. Il faut choisir soi-même son steak dans la l'onde, faire sou propre j^ain et sauver ainsi le coût à 5 ceiitins la livre des 2ï>% d'eau que le boulanger met au pain. La graisse, l'huile végétale est à meilleur niarché et plus sanitaire que le saindoux animal. Le

sucre ne coûte point cher, donnez-le en abondance aux enfante. Les pois, les fèves (haricots) sont nutritifs, accentuent les muscles. Ayez soin surtout de varier votre nourriture, car même un diner de Xof^l fatiguerait à la longue.

757 — Le pot-aii-fcii. Ce mets, souvent le seul du bourgeois comme de l'artisan, ce potage national du français est aiusi décrit dans " La Patrie " de Montréal, par un cuisinier émérite P. Gilbert dans un article de toute une colonne de ce journal, mais qui peut se condenser en la description que voici : Le morceau du bœuf le plus propice au bouilli ; avec un gigot et un os moelleux entouré d'une fine mousseline pour prévenir l'échappement du contenu, pour assurer la réussite du bouillon. Un vaisseau quelconque, mais par prédilection une marmite en terre, (pot de grès ou de faïence) navets et carottes par parties égales, un bouquet de poireaux récelant une branche de céleri, une gousse d'ail, un morceau de panais, un oignon piqué (poignardé dit Gilbert) de deux cloua de girofle, un fragment de thym et de laurier — EbuUition lente et qui soit plutôt un susurrement, un frémissement, qu'une ébuUition assez active pour mettre la viande en charpie. Le tout mis à l'eau froide pour j^ermettre d'éliminer de la viande son albumen qui surnage et

qu'on enlève à l'écumoir, et qui en ouvrant les pores du bœuf en laisse échapper les jus si essentiels au bouillon ; tandis que mis de suite à l'eau bouillante, l'albumine comme celle de l'œuf se solidifiant et bouchant ainsi les tissus cellulaires de la viande en arrêterait l'écoulement des fluides. Inutile de dire qu'une volaille sans être essentielle n'y serait pas de trop. Un litre d'eau par livre de viande et une cuisson de 5 heures — avec sel et poivre au besoin et nous voilà en présence d'un plat qui n'est aucunement à dédaigner.

758 — Avec une servante, arrivant tonte fraiclie déballée de la campag^ne, il convient de mettre les points snr les i — Mon

souper un soir chez un ami a manqué de succès parce que sa cuisinière avait oubliée de vid«r la volaille avant de la mettre à la soupe. Puis chez moi qui adore les parties croquantes de la tête de veau, une malheureuse en avait coupé et jeté les oreilles, et avait oublié d'en fendre ou scier le crâne pour en extraire lu cervelle et la bouillir dans une mousseline pour la mettre à la sauce. Lorsque le thé était moins connu, il est arrivé plus d'une fois, quêtant donné de cette essence pour l'infuser et en faire un breuvage, la servante faisait bouillir le thé, comme elle l'eut fait d'un légume, puis

en jetait l'eau de revient, pour servir au souper un plat de feuilles bouillies, accommodées quelquefois au beurre, comme qui eut été d'un mets de haricots, sarsifis, etc. On a vu aussi le domestique, le garçon de table, chargé par son maître de mettre le Champagne à la glnce pour le refroidir, en ouvrir la bouteille, et en arroser la glace à la déconfiture absolue du bourgeois.

■ySO — A une conférence sur rnbolitioiiisine, non i>as <1c l'esclavage, mais des spiritueuses, il fut établi que pendant que le Canada ne boit que 4 gallons par année en moyenne par individu de la population, les Etats-Unis en boivent 8, l'Europe beaucoup davantage. L'argument le plus fort à l'appui de la thèse du conférencier était que pendant qu'au Maine, oîi la vente des spiritueuses est interdite, un sur quatre des citoyens de cet état de l'Union américaine, a des épargnes aux banques, au chiffre de plus de $150 par tête ; il n'y en a ailleurs — comme à Chicago — qu'un sur 20 à 30 qui aient pu épargner quelque chose et que cette épargne même en moyenne par individu n'est point du quart de ce qu'elle est, dans les pays oià l'on l'ait peu ou point usage de boisson.

■^eo — Une compote paiiaclice — Devinez ce que c'est. Le français n'est jamais à bout d'un mot pour tout dire et d'une manière tout a fait gentille et attrayante — Eh bien, c'est tout simplement une compote aux pommes surmontée d'un panache en confitures plus coûteuses et de plus alléchante couleur.

761 — Le foyer doiiicstique, le chez soi, ne l'est pas moins, soit il même un palais. C'est là que demeurent ceux que l'on aime -à quelque endroit que ce soit. C'est là où on est aimé pour soi-même, et non à cause de la richesse, du pouvoir, ou en considération de ce que l'on peut faire pour d'autres.

762 — Il est une iiiuxitne que : Ton ne s*eiiquiert «les iiffaires «l^iiii antre que dans le but de lui faire, ou pouvoir lui faire doinniag:e. Ceci n'est pas toujours vrai : on peut s'informer auprès d'autrui de la manière que sont ses affaires, afin de lui donner bon conseil, lui sugf^érer des moyens de réussite, des choses à éviter. (Quelquefois c'est pour se donner le plaisir d'apprendre qu'un voisin, un ami, un parent, se tire d'affaires, vit dans le comfort, l'aisance.

763 — C'est un talent que de faire avec facilité ce que d'autres ne font que difficilement. Celui-là fait preuve de g^énie qui réussit là où l'homme de

talent fait défaut.

764 — Dieu doit aimer davantag^e les prières que l'on prononce spontanément et qui

nous viennent du cœur ; que celles qu'on lit dans un livre, ou que l'on répète après les avoir apprises par cœur et qui peuvent dans ce cas ne venir que des lèvres.

765 — Saint François de Sales nous dit que Dieu se contente de peu de siotre part, sachant qu'on n'a que peu à donner.

766— Puisque la neuvaine de saint François-Xavier a été composée par lui-même, écrite par lui — pourquoi lorsqu'il s'agit de son " oraison pour la conversion dos infidèles dit on «« oraison que saint François- Xavier composa lui-méiue," — c'est que l'on ne veut point partager la responsabilité de cette phrase " Voilà Seigneur que l'enfer s'en emplit à la honte de votre nom." Mais sachant que Xavier était un véri-

table saint, et qu'il n'avait pu vouloir dire rien de dérogatoire à la dignité de Dieu, on lui laisse à régler lui-même avec Dieu le sens dans lequel doit se prendre cette parole " à la honte de votre nom."

767 — L.C latin est plus facile, plus cxpéditif à apprendre que le grec — parce que son alphabet, ses lettres composantes sont les mêmes que pour le français, l'anglais, etc. ; et on peut assez aisément le parler, le lire, le traduire, et qu'il est utile dans l'appréciation de l'espagnol, de l'italien, etc — Mais pour le grec, que l'on oublie vite, comme on le fait de l'allemand à cause de la différence du texte, il n'est pas nécessaire de savoir le parler, le lire, le traduire, ou d'en faire même ou comprendre des phrases. Il sufiit des mots, des noms ou substantifs, des abjectifs ou qualificatifs qui entrent comme racines dans la composition d'une foule de mots scientifiques, et qu'on peut et doit pouvoir deviner, du moment qu'on contiait les racines constituantes.

76§ Le procès Zola. La presse anglaise de

tous les pays n'a qu'une voix pour traiter de farce judiciaiie le prétendu procès que l'on vient de faire à

Zola pour avoir osé douter de la culpabilité de Dreyfus, et en le faisant, jeter du louche sur l'autorité militaire, les généraux qui l'on trouvé coupable sur une 2)reuve qu'on n'a osé produire en cour. Zola, disent, les journaux anglais, a été condamné illégalement, et injustement— Quelle est donc, se demande-ton, la cause de la terreur qui a produit chez le peujjle français amateur de la liberté, cette crainte de la liberté d'expression. Que veut dire le fait que de braves vétérans ont pâli à la pensée que la vérité put se ftiire jour et que l'on a fait venir des généraux en plein uniforme pour en imi^oser par leur présence au juré, et le forcer par des menaces de guerre et d'un désastre national à en venir à une condamnation. L'accusé n'a pu entendre de témoins. Le juge lui-même a dit au juré que l'acquittement de Zola serait le déshonneur, la ruine de la France. On ne saurait trouver d'expressions pour caractériser cet outrage fait à la justice. La France, ajoute t-on n'est pas un pays si faible si déshonoré qu'Elle ne puisse dire qu'un de ses fils, adoptif si vous voulez, a été en pourparlers avec une puissance étran. gère. Ceci n'est j)as une révélation qui causerait la guerre, car ce n'en est pas même une ; sauf que la Russie soit la puissance étrangère et que la France craigne pour son alliance. Zola entre en prison et la France sort du congrès des pays civilisés, jusqu'à ce qu'elle se réveille en face de l'énormité de cette

comédie judiciaire. Le réveil ne doit pas se faire longtemps attendre. Ou il faut que Dreyfus soit pardonné, ou qu'on lui fasse un nouveau procès — La France s'est montrée trop souvent le champion de la justice pour ne pas opter bientôt pour l'une ou l'autre manière d'en agir et alors Zola sera jusitfié."

769 — Poiii' uc pas laisser soupçonner aux enfants une cl^ose qu'on ne saurait leur expliquer, on dit : maman a acheté, a trouvé, le petit Jésus lui a ajjporté un bébé — Une femme auteur fait dire à son héroïne de roman : un enfant est descendu dans mes bras " jolie expression, indiquant la réalité, et avec l'idée en même temps que le nouveau venu vient de Dieu — ce qui est encore vrai. Mais voici que je viens de recueillir dans les réclames de journaux, «'adressant à la femme devenue mère ou en voie de le devenir — une autre manière d'introdnire le nouvel arrivé, dans une gravure où il se berce, comme dans un hamac, dans le croissant de la lune et a l'air d'avoir pour père l'être légendaire qui habite cet astre, " l'homme dans la lune." Puis encore dit un autre : Oh quel chaleureux accueil ne reçoit point de la mère heureuse, le petit voyageur que le ciel conduit à la porte de son cœur," et avec ces paroles, la repréaen-

tation graphique de la chose : un petit ange ailé qui sur un traîneau, une nacelle à col de cygne, transporte vers le sein de la femme qui l'y attend, un petit être tout emmaillioté do duvet et retenu par les bras d'un petit frère et de l'ange qui conduit à destination le petit étranger.

770 — Le €aiin«la s'accentue parmi les nations, comme le pays minier le plus riche que l'on connaisse — Bell dit du labrador et pays circonvoisins de la Baie d'Hudson, qu'il est le plus riche de notre moitié de l'Amérique du Nord. Le Canada a produit en 1897 — pour $7,3S6,(X)(J de houille, |6,19G,(J(JO d'or, $3,322,0(J0 d'argent, $1,400,000 de nickel, $1,396,000 de plomb et §1,501,000 de cuivre sans parler du fer, de l'asbeste, des phosphates, du mica, du chrome, du zinc, de la graphite, du molybdène, de l'ardoise, du pétrole et des autres minéraux et matériaux qui entrent dans les manufactures, les arts et les sciences, les besoins de notre civilisation moderne. Hâtons-nous y donc avec une voie ferrée du Lac St- Jean à la baie James i)Our y exploiter ces trésors et les pêcheries de la Baie.

* * 971 — Le désastre du Maine à la Havane*

Ceux qui sont opposés à l'idée d'une explosion à l'intérieur, ou par une mine ou torpille en sous -œuvre du vaisseau, appuient leur opinion du fait que, une mine de la sorte aurait creusé sous la coque un immense trou. On n'a rien trouvé de tel. Une torpille eut lancé dans les airs un immense jet d'eau, si on en eut opéré l'explosion à une profondeur même de 25 i^ieds : on n'en a pas été témoin — Ou encore elle eut au moins motivé une vague qui aurait atteint le rivage et mis les embarcations qui s'y trouvaient on oscillation : rien de tel n'est arrivé. Une explosion tue invariablement tous les poissons dans son voisinage : on n'en a pas vu un seul. Eut fallu une torpille immense pour produire l'eifet que l'on connaît. On en conclut qu'il n'a pu y avoir explosion à l'extérieur." D'ailleurs trouvât-on dans le sens, la direction, les concavités remarqués, quelque indication tendant à faire croire à une mine extérieure ; qu'il y aurait encore à se demander, comme dans le cas d'un récent cyclone à St- Louis du Missouri (où la raréfaction de l'air produit par le cyclone sur son passage, avait déterminé une chute de certams murs vers l'intérieur aulieu de produire l'effet contraire) jusqu'à quel point un vide ou vacuum produit à l'intérieur du vaisseau par une explosion interne, aurait pu faire réagir la pression atmosphérique avec celle de l'eau, vers le vacuum ainsi créé.

772 — L'on s'étonne de l'omission, où que <:e soil, de toute :il9iision à la vie intime du ^»auv«-nr, du petit Jésus. Pourquoi, dit-on : il avait revêtu riio^iiiiie avec toutes ses faiblesses, tous ses défauts, n'avait-il point les faibles des autres enfîints, n'était-il point, comme les autres enfants de son âge imparfait, motivant la correction de sa mère. Point de détails sur ^a nourriture, ses amusements autres que ceux qu'il aidait à son père, saint Joseph, dans les travaux de son métier de charpentier. Eh bien ! non, de même que sa mère de conception immaculée devait être parfaite, l'enfant Jésus l'était également, et c'eut été trivial, et contre la dignité de l'enfant Dieu, de

relater ces choses.

773 — Le liomaîfe eoinine substance nutritive. Très digestif pour certains et plus mê;ae que le riz, le gruau ; il l'est moins pour d'autres ; mais remplace très bien la viande, la chair animale en ce que ses constituants azoteux sont des plus nutritifs. Celui fait avec le lait écrémé est surtout propice en ce qu'il contient moins de matières grasses.

774— Persistance des bois subniersfés. On

a recueilli, en creusant la rivière Maine en Allemagne;

cl. '3 troncs de chêne contenant de 6, 9 à 12 mètres cubes de bois très sain, mais noirci au point uiême de l'ébène, et que l'on a raison de croire avoir été ainsi submergés de 10 à 15 siècles.

775 — Rè^raïc «noycia «les c'%'criiu<*s :iii Caamda. Sous la domination française le Canada a eu six èvêques, NN. SS. de Lava', de St. Valier, Duj)lessis, Dosquet, de Lauberivière et de Pontbriun qui ont légné successiven)ement ou de 1658 à 1760 (pério<!e de IU2 ans) — 30, 39, 6, 6, 1 et 20 ans, soit une moyenne de 17 ans — Puis sous la domination anglaise, nous avons eu de 1766 à 1898 (période de 32 ans) NN. SS. J. U. de Pontbrian, Desglis, Ubert, Daumont, Plessis, Panet, Signay, Turgeon, Baillargeon, Taschereau, qui ont régné respectivement 18, 4, 9, 7, 21, 7, 17, IS, 3 et 27 ans moyenne de 13 ans — Puis en les i)renant rolloctivemont ou de 1658 à 1898, période de 240 ans, le lègne moyen de chacun d'eux a été de 15 ans — C'est peutêtre assez pour laisser croire que 15 ans est la longueur moyenne du règne d'un évêque en général et ailleurs qu'au Canada. Le règne moyen des papes dont plus de 3 JO se sont succédés durant ces 19 siècles n'est au contraire que de 6 ans.

yye — On est optimiste parfois ; on se console au besoin de l'hiver, de ses ennuis, en ne leur assignant que 4 mois de durée : décembre, janvier, février et marB, et c'est quelquefois vrai ; car il n'est pas rare que les gros froids, les neiges en permanence ne nous arrivent que vers la mi-décembre pour cesser, disparaître vers le milieu de mars — Puis on est pessimiste, on se désole de la longueur de la saison rigoureuse, de la persistance du désagrément de se voir dérober pendant liuit mois, les feuilles, les fleurs qui nous rendent l'existence tolérable. Ceci est encore vrai lorsque l'hiver nous vient au milieu d'octobre et ne nous laisse à peine que vers le milieu de mai. Mais en réalité, le vrai est entre ces deux extrêmes.

777 Hypnotisme iucoiiscieiit. J'en étais

certain. Mon fermier qui me voulait à la campagne, de me dire (c'était vers la fin mars, où les chemins commencent à se démoraliser, au point qu'on est en doute de savoir ce qui conviendrait le mieux, d'une voiture d'hiver ou d'une voiture d'été) qu'il n'y avait guère qu'une couple de places, " où ça grate '" (où c'est à la terre) tandis que de fait il )' en avait 77 comptés le lendemain au retour. Mais me direz-vous : avie?vous pris cette peine là. Non, mais pour voir jusqu'à

quel i)oint on peut imposer tacitement sa volonté à un autre ; je couniiençai de le faire, et rendu à 7, Je dis tout haut " 7." Que comptes-tu là me dit ma femme ? Les endroits où la neige est à la terre. Oui, Je le savais, la voilà partie, elle et les deux enfants dans la cariole à poursuivre l'énunération de ces endroits " où ça grate " en effet, et où le cheval tire et fatigue énormément à tirer une voiture à lisses — " Huit," entends-je et au bout d'un instant," neuf, dix, vingt " Non maman, c'est 21 —ah oui 21 —22, 29, 30, 40, 50, 59 disent les enfants — que non riposte la mère, ça fait 60 et ainsi de suite jusqu'à 77. Je voulais les compter, ou plutôt les faire compter par d'autres, pour me donner le loisir de songer ailleurs ; et sans le dire, sans le demander ; voili que par hypnotisme, — ou donnez-lui un nom plus sugges'if de la cause ou de l'effet psychologique ou autre du phénomène de la tacite intuition produite — mes trois compagnons de voyage, se mettent simultanément, et comme par entente entre elles pendant qu'il n'y en avait aucune, à emboîter le pas avec moi, en poursuivant à conclusion, l'addition voulue par moi, désirée, mais sans aucunement laisser devenir ce désir de ma part.

778 Il est bon «l'avoir «les amis, mais en

affaires il ne fant point se reposer snr eux.

On ne payera jîas plus pour ses effets ici que là, même pour les acheter d'un ami. Il est bon de se rappeler ceci, en faisant la paît de l'amitié en affaires. Un homme peut faire i>artie de toutes les sociétés possibles, et peut être populaire dans toutes les classes de la société, mais il a à se reposer sur la qualité de ses effets, et sur la réputation qu'il a de vendre à des prix raisonnables, pour retenir la clientèle que l'amitié lui apporte. L'amitié est souvent plutôt une malédiction que le <ontraire en affaires. Assez souvent ce sont les amis d'un homme qui le calent. Maints de nos lecteurs s'accorderont à admettre qu'ils ont plus perdu d'argent par l'entremise d'ami«, qu'ils n'en ont jamais fait dans leurs transactions avec eux.

779- -On a constaté, lors du dernier cyclone à St- Louis du Missouri que, dû au vide créé à l'intérieur de certaines bâtisses, les murs en étaient tombés de ce côté, poussés par l'air, s'y précipitant pour combler le vide, le vacuum atmosphérique. S'est-oii bi«'H rendu coiiipto, avaitt d'en venir, dsins raffaire du '« i^Iaine " à la conclusion d'une explosion exléiieure en sous-œuvre du vaisseaux, jusqu'à quel point le vide créé par une explosion à l'intérieur du

navire, peut sous l'effet combiné de la pression atmosphérique et de celle due à la profondeur d'eau audessus du fond du Vinieur, :tvoii* iiiutivé un soiilèveiiieiit (l«i l'oaid «loiiiiaiit sY croire i\ une action extérieure.

7§0 — Les nappes «le g^laces euflainniées (le la rivière IVIissoiiri au Kansas. Ce phénomène est dû au l'ait <[u"à certains endroits, où pour éliminer des détours accentués de la Missouri, on a passé outre, en creusant à la rivière un nouveau lit, on a ainsi déterminé des lacunes ou flaques d'eau stagnante, où les gaz s'échappent du fond, au lieu de se mêler, comme par le passé, à l'eau courante pour être entraînés, assimilés, absorbés par elle et insensiblement dissipés. Ces gaz, disons-nous, que l'ont voit sortir du fond, où ils se sont fait à travers les boues, des voies visibles à l'œil, s'accumulent sous la glace, s'échappent si leur pression est suffisante pour en motiver la rupture et si non y demeurent emprisonnés jusqu'à ce que les gamins de l'endroit leur font voie en forant la glace à cet effet, i)Our ensuite mettre le feu au gaz qui se répandent sur la surface solidiliée par le froid et donnent ainsi rapi)arence de glaces enHam.nées.

7§1— L'or produit en 1897 a été sensibleuient de $240,000,000 2U '/c de plus qu'en is'JG— De ce total les Etats-Unis ont produit 6U millions l'Afrique 58 millions, le Mexique 10 ndllions, l'Australie 51 millions, l'Inde "^ millions, la Russie 25 millions, le Canada 7^ millions — voir ce que donnera le Canada 1« Clondyke en 1898, entre les milliers de mains qui s'y rendent déjà de toutes les parties du monde. Le Colorado donnera, croiton, $2U,CHJ(J,(J0U, la Californie $19,000,000.

783 — Les confessions de Pâques ne durent guère au'uiie minute ou une uiinule et un cinquième cliacune— soit de 50 à GO à l'heure. Durant lee retraites, il se fait beaucoup de confessions générales, ce qui prolonge la moyenne du temps requis pour chaque confession. D'ailleurs, en temps de retraite, quand les confessions ne seraient pas générales, ce sont de plus grands pèche irs, des pécheurs plus durs à cuire qui en ont plus long à dire ou de plus gros et qui motivent, de plus fortes, de plus prolongées réprimandes de la part du confesseur, ce qui aide aussi à accentuer le temps moyen que prend une confession.

783 — Que de mots dans une langue, n'ont pas leurs éqiiivaleiilM dans une aiiln;. Il

faudrait pour cela que le uiot traducteur de, l'autre n'eut qu'une seule signification. Le mot anglais fuil n'a qu'une signification, son traducteur plaisir en a au moins deux — I'iiïi est un plaisir plus ou moins bruyant, indicatif non seulement do rire mais aussi du mouvement, comme cliez les enfants qui se font des niches, qui dansent, sautillent et courent — tandis que l'on peut avoir du plaisir, éprouver du plaisir sans remuer — le plaisir peut n'être qu'une satisfaction de l'âme, do l'esprit. De là la nécessité, le motivé de l'expression '-avoir du l'un " (piirend exactement la pensée, le désir de la personne, pendant que avoir du I>laisir n'indique pas la chose au même degré.

Il en est de même du mot anglais boy — " my boys " ne se rend point exactement par" mes garçons, "puisque garçon en français a les deux significations d'enfant mâle «l'un certain âge, et de célibataire. Disons I)Iutôt " mes gars." ( )n a d'aillouis autsi déjà signalé le UiOt stili qui n'a qu'une signification, celle de continuité, tandis que le mot français encore qui le traduit indique et la continuité^et la répétition d'une chose.

784 — Quand un homme laisse notre côté poru passer

chez Fenneuii, " c'est un traiire." Quand il laisse les rangs ennemis pour passer chez nous " c'est un héros." Pourquoi cela — sa conduite dans les deux cas est également répréhensible. Un espion enfin, un dénonciateur est honni quand il donne de nos nouvelles à l'ennemi — on l'accueille, au contraire à bras ouverts, lorsque passant de l'ennemi chez nous il nous informe de ce qui se passe ou va se passer dans le camp opposé. Il y a il est vrai une sorte de bravoure ou de bravade à faire la chose à ses riques et périls. Si c'était un des nôtres qui incognito ou autrement serait passé chez l'ennemi, pour nous revenir ensuite avec des informations précieuses, ce serait i^eut-être là une action plus méritoire ; mais d'ailleurs et en général tout ce qui sent de loin ou de près, l'espion, le délateur est digne de mépris.

7§5 — François Coppée, «tans un article sur " Les Cendres " au commencement du carême, où il nous fait une si touchante description de la cérémonie (Mémento quia pulvis es, et in pulverem revertebis) à une de ces messes nationales dans une église d'un faubourg de Paris, oii on ne voit d'ordinaire que des pauvres, des ouvriers, possédant la vraie foi — nous remet en mémoire la parole que prête Shakespeare à Hamlet, le mélancolique j^rince du Danemark, lorsque

s'adressant à Horatio, il dit : ^ Voici à quoi nous arrivons 5 Alexandre fut enterré, Alexandre retourna en poussière ; la poussière est de la terre, de la terre nous tirons l'argile et pourquoi cette argile en laquelle il fut converti ne serait-elle pas employée à fermer un baril de bière ? L'Impérial César mort et retourné en terre glaise, bouche peut-être un trou pour nous j^réserver du vent. Oh ! dire que cette poignée de terre qui tenait le monde sous son obéissance, rapièce peut-être un mur i)our fermer passage à la bise d'hiver." Ces pensées, dit Cojipée, sont de celles dont il est permis de se souvenir en ce jour ou le prêtre trace avec de la cendre une croix sur le front de tous les fidèles en adressant à chacun d'eu.x: ces paroles : " souviens toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière." Cérémonie d'un symbolisme admirable, comme toutes celles de l'Ej^lise, d'ailleurs.

7§6 — .Sentilhme, sous Ten-tête " Prisons Liitté-

raii'cs " article comme le précédent reproduit par " La Patrie ■■ de Montréal, met en parallèle la sentence de Zola — un an de prison et 3 mille francs d'amende — et celles qui à diverses époques ont frappé Lamennais brouillé avec l'Eglise et avec le Pape, épris d'un nouvel évangile d'indépendance et de phiiosopliie — deux

fois Béranger en 1821 et 1823 — Victor Hugo en exil — Félix Pyat et bien d'autres. Il nous dit que Béranger» la seconde t'ois fut condamné à une auiemle de 10,000 francs que paya pour lui un pulilic syMqiathique et se demande s'il en sera ainsi cette lois. Ce n'est malheuleusement pas })robable, car chacun craindrait quelque vengeance, sans savoir d'où, à la suite d'une charité qui aurait l'air de donner gain de cause au malheureux condamné.

7^7 — §c3tt9tlaii4> BtutEs ilii «le Laiiieiiiisiis

empi-isonné à la suite de sa i-upturc avec l'Eglise — c'était en automne — qu'au moment de faiie du feu à son foyer, il s'en désista à la vue d'une hirondelle qi i avait fait son nid au sommet tUi tuyau de la cheminée, et qu'il i^assa ainsi l'hiver â sontiVir de froid ])Our ne pas déranger la bestiole.

.*^entillane noua apprend aussi «pie lors de la preluièie condamnation de Béran-ier à 5 mois de i)rison à cause tle ses chansons inflammatoires du peuple, son juge syuipatliique Ht la remarque "C'est dommage que la gravité du tribunal empêche de chanter ici ces chansons, car la iniisiqiie pourrait sans doute en faire excuser la hardiesse."

'78§ -Edison IMnveiiteiii* i-ccoiiiiiinii<le à qui veut iiivoDitoi* quoique «'tioso, de s'assurer tout (l'iibord si la chose est requise. Si elle l'est, dit-il commencez à vous y mettre, l'esprit absolument liVji'e de toute connaissance de ce qui peut avoir déjà été fait par d'autres à la recherche de la chose voulue. Ces connaissances préliminaires sont toujours un obstacle pour l'inventeur qui est tenté de continuer dans les traces d'un autre, et à mettre ainsi en danger ses propres idées. Au contraire, s'il poursuit un chemin, un pi'océdé qui lui est propre, il ne i-encontre pas sur sa route des ornières où il est en danger d'emboiter le pas ; rien, en un mot, pour obstruer son passage, son progrès. J'en ai ]>lusieurs ibis agi ainsi ; puis ((uand j'avais fini. Je lisais ce qu'avaient fait d'autres dans la poursuite de la même découverte. Je trouvais d'ordinaire que mes idées avaient été tout différentes de celles «le mes devanciers ; mais en même temps, que leurs idées avaient été si bonnes que, les eusseje connu à l'avance, j'aïu-ais été fortement tenté de marclier sur

les mêuies traces."'

7H9 — Il nVst B»:is loisihSc «l*«>ht<'Biir de l^ni-gft'iif souj* de faux prétextes — Mais vous voler votre argent n'est guère pis que de vous voler le peu de temps que vous avez assez souvent à dévouei*

à la lecture des articles sérieux d'un journal. Donc, je ne sache point jusqu'à quel degré on ne pourrait s'insurger contre certaines réclames à en-têtes telles que vous êtes forcé de les lire, et ne vous apercevez qu'à la suite d'un article assez long ayant trait au sujet mentionné au titre, qu'il sagit d'une médecine qui guérit tous les maux.

790 — €luc de moyens subtils pour vous ari'aclier votre arguent. Vous n'êtes pas disposé à souscrire à une œuvre de charité où votre contribution restera enfouie inextricablement dans mille fois, dix mille fois le montant de votre mise, et où, si l'on vous promet de Tintérêt en forme de 2:)rières, vous ne savez jusqu'à quel point vous en bénéficierez, quelle sera votre part, en rapport avec le tout. Les Dames du Sacré-Cœur ont résolu le problème : Elles veulent agrandir leur établissement. Eh bien, pour que chaque contribuable soit connu et ait part aux prières — on vous donne une religieuse absolument pour vous et vous seul, à condition que vous lui construisiez une cellule c'est-à-dire que vous contribuiez la somme nécessaire à cet effet, et votre nom sera inscrit en tête de la cellule, avec la somme $100 ou $175 qui vous donne droit aux prières de l'occupante de cette cellule

durant 25 ans dans le premier cas, 50 ans dans le second. Puis pour ne jjas avoir à accepter un billet promissoire payable seulement quand la nouvelle aile, la cellule seront faites, on s'engage à inscrire le nom de suite sur une des cellules actuelles du monastère. C'est pas bête, car de cette sorte, elles s'assurent d'un paiement immédiat de la part de quiconque aurait pu promettre de payer plus tard ou après la bâtisse faite. Et si même le montant souscrit était insuffisant, elles auraient votre argent et vous leurs prières et vous ne sauriez vous en formaliser. Dieu donne de bonnes idées aux bonnes âmes, et encore une fois l'idée d'avoir une religieuse pour vous tout seul et qui ne prie que pour vous, sorte d'ange gardien, est bien propre à desserrer les cordons de la bourse la plus récalcitrante.

791 — On ne veut pas qu*iin indii'i<ln fausse la l'érifc et on laisse mentir toute une nation. Une sorte d'orgueil assez légitime est celui d'être commandé par quelqu'un d'un beau physique, et que ce soit son maître d'école, son capitaine, ou son souverain, c'est tout de même — Chaque individu étant mu en ce sens, et les individus dans leur ensemble formant la nation, la nation tout entière a la même faiblesse, la même vanité si l'on veut. C'est de

là que on représente Napoléon III qui était plutôt courtaud (pie de hautt- taille coiniiie dominant presque de la tête l'assistance, dans tous les tableaux, gravures, etc., où. on le voit représenté. Il en a été de même de la reine Victoria dont le nez est loin d'être aquilin ou classique. Voyez-la dans tous ses portraits peints ou gravés, et non d'après photographie ; voyez-la surtout au irontisiiice ilu dernier ouvrage (1S98) qui vient de paraître sur son jubilé, voyez-lui le nez : à force de l'allonger, de le rectifier, pour le rendre jilus ou moins (jîrec ou Eomain, on en est arrivé à un nez tellement étroit, que ce portrait en est devenu une véritable caricature.

793 — CrystaîlisatâoRi «le la iicig^c sous l'efrct du soi^'il :iii {triiitciiips. Je ne sache pas que Ton ait encore observé ce iihénouièue, ou que qui que ce soit au moins en ait encore écrit ou parlé. Je remarque que les bancs de neige, oiî qu'ils se trouvent, ont une apparence rudoyée, chagrinée, dentelée, labourée, réticulée, alvéolaire et plus ou moins rétiforme, et il y a lieu à tous ces divers qualificatifs pour en exprimer les apparences variées çà et là. Qu'on en fasse l'oVjservation et Ton verra que c'est le soleil qui y est pour au moins sa grande jiart dans cette démoralisation de la surface auparavant unie, et de la struc-

tut-e honogène du banc avant sa décomposition sous les effets de la température. On dirait, dans la neige de i^artîes jilus fusibles et d'autres qui le sont moins, les premières se dissoudent (j'aimerais mieux dire se dissolvent si c'était français, comme rendant mieux le latin dissolvere) percolant à travers les autres pour ensuite se solidifier, se crystalliser en une sorte de dentelle, de matière si^ongieuse, imitant quelquefois le varech de nos rivages à l'eau salée, avec ceils ou trous plus ou moins annulaires ; et que ce sont les rayons du soleil qui opèrent cette transformation s'accuse par le fait que cette neige est labourée précisément dans le sens de la direction de ces rayons de mars et d'avril et de lu à 2 heures à peu près de là journée ; la dentelure étant toute dirigée dans le même sens, avec inclinaison vers le Nord. La chose mérite de la part de nos physicistes (Laflamme, etc.) une étude plus approfondie.

793 — L.OS idées pi-ciiiières ne sont point ég^iileiiieiit iiiéi'itoii'es. Que Leverrier et Adams par exemi^le aient eu presque simultanément l'idée de Neptune, aient soupçonné l'existence de cette planète pertubatrice, avant que son existence fut connue ; voilà une idée valante, que pas un autre n'a peut être jamais conçue ; une idée fondée sur une pénétration de

l'esprit à traveis l'inconnu. L'idée d'un bateau roulant sur l'eau est moins méritoire, parce que chacun des deux hommes qui à 40 années d'intervalle, ont eu cette idée — le dernier : Knapp sans soupçonner que Baillairgé l'avait conçue près d'un demi siècle avant, avouent qu'elle leur a été insi^irée par l'écureil (l'engin locomoteur) faisant mouvoir sous lui la roue, (le bateau) sans tourner lui-même, ou sans que le moteur soit entraîné dans le mouvement rotatoire ; mais une idée comme celle par exemple de faire disparaître un obstacle à la circulation, ne vaut rien j'our le premier qui Ta conçue, puisque cette idée, sans peut être réclamée comme telle, a dû déjà venir à mille autres.

'704— Le " Farben Zeitung " nous fait part d'une peinture composée de varech et autres iiig^rédieiits. Le varech à l'état vert, ou non desséché est broyé à l'huile et mêlé de litharge, acétate de plomb, thérébeutine, huile de lin. ( )n dit cette jieinture un préservatif des fonds de navires en bois contre les vers, ou d'aucune construction sous-marine en bois quelconque.

795 — La mort presque instantanée, ou dans l'espace tout an |>lus de quelques

Illimités, <ie 1*24 personnes au feu du *« Bazar de Cliaritê " de Paris, eu 1§97,

est (lue à ce que, dans cette enceinte de quelques 3U0 pieds sur 40, il n'y avait personne de préposé à l'ouverture des portes de sauvetage construites à cet effet et dont l'existence était inconnue de l'assistance. La bâtisse était de construction temporaire en bois inflammables. Toute la toiture était dissimulée en sousœuvre, ornée à l'intérieur d'une tenture continue, qui ayant pris feu, au moment de l'explosion de certaines liuiles essentielles employées au fonctionnement du kinématograi)lie installé <lans l'édifice pour l'amusement des visiteurs, ne tarda pas à s'enflammer sur son étendue entière, et dont les lambeaux ardents tombant sur la tête des dames du bazar, légèrement vêtues et coitïé(îs, mirent le feu à leurs robes, chapeaux, cheveux, etc.

Les municipalités, gouvernements ou autorités quelconques devraient rendre coiupulsoire, non seulement l'e.xistence de portes en nombre et de dimensions suffisantes, pour l'évasion instantanée et simultanée en cas de feu ou de panique ; mais forcer les intéressés, les gérants de théâtres, d'expositions, installations quelconques oîi le public est admis, à tenir quelqu'un à chaque porte *le sûreté i>our l'ouvrir instantanément en cas de feu ou de paniijue ; et de plus, au sortir de cha<|ue représentation, de chaque séance, les portes

devraient s'ouvrir — feu ou pas de feu — panique ou pas de panique — pour permettre à l'assistance d'y passer et en cela faisant, de connaître ces issues, et savoir s'en prévaloir au besoin. L'on n'oublie point que l'holocauste du feu du théâtre de Vienne en 1S87 (540 naorts) est due à ce qu'une porte de vastes dimensions et capable, eut-elle été ouverte, de faire évader dans quelques instants toute la foule présente, était devenue, n'ayant jamais servi, les propriétaires ou gérants du théâtre ne l'ayant jamais fait ouvrir, tellement rouillée dans ses gonds et fermetures, que sous tous les efforts faits en cette occasion pour l'ouvrir, on n'en put jamais venir à bout ; et l'homme est ainsi fait que à moins d'y être forcé par la loi, il ne consentira jamais pour une évantuailté qui peut-être se dit-il n'arrivera jamais, à faire les frais d'un personnel additionnel pour le seul services des issues. D'ailleurs, un seul liomme, sur la tin de la représentation, suffirait pour ouvrir l'une après l'autre toutes les portes qui seraient ainsi connues du public, et le danger presque complètement éliminé de cette manière.

VOG — Le son, le bruit, comme d'un coup de feu ou de tonnerre, est faible, moins accentué, mais i)lus sourd ou d'une note plus basse de la gamme, d'autant qu'il

nous vient de plus loin, la plus grande distance de l'atmosphère à traverser pour nous arriver faisant la fonction d'une plus longue corde qui dans un instru' nient de musique émet le son le plus bas. Je me demande donc comment il se fait que, le sifflement (en anglais liissiiig: que sifflement ne traduit pas bien mais qui correspond à l'anglais Avliistliiig:) d'un wagon, d'un char électrique, parait revêtir en s'éloignant une note plus haute de la gamme, et plus haute d'autant que la voiture s'éloigne de l'auditeur. C'est qu'après un arrêt pour prendre ou laisser un passager, la roue s'en va crescendo de vitesse et c'est la vitesse accélérée de vibration de l'air qui aiguise le son.

797 — Dionno nous dit " Recherches Historiques " par P. -G. Roy, à Lévis, avril 1S98, que c'est à Jean Bourdon, qui en 1654 cumulait sous la domination française de l'époque au Canada les fonctions de procureur général du roi et d'ingénieur en chef, que l'on doit lit première <;arl«; de Québec. — Philéas Cagnon nous dit que le |»i'eiiiiei' cabaret tenu i"! Québec, le fut par un Jacques Boisdon (bois donc) qui en 1648 obtint de la magistrature d'alors, " le droit de tenir boutique de pâtisserie et hostellerie pour tous allans et venans," le Conseil inclinant à la requête

l'ayant accordée et enterrinée aux conditions suivantes, entre autres, " qu'il (le requérant ou pétitionnaire) ferait sa demeure à la place publique, non loin de l'église, pour y avoir commodité et de s'aller chauffer en lui payant ce que de raison."

* sf:

'î'9§ — La peau (l'anguille, nous dit Montpetit, aux " Recherches Historiques " d'avril 1898, sert en Europe à faire des liens d'attelage ; en Tartarie, dans le voisinage de la Chine, à remplacer la vitre pour les fenêtres. Autrefois, dit-il, dans nos campagnes du Canada, on en faisait «le la babiclie : ficelle servant à la réparation, à l'emiiaquetage des chaussures, des harnais. ( )n l'utilisait pour lier la batte au manche du Héau destiné à battre le grain sur l'aire. Une peau d'anguille servait à natter la couette de nos ancêtres, plus chinois de ça que nous : nos grand'mères ne dédaignaient pas non plus de l'employer au même usage. Mais aujourd'hui, a.joute-t-iI, la peau d'anguille est discréditée comme article de toilette. Allez donc fadre des suivez-moi avec dos peaux sentant l'huile rance. On se ruinerait à mener Cupidon en laisse, en gants de Jouvin, avec de jjareils rênes.''

799 — P. G. Roy " Recherches Historiques " avril, 1898. Dans un article sous l'entête de " Les Iroqiiois sur les galères " lait preuve de la sagesse du roi de France en renvoyant dans leur patrie les Iroquois que Denonville, pour les punir de leur audace sous son prédécesseur M. de la Barre, avait fait transporter en France, et mettre aux galères. De Frontenac, au contraire, avec lequel et à bord du même vaisseau, les iroquois revinrent au pays, les traita avec beaucoup de considération et l'un d'eux (])uréouharé, sorte de chef parmi eux rendit de grands services aux Français en aidant à Frontenac à recouvrer l'ascendant qu'il exeiçait jadis sur les Iroquois.

800 — La langue, le dictionnaire ne définit point, il n'existe pas de mot qui exprime, définit ou qui soit cajmble de définir ce seiitiiiieiit iiiteriiiédcairc entre i'c^tiiuc et l'amour, qui tient de l'une et de l'autre sans pouvoir s'identifier avec la première ou le dernier. Il n'y a rien encore d'erotique, de purement amoureux entre deux enfants de quelques 5 à 8 ans et des deux sexes, et cependant le petit garçon aime mieux la petite fille de son âge, la petite fille le garçon (ju'enfant du même sexe. Faut donc qu'il y ait quelque chose d'instinctif là dedans, une sensation,

un sentiment indéfini qui tient de la chair, mais sans s'accentuer davantage, et sans que la personne même si elle pouvait s'exprimer, fut capable de définir ce qu'elle sent, ce qu'elle éjjrouve, autrement, que par ces mots : je ne sais pourquoi, mais je l'aime mieux. Mais ce sentiment indéfinissable, que la femme semble épouser pour Cupidon, existe aussi non seulement entre enfants mais entre deux personnes de sexes opposés dont l'une est adulte et l'autre enfant. Qu'on le remarque, on le verra iiartout : la fille adulte, la " vieille fille," la vieille aime mieux le petit garçon — l'adolescent, l'homme fait ou adulte, le vieux garçon ainsi appelé, le vieillard préfère la petite fille. Il, elle ne savent j^ourquoi, on ne sauraient l'expliquer, mais le fait est là, il est indéniable. Il y a là une sorte d'hypnotisme différent, de plus agréable que celui qui s'exerce de personne à personne de même sexe. Le contact des deux chairs, sans prêter à l'érotomanie, sans la suggérer, sans la faire même sou^sçonner, parait être plus agréable (picasiirable en anglais). C'est un sentiment de transition entre l'amitié et l'amour quand on est encore jeunes — entre l'amour et l'amitié quand on devient vieux. Ce sont des électricités de noms-contraires qui se recherchent, s'attirent, se marient, tandis que celles de même nom se repoussent ou au moins ne se recherchent point, et ces préférences

d'un sexe pour le sexe oiiposé, se manifestent quelque fois jusque chez les enfants de 3 à 5 ans.

§01 — Jeter un sort comme on le dit au Canada

(peut-être ailleurs) semble exister — C'est-à-dii'e qu'en effet il y a des personnes capables de vous jeter, de vous imposer un ' sort.' J"en comprends la possibilité, la raison d'être, par la faculté qu'a une personne d'en hypnotiser une autre. Vous hypnotiser, c'est vous imposer ma volonté, vous faire croire ce que je veux que vous cro}-iez, vous faire faire ce que je veux que vous fassiez ; et pourquoi pas alors vous faire subir les maux, les épreuves que je veux que vous subissiez. J'ai trop entendu de ces cas pour pouvoir me soustraire à la nécessité d'y croire. Les sorts vous sont jetés par des personnes qui vous en veulent de leur avoir refusé l'aumône ou une faveur ou pour quelque autre motif que ce soit. Je crois qu'une personne non susceptible d'être hypnotisé ne serait point non plus sujet à ce que le sort qu'on lui jette j^renne effet sur elle, et je me dis qu'advenant le cas, le récipiendaire du sort, si toutefois ce n'était une infliction méritée pour ne s'être pas rendu à une demande raisonnable, ce qui inspire la crainte, la défiance de soi-même ; je dis croire que dans le cas contraire, ou de l'infliction d'un sort non

mérité, non motivé, une sortie de l'individu de la maison avec un coup de pied à tergo ou quelque autre voie de fait de la sorte qui fit sentir à votre individu, votre force de caractère ou force phj'^sique supérieure à la sienne, aurait de suite raison de son " sort." J'ai vu cela une fois à la campagne : un lio:nme qui était en train de jeter un sort à une femme qui ne voulait ou ne pouvait donner à un * tramp ' justement ce qu'il demandait insolemment. Arrive sur ces entrefaites, le mari, l'habitant, une fourche à deux fourchons à la main, qui vous prend mon homme par derrière sur sa fourche et le lance au milieu de la voie — .Je vous parie qu'à cette occasion le sort n'a eu aucune prise sur la victime désirée.

802 — Le service de Dieu plus facile et moins coûteux que celui du démon. Le

meurtrier, le voleur, l'incendiaire est hanté jour et nuit par ses victimes, traqué par la Justice ; il a à s'imposer le sacrifice, le coût de se déplacer, s'expatrier pour se soustraire à la poursuite, à l'arrestation, et à faire les frais d'incognitos répétés et divers : ce qui le force à récidiver, à voler de nouveau pour faire face à ces besoins. Voyez aussi ce qu'il en coûte pour avoir menti ; il lui faut encore fausser mille fois la vérité à l'appui du premier mensonge. La vérité au

contraire n'a besoin d'aucun subterfuge pour la faire prévaloir, et n'est suivie d'aucune anxiété, inquiétude, d'aucun souci comme en motive l'arrière train du mensonge, du parjure.

§03 — Inertie «le la matière. Une balle lancée à bout portant à travers vine vitre lui fait un trou rond et net, du diamètre exact de la balle — lancée de plus loin et par conséquent, arrivant avec une moindre vitesse, le projectile fera encore à la vitre un trou sensiblement circulaire mais, avec tout au tour de l'ouverture, mille craques ou déchirures .initiales, c'est-à-dire de petites fentes ou gerçures rayonnant tout autour du trou dans la vitre, mais ne s'étendant en longueur qu'à une fraction de pouce ; pendant que dans le premier cas, la vitesse a été telle que la vitre, la matière composante, les molécules n'ont pas eu le temps de se mettre en mouveinont pour motiver le fendillement de la vitre. Si le coup part encore de plus loin, donnant à la vitesse initiale de la balle le temps de se ralentir sensiblement avant d'atteindre la vitre, les gerçures ou fentes autour de l'ouverture faite à la vitre par le passage du trait, sont 2)lus iirononcées, plus longues, plus irrégulières; jusqu'à ce que finalement si la balle n'atteint la vitre qu'avec la vitesse

d'une pierre lancée à bras et sans grand efïort, dans ce cas, le projectile fera éclater la vitre en tous sens et d'une manière plus ou moins irrégulière, sans même peut être la percer à jour, ou sans y faire autre chose qu'un trou tout à fait irrégulier, c'est-à-dire d'un périmètre absolument informe et ne donnant aucune idée de la forme lUi trait qui y est passé.

804 — T^o Zéi-o du froid des espaces iiitcrstell:iii'es ne nous est point connu : mais la température à laquelle l'air atmosphérique se liquéfie noua en donne un commencement d'idée. Aujourd'hui on compnme l'air à trois reprises : d'abord à OO Ibs. de pression au pouce carré, puis à 750 Ibs., puis enfin à 2,000 Ibs. La compression est suivie d'un dégagement de chaleur comme quand on l)at le fer; c'est dire que la température en est déjà fortement diminuée. < )n introduit cet air ainsi comprimé dans un réceptacle, autour duquel on laisse promener dans un vaisseau extérieur à ou enveloppant le premier, une partie de cet air comprimé, laquelle en se dilatant enlève à l'air dans le vase intérieur, une partie notalile de la chaleur qui lui reste, cet air finit par se liquéfier, tout de même que la vapeur ou du gaz d'eau, de l'eau gazeuse se condense sous l'effet du froid pour redevenir de l'eau, ou que

l'eau sous l'efïet du froid devient de la glace ; et arrivâton à un froid encore plus intense, que l'on solidifierait de même l'air devenu liquide ; c'est-à-dire qu'on aurait de l'air à l'état de glace. On ne conçoit point de semblables degrés de froid ; sauf par analogie contraire en comi arant la chaleur, + 212° F. de l'eau bouillante, qui nous brûle, avec les températurfs qu'il faut pour faire fondre les métaux. La glace d'eau gelée à 32^ F. est de 344° F. plus chaude que de l'air liquide, donc la température de l'air liquide est de 344 + 32 ou de 374° audessous du zéro de F. ou 132° de plus que la différence qui sépare l'eau bouillante de la glace. Il faut 100 pieds cubes d'air pour faire un gallon du liquide ; donc le liquide ne remplit que y^^ème de l'espace d'abord occupé par l'air, (l'eau réduite à l'état de vapeur ou l'eau gazeuse se dilate à 1700 fois son volume preiuier). Cette dilatation de l'air liquide pour redevenir du gaz fait concevoir l'immense force qu'il a fallu pour le comprimer au point de liquéfaction.

805 — IVotre systèssic «le inoiiiiiiicnl«» riiiièbres est absurde, si tant est que l'on veuille aussi se perpétuer, se faire revivre par la pensée pour ceux qui viennent après nous. Nous voulons parler de ces

pierres tuniulaires érigées verticalement à l'horizon, tandis qu'on devrait les coucher, à l'instar de ceux ou celles dont elles surmontent les cendres. Voyez tous nos cimetières : après bien moins qu'une génération ^ et avant même qu'on ait eu le temps de l'oubli, les monuments y sont inclinés plus ou moins, et déjà en pleine décadence. Le monument funèbre, la pierre tumulaire devrait être posée horizontalement et de cette manière ne se dérangerait jamais, à l'exemple des monuments élevés à la mémoire des anciens romains : de lourds monolithes capables de braver les saisons et ayant d'ordinaire plus de base que de hauteur, comme ceux d'Auguste et Hadrien, celui de Plautius, Sylvanus près Tivoli, de Plaucus à Gaète et tant d'autres.

806 — Depuis l'âge de "10 ans à peu i^rès, ou dès avant, j'ai abandonné les bretelles pour porter une ceiiifiire, Je m'en suis toujours trouvé bien, cela me permettant de me tenir serré autour du corps comme j'ai toujours aimé de l'être. C8ci est pour en venir à vous dire que d'après moi c'est la seule manière rationnelle de soutenir un pantalon comme le font d'ailleurs tous les marins, les matelots, et qu'on en est mieux de force, d'agilité, de santé. Qui s'ait aussi si ça ne prévient pas pour beaucoup la hernie-

Maintenant si l'idée m'est venue de vous parler de ceci, c'est que je vois dans une statistique ayant trait à la longévité des centenaires que Lord Scarsdale et Lord Comberuiere qui tous les deux vécurent très vieux, attribuaient l'excellence de leur santé à cette pratique que chacun d'eux avait de se ceindre toujours d'une manière très serrée. Et pourquoi d'ailleurs, comme les femmes, n'aimerions nous point à être serrés de la taille. Puis encore l'habitude des petites tailles chez les femmes fait preuve qu'on est mieux sous tous les rapports à l'état ceinturé.

§0'3' — Dans le " Xorth American Keview " (avril 9S) tiré de l'ouvrage de Langdon Kain, M. D., sous l'entête " Mans' span ot life " — (durée, étendue de la vie de l'homme) on voit que lotis les cciileiiair^'S n'étaient point des niotièles «le vertu. T. Whittington mort à 1U4 ans, était un ivrogne ne buvant que du gin dont il consommait un demi à trois quarts de litre jiar jour. Philippe Larocque s'est couché saoul au moins deux fois par semaine pendant KM) ans. 11 eut deux dents nouvelles à l'âge de 'JJ ans— Jean de la Somet, fumeur enragé ne mourut qu'à 130 ans — Plusieurs vieux et vieilles do renommée étaient très adonnés au mariage : Owen Duti'y, mort ù 122 ans,

épousa sa troisième femme à l'âge de llf. ans, et en eut une fille et un garçon — Francis Hongo un vénitien se maria 5 fois et était le père de 49 enfants. A l'âge de 100 ans, il perdit ses cheveux blancs et eut une nouvelle chevelure de la couleur de la première et à 112 ans il eut deux nouvelles dents — Marie Krosiowna, une polonaise, épousa son troisième mari à 94 ans : elle lui donna deux fils et une fille comme on le voit par le registre jjaroissial — Margaret M'cDowal, âgée de 106 ans, épousa et survécut à 13 maris — Parmi les centenaires de record sont deux naines : Mary Jones, 1(X) ans, 2 pieds S jtouces de hauteur, on ne peut plus difforme et Elspeth Watson, 115 ans, 2 pieds 9 pouces de hauteur — Parmi les plus agiles étaient Mrs. Bennett qui à l'Age de lli') ans grimpait une échelle pour réparer la couverture de son chalet; et Elizabeth Alexander qui à l'âge de 108 ans soignait encore sa toilette et faisait tous les Jours une promenade de deux milles — Plusieurs avaient des habitudes particulières: Mrs. Lawson, 117 ans, ne se lava jamais le visage avec de l'eau, crainte de prendre du froid, mais se le graissait avec du saindoux. John Ilussey, 116 ans ne buvait que du thé de mélisse. John Wilson, même âge, faisait habituellement son souper de navets rôtis. Judith Banister, 100 ans, vécut entièrement de biscuit, pain et pommes durant les GO dernières années de sa vie — Macklin l'acteur centenaii-e, abandonna de maa-

ger à des heures régulières durant les 07 dernières années de sa vie, ne mangeant que quand il avait faim — On fait foi de deux couples mariés intéressants: Mr. et Mrs. Catterell, âgps respectivement de 120 et 125 ans, étaient mariés depuis 98 ans et ne s'étaient jamais querellés, ils sont morts à quelques heures d'intervalle l'un de l'autre — Tohn Rovin, un hongrois, et sa femme âgés de 172 et 164 ans, vécurent ensemble 148 ans. Lors de la mort du mari, le fils le plus jeune était âg de 116 ans.

§(>§ — PoHi' la |>l9i}»:i]'t <lc.s ^'CllS une cliaii- «lelio «le suif est plutôt tiii obJtU «Inutilité que «le luxe ; mais voici que le " Hong Kong Telegraph " nous assure que les matelots russes dégustent avec autant de satisfaction une bougie de suif qu'un enfant anglais un bâton de crème (sugar-stick). On avait ouï dire cela du roi de Dahomey qui adorait une chandeile de suif de mouton comme dessert, et dans ses dîners de parade en faisait mettre une à côté de chaque couvert pour servir de régal à la suite du repas.

809 — Sous l'entête " illillioiiiiaires Allc-

lliaiitls," une lettre de Bm-lin fait la part de la différence de valeur de l'unité aUant à faire le million. En

Aorêrique, dit-il, on est millionnaire avec un million de dollars : en Angleterre, quand on est riche d'un million de louis sterling (près de $5,0l)i),0()0 de piastres). Ici en Allemagne dit l'auteur où le mark vaut 23 centins plus une fraction, il faut l>ien moins d'argent pour fau-e classer l'individu dans cette catégorie de martyrs appelés millionnaires. Ceci explique commenta Berlin où la population n'est que de 1,U<)0,CK)0, il peut y avoir 2,U'J2 millionnaires, chacun de ceux qui ont un revenu de 36 mille marcs, étant réputé millionnaire." 3(»,0()U marcs valent moins que 8'J,00() et $9,000 est un peu modeste comme i-evenu d'un millionnaire ; mais les 36,000 marcs équivalent à^ par cent sur un million, ce qui constitue un millionnaire d'après l'unité de valeur allemande. Il y a aussi à Berlin 477 millionnairesthaler — le thaler valant 3 marcs — de sorte que ces derniers ont chacun un capital de 3,000,000 de marcs. L'homme le jîlus riche de Berlin a un revenu de 1,720,- OiXJ marcs, et sept seulement ont un revenu dépassant $240,000.

810 — La presse française compare ille- Kiiiley, président des Etats-Unis, à Pilale, — et

elle a peut-être un peu raison : il répudie la guerre en son particulier, en obéissance au désir des nations, mais sachant que les Américains et Espagnols veulent

la guerre laisse au Congrès à en décidei'. C'est-à-dire qu'il s'en " lave les mains." Maintenant cette popularité de la guerre tient de ce que une majorité probablement du peuple ou de ses éléments travailleur, manufacturier, marchand, fournisseur en général, en serait bénéficié : qui, par la construction des navires de guerre ; qui, par le matériel d'armement, les poudres et projectiles ; qui enfin par les mille et une choses à faire, à fournir en pareille éventualité.

811 — Le vrai, le fnsix en écriture Fausser

une écriture, une sig^natiire. Autant d'indivitlus de jiar le monde — autant d'écritures diverses. A l'école, sous la tuition du maître, les écritures des élèves ont une similitiide générale, il est vrai, mais sortis du collège et sous les influences diverses qui motivent l'écrit, l'individualité de l'écrivain s'accentue rapidement. Un homme écrira mille fois son nom et pas une de ses signatures ne pourra être superposée à une autre sans faire trait de dissemblance en quelque endroit. Ceci est si vrai qu'à côté d'une signature faussée, forgée et imitant assez parfaitement votre i^ropre écriture, vous ne sauriez jurer laquelle des deux est la vôtre. Un donne comme moyen de s'assurer d'une faute de superposer les écritures^ et s»

elles sont identiques, on peut conclure assez plausiblement qu'il y a là l'action d'un faussaire, qui à cet effet aura pris une empreinte de votre nom sur cire ou sur papier à calquer par l'entremise d'un mince papier transparent, pour ensuite en repassant dans les mêmes traits, reproduire l'original avec une perfection autrement impossible.

812 — Leouardo Da Vinci était d'une versatilité, d'une universalité de talents extraordinaires. Vivant de 1452 à 1519, il possédait toutes les connaissannaisaances humaines, et poursuivit toutes les carrières, sauf peut-être celle du commerce. Il était peintre, sculpteur, architecte, poète, musicien, philo sophe, psychologue, auteur, critique, voyageur, aéronaute, mathématicien, physiciste, chimiste, géologue, minéralogiste, astronome, anatomiste, physiologiste, arpenteur, topographe, ingénieur civil, minier, naval et militaire et inventeur. Il dessinait et pouvait fabriquer des engins de guerre, il a laissé des centaines de dessins de catapultes, ballistes, canons se chargeant par la culasse, mitrailleuses, etc. C'est lui qui découvrit le secret de la balle conique, il connaissait le principe du canon composé, renforcé par des cercles, bagues, anneaux ou manchons, ou par du fil de fer.

§13 — t' Ayons de la consi<lérntion l*nn poiii' l'autre. " Sous ce titre biblique qui équivaut à celui — " aidez-vous les uns les autres " ou encore à celui qui nous enjoint de " faire nux autres ce que l'on voudrait qu'on nous fit " on apprend que le fort doit supporter les infirmités du faible ; le faible ne pas a'otfenser de la plus grande liberté du fort — le riche se montrer sympathique aux épreuves du pauvre ; le pauvre de eon côté n'ouVjliant point les anxiétéi du riche et les appels répétés à sa générosité — Lei vieillards devraient se rappeler l'enthousiasme de leur propre jeunesse, ses erreurs ; ne point froncer le sourcil à la vue de l'ardeur des jeunes. Les jeunes a'ors s'assiéraient à leurs pieds pour apprendre et se relèveraient pour mettre en pratique les leçons inculquées, aulieu de rejeter comme de fossiles théories les enseignements des cheveux blancs, admettant par ce

faire que la multitude des années enseigne la sagesse

Si avec l'âge venaient les infirmités, sa décrépitude serait honorée comme on le ferait d'une blessure de guerre i)aesée. Les parents alors n'oublieraient point qu'eux aussi ont été des enfants autrefois ; les enfants, que les devoirs envers leurs parents est un devoir envers Dieu, et qu'eux aussi peuvent un jour réclamer les iunuunités d'un père, d'une mère — On verrait alors le sage tolérer avec la patience le non savoir de l'ignorant et s'imposer la douce tâche de l'instruire. En un

mot rappelons-nous la chanson bien motivée •' Grand'maman, rappelez-vous en 5 quand vous étiez jeune, vous en avez fait autant."

814 A première vue, l'on serait tenté

peut-être de se contrarier de ce que nos journaux contiennent en somme plus «l'annonces de toutes sortes que de matières à lire, plus de moitié même ou comme je viens de le constater, quelques 85 colonnes sur les 160 d'un journnal de 20 pages à 8 colonnes. Mais il ne faut pas oublier qu'il y a au moins une de ces annonces qui vous intéresse et que toutes les autres en intéressent quelques-uns : femmes, hommes et enfants — laïques et cléricaux— mand'uvres et piofessionnels. Les malades surtout y joui.ssent d'une aV>ondante littérature de médicaments à tout guérir. D'ailleurs, c'est de ces annonces que le journal t;iit son profit, et n'était cela qu < l'on serait loin d'avoir, comme aujourd'hui et tous les jours, toutes les nouvelles du monde pour un seul

centin.

S15 Plus de dommag:€s par l'eau que

par le feu. C'est le cri général de nos citoyens, et les pompiers devraient s'en laver les mains. En etiet,

ce n'est point, habituellement, sur le feu que l'on jette de l'eau, mais sur une simple lueur que l'on se donne l'air de prendre pour du feu et qui n'est d'ordinaire qu'une fumée rendue rouge par le reflet des flammes venant du côté opposé. Maintes fois, si on s'en donnait la peine, en cherchant le foyer de l'incendie, l'on en aurait raison avec un simple jet d'eau y dirigé pendant quelques minutes tout au plus et probablement même, dans la plupart des cas, au moyen d'un " babcock '' petit engin chimique engendrant de l'acide carbonique et tuant le feu au fur et à mesure que dirigé dessus et sans inonder d'eau toutes les marchandises, tous les effets, les meubles d'une maison, d'un édifice quelconque.

§16 — Il est bon que le récipiendaire d'un mauvais compliment, d'une épithète ottensante, puisse se contenter du retrait de la |>arole blessante, déclarée au parlement, au conseil de ville, à une assemblée publique quelconque " non paiieinentaire " mais tout de même le mot est là, l'injure n'est tout au plus que mitigée. Cest comme un homme qui tout en payant une amende infligée par la cour pour en avoir rossé un autre, a la satisfaction de dire " oui," mais tout de même je me suis donné la satisfaction de le souiileter. D'ailleurs je ne sache jusqu'à

quel point ce soit ujotivé de dire à un Loitime comme je l'ai plusieurs foih entendu dire en pleine séance de conBcil de ville par un ex-échevin " si les convenances qu'il faut observer ici, si les règles ne me le défendaient point, je dirais que vous êtes un menteur, un voleur, que vous devriez être au pénitencier " mais je ne puis le dire et j'ai à n.e taiie. Eh bien je prétends que l'insulte est le même que s'il le ditait sans réserve, et que l'insulteur devrait être dans ce cas sujet à poursuite en libel et à la prison ou l'amende : car réellement il dit la chose injurieuee sans, ti vous voulez, en avoir l'air.

§17 — L.e professeur, ie uiaiire d'école a à

se métier de, se mettre en gai de contre lui-même, car il s'écoute parler et peut iacileuteitt oublier qu'il n'est pas là pour montrer ce qu'il sait, mais pour enseigner à l'élève ce qu'il ne sait point. Ceci est un défaut très commun chez tout le monde qui se mêlent d'expliquer quelque chose à une ou à plusieurs autres personnes — Il y a beaucoup de vanité aussi dans la plupart de ces questions que l'on pose par la voie des journaux et auxquelles a à répondre un éditeur spécial — en ce que c'est comme dans le cas ci-dessus du pédagogue qui tient plutôt à faire preuve de ses connaissances litté-

raires ou scientifiquf?, qu'il ne désire réellement une réponse à sa question. Les gens voyez-vous se disent, en voilà un ou une qui a dos goûts, des tendances esthétiques, historiques, aristocratiques ou autres,

818 — Il se fait <lc tios jours par nos amis les Juifs un mou vonieiit pour deveuir propriétaires, possesseurs de '« La Palestine/'

Ça a peut-être sa raison d'être — Nous pouvons ne pas les aiuier, mais rappelons-nous que les Israélites étaient autrefois " le jjeuple de Dieu," et qui sait jusqu'à quel point ils étaient sincères à croire qu'un enlant venu au monde dans une ôtable pouvait bien ne pas être le fils de Dieu — Puis, Jésus lui-même a dit en mourant " j^ardonnez-leur oh Dieu car ils ne savent ce qu'ils font.'" Oui, cette nation traquée partout sur la terre veut se faire un pied à terre, vin chez soi dans la ville sainte ; et qui sait si elle ne réussira point à former le montant nécessaire pour en faire l'achat et si Dieu ne les favorisera point en ce sens, que sous l'inspiration du site, ils finiront par croire et se christianiser. Los Juifs veulent acheter La Palestine pour y assembler, y héberger tous ces pauvres Israélites qui souffrent pereécution en pays étranger, et que l'on chasse de partout si toutefois on no les soumet à des exigences qui les forcent eux-mêmes à s'expatrier.

§19 — C'est dans la tolérance mutuelle qu*est le secret de la vie vraie, de la vie telle qu'elle devrait être, et ce n'est guère de l'amour, l'amour qui ne sait la douceur qu'il y a à pardonner. Voilà le véritable amour du prochain que Dieu veut nous inculquer.

§20 — Vous portez une aocusation contre un homme ; mais si d'un ton convaincu cet homme vous met au défi de la prouver, vous demande lui-même une enquête — S'il le fait avec le toupet nécessaire

vous êtes porté à douter quasi de la vérité de l'accusation sous le coup de laquelle il vous lance son défi.

831 — L.es libéraux se donnent l'air de vouloir Taboliion <lu Sénat mais c'est seulement un faire semblant ; car ils savent comme ça leur est utile à chaque vacance dans cette branche de la législature fédérale, de pouvoir y caser un des leurs, et avec le temps, tous les fidèles. Mais le sénat cette fois a contenté bien du monde, en sauvant le pays et le gouvernement lui-même d'un contrat scandaleux dit-on de 25,000 acres de terre par mille de chemin de fer projeté du Yukon pendant que jamais auparavant on n'en avait donné plus que de 5 à 10000.

§22 C*est ail gérant «riiii théâtre que

devrait incomber le devoir d'inviter les daines à se décoiffer de ces chapeaux monstres qui empêchent que ceux qui sont derrière elles puissent rien voir de ce qui se passe sur la scène. Si le gérant craint de ce faire ; alors (jue les hommes se concertent pour refuser de mener leurs femmes an théâtre, et si les femmes persistent, que les hommes s'abstiennent d'y aller et le gérant, dans son propre intérêt finira par forcer les femmes à se rendre aux dictées du bon sens. Il y a aussi les feumies qui parlent constamment pendant une reiirésentation, un concert : c'est de deux choses l'une — ou elles sont trop peu instruites pour comprendre un mot de ce qui so dit, une note de la musique ; ou, et ceci est le plus plausible, c'est la vanité, l'orgueil de laisser croire qu'elles ont déjà vu, entendu ce qui se passe sur la scène, et qu'elles n'y portent plus d'intérêt.

823 — Bruiieticrc dit et avec lui Fagiiet admet que l'Art est immoral, en ce que péné trant en nous par un de nos sens, il est sensuel. Mais il vaut mieux dire que l'Art peut porter à l'immoralité, par la contemplation de figures nues ou non drapées ou vêtues. Tout ceci cependant est conditionnel : l'habitude comme en Europe, ou chez les Romains de

voir lo nu, peut faire qti'on s'en impressionne moins. Cependant il n'est pas acquis à la vérité, que je sache, qu'il y ait plus d'iiun;oralité cJiez les peuples qui vont nus ou presque nus, f^jue chez ceux que le climat force de se vêtir. La nature, disent ces messieurs, est iuimorale. Faquet cependant limite cette imuioralité à l<a nature oniuialo : mais on ne jifut dire cela, on ne devrait point le dire -la nature animale dans ses actions peut porter à rimmoralité. Dieu n'a rien fait qui soit immoral, et ce qu'il a fait devrait — honni soit qui n al y pense — ne point portera l'immoralité et est I>eut être aussi nécessaiie comii;e moyen éducatif, que les déjeetions de certains animaux qu'on a tous les jouis sous les yenx, et qui se iont et sont là pour nous rappeler qu'on est sujet aux mêmes besoins, et nous eujpécher de trop retrousser ou serrer le nez, de trop fermer les yeux à la vue au flair de ces derniers phénomènes de la physiologie animale.

§2i — Les abolitionistes veulent que pour en empêcher un de s'enivrer il y en ait 10 qui se privent de boire. L.O pèfc Oblat Oohiet qui est plus fin que ça recoinmaiïde do combattre Pintcmpcraiace pai" le vîm. Il remarque que dans les pays où ou cultive la vigne il n'y a point d'ivrognes. C'est vrai et à preuve : durant 5 semaines à Paris je n'ai pas

une seule fois rencontré un hounne saoul. On ne peut, 'lit il, réduire l'iioiniue à ne Loire que de l'eau — ce n'est jias liygiéni<iue — le thé, le calé irritent les nerfs — I.a boissoji la plus sanitaire, la plus iigréable, la plus ancienne, c'est le vin. Le vin stinude les organes, facilite la digestion. Qu'on ne n'étonne i)oint, dit il, qu'un orateur sucré favorise le vin : l'Esprit Saint même a dit que " le vin réjouit le cœur de l'homme. " Le vin, même en excès n'excite que légèrement le cerveau, produisant la gaieté, mais jamais l'ivresse brutale de l'alcool. Le vin a été, pour ainsi dire, consacié par la Bible qui en proclame la vertu, et par le Christ qui en a fait le symbole du jjlus grand des sacrements. C'est la nouvelle génération qui bénéficiera (le la popularité du vin. Bénis donc soient tous ceux, ajoute le Kévd. Père, (pii aideront à répandre parmi les niasses le goût du vin."

Mais il y a à faire aussi la part des pays froids et, de même que dans les pays chauds, on se contente de fruits et de peu do viande peu grasse, et que dans les pays froids c'est du gras qu'il faut avec son surcroit de carbone jiour, sous le couji de l'o.xygène de la respiration pioduire la chaleur animale essentielle au bien être de l'individu ; de même, si le vin sulht aux premiers, il faut aux deiniers une quote part de spiritueuses.

825 — Un rapport d'Espagne sur la destruction du vaisseau de guerre, le " Maine '' à la Havane, conclut aune explosion iiitérieiiie, suggérée par l'explication qu'a donné M. Baillairgé de la possibilité de la chose, sous l'apparence d'une cause extérieure agissant en BOus-œuvre du vaisseau — C'est-à-dire la possiblité que la pression atmosphérique ajoutée à celle de l'eau, ait produit l'effet observé, en se ruant de l'extérieur à l'intôrieur pour combler le vide laissé en dedans du vaisseau par une explosion intérieure ; comme à St- Louis où lors du dernier cyclone, le vide créé par le passage du cyclone a eu pour effet de faire tomber les murailles en dedans, sous l'eff'et de l'air extérieur se précipitant vers ce vide pour le combler.

826— Napoléon à Ste-Hélèiie disait à son médecin Antononiarclii. " Croyez m'en : il vaut mieux abandonner tous ces remèdes ; la vie est une forteresse dont nous ne connaissons rien, ni vous, ni moi. Pourquoi mettre obstacle à ses moyens de défense? Ses propres moyens sont supérieurs à tous les appareils de vos laboratoires. La médecine est une collection de prescriptions incertaines, dont les résultats pris collectivement ont été nuisibles au genre humain. L'eau, l'air et la propreté sont mes médicaments principaux."

827 — Lie conférencier Doiiniic, éditeur de la

Revue des Deux Mondes, vient à. la rescousse de la société française en faisant voir que le romancier, le nouvelliste d'aujourd'hui, ne fait le portrait que de cas exceptionnels, exagérés, outrés, propres à produire chez le lecteur une impression tout à fait fausse et erronnée. En Allemagne, en Russie, en Angleterre, dit-il, les livres reflètent pour beaucoup les mœurs, les coutumes de la nation — Mais on ferait erreur en jugeant des mœurs des Français par les œuvres de ses romanciers — Lisez, dit Doumic, *' Madame Bovary," "La Terre," " Pot Bouille," lisez les romans psycologiques ; vous y trouverez des tableaux désolants des diverses classes de la société française actuelle. On semble s'attacher à mettre à nu les plaies morales les plus rares, et à dire aux étrangers " voilà comme nous sommes, sommes nous assez pervertis?" Extrait de l'appréciation faite de la conférence par le journal 1' '* Evénement '" de Québec.

§28 — Dieu est en même temps — " Père, Fils et Saint Esprit." Il est tour à tour bon, colère, ven^^eur. Il doit en être de même de nous

et il nous faut l'être pour être justes — Il faut aimer ses enfants comme Dieu nous aime, se montrer colères envers eux quand ils font mal, vengeurs s'il y a refus

d'obéir. Il n'y a donc pas à s'étonner si la femme est tour à tour un ange de bonté, de douceur et d'amour pour ses enfants, son époux — tantôt irritable et irritée, quand le mari, les enfants se comportent mal, et qu'elle ait en fin de compte à punir ces bien-aimés comme Dieu nous punit parce qu'il nous aime.

829 — I^oii;;:iioiir du |»n<^ de IMioinine de taille iiiO)'4'siii<> (5 pieds >< pouces). Cette longueur tient de la vitesse du pas. Le pas le plus lent est de un par seconde et est de deux pieds en moyenne. Le pas le plus précipité est de deux à la seconde et est alors de 2 pieds 8 pouces. A des vitesses intermédiaires le pas est de 2'. 2" — 2". 4'"— 2'. 6". Cette particularité a trait à ce que plus on va vite, plus on s'incline en avant, et c'est cette inclinaison qui en dérangeant davantage le centre de gravité du corps, le portant en avant, motive un pas plus allongé pour le ramener à l'état normal. Pour en faire l'estimation, il ne s'agit point de faire un seul pas, mais de voir combien on fait de pas pour parcourir une distance donnée à diverses vitesses, et de diviser la longueur du parcours par le nombre de pas.

§30 — Pour inoiitoi- plii^ facilement une

côte, faut s'incliner assez fortement en avant, projeter en avant de soi son centre de gravité. Un homme en voiture dans une côte s'avance et se penche en avant pour aider au cheval. Il faut se tenir presque courbé, ne pas redresser la jambe, mais la tenir constamment plus ou moins pliée aux articulations et de la cuisse et du genou. < )n ferme aussi la main pour diminuer la tendance qu'a le sang de se précipiter par force centrifuge vers les extrémités, ce qui gonfle la main et la rend lourde. Pour iiioiitcr avec le moins de fatig:iie iiii escalier : Il faut, non pas se donner au tronc un élan pour lui faire franchir l'espace vertical à surmonter; mais, après le pied posé sur la marche suivante, se servir de la force de l'articulation du genou pour, en le renvoyant en arrière, redresser la jambe et en ce faisant soulever le corps de la quantité voulue : voyez grimper une acclivité par un sauvage

(homme des bois).

§31 — Rien de plus fort que la jambe. Comparez la à un système ou composé de deux leviers articulés au centre, et ayant leurs extrémités libres appuyées l'une contre un objet immobile, l'autre contre un poids ou fardeau à remuer et qne ces deux leviers fassent entre eux un angle obtus comme le fait la jambe (le bas de la jambe) et la cuisse en marchant.

Un léger effort tendant à redresser les leviers pour les amener sur une même ligne droite vaincra une résistance dix fois, cent fois plus grande à l'autre extrémité du système. On voit des hommes faire des tours de force presque incroyables, s'appuyant les deux mains «ur une chaise, un banc, soulever sur leur dos un poids de plusieurs raille livres, ce jjoids étant à l'avance établi sur des tréteaux précisément à la hauteur voulue pour que l'angle du genou soit dans les meilleures conditions à cet effet.

§32— Le iiiy^léi'iciix d'une foule de tours de passe-passe : l'illusion d'optique se fait dans un nombre de cas par l'emploi de glaces ou miroirs. On peut toujours de cette manière vous faire croire que vous voyez le tout d'une chose dont vous ne voyez que la moitié. Soit un vase par exemple ou bocal contenant de l'eau ou que vous supjiosez en être rempli, et ne laisser d'espace pour rien autre chose. Que ce vase soit seulement à moitiés symétri']ues, comme un carré ou rectangle, un cercle ou une ellipse, un polygone quelconque d'un nombre pair de côtés — Placez verticalement au centre de ce bocal une glace de la largeur ou diamètre du vaisseau et de même hauteur — Versez-y de l'eau dans le compartiment de devant jusqu'à une certaine hauteur et le miroir retlétant cette eau et la

paroi qui la contient, vous mettra en présence du hocal en entier rempli d'eau ; pendant que de fait, le co.npartiment de derrière, ou derrière la glace ou cloison de séparation sera vide et vous permettra d'j' loger bien des etFets et de vous donner l'air <le les sortir de l'eau sans qu'ils soient mo'uillés. Il y a mille illusions de la sorte.

833 — La guerre actuelle entre les Etats-Unis et l'Espagne suggère la question : coillinciit ti'Oll%fc«' la distuiict; d'un fort, d'un vaisseau ennemi, «l'un point quelconque pour y laiicci' un boulet,

un obus. C'est le même procédé que celui d'un ingénieur, un arpenteur-géomètre pour s'assurer de la largeur d"une rivière pour y jeter un pont, ou la distance à laquelle se trouve le sommet d'une montagne, le haut d'un clocher, d'une tour, pour en obtenir la hauteur verticale. Sur une base quelconque établie sur la terre ferme ou sur le pont d'un navire, suivant le cas, cette base étant sensiblement peri^endiculaire à la ligne de vision de l'objet visé ; cette dernière condition même n'étant pas essentielle quand la base est très petite relativement à la distance. Alors de chaque extrémité de cette base on observe l'angle que fait la ligne de vision de l'objet avec la base. La différence de ces deux angles est égale à l'angle contenu

par ou entre les deux lignes de vision, et donne facilement la distance en la mesurant à la même échelle qu« la base. D'ailleurs sur un vaisseau de guerre on fait usage d'un petit instrument qui donne inscrite en regard de l'angle trouvé la distance voulue. Cet angle appliqué aux astres est ce que Ton appelle leur parallaxe terrestrielle, quand c'est la terre qui sert de base comme pour les planètes ; annuelle quand c'est le diamètre de l'orbite de la terre qui sert de base, comme dans le cas des étoiles.

§34 — Si une basse messe est supposée se dire ou commencer ik une lieure Axe et que le prêtre commence avant l'Iieure, c'est naturellement lui qui est responsable, si

vous n'arrivez qu'au moment de l'Evangile, ou même après que l'Evangile est dit ou en partie. Puis s'il tarde à commencer et que vous n'aj'iez que juste le temps à dévouer à une messe, c'est encore lui qui est cause que vous avez à laisser avant la messe entièrement finie. Il est vrai aussi de dire que souvent un petit retard lait l'atiaire de l'auditeur qui arrive tard, et en somme faut se pardonner mutuellement ces écarts souvent inévitables.

§35 L.a inacliiiic »iiiiii:ilc : la plus parfaite. De toutes les machines coinposées d'un même nombre de parties constituantes, c'est le mécanisme humain qui est le plus parfait. L'ossature de l'homme, avec ses articulations diverses, ses muscles extenseura et fléchisseurs, donnent lieu à des mouvements plus multiples, plus variés que n'en peut exécuter la machine la plus compliquée que l'homme ait jamais inventée ou conçue. On ne saurait être lent à arriver à cette conclusion pour peu qu'on se donne la peine de considérer les mille et un mouvements auxquels se prête le corps <le l'homme supplé mente de l'action, de ses divers membres : Jambes, bras, avant bras

doigts, etc.

830 — J"ai déjà dit que " Dieu se laisse couimander par ceux qui l'aiment." Et, en efiet je connais qui, cent (ois, mille fois en a eu des faveurs de toutes sortes, de l'argent dû, en temps opportun pour le rachat d'un billet promissoire — Vous direz à Dieu " tu ne saurais enlever cette mère aux soins de ses enfants, cet homme au soutien de sa famille ; et Dieu se dira " cet homme a la foi, il croit à ce qu'il me demande, et j'ai promis qu'avec lu foi on peut remuer les montagnes, donc il faut me rendre à sa prière, obéir à son commandement tout d'amour et de sollicitude.

S37— Il est étonnant comment, à force de se le dire, on vient à le croire. Vous suggérez à un homme une idée qui lui va, il 1" adopte, il plaide pour, il arrive à croire enfin que cette idée est de lui, et il est content dit-il que vous soyiez de son opinion à ce sujet, de cette manière de voir. Chose drôle et ayant de l'analogie au fait ci-dessus : un individu venu à mon bureau, débute par m'annoncer la mort d'un tel, puis à la suite d'une entrevue de quelques minutes, il me laisse, et moi de courir après pour lui dire qu'un tel est mort — Oui, dit-il, à ma courte honte, c'est moi qui viens de vous l'apprendre. C'était vrai, et il me semblait déjà que cette nouvelle était de provenance étrangère.

838 — Il y » certainement compensation, pour quelque chose, entre un moindre reveiin à un

faible taux d'intérêt, et le «lonte, l'inquiétude, l'anxiété que l'on a, à l'endroit de la possibilité, sous un taux plus lucratif, la crainte de perdre le capital ou en partie sur une hypothèque non réalisable en cas de vente ou liquidation ; ou encore quand on fait la part des courses réitérées à faire chez un locataire pour lui faire jiayer son quartier de loj'er, ses continuelles importunités à l'endroit des réparations, additions, embellissements, etc — qu'il ne cesse de

demander. Puis encore, la maison peut rester sans locataire, et alors on est doublement content de sa petite rente mais qui est sûre et arrive toujours à terme.

839 — Il est question (S33) de la distance d'un objet au rei)os. S'il s'n^it <le la position d'un bniloii dans l'espsice, d'un corps quciconqne en nionvcnicnt : un Vjatimentà la voile, un vapeur, une voiture, un homme, un animal, un oiseau au vol. Il y a à être deux et à agir de concert et au même moment, chacun prenant simultanément l'angle d'élévation de l'objet visé ; pnis, le télescope, la lunette restant en iilace, l'angle que fait à chaque extrémité de la base qui sépare les observateurs, la ligne de vision de l'objet, avec la ligne de base dont il faut aussi connaître la longueur. Mais si les deux observateurs sont dans le même plan vertical que le ballon ou autre objet visé, alors la différence des deux angles d'élévation simultanément connus, suffit à la solution du problème.

§40 — Le conraiit d'air d'aller et retour ou de propulsion au loin du foyer et de retour par succion vers le foyer pour remplir le vide y créé, se comporte comme le

vent qui traversant une vallée perpendiculairement ik ses collines latérales, passe tout droit ou sans y dc^sccndre à peine.

On a un exemple de ceci dans la deuxième explosion de dynamite sur le chemin de Chelsea, à quelqiies 3 milles de HuU situé dans la vallée de la rivière chaudière à Ottawa, où le courant de propulsion a passé pardessus HuU sans y créer de dommages, pour se rendre vers les hauteurs d'Ottawa où il a fait des dégâts sur les rues Spark et Bank. Certaines croisées et portée y out été projetées en dedans, d'autres en dehors par le vide créé à l'extérieur par le courant de retour pour combler le vide (vacuum) produit par l'explosion. D'ailleurs M. Steekel a l'air de croire que le bris des vitreaux est dû à la vibration causée par le courant d'air venant du foyer, tout de même qu'un fort son à l'intérieur d'une chambre fait vibrer à l'unison les globes de lamjie, et vitres sujets à l'influence du courant d'air producteur du son.

§41 — I^es explosioies de poussière de farine dans les moulins comme de poussière de g'rain dans les «' élévateurs " ne sont point encore comprises ou expliquées d'une manière intellig^ente, intelligible ou satisfaisante. Celle du 17 Avril, 1S98, qui a fait sauter

un élévateur à Charleston et y a causée un incendie de $600,000.00 est un cas assez sérieux pour que la science s'empare de la question et l'étudié à fond dans le but de prévenir si c'est possible, la récidive de semblables malheurs. Tout ce qu'on peut dire dans l'état actuel de nos connaissances à ce sujet, est que l'air ainsi rempli et saturé d'une matière éminemment légère et enflammable prend feu au contact de îa flamme d'une lampe, d'une allumette, tout comme le fait dans une mine de charbon l'air sauturé des gaz dangereux qui se dégagent de la houille ; et qu'il y aurait pour prévenir ces accidents à statuer qu'à l'avenir on ne fera usage dans les moulins et élévateurs à grain que des lampes protégées comme celle des mines, par une fine toile en fil de fer capable d'empêcher le contact entre l'air ainsi rendue enflammable et la lampe, supprimant en même temps tout danger pouvant résulter de l'emploi des allumettes, pipes, etc.

842 — Trois personnes ou plus sont mandées, comme experts ou dans une capacité quelconque. Il est clair que chacune d'elles peut i)rendre sa voiture si la distance le motive. Mais elles peuvent de même se concerter pour y aller ensemble, tout «*ii faisant payer, cliaciiiic par koii client, le prix <le transport, comme si elle y était allée seule.

§43 — L.a fin justifie les moyens. La faim aussi justifie les moyens, car pour le pauvre diable qui n'a pas le sou pour acheter un pain, pour empêcher de crever sa famille, c'est là aussi une fin bien justifiable malgré que la loi dise le contraire.

844- -La nuit tout est sombre, décourageant, tout porte au diable bleu — mais lorsque reparrait le soleil, tout revit, tout nous apparaît sous un nouveau jour, un nouvel aspect. Le soir c'est la mort. Lie réveil c'est la vie, la résurrection.

84 .î — L'abbé G. Dugas dans son ouvrage " L^n voyageur du pays d'en haut," nous dit page 37 qu'un iiomme de moyenne force, dans les portasses ne portait que deux colis de 90 à 100 livres— mais que ceux qui voulaient faire êtalag:e de leur force en endossaient jusqu'à " cinq et six." D'anciens voyageurs, ajoute-t' il, assurent avoir vu de ces hommes qui en enlevaient huit sans se gêner, au moyen, dit-il d'une courroie suspendue sur leur tête et rejetée en arrière, ils réussissaient à se placer cette charge sur le dos, et au pas accéléré ils la transportaient au bout du portage. Le

nom d'un nommé Paul, continue-t-il, a été longtemps célèbre par des exploits de ce genre." Mon ami Bignell, pionnier, voyageur lui aussi, m'assure avoir vu un homme se charger de six colis de la sorte ; G fois 90 Ibs. ou 540 Ibs. ; mais malgré tout mon bon vouloir, j'avoue avoir de la peine à y croire.

846^Je remarque ce matin en revenant de St- Laurent de l'Isle d'Orléans à Québec— 4 lieues — que sur tout ce parcours il y a de cent en cent pieds plus ou moins, trois, quatre et jusqu'à six lig:iies à peuprès parallèles et accentuées d^écuine de mer (non pas celle dont on fait les pipes). Ces stries sont parallèles au fil de l'eau, au fil du courant du St- Laurent et je ne me rends pas compte de leur raison d'être. Si quelqu'un a remarqué comme moi, ce phénomène, qu'il veuille bien nous faire part de sa théorie de l'existence de ces fils blancs.

847 — Je suis en présence d'un morceau de Tincrustatioii, à plusieurs strales superposées et variées, qui se forme à Tiiitérieur des chaudières à vapeur. CVsl immensément instructif, sug^g^estif de la manière dont ont

pu orà;;iiier les divoises strates scdiincntaires «lo ]:i croiittî de la terre, et dé nonti-ent à ne pas en douter la part afférente que peut avoir eue à la formation de ces strates l'action de l'eau rendue bouillante par le contact avec la croûte granitique encore brûlante de notre planète. Je n'avais jamais pu m'expliqner au])aravnnt la formation de ces strates solidifiées, empierrées ou rendues homogènes et absolument pétrifiées sous le seul effort de leurs poids respectifs superposés l'un à l'autre, à l'eau froide : eau de mer, fluviale ou lacustre.

§48— ITIario f'orclli dans son ouvragro •< ITIy woiidcrfnl wife " a édile Téloqueiite pasre

qui suit et qui lui fait honneur " Oxn je veux ma chère (à son é])Ousp) un changement, mais non point celui que tu soupçonnes. Je veux un changement, non pas loin de toi, mais en toi. .Te veux voir le côté féminin de ton être, la gentillesse, la douceur qui sont en toi. J'en suis sûr, si tu voulais laisser prendre essor à ces aimables qualités, aulieu de les dissimuler sous le manteau d'une conduite masculine, qui, comme je te l'ai souvent dit déjà, ne te sied aucunement, et m'affligent profondément. Je souffre Honoria, j© souffre réellement lorsque je te vois et t'entends, toi ma femme, affecter les manières, les

habitudep, l'argot des hommes. Il n'est assurément point disgracieux pour une femme d'être féminine ; »a faiblesse est plus puissante que toute sa force ; sa douceur u:et un frein à la colère et engendre la i^aix. Dans sa véritable position, elle est la grâce régénératrice de l'iiomme ; ses vertus les rendent honteux de leurs vices, sa simplicité désarme leur astuce, sa foi et sa vérité leur inspirent le bien le plus élevé, le plus noble. Je sais ma chère qu'il y a de nos jours beaucoup de femmes qui agissent comme tu le fais et n'en croient aucun mal, n'y voient aucune honte — qui chassent et pèchent et fument et jouent aux billards, et qui sont les amis déclarés des hommes dans tous leurs rudes jeux et passe temps — mais, crois-m'en, rien de bon ne peut venir de ce renversement des barrières entre ^es sexes ; une grande nation comme la nôtre ne saurait tirer avantage du fait de permettre aux femmes de sacrifier ainsi de propos délibéré leur délicatesse, leur réserve ; aux hommes de se départir de leur ancien code de chevalerie, et de respect. Xon, ma chère, ce n'est point conforme à la loi de la nature, et tout ce qui y est opposé est mal. Ce sera pour l'Angleterre un mauvais jour, un jour néfaste, que celui où les femmes en leur ensemble, se déclareront les égaux des homuics — car les hommes, même au mieux, ont de viles passions animales, de vils désirs, et des vices vulgaires que la plupart d'entre eux verraient à regret se ré-

fléchir chez les femmes qu'instinctivement ils veulent respecter. Je parle du cœur, ma bienaimée : donnemoi un peu de cette abnégation de soi-même qui distingue si glorieusement ton sexe dans les temps do maladie, de malheur. Sois femme, Honoria, cesse de fumer et de parier, et laisse-moi trouver en toi la douce compagne qu'il me faut pour m'encourager et m'aider dans ma carrière de la vie. Tu m'es précieuse — je veux te voir en ton mieux." Corelli ne veut donc point de la femme régénérée — L"homme non plus. Tous ceux qui sont censés et ont le cœur droit veulent la femme telle qu'elle l'est, et du moment qu'elle deviendra masculine dans ses manières, l'homme cessera de l'aimer, de l'estimer même, et elle ne sera plus pour lui qu'un instrument de ses vils désirs. Adieu alors et pour toujours au bonheur domestique, aux délices d'un chez soi, aux agréments de la vie en famille, à tous les plaisirs et consolations que l'homme éprouve aux abords d'une épouse bien-aimée.

849 — Une nouvelle île vient «le sourdre de la mer, près la côte X. U. de Bornéo, en face la ville de Labuon (Océan Pacifique) et dans le voisinage de l'équateur. Sa lormaiion a trait au tremblement de terre qui eut lieu en septembre 1897, près Hudot. L'île est de glaise ou argile et roc et mesure quelques

700 pieds de longueur sur 500 de largeur; ces dimensions s'accentuent depuis qu'elle a été aperçue pour la première fois. Cette émergence de nouvelles îles de la mer n'est pas nouvelle. Les îles Graham et Falcon entre autres en sont des exemples.

§50 — La science est toujours à la découverte de nouvelles merveilles : voici qu'en creusant (forant) un puits artésien à San Marco du Texas il vient de sourdre du fond non seulement de l'eau, mais un animal habitant l'eau et qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Des spécimens en ont déjà été reçus à l'université Cornell, E.-U. C'est un salaiiiaiidre aveiig^le de couleur blanche, ayant de longues jambes et de frêles et délicats orteils ou doigts de pied, qui ne peuvent lui être de grande utilité pour le mouvement, la locomotion, mais précieux pour le toucher dans ces eaux noires ou privées de lumière, ou l'animal même s'il avait des yeux ne verrait rien dans un semblable souterrain. On a donné à ces êtres le nom de Typhlomolge.

851 — Il y a quelques années, le professeur Vines fit voir une analogie importante entre les cruches de Népcntliés, Espagne, et la membrane muqueuse

gastrique chez l'animal ; en tirant des parois sécrétantes, de la muraille du vaisseau un extrait à la glycérine, ayant une action digestive accentuée sur la fibrine.

852 — La vitesse de nos vapeurs océaiiiiiqiies s'accentue tous les jours. Voilà que

la " Lucania " de la ligne Cunard, reine des mers avant l'arrivée du "Kaiser Wilhelm," et qui avait une vitesse moyenne de 22.01 nœuds à Theure, vient de maintenir pendant toute une journée de 24 heures, une vitesse de 22.92 nœuds, et ceci même a été surpassé par le " Kaiser " qui jjendant 24 heures a maintenu une vitesse de plus de 23 nœuds — près de 27 milles à l'heure.

853 — L.e premier train de luxe qui sur le chemin de fer trans-sibérien vient de faire le trajet de St-Petersbourg à Tomsk, et qui sous peu d'années se rendra directement au port Arthur, en Chine, distance de peut-être quelques deux mille lieues, était composé de (juatre magnifiques wagons construits à Moscow, aménagés sous tous les rapports avec le plus grand luxe : salon ouvert, char dortoir, chambre de bain, bibliothèque, des téléphones, lu.

iiiière électrique, réfrigérateurs, appareil ventilateur, pianos et aj^pareils d'exercices gymnastiques.

854 — Un cable sauveK iir awx chutes IXiag:ai'a. Déjà de nombreux accidents sont arrivés à ceux qui naviguant cette rivière et s'approchant trop de la chute, y ont été entraînés et perdu la vie. C'est donc dans un but tout humanitaire que l'on vient d'ériger assez en amont du précipice, un cable de sauvetage, auquel s'accrochant en cas de danger, on peut attendre que du rivage de part et d'autre vienne une chaloupe nous arracher du péril.

855 — Le Colonel Bossât vient d'étudier l'expansion, la contraction de la tour EifTeil de Paris. Il y a, du lever au coucher du soleil, torsion, courbure à travers un arc de quelques 10 centimètres (o pouces à peu près). Ce mouvement se produit en sens contraire durant la nuit. Cette torsion cependant ne compromet aucunement la solidité de la structure, et est d'ailleurs commune à toutes constructions de la sorte, ponts en fer, etc.

856 — Vue basse-uicse, la semaine, c'est-

à-dire, quand elle n'est point oblig:atoire, est certainement chose méritoire, pour une femme qui en a le loisir ; mais ce qui Test da\'aiilag:e, c'est de rester chez elle le matin pour y dirig:er la cuisine et voir à ce que rien ne se g:âte, ne se perde. En ai-je vu de ce gaspil de la part des servantes qui n'ont pas même assez de cœur pour sauver du rebut une tranche de pain, une côtelette, le gras de la viande que les enfants ne mangent point, pour en faire une portion pour les pauvres, qui eux, à leur tour mettraient au moins les graisses au savon. Voir aussi, avec notre système de poêles calorifères à charbon, ce que la tille en jette avec la cendre pour ne pas se donner la peine, le désagrément de recueillir avec ses chères petites mains ; ou au râteau, les morceaux de grosseur accentuée qui échappent à la sous-grille qui les reçoit du foyer. Oui, ce serait plus méritoire, car le travail est la meilleure des prières ; puisque pour la messe il y a le plaisir de sortir, de prendre l'air le matin, de jouir de la belle nature ; pendant que rester à la maison élimine toutes ces jouissances et fait que la surveillance de la chose domestique est de fait plus agréable à Dieu, que cette messe qui pour le père, le mari, fait le sujet d'un mécontentement de tous les jours ayant trait à ce que lui coûte par année une semblable incurie.

857 — Nul, soit-il duc ou roi uiéme, n'est héros ou lion jîour sou valet de chamljre. I^iil non plus, à. côlé «l'un cti'uii^^er de iiiêiiic profession

(ingénieur, architecte, avocat, médecin) n'est pour vous de iiiênie taille ; car votre concitoyen est pour vous comme le duc pour son valet, un homme de tous les jours, vous le voyez, le rencontrez constamment ; et counne il n'y a rien en lui qui rayonne à l'extérieur, un génie, un talent, une aptitude que d'autres ne possèdent point ; tous, de votre entourage Journalier, vous sont indifférents, sauf vous même ; tandis que chez Tétranger, l'homme d'outremer, ou d'audelà de La Manche, et précisément parce que vous ne le connaissez point, tout est mystérieux, et vous êtes prêt à lui supposer des connaissances, des qualités de perception, d'exécution hors ligne. J'ai vu cela à Paris, où souvent, il s'est agi d'en référer pour certaine chose, à un ingénieur, ou homme d'état anglais ; et de même, à Londres, l'idée ne vient pas toujours de vous en rapporter à un des vôtres mais de traverser le bras de mer pour consulter un français. Ceci tient aussi du fait que " nul n'est prophète dans son pays."

858 — On ineline d'ordinaire vers ceu3i^ qui ont plus de r«>rtune une position sociale plus élevée que la nôtre. C'est peut-

être rationnel : car qui est plus riche peut ou doit avoir plus voyagé, plus vu, connaître plus ; et de même de ceux que vous supposez plus aristos que vous ; vous êtes porté à croire que ce sont des droits acquis, des dons de Dieu peut-être, comme les grands de la terre, les rois qui aiment à laisser croire qu'ils sont d'institution divine — le " fils du ciel " de l'empire chinois, entre autres, les prophètes, et même les faux prophètes ; mais enfin l'on est ainsi fait : le père voit avec plus de satisfaction son fils fréquenter ceux d'une sphère sociale, littéraire, scientifique supérieure à la sienne — la mère est désolée si sa fille est déjetée par celles de ses compagnes de couvent qui ont la prétention d'être plus fortunées, mieux mises, ou qui peuvent se donner le luxe d'une voiture, d'une loge à l'opéra, ou parce que mon père est maire, ou un frère membre du parlement, mon cousin un échevin, juge de paix, capitaine de milice, ma tante la femme d'un juge, etc.

§59 — Une des g^randes attractions de la jolie ville de IVaples est son aquarium

délicieusement situé sur la baie de même nom, au milieu d'un feuillage à demi tropical. Cette ville est surtout bien située pour un aquarium, parce que sa baie est remarquablement riclie en espèces animales, et qu'on trouve dans ses eaux des formes qui ne se

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