‹ Divers ou Les enseignements de la vie [microforme]Chapitre 40 sur 83 · Voir les deux derniers alinéas. L'escalier ou · texte numérisé non relu

Voir les deux derniers alinéas. L'escalier ou

449 __ Il y a des choses qu’on apprend, seul, et sans autre effort que d’y penser— Une femme se dira ‘“ s’il faut tant de largeurs ou de laizes de tapis pour en couvrir une pièce (une chambre) et que la largeur du lé soit de tant de verges : ça fait tant de fois tant. Supposez que vous n'’ayiez jamais appris le toisé, le mesurage des surfaces planes ; vous verrez de suite en y pensant que le carré, le rectangle contient autant d'unités carrés qu’il y en a dans le produit des nombres d’unités linéaires, de même nom, dans sa largeur et longueur ou hauteur. Pour le losange, vous aurez l’idée de lui couper un triangle à un bout pour l’ajouter à l’autre Donc direz vous : la superficie est égale au produit de la base par la hauteur. Vous voyez d’un coup d’œil que Île triangle quelconque est moitié d’un carré, d’un rectangle, d’un losange de même angle ; d’où vous concluez encore à sa superficie. Puis vous arrivez de là à la sup. de n’importe quelle autre figure-rectilique en la decomposant en triangles, les calculant et les ajoutant. Pourle cercle, le secteur, vous n’êtes pas lent à voir que vous pouvez le partager en 4, 8, 16, etc., triangles égaux dont vous estimerez la superficie de l’un en multipliant la largeur de l’arc qui lui sert de base par le rayon du cercle qui est sa hauteur, pour prendre cette unité autant de fois que vous avez de triangles composants. Le même procédé s’appliquera à une

figure curviligne ou multiligne quelconque. Pour l’éclipse, l’ovale vous n’en serez pas loin en le traitant comme un cercle d’un diamètre moyen. Une figure à périmètre irrégulier s’estimera assez correctement en remplacant son périmètre soit par un nombre de lignes droites incluant et excluant des superficies à peu près égales de part et d'autre ; ou encore il vous viendra à l’idée pour une foule de figures irrégulières de les séparer en tranches de même largeur-- mesurer et ajouter les longueurs de chacune et multiplier par la largeur commune.

450-Le toisé des surfaces planes ou à double courbure des solides. On ne vous en a jamais parlé. Ce n’est pas nécessaire. Si ce sont des. corps à simple courbure comme le cône, le tronc de cône, le cylindre ; votre cuisine vous en ofirira des exemples, des modèles sur toutes les échelles possibles —entourez la paroi latérale d’une terrine, d’un plat, d'un seau, d’un abat jour de lampe, d’un entonnoir, de papier ; cela fait, développez la et vous serez en présence d’une figure plane, dont la demi somme des bases parallèles par la hauteur ou largeur donne la superficie. S'il s’agit maintenant d’une surface plus ou moins sphérique menez avec un canif, un couteau sur l'écorce d’une orange, d’un pôle à l’autre, des méri-

diënnes, interrompnes si vous le voulez à l'équateur énlevez la pelure ainsi fragmentée étendez la sur üñe table ét vous aurez de suite l'idée de votre enveloppe, ét de sa réductibilité pour ies fins du mesuräge:en figures s'approchant plus ou moins du rectangle, du triangle. Un hüitième, un seizième du tout, éstiiné, tout sera dit Encore un moyen : partager votre: surface en lisières d’égale largeur parallèlement à l’équateur-leur longueurs réunies, leur somme multipliée parleur largeur commune-en donnera la superficie. * * *

-461 Le toisé des volumes. Au côlège ‘on âépprend une foule-de formules qu’on a sitôt oubliées-— Faut n’avoir qu'une formule la prismoidale-: Ajouter ensemble ‘les superficies des ceux bases parallèles, avec quatre fois celle d’une coupe au centre parallèle aux bases et multiplier-la somme par un sixième d8-la hauteur :ou longueur du solide. Si c'est un cône;-un conoïde, une pyramide, une des bases est ‘:26r0 si e*est une sphère, un spheroïde, un secteur sphérique, les deux bases sont chacune ‘zéro ’si c'est: un œain, une:des bases est une ligne qui n’a point dé superficie et:par conséquent encore ‘zéro’. La méthode.'de l'auteur du ‘Stéréométricon ‘est exacte, sauf-pour: les faseaux et onglets et pour ces derniers le résultat est

lé seul pratique et ne s'éloigne dela vérité d'ordinaire, que d’une petite fraction de un pour cent de l’umité de volume-un quart de gallon par exemple tout: au plus et généralement ;1, 25, 15 de gallon sur üne futaille de 100 gallons, tandis que le jaugage ordinaire du commerce s'éloigne de la vérité de 3 à 4 gallons par fuiaille.

452__T'outes les langues ont leurs dimivutifs-ives : le français : char, charrette, femme, femmelette-—lion, lionceau— chèvre, chevreau—ours, ourson—fille, fillette—tringle, tringlette— pomme, pommétte — chemise, chemisette — rue, ruelle — fourche, fourchette ; l’allemand : nagle (clou), négleken (broquette)—holz (bois) holzken (petit bois)—-Le sauvage : le lac Nagami, le petit lac de même nom Nagamischich — L'anglais : goose, gosling— Ann, Annie — James, Jimme — river, rivulet — William, Willie — Ces diminutifs-ives expriment d'ordinaire des êtres, des choses de la même espèce, mais plus petits, plus jeunes—et çà a l’air d’être venu, de venir naturellement, ou par tendance naturelle dès l’enfance, car j'entends mes enfants dire d'eux-mêmes, dans le langage de leur mère (l'anglais) pour petit chien “ doggie,'’ petit oiseau “birdie,” pig, piggie—Dick (Richard) Dickie et ainsi de suite,

es 222 mn

4583-—-H3 y a chez l’homme non instruit, comme chez l’enfant une tendance à accentuer certains mots qui ne leur paraissent pas devoir être autrement compris par ceux à qui ils s'adressent. Par exemple pour faire sentir la différence du pluriel au singulier des mots jouer, rire, et voyant que cette différence se traduit amplement dans ‘“fait—font, ‘ prend— prennent, ’ ‘ lit — lisent, ’ ‘va — vont ; ” ils disent au singulier ‘i joue,’ au pluriel i ‘jousent”’ aulieu de ‘ jouent ?—à (il) rië, i (ils) ‘ risent ? aulieu de ‘rient’ en imitation de— i dit, i disent— et de fait ils ont raison dans un sens, puisque et il est regrettable qu'il en soit ainsi, ces pluriels ne sont pas mieux accentués.

454- : enfant, comme l’adulite non instruit est porté à faire lui même ses analogies--Ainsi il vous entend faire du substantif l’adjectif en y ajoutant une syllabe finale, ‘comme pierre— pierreux, terre — terreux, vase — vaseux, roche — rocheux, vent venteux, graisse—graisseux ; il en conclut naturellement que pour beurre il faut dire beur- ! reux et cette tendance existe dans toutes les langues | ou l'adjectif se forme d’une manière analogue. En effet un de mes enfants âgée alors de 5 ans, habituée dans l'anglais à voir faire des adjectifs ou qualificatifs en

ajoutant y au substantif, cc-"me : stone—stony, wind— windy, sand-sandy, en mettant le pied sur un quai à Lévis, de dire tout naturellement it is nice and ‘“ boar dy ”’—c'est comme qui dirait en français ‘ planchéieux”? adjectif ou qualificaïif de l'espèce ‘ terreux, sableux,

poussièreux.

455- Certains ont fumé toute leur vie, parmi ceux-ci, quelques uns ont eu des maux de bouche, de langue, ds lèvres, des cancers qui ont motivé des opérations pour l'enlèvement des parties affectées. D’autres n’en out souffert aucunement ; je crois que ce sont ceux chez qui les glandes salivaires sécrètent un abondant fluide qui en lubréfiant constamment la langue, les lèvres, les préserve d’un contact aussi direct, aussi intime entre elles et la pipe, que quand on fume sans cracher ou à lèvres sèches —ceci a trait au danger d’empoisonnement ou d’irritation des chairs par le contact des manchons en cuivre quand on perd le manche de pipe et qu'on fume avec le “ brûle-gueule ” qui reste ; comme la chose est arrivée deux fois à mon fermier à St Michel, qui deux fois dans deux ans a eu à se faire

| enlever un morceau de la lèvre inférieure, dû à cela.

= 224: um

446: J'assistais à une mise en nomination: d'un conseiller de ville à St-Roch de Québec, il y a une trentaine d'années. Le conseiller nommé à cet effet: son nom,n’y fait rien— débuta par dire “ Messieurs les électeurs. «s je suis-t-été nommé ”” mais comne apparemment cette manière de dire la chose ne lui semblait point euphonique aux oreilles de l'assistance, ilse hâte d'ajouter « non, j’ai-t-êété nommé *? ‘“si-5s-on veut;”” disait toujours défunt J. L. qui aimait mieux les ‘ velours ” que les “ cuirs” G.:V., brave citoyen, mais qui n’avait pas étudié les -euphonies, disait à ses amis à son retour d'Europe : 66 j’mit-été à Paris, j’ai-t-été à Londres, j’ai-tété à Rome et ses amis de dire de lui 6° il æ tété partout où il a été ”’.

452- De même que (453) les enfants sentent la nécessité d’accentuer ls pluriel de certains verbes, de même, ils sont portés comme par intuition a distinguer le parfait du présent, en lui ajoutant ure terminaison quelconque lorsqu'ils ne savent point le mot qu’il convient d'employer. C'’està-dire que je remarque ceci chez les miens qui apprepant à parler l’anglais et avant de connaître le - :srfait went ” du verbe go, ou celui “told” du verbe tell,

disent d'eux mêmes ‘“ goed ”’ et ‘“ telled ”’ et ainsi d'une foule d'autre mots; et il en est naturellement ainsi dans les autres langues, et des enfants et si non dans le cas des verbes, alors pour d’autres éléments de

la langue.

KT

458 — S’il est vrai que l’homme sème avant le mariage sa folle avoine, il l’est également qu’une foule de femmes durant les premiêres années de mariage se donnent le luxe d’une “flirtation,” mais pour en venir plus tard à se conten-

ter de leur avoir, et devenir des femmes comme il faut.

459- L'enfant qui ne connait point encore ses pronons ou adjectifs possessifs, se fait. cependant comprendre ; car pour qu’on ne se méprenne sur le possesseur de l’objet dont il parle ou veut parler, il emploie le même pronon que celui dont ilse sert pour désigner la personne aussi avant de connaître son, sa, ses, il dira elle a perdu elle chapeau, et de même en anglais (je saisis et j’étudie ces petits mots là chez moi)—{ she tore She gown ’ au lieu de she tore her gown—"t he ate he apple ”’ pour “he ate his apple.” Qu encore, ils pluralisent, en terminant le singulier par un S ou un:s0n;qui en

prolongeant le mot à l'air pour eux de devoir créer chez les autres l'impression d’une personne ou chose. Ne connaissant point chevaux, ce sera chevals qu'ils diront—et de même en anglais : the mans au lieu de

men, jusqu’à ce que ce mot leur devienne connu.

460—Quel amour a la femme pour Cupidon, quelle est la nature de cet amour—elle n’est point corporelle, que je sache, elle ne s’aurait l’être, il n’y a pas de quoi- mais il n’est point non plus de ce sentiment que l’on a entre parents, entre sœurs, frères, femmes, hommes. Qu'est-ce donc que cet amour— car évidemment ça tient des deux essences, ou c’est dû à la différence d’essence des deux sexes, du féminin au masculin, de celui qui donne ou lance les traits, les flèches, et celle qui les reçoit ; ou n'est-ce point un avant goût du futur, lorsque Cupidon sera devenu grand, sorte de rêve préliminaire du bonheur à venir. J'ai vu cela souvent : une fille entichée d’un petit frère de 5 ans. Elle est vertueuse des plus, c’est un petit frère d'une autre mère, elle n’a point de ces velléités pour ses demi-sœurs. Elle serait bien en peine, elle-même d'expliquer pourquoi ; mais on a besoin en ce monde d’aimer quelqu'un ou quelque chose, et d’en être aimé. Enfin ça tient de l’amour entre les sexes, électricités positive et négative qui les animent, mais

d'intensité différente et comme trait d'union entre l'amour fraternel et l'amour marital. Ceci n’est aucunement singulier, ça se trouve dans toutes les familles.

461 Les colères, et vengeances existent chez l'enfant longtemps avant qu’il sache parler. Avant cela même il a des préférences accentuées.

KT

Page 1