Le proverbe anglais "ont ot' sig^lit, — ont
Of iiiiiid " est tiaduisible dans toutes les langues, et véridique chez toutes les nations, chez tous les individus. Oui — quand on ne vous voit point, on ne pense pas à vous. Dans les réunions sociales, littéraires, scientifiques: il }• en a toujours un certain
nombre auxquels l'on pense sans les voir, ou plutôt on n'y pense point, mais on interroge sa mémoire, celles des autres pour des suggestions et on n'est pas lent à en trouver plusieurs parmi les haut placés, les titrés, les riches qui, de mise ou non à la fête, y sont conviés pour en hausser l'éclat-, mais les pauvres diables qui ne J'ont partie d'aucun club oii leur présence peut taire penser à eux, courent le risque de rester en arrière, ne pas recevoir d'invitation, malgré que leurs talents, leur génie, leurs œuvres motiveraient assez leur entrée. Je vois ceci par moi-même en me rappelant que plusiei rs fois où j'ai eu l'occasion de m'associer des amis, des gens de mêmes aptitudes, j'avais à me dire, le lendemain en les rencontrant sur la voie publique : tiens comme j'ai été gauche : en voilà un, en voilà un autre que, si j'avais pensé, j'aurais convié en telle occasion.
892 — L.e iT 11 verse nie m, en i'oiis- 4rA|>|><-l, d'une fouie de iug:enient!§» des Cours de moindre jui'itiiction, est motivé d'ordinaire pai' le fail que tel et tel eas aurait «lu faire le suj<>t d'une expertise par 4l4-s lioinines de l'art, de la seienee ayant trait à la question en litig'e. L'on pose au tôuioin toutes sortes de (pu'siii us saut' c<dle à huiuellu il seniit le
plus pertinent de répondre. Il s'agissait par exemple du dommage que pouvait faire à un meunier une prise d'eau d'a(]ueduc sur la rivière alimentatrice du moulin. La chose importante à prouver était la quantité, le prorata, le pour-eent de Teau ainsi distraite de la rivière, et pas une question ne s'est suggérée à l'avocat ni de la demande, ni de la défense à l'endroit de cette part afférente de l'eau, si essentielle pour permettre à la Cour d'apprécier la situation. Pourquoi alors ne pas dire au témoin " veuillez nous faire part de vos observations quant à ce que vous avez vu sur les lieux et des conclusions que vous en tirez, comme ayant trait à la question en dispute."' Mais non: l'un des avocats peut-être s'y objecterait, et malgré l'injonction contenue dans la prestation de seraient de dire " toute la vérité," il est très rare qu'elle se fasse jour et la Cour reste dans l'obscurité.
S93— L.'étoile Arctiiriis : la merveille du firniniiieiit. Regardez-Ià attentivement. Cet astre est le jjIus grand des soleils que contiennent les cieux qui nous sont connus. Sa distance de nous est de mille millions de raillions de milles (333,000,000 de millions de lieues) ou plus de 10,(X)0,000 de fois la distance de notre soleil à nous. Comme l'intensité de la lumière décroît avec le carré de la distance, il est
facile de démontrer que ai nous étions aussi près d'Arcturus que nous le sommes du soleil, la terre serait vaporisée, réduite en poussière, en vapeur, par le seul soutHe de chaleur imaginable qui la frapperait, car Arcturus surpasse dans le rapport de six mille à un, le pouvoir éclairant et échauffant du soleil. Quand à la véritable grandeur d'Arctui'Us, il n'est pas improbable que son globle ferait plus qu'emplir l'espace compris par le rayon de l'orbite de la planète Mercure autour du soleil. Ce serait donc une boule d'un diamètre de plus de 20 millions de milles, ou de 25 fois celui du soleil. C'est-à-dire que sa grosseur, son volume dépasserait de plus de 15,000 fois celle de notre luminaire. Xe pas connaître Arcturus, serait donc ignorer le phénomène physique le plus étonnant, le plus prodigieux qu'il soit donné à l'homme de contempler.
S94 — Coninient rceoniia'tre ou trouver l'étoile Arcturus, Le voici : vous connaissez, tout le monde connaît la constellation " Gi-ande Ourse," ou disons plutôt, cette partie de la constellation qui en représente la cuisse, la queue ; suivez de l'œil, la courbure de cette queue, et prolongez la par imagination d'une quantité égale à l'étendue en longueur de la partie facilement visible de la constellation (la cuisse
et la queue). Vous tomberez de cette manière sur Arcturus, étoile jaunâtre. Au loin vers le Sud est Tétoile blanche Spica dans " La Vierge," et encore plus loin à IMJuest la planète .lupiter — les trois : Arcturus, Spica et Jupiter formant les coins d'un vaste
triangle.
895 — L'étoili' Véga. Au nord-est d' Arcturus (894) app>arait le bel anneau ou cercle de la " Couronne du Nord" et à demi chemin entre la Couronne et l'horizon, la brillante Véga captera l'œil. Cette étoile est seconde seulement à Arcturus parmi les géants connus des espaces stellaires. Sa distance de nous quoique de seulement la moitié de celle de l'autre, est encore de cinq cent millions de millions de milles (5(10,000,000 de millions) ou de 166,000,000 de millions de lieues, et son pouvoir illuminant est de probablement deux mille fois celui du soleil. Le contraste entre les couleurs d'Arcturus et de Véga est tout à fait captivant.
§96 — En cette saison, fin de Iflai, Vénus coniinence à outre passer la splendeur de Jupiter eoniine étoile du soir. Au télescope — car on ne peut guère en voir les phases à l'œil nu — elle nous parait gibbeuse, c'est-à-dire, ventrue comme la
lune en passant au plein, et on en voit les /qj ^^ quatre cinquièmes du disque illuminé. Vénus est en quelque sorte le miroir de la terre. Etant, à très près, des dimensions de la terre, elle nous fuit le même effet que ferait la terre si à son tour on la j^ouvait voir d'où est Vénus. Mais lorsque, ce qui aura lieu en décembre, Vénus se trouvera entie le soleil et la terre, ses habitants verront un spectacle plus magnifique qu'aucun de ceux qui se soient jamais présentés à nos yeux ; car alors la terre apparaîtra au ciel de minuit de Vénus, dans sa phase de plénitude ou de pleine lune avec tous les continents, ses océans, ses nuages facilement visible à leurs télescopes ; et accompagné de sa fidèle compagne, la lune serait pour Vénus une planète assez accentuée, et pour ses astronomes très brillante en ce que n'ayant point d'atmosphère, ni par conséquent de nuages, il n'y aurait rien pour en obstruer la vue.
80Î — Jiipifei' la grande ou maîtresse planète de notre système solaire commande notre attention — passant au méridien de bonne heure durant la soirée et demeurant visible pendant la première moitié de la nuit. Jupiter, qui co;nme on le sait est mille fois plus grand que la terre, et plus grand à lui seul que toutes les planètes réunies de notre système, a développé
durant les deux dernières années dans sa zone tropique nord, une série remarquable de taches elliptiques noirs, et à l'heure qu'il est ces taches paraissent s'accentuer en nombre. Les observateurs de Jupiter en ont trois surtout à l'étude et leur vitesse de mouvement parait surpasser celle de semblables taches visées au même endroit il y a trois ou quatre ans. La commotion des stries et taches de Jupiter est toujours d'un intérêt qui capture l'attention des astronomes. Il se forme en Jupiter ou à sa surface de prodigieux changements, mais on n'en connaît point la nature.
898 — «« Les pécliés des gens seront visités sur eux et lenrs enlsints jnsqn'à la troisième et quatrième générations." En effet, cela a étô de tout temps, et a lieu d'une manière accentuée de nos jours — car voilà que dans les pays où on tue ces milliers d'oiseaux pour en orner les chapeaux des femmes, les insectes par milliers que dévoraient, détruisaient ces habitants de l'air, dévorent aujourd'hui à leur tour (compensation de Dieu pour punir l'orgueil, la cruauté) tous les grains, les fruits, les légumes, etc., qui leur tombent sous la dent (le bec, si vous voulez, puisque d'ordinaire les oiseaux n'ont point de dents). Et par contre, que de malédictions ici au Canada, le peuple n'a-t-il point pro-
noncécs sur la tête de celui qui, pour se défaire d'un ver nuisible à un bien moindre degré a importé le moineau qui a chassé notre hirondelle, infeste aujourd'hui toute l'Amérique du Nord, se nourrit de fumier, le salot qu'il est, et fait cent fois plus de mal qu'il n'a jamais fait de bien.
899 — L'iiBciirio dévastai l'icc «le l'Iioiiiiiio est iiniiic'iiM', incalculable. Il a détruit la forêt, le malheureux, et en le faisant, en dénudant ainsi la terre, a accentué les hautes eaux, les inondations du l)rintemps, les basses eaux de l'été, le manque d'un tirant d'eau suffisant dans les fleuves, les rivières, la fureur des cyclones autrefois retardés par leur friction au contact de la forêt. II a détruit le buffle et est en train de détruire le saumon, le homard, le loup-marin d'Alaska et que sais-je encore. En un mot il est de tous les animaux le plus destructeur ; les autres, sauf peut-être le carcajou, ne tuent que pour leurs propres besoins — pendant que comme le carcajou l'homme détruit par pure stupidité, par jnalice, vengeance. En déboisant le flanc de la montagne, il en a déterminé, hâté l'avalanche de neige — en dépouillant la plaine et le littoial des rivières et cours d'eau, il y a motivé la destruction des écores, leur affaissement, leur aplatissement, leur surcroît d'étendue à même les surfaces
dévouées à la culture; l'éboulement, le déplacement destructeur vers les rivières de vastes étendues de terrains sableux ou d'un sol léger et arable que retenaient auparavant en place les flancs boisés des cours d'eau, etc., et enfin ceux qui ont échappé à la mort dans ces inondations, cyclones, avalanches, écroulements du sol, périssent plus tard par la lamine et c'est ainsi que Dieu se venge de notre inénarrable insouciance du futur.
900 — Comme le même mot veut dire deux choses diamétralement opposées. La valeur d'une chose est dit-on inappréciable, et on a besoin ensuite de qualificatifs pour faire comprendre dans quel sens il faut entendre le mot à deux sens ; car ' inapi^réciable ' veut tout aussi bien dire : il y en a si peu, ça vaut si peu, que ça ne vaut pas la peine d'en parler; que ça veut dire tout le contraire, comme en parlant d'un bienfait qu'on ne saurait priser suffisamment. C'est tout à fait analogue dans son genre au dicton et au fait même que " le sublime est voisin du ridicule.''
901 — <jioUI\viii Siiiitia tance les déclainateiirs sacrés chez nos frères séparés, et d'autres qui sont anjoiai-d'iini à faire parade
de leur bi^^oteric propre, en dénonçant la bi^otei'ie «apposée de l'£$pag:iie, et attribuant à des causes relig^ieuses, la décadence de la puissance passée de ce pays.
Il dit : " Il n'y a ni sens commun, ni justice de reprocher aux Espagnols d'aujourd'hui, l'inquisition et l'Armada — pas plus que si on reprochait aujourd'hui aux Anglais l'exécution de prêtres catholiques, ou aux habitants du Massachussets la persécution de» Quakers et l'exécution des sorcières. Les neuf cent espagnols tombés morts sous le feu meurtrier de Dewey n'ont pas eu plus à faire avec l'Auto-da-fe, qu'avec l'assassinat de Jules César. C'est durant la lutte avec le Mahométisme, ajoute-t-il, moresque d'abord, puis turque, où Elle était champion, et pour beaucoup martyre de la chrétienté, qu'EUe a contracté la bigoterie qu'on lui a alors reprochée."
909 — Les marins ont une aftection pour les animaux de bord. Ce sont pour eux dit un article reproduit par " L'Evénement " de véritables mascotes, c'est-à-dire qui portent chance à qui les possède. A bord de presque tous les navires de guerre américains, il y a un ou plusieurs animaux faisant en quelque sorte partie de l'équipage, et que les marins naturellement superstitieux se plaisent à caresser. A
boni <lu croiseur cuirassé le New York, en liule à Key AVesl était le célèbre Billy Major, un bouc qui appartenait à la marine depuis treize ans, et qui est niort en avril 1898. Son péché était la gourmandise et il s'est tué à manger un seau de blanc de céruse qu'il avait naturellement pris pour de la farine. On lui a fait de dignes funérailles — Un autre bouc "Lilly the terrer" embarqué sur un monitor de ce dernier nom, est aussi en voie de devenir célèbre. Il est intelligent couniie un cbien. Les matelots lui ont montré bien des tours et re font toujouis photogiai)hicr en sa compagnie — A bord du iL-.iue était un chat noir, et l'équiiiage n"a pu comprendre le nallieur (pii est arrivé au vaisseau avec cette mascote de la partie. On crut le chat sauté avec l'explosion, mais voilà parait-il qu'on l'a retrouvé perché sur la partie de l'épave sortie de l'eau — Un l'a transporté sin- le Feny où les matelots l'ont reçu à bras ouverts et il a lepris son rang de doyen des chats de la marine américaine- Sur le cuirassé Massachussets ils ont une chatte qui fait son gite dans la gueule d'un canon — A bord du croiseur Détroit les marins ont un singe qu'ils appellent Monk et qu'ils hab'illent pour les grandes occasions en officier de marine. Revêtu de son uniforme, il est plein de dignité, et salue en soulevant sa casquette comme un vrai marin — Sur d'autres
navires, il y a des chiens, des perroquets, etc Le
nom'bre de ces animaux est naturelletpeiit limité par
le coiiunan<lant, sans quoi chaque matelot en aurait un et ce seraient autant d'arches de Noé — L'armée, elle aussi, a ses faibles i)Our les animaux et chaque régiment en a générale.ueiit un — D'ailleurs tout le monde aime ça, puisque dans chaqiu»- ca;i)i)ement, chaque foyer domestique on en trouve un et souvent plusieui's.
903 — Hospitalier, ilans un résiiiiic dos pro^^rés dans le!!i scicaices depuis scssSosaieiit dix ans.
Un homme, dit-il, revenu d'une léthai'gie de ce dixième de siècle aurait à faire connaissance avec la bicyclette avec ses roues caoulehouiées— il verrait avec des yeux étonnés et incrédules les automobiles électriques, au pétrole, à la va[)eur. Il trouverait les chemins de fer électriques (|ui n'existaient point — les courants polyphasés qui fournissent le moyen de distribuer à grande distance les forces motrices naturelles — la turbine Laval qui permet d'utiliseï' la vapeur à plusieurs centaines d'atmosphèies — le nouveau moteur Diessel à combustion intérieure, le plus économique <le tous !• s moteurs — le carbure c^le calcium avec lequel on fait le gaz appelé acétylène, et qui donne une lumière si éclatante — ( )n lui [larlera, à notre ressuscité, de cinématographie, des rayons l\0(Mitgen qui nous font voir à travers les corps opaques — de l'air liquéKé — le la
photographie des couleurs — de la télégraphie sans fils — de la lumière froide obtenue par luminescence des
gaz raréfiés traversés par efifluve électrique des
courants électriques de haute fréquence dont Tesla a indiqué les merveilleuses propriétés et que M. D'arsonval a appliqués à l'art de guérir : quatorze découvertes à sensation dans moins que H) ans, et c'est â peine aussi si notre individu aura entendu parler du phonographe avant de s"endormir. (Tiré d'un article reproduit par l'Evénement du 28 mai 1898).
904 — Il y a toute une difléreiice, quoique non niatliéniatique, entre un billet de $5.00 ou de $4.00 et un nombre de billets allant à former le montant. Ainsi quand on donne quelque chose à un révérend pour le payer d'un mariage, d'un baptême, et comme il n'y a point de somme particulière affectée à l'accomplissement d'un pareil devoir — il ne faut pas qu'on se donne l'air d'avoir calculé la valeur de ses services : uu §5 ou un $4 a l'air de vous être tombé sous la main, tandis que si vous donnez un quatre et un — deux deux, ou que la somme •oit composée de simples billets d'une piastres — alors ça vous donne l'air d'avoir calculé d'un manière tout à fait mercenaire la valeur du service rendu — Ne pas en
conclure cependant que vous faites mieux de ne rien donner, le cas échéant où vous n'auriez point sur vous un billet du montant voulu ; car le pauvre diable de curé — surtout si c'est un curé dont la dîme est modeste, ne sera aucunement de cet avis — maia alors froissez le tout dans votre main et mettez le dans la main du récipiendaire en lui refermant vous même les doigts, comme pour dire : n'y regardez point pour le moment.
905 — Quand on is'endoit, les sens sont en même temps plus ou moins endormis. On
ressent moins le mal que nous fait éprouver, le jour, une blessure, une dent douleureuse, une maladie quelconque— l'oreille est moins vive à percevoir un son, un bruit quelconque — le goût discerne moins les saveurs des mets — le flair est moins accentué — le toucher, le tact discerne moins entre les objets palpés — en un mot, tous les sens sont plus ou moin» émoussés.
906 — Savoir jusqu'à quel point l'on peut intenter un procès en dommages à un homme un hôtelier par exemple, qui en manquant de vous réveiller à une heure convenue, vous fait perdre le bateau, le convoi ; vous
met en présence d'une perte quelconque, ou vous enlève la perspective plus ou moins certaine d'une bonne affaire, ne serait-ce qu'un voyage de plaisir, un tour de santé ; puisque l'hôtelier lui-même, ne peut être certain de se reveiller à temps pour vous être utile.
9O'î'--0n peut sans insulter un individu le traiter de menteur quand il vous dit son âge et que vous avez l'air de no pas le croire si vieux. L.C qualificatif est dans c« cas flalteiii* pour le récipiendaire.
908 — «St Basile est le premier qui ait porté la parole du Christ à l'étranger —De là vient qu'on permet de doiiiK'i' le nom di; Basilique à. réalise «Piiii |»ays d^oii soitt partis des missionnaires pour la coii%'ersion des infidèles — couuiie de Québec, Ottawa, Mexico et quelques autres — peut-être pas plus de cinq pour la chrétienté toute entière.
909 — Reparties motivées. Un ministre protestant demande à un irlandais catholique, ce que l'on bâtissait là — c'est une église catholique lui répond
l'interpellé — " Je le regrette dit le ministre " — " le diable aussi " ajoute notre lioaiuie.
Jeun, mon paletot ; oui monsieur — Jean, mon chapeau ; oui monsieur — Jean, ma canne ; oui monsieur — Jean va au diable ; oui monsieur, je voii<<« <«>iiiv'i':ii partout où vous irez.
9IO — L:i «liiMM'Jioii iioi'iiiale <lii regard <li' l*lioiiinic i'Sl liori/:i>iital4> ou [)arallèle à peu près à la chaussée qu'il poursuit — De cette sorte il voit en face ou de front tous ceux qu'il rencontre, les attelages et équipages qu'il rencontie sur sa route ou qui le passent outre, le devau'^ent ; les étalages, les installations de marchandises de toutes sortes qui garnissent les vitreaux qui longent son parcours — Pour regarder en l'air ou plus haut, il faut un effort- Un ne regarde plus bas ou à ses i^ieds que momentanément pour éviter de trébucher. Voilà pour(jUoi il n'y a pas à s'étonner que celui qui ne cherche point, ne voit i^oint — c'est-à-dire qu'on ne verr.a la chaussée, le trottoir, son modo de pavage, ses défauts que si on le i-eganle dans ce but là, avec cette intention; de mémo que, dans une rue quelconque — celle même ou demeure un ndividu qui y a vécu 50 ans, et en a vu mille lois, dix mille fois les maisons, il ne pourra vons dire, s'il ne les
a pas regardées avec une intentioa particulière à cet effet, et dans le but de s'en rappeler, le nombre d'étages de chaque maison et comment elles se suivent sur le i)arcour3 de la rue dont il s'agit.
911 — Sans 080I- l''adincrti-c on a une tendance nainrelle, iii<»lin<-tive à aimer davantag-e un bel enfant— je veux parler d'un© mère, d'un père — tout comme l'on admire, l'on prise davantage les jolies fleurs de son jardin que les moins belles. Ce serait cependant une question indiscrète, quasi insultante que de demander à une mère lequel de ses enfants elle préférerait sacrifier au besoin, voir mourir. Ce sont des questions auxquelles nul n'aime à répondre, et qu'on craint même da se poser à soimême. Y répondre d'ailleurs serait oiseux puisque quand il s'agira de vous en ravir un, vous n'en serez aucunement consulté. L'auteur de la chanson " Only me " connaissait bien la nature humaine de cette femme qui préférait à l'autre, une de ses tilles, qu'elle comblait de caresses et de bonnes choses, lorsque, devenue malade et la mère se repentant un peu du manque d'amour qu'elle avait toujours eu pour la plus laide, la moins douée de la nature, il lui fait dire à sa mère qui commençait à s'attendrir sur son sort, et la perspective de la perdre : ne pleure pas ma mère, ne
— GOl —
pleure point, ce n'est pas ta chère Marie, ce n'est que moi—" It is only me, mother, only me ; it is not your darling Marie." Oh que le cœur de cette mère devait lui saigner en se faisant adresser ce reproche " Ce n'est que moi que tu vas perdre, moi que tu n'a jamais aimée." Ce n'est point Marie, maman, celle que tu as toujours choyée et chérie."
912 — Il existe encore à Brooklyn (Etats-Unis) de ces vieux iiioiiliiis -à, la, marée ou auxquels on donnait ce nom tide-iiiills. Fondés par les Hollandais dès 1636, la force motrice leur était acquise par le barrage des ruisseaux — ravins se jetant à la mer (baie de la Jamaïque). C'était bien là en efïet la manière la plus simple, la plus sensée d'emmagasiner le pouvoir durant la marée montante, l'eau entrant au barrage par des portes articulées à cet effet et qui, si tôt le moment du reflux, se fermaient d'elles mêmes ou automatiquement, de manière à retenir l'eau au niveau ou l'avait montée la marée — Il est facile de comprendre maintenant qu'une prise d'eau sur un réservoir d'une semblable étendue dut suffir à faire fonctionner les moulanges durant tout le temps à écheoir jusqu'à la marée suivante. Il }' a encore trois de ces moulins en bon état de préservation aj^rès ces deux siècles et
demi échus et les paysans de l'endroit y ont encore recours pour leurs moutures.
913 — L'on s'évertue encore durant ces derniers temps à iniag^iner de mettre à profit la force des marées. A Brooklyn Etats- Unis, où il existe (Xo 912) des moulins à farine et autres mus par cette force, la marée n'est guère que de quelques pieds : mais au Canada où la marée atteint 40 pieds plus ou moins dans la Baie de Fundy, de 14 à 22 pieds à Québec et où il y a encore de vastes étendues de terrains riverains non utilisés, qu'il serait facile d'y construire un barrage ou la marée entrerait au flux par des portes automates se fermant au reflux et retenant ainsi l'eau qu'on utiliserait au moyen de turbines ou de roues à auges mues en sousœiivre par un fil d'eau à preudre à mê.ue les bassins ou e;nmagasinages ainsi créés. Ce serait bien là assiu'ément le mode le plus simi)le, le plus économique de tirer des marées toute la force motrice dont elles sont capables, et de plus le procédé de beaucoup le plus éconouiique pour le faire.
914 — La "Revue Psycologique " sous l'entête «' Conditions de la Fatigue que l'on éprouve
à lire (Fatigue in lîeading) arrive à la conclusion que à part les considérants ayant trait à la couleur et qualité du papier, l'intensité i^lus ou moins accentuée de la lumière, l'on ne saurait sans se fatiguer la vue, lire un caractère dont la hauteur est moindre que de un et demi millimètre fsoit ^\ de pouce) et que la vue fatigue même rapidement en approchant de cette limite.
915 — €!ial<'ur do l:i liiinpn éDooli'iqiie iucniidesc4>iit('. Cotte lampe dit la" London Lancet " transforme l'électricité en partie en lumière, mais surtout en chaleur. Le filament végétal carbonisé de la lampe est une substance qui ofïre une grande résistance au courant électrique, et le produit ou résultat do cette résistance est de la lumière et de la chaleur, mais où la première n'est guère que de 5 à t) par cent du total. C'est un exemple de la traduction d'une forme d'énergie en une autre. Il y a erreur po[iulaire à douter conmie on le fait de la chaleur assez accentuée d'une lampe de cette sorte ; et il y a danger à le méconnaître. En effet l'on se sert de cette lumière dans les installations des étalages de vitreaux, où on ne se gêne point de la laisser en contact d'articles de vêtements et de décora» ions très légères et enflammables ; et à preuve, dit la " Lancet," on trouve que dans
le cas d'immersion d'une lampe incandescente de la force de 16 chandelles dans de l'eau (100 volts de pression) une demi-chopine d'eau bout dans une heure et en moins de temps si c'est une lampe de la force de 32 chandelles. De plus si on entoure la lampe d'un lainage ou coton, la laine commence bientôt à griller et finit i:)ar s'enflammer. Dans une expérience, dit ce journal, l'ignition de la laine fut accompagnée d'un ra^jport accentué due à 'l'implosion ' de la lampe (explosion vers l'intérieur ou du côté du vide qui existe dans le globe de lampe). Il parait donc que la lampe iiicaïKlosceiitc' est un moyeu de iiielli'e le leu, et les marchands de nouveautés en flammables doivent voir à ne pas les mettre an contact ou dans le voisinage immédiat de ces lampes. Le danger s'accentua dans le cas de ces objets en celluloïde où cette substance au contact du globe incandescent s'enflamme dans moins de 5 minutes.
916—" La Vie Scientifique " nous dit que l'astronome français M. Charlois à l'observatoire de Nice a découvert deux uouveaux astéi-oides. Le
nombre de ces petites planètes est maintenant de 434, dont 15S ont été découverts par des Français, 70 par des Américains, 64 par les Allemands, les autres par les Anglais et astronomes d'autres nationalités.
917 — Le premier volume du catalog^ne de la. Bibliollièqiic Nationale de Paris, France, vient de paraître. Ce catalogue ne contient que des livres imprimés. La Bibliothèque Nationale fondée en 1645 avec 1S20 volumes, en compte aujourd'hui près de trois millions (3,000,000). Parmi les sujets catalogués, les suivants sont les plus en vue : histoire française, 279,0-18 volumes ; loi, 144,863 volumes ; drames publiés, séparément, 11(1,864 volumes ; philosophie, 97,456 volumes ; théologie catholique, 74,392 volumes — " Le Droit d'Auteur."
918 — Il y a quelques êtres, d'organisation supérieure à la plus basse qui paraissent affecter et que l'on trouve dans les eaux thermales,
sources d'eaux chaudes, presque bouillantes même — mais ce sont des mollusques. Jusqu'à ce jour (1898) on n'avait trouvé que dans le nord du Mexique dans des eaux thermales, des isopodes — le crustacé Sphseroma ; mais l'an dernier cependant Harriet Richardson a décrit dans les " Procédés " du Musée national des Etats-Unis, une autre espèce (S. Thermophilum) que le professeur Cockerell a trouvée dans une source d'eau chaude près de Socorro au Nouveau Mexique — Malheureusement, ce qui nous serait le plus pertinent
— COG —
de savoir n'est pas donné — s'est à dire la température de l'eau.
919 — On regarde comme de provenance volcanique de l'âge ou époque tertiaire dans la région de la forêt thurlngienne. I;i soncfo d'iscide carbonique à
Soiidi'a. Il est étrange qu'après tant de siècles la pression de 17 atmosphères à l'embouchure n'ait jamais diminué, et que le rendement de l'acide soit encore uniforme et inépuisable. Quand on ferme l'embouchure au moyen d'un «ysiènie de valves (soupapes) on emploie le gaz comme source de pouvoir m.oteur jiour une installation d'éclairage, et pour le mécanisme afTecté à la liquéfaction de l'aci<le. La source produit IjOUO verges cubes de gaz par heure.
920— Etymologie des mots Bà>»09-<l, Tribord — Littré tire le premier de ralleinaml backboi'd, de back. château d'avant et bos'cS, parce que dans les anciennes embarcations du nonl, le château d'avant était sur la gauche. Puis, poiu* Tribord, il nous donne : corruption de SîiJboi'd de l'islandais ^tyi'ôboi'd ; anglo saxon stcor-î>ofd ; composé de siyi'i, steor, gouvernail, et bord : bord du gouvernail, jiarce que