‹ Divers ou Les enseignements de la vie [microforme]Chapitre 47 sur 83 · HT · texte numérisé non relu

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518 Proudhon «a dit: «la propriété, c’est le vol.’ Ceci n’est pas aussi éloigné d’être vrai, qu’on se donne l'air de le croire. Dieu nous l’a dit par la bouche du Sauveui : “ En vérité, en vérité, je vous le dis : il est plus difficile pour lPhomme riche d'entrer dans ie royaume des cieux, que pour un chameau de passer par le chas

d’une aiguille.” Que veulent dire ces mots non pas ue la richesse, la possession de la tortune soit répréhensible en elle-même mais que ces richesses ont été en général acquises par des moyens plus ou moins avouables ou dont la probité est au moins douteuse. Le riche lui-même le dit, ou sans le dire, l’admet, en s’en dépouillant pour beaucoup, sa vie durante, ou à la fin de sa carrière, avant de mourir ou par son testament, après sa mort. ‘C’est à la charité ” que nous devons les hospices, asiles, hôpitaux, crèches, institutions de sourds et muets qui se rencontrent dans les grandes villes de par le monde entier, civilisé au moins. C’est pour l’ouvrier, c’est pour le pauvre, c'est pour la vieillesse, c’est pour toutes les infirmités dont la pauvre humanité est affiigée, et qui se rencontrent surtout chez les classes travaillantes, que ces refuges ont été fondés, qu’ils sont entretenus et qu’ils

prospèrent.

Oui, sans doute que la philanthropie est une chose réelle, une des qualités innées chez l’homme ; mais il y a dans la philanthropie des degrés, comme dans toutes autres choses —c'est-à-dire, qu’elle peut être plus ou moins pure ou mêlée de considérations humaines, de considérations ayant trait à la vie future. Elle peut

être plus ou moins spontanée.

Dieu a dit : «tu gagneras ta vie à la sueur

de ton front.” Que veulent dire ces paroles? qu’il n’y à d’autres moyens de devenir riche que par le dur travail du corps ou de l’esprit ; car ce ne sont point les seuls sueurs du travail manuel--sueurs chaudes-—il y a encore les sueurs froides de l’anxiété, du chagrin, des préocupations humaines.

La parole de Dieu prouve qu'il ne veut point que pendant que certains se roulent dans les richesses, le luxe et l’abondance, d’autres n'aient pas même les nécessaires d‘ la vie ; aussi, nous dit-il souvent, nous repète-t-il sans cesse, par sa voix et celle de ses ministres ‘ donnez aux nécessiteux ?”’ logez, vêtissez, soignez les malheureux.

La charité crée pour le patron et pour le riche le devoir de venir au secours de leurs frères dans le malheur, devoir que la religion se charge de faire

remplir par son admirable conception.” Koyal.

De fait, les donateurs, les philanthropes se comptent par milliers. De tout temps il y en « eu. Les instit::tions de charité, de bienfaisauce, de par le monde en font foi. Donc comme nous l’avons dit, le communuisance existe déjà ; car donner de sen avoir aux autres. le dépenser pour le bien-être d'autrui ; qu'est-ce autre chose après tout, qué du communisme ; et, du communisme particulier, à l’axercise de cette sorte de

charité par tous ceux qui en ont le moyen, iln°y a qu'un pas.

519-Nul ne se gêne paur le dire, l’affirmer, que c’est un devoir, et pourquoi un devoir ! parce que pour tous ceux qui sont riches, et qu’ils aient acquis ces richesses par leur travail, feurs spéculations, où qu’ils en aient hérité, le doute est encore là, la presque certitude que leur acquisition n’est pas due à des moyens on tout ct partout avouabiles. Oui! un devoir de s’en départir, pour le surplus, en faveur de ceux à qui Dieu n’a pas donné le talent, l’occasion de s’en pourvoir. On ne s'extasie point d’ordinaire à la nouvelle qu’un tel a fait acte de philanthropie. Il est rare que ce soit un pur acte de charité. Le donateur à ses réserves mentales à ce sujet. El y a pour le chrétien, à propitier, Dieu le Sauveur, par Ia restitution du bien mal acquis pour le païen, ses dieux pour la même raison. Et, encore une fois, on ne se gêne aucunement pour dire tout haut à l’acquit de celui qui ne le fait point et qui devrait le faire: il » fait son argent par pression usurière, et au Ileu de tout laisser

ainsi à son fils, à son neveu, il eut dû en donner une

notable partie aux pauvres, ou à quelque institution de bienfaisance — d’un autre : In preuve qu’il n'avait point besoin d’un octroi, d’unce subvention de l’état, pour tel service — océanique ou autre—c'est qu’il a pu laisser à sa famille une fortune égule à la somme de ces subventions annuelles et qu'il a donc volé l'Etat d'autant, en faisant contribuer sous de faux prétextes à la popuiation, un argent auquel aujourd’hui (à son décès) il est démontrable, qu’il n’avait aucun droit et n’a pu obtenir que par des déclarations fausses, exagérées ou de quelque autre manière inavouables,

520- L’anarchie est le moyen qu’emploie le communisme pour S’accentuer :. terroriser les gens pour leur faire faire de force ce qu’ils devraient faire de bon gré, de bonne volonté — Louise Michel, nous le répétons, a dit, carrément lors qu’interpellée à ce sujet ‘ ce que veut j’anarchie, c’est que les riches qui en ont trop, partagent avec les pauvres qui n’en ont pas assez.’

Lse communistes nou outrés ne demandent point l'égalité ; car existât-elle, que ce ne serait que por un instant, une seconde à

peine. Pour l’homme il 1.’y a point de statu-quo—il est

né inégal de talents, d’aptitudes, d'activité ; et, l'égalité pécuniaire sc fit-elle un moment, par la distribution, la

division des biens, des richesses par parts égales ; que la paresse, l’insouciance de l’un les lui verraient diminuer, pendant que le talent, le travail, l’activité de l’autre les lui feraient fructifier ; et les extrêmes de l’opulence et de la pauvreté reparaitraient encore après un temps donné plus où moins éloigné : une génération, un siècle, plusieurs siècles si vous voulez ; mais l’inégalité redeviendrait encore un jour ce qu’elle est aujourd’hui.

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521- Vous mettez un hommezce en banqueroute, vous lui fuites faire cession de ses biens, vous le forcez à liquider, à pariager avec ceux à qui il doit. Vous ne lui enlevez point ce qu’'l lui faut pour vivre ; mais il a trop vécu, trop bien vécu ;ila roulé voiture comme l’on dit, s’est nourri lui et sa famille de ce qu’il y a de mieux, et fait libre usage de meilleurs vins ; conduit tous les soirs ss. femme et ses enfants à l'opéra, vêtues de soieries, visité à grands frais les places d’eau, voir même un dispendieux voyage d’outremer ; il l’a fais aux dépens de ses créanciers ; il n’a pas gagné de quoi le faire, à la sueur de son front, comme le veut l'Evangile. Ila, au lieu de dévouer ses recettes à payer ses marchan-

dises, tout ou presque tout dépensé à s’acheter des propriétés, à payer de fortes primes d'assurances sur sa vie, pour pourvoir, aux dépens de ses créanciers, à la subsistance de sa famille après sa mort, à doter sa femme d’un fort douaire.

Tout cela serait très bien, s’il avait pu le faire, s’il pouvait continuer de le faire à même les profits de son comamerce ; mais si comme ça se fait le plus souvent, il a pris pour ce faire, l'argent qu'il devait affecter au paiement de son stock ; il a agi malhonnêtement en pourvoyant ainsi à son

futur, à celui des siens, aux dépens des autres, au détriment de ses créanciers et il a à faire restitution.

Ce qui ne veut point dire que toutes Îles banqueroutes sont malhonnètes, fraudaleuses ; car on peut être entrainé par la chute d'un autre ; mais à part cela, on peut, on doit l’éviter en faisant à l’avance le bilan de ses dépenses pour loyer, nourriture, vêtement, chauftage, éclairage, redevances municipales, salaire des commis, etc., en regard des

profits que l’on peut évaluer, et vivre eu conséquence.

522- La liquidation est une sorte de communisme forcé, un communisme local ou dans un certain rayon; mais dont il y a tous les jours de par le

monde des milliers de cas, et en cela la distribution, le partage est déjà reparti sur une assez grande étendue du globe. Eh bien, pourquoi les nations ne liquide-

raient-elles point comme ies individus ?

328—Il y a ceux qui donnent et donnent sans cesse de leur vivant pour venir en aide aux nécessiteux. Ily a les produits ou recettes de quêtes publiques, de bazars, kermesses, tombolas, souscriptions pour ceci, cela. Voilà autant de petits actes communistiques, ou par lesquels on fait cession de son avoir, et cette cession est toujours un peu forcée ; car à part l’amour de Dieu, il y a la crainte du châtiment, puisque Dieu en menace tous ceux auxquels peut s'adresser ces mots : ‘ j’ai eu soif, j'ai eu faim, j'étais nu et sans abri, j'étais malade et souffrant ; et tu n’a pas pourvu à mes be-

soins”?

524-Les contributions forcées de tous les pays comme le sont celles qui se prélèvent en Angleterre sous l'en-tête de poor laws ” pour sustenter des hospices, des pauvres, des aliénés, des veuves et des orphelins ; les cotisations annuelles pour

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subvenir aux besoins des hôpitaux publics, maisons de travail (work-houses) ne sont autre chose que du communisme, Pourquoi donc ne pas généraliser le système cet forcer tout Île monde à contribuer dans la mesure de son avoir, avec exemption peut-être pour les salaires audessous d’un certain chiftre. Si, disait l’autre jour un journal de New-York, le million de piastres donné tous les ans par Îles habitants de cette ville en aumônes, était affecté à établir les récipiendaires sur les terres non concédées du Kansas; il en serait bientôt fait des pauvres de cette grande ville. Et pourquoi n’en serait-il pas ainsi de toutes les villes du monde où il y a des désœuvrés, des nécessiteux; une contribution forcée ; non pas pour les faire vivre dans l’oisiveté, à la charge de leurs concitoyens ; mais pour les éliminer, d'sposer du surplus, de tous ceux pour lesquels il n’y a point de travail, en établissant des colonies ça et là, à peu près suivant notre système actuel de ‘‘ homesteads ”’ sur la voie du chemin de fer du Pasifique au Canada. KT 4

525—L’'Anarchie a atteinttousles pays du

monde civilisé. Nous avons déjà dit, que ses

moyens, ses armes : les grèves d'ouvriers, la dynamite, la destruction, la ruine, le meurtre ont pour but de semer partout la crainte, l'inquiétude, la terreur ; non pas pour le simple plaisir de la chose, non pas pour aucun avantage direct pouvant résulter de cette action dévastatrice, sauf peut être le remède partiel de l’emploi de quelques uns des désœuvrés à la réhabilitation des bâtisses, des ateliers, des installations ainsi mis en ruine ; mais surtout pouren faire venirles gouvernements à un procédé de communisme forcé par lequel, chaque désœuvré serait mis en mesure de gagner le pain de sa

famille.

Or, ce moyen, quel est-il. On a tenté en France en 1828 sous le gouvernement provisoire, de trouver de l’ouvrage, d’en créer par l'établissement d'ateliers nationaux. On s’est fait fort de garantir par ce moyen de l’ouvrage à chaque citoyen. L'entreprise fut lancée sous les conditions les plus favorables et au milieu d’un cri d'enthousiasme populaire. Ceux qui désiraient de l’ouvrage, s’adressaient aux employés municipaux, et s’il y uvait de l’ouvrage à donner, on assignait à chacun son département spécial. S'il n’y avait point d'ouvrage à donner, dans le temps, le désœuvré retirait ses trente sous par jour, jusqu’à ce qu’il y en eut. Sous peu de temps, il

y eut ainsi 125,000 hommes d’enrôlés à Paris, représentant avec leurs familles 600,000 âmes ou la moitié de ia population de la ville à cette époque.

Comme l’a dit un écrivain de Pépoque ; jamais ln pauvreté n’a été abolie à un pareil prix ; mais les profits, l’industrie, le respect de soi n ême subirent le même sort, et même à 30 sous par jour, le gouvernement ne fut pas lent à trouver qu’il payait trop cher le millennium. Finalement on trouva que l’ouvrage accompli sous le système n'était que nominal. Les hommes de fait, ne faisaient que chômer, paresser sous prétexte de faire de l'ouvrage. Le gouvernement fut forcé, pour éviter In banqueroute de se désister de sa tolle entreprise. Sur fermeture des ateliers, les ouvriers se mirent en insurrection et une gigantesque expérience en socialisme ne prit fin qu'avec le sacrifice la mort de 12,000 hommes, avant la réhabilitation du sens commun

et de la raison.

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526- Sous le coup de ia dépression assez générale des dernières années le Gouvernement Impérial, nomina une commission pour s’enquérir et faire rapport sur la condition du travail dans le Royaume-Uni. 1] y eut deux rapports dont celui de la minorité respirait à pleins poumons ie socialisme. Cette section de la

commission opta pour l'abolition des contrats, pour l'exécution “# à la journée ”’ des travaux publics, l'adoption de 8 heures de travail, la cessation de tout ouvrage par les femmes à domicile, et l’emploi des désæuvrés par le gouvernement. 1 suit de l'expérience de la France relatée plus haut, pour prouver de suite l’illusoire du projet. Le projet de trouver ainsi de l’ouvrage pour tous les désœuvrés, a déjà souvent été mis à l’étude

mais sans ancun résultat pratique.

“ Sous l’en-tîte ‘ Détresse en Angleterre ” le Daily Telegraph du 26 décembre 1893, reproduisait un article d’un journal de Londres du 23 de ce mois à l'effet que les meneurs se plaignaient de ce que les autorités locales ne s'étaient point prévalues de l’autorisation à elles acquise par le Gouvernement Impérial de dépenser de l'argent sur des travaux de secours pour les rauvres gens sans emploi, avec le résultat que la détresse s’accentuait dans la plupart des grandes villes, et cela à la grande satisfaction des agitateurs socialistes et anarchistes. Ce» pendant poursuit, l’article, il est difficile de voir, ce que le gouvernement peut faire de plus, si non un socialisme d'état sur une échelle gigantesque, et pour ceci l’opinion

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pubiique n’est pas encore mûre.”

327" La dernière proposition est que le gouvérnement garantisse Æ50,000,000 sterling (8250,000!: 000) pour permettre l'exécution d’un système de réclamer à In mer, une lisière de terrain sur toùt le parcours des côtes de l'Angleterre. Il est vrai que de semblables entre. prises entre les mains de particuliers ont donné des profits, et la Hollande en a démontré le caractère pratique et rémunératif pour le gouvernement. Nulle raison de doutér non plus que dans le seul district de Londres, la réclamation des battures de la Thamise, ds la ville à la mer, est parfaitement praticable, donne:rait de l’ouvrage à des milliers d'hommes d'ici à plusieurs années, serait d’un bienfait immense, et rapporterait de bons profits, sur la mise ; mais le gouvernement hésite assez naturelle: t à faire le premier pas dans une aussi vaste entreprise.”

Mais trouvât-on de ces moyens d’employer des milliers d'hommes, jamais on ne saurait utiliser tous les nécessiteux dont le nombre parait croître sans cesse, et les employât-on que ce ne serait que pour peu d’années ; puisque les plus vastes projets se réalisent aujourd’hui en de 5 à dix ans-au plus, comme le chemin de fer Pacifique Canadien qui de l'Atlantique au Pacifique déroula dans 5 ans ses 5000 milles de parcours —celui de la Sibérie

qui long de plus de 6000 milles de Moscow à Vladivostok sur le Pacifique, se verra aussi terminer en cinq ans. Eh bien, supposez encore un chemin de la sorte traversant l'Afrique, la réclamation du Sahara en en faisant un lac, le percement de l’Isthme de Panama, et donnât-on même suite au projet de racheter par des endiguements les battures encore improductives des côtes maritimes et riveraines des divers continents, que tout cela n’emploierait point peut-être pour 30 ans tous les désœuvrés s’il fallait à tous de l’ouvrage, et d’ailleurs, chose certaine, tous les trésors du monde n’y sSuffiraient point et ce serait toujours à recommencer.

528-Ce ne sont point des moyens spéciaux qu’il faut rêver pour utiliser les bras des millions qui Sont sans ouvrage: il faut quelque chose de plus efficace, plus durable, plus simple et qui se trouve partout à la main, sans frais pour faire exister, créer des terrains qui n'existent point, pour les racheter du littoral des mers, es lacs, des rivières, pendant qu’il en existe des millions, des centaines de millions d’acres à l'intérieur, tout prêts à livrer leurs trésors à la bonne volonté de ceux qui veulent gagner honmétement leur vié, aux gens de cœur qui sont prêts à remplir l’injonction du créateur : tu

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gagneras ta vie a In sueur de ton front ; sueurs bienfaisantes qui soulagent le fort travailleur du trop plein de son être dû à un appétit activé par

son labeur, aidant ainsi à et motivant une hâtive et sanitaire digestion.

529—Mais si on ne peut créer du travail pour chacun, pour ceux des villes surtout qui ont une certaine somme de connaissances acquises qui les rendent propres à autre chose qu’à cultiver la terre, tout digne et honorable que soit cet emploi ; Si disonsnous, On ne peut aviser aux moyens d’augmenter le travail en créant de nouvelles industries, de nouveaux besoins qui engagent les riches à augmenter le nombre de leurs employés—de

L grâce au moins ne nous étudions point à 8 les simplifier davantage, à en diminuer le is nombre pour augmenter ainsi l’armée de nt E ceux qui ne peuvent trouver à utiliser CSy leurs bras, leur bon vouloir,

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ne 530— La classe ouvrière se plaint déjà amèrement pê- que les machines dans toutes les mPnufactures, dans ont À toutes les industries sont venues se substituer au trasu

vail manuel, en enlevant ainsi à des millions de bras

leur juste part dû travaik Mais ceci n'ést peut:être qu'apparent, et au côntraire, le nombre des travailléurz n’en 4 peut-être point été diminué: :peut:êtré mêmé, la somme de travail n'en a-t-elle été qa'augméntéé ; car ça n’a été qu’un déplacement du travail, urné substitution d’une classe de travailleurs à une autre.

Fa effet les chemins de ter urbains et autres ont, ilest vrai, mis hors de concours, des milliers de charretiers, cochers, voituriers, charrons ; mais par contre que de milliers, centaines de milliers d’hommes aujourd’hui, sont employés depuis l’ère de la vapeur : les journaliers où manœuvres à faire les terrassements, remblais et déblais, de ces voies ferrées, à en percer les tunnels, à en couper dans la forêt les bois nécessaires à servir de supports, de cous sinets aux rails, aux doubles rails ou voies dont le parcours aux seuls Etats-Unis d'Amérique atteint l'incroyable étendue collective d'autant de mille milles, qi il y a de jours dans l’année: oui, pour cette seule nation d’une population de 70 millions d’âmes, il est vrai, mais d’un vingtième: séulement de la population terrestre, 365,000 milles de. voies ferrées, capables de faire 15 fois le tour du globe. Ajoutons à ce. chiffre qui dépasse déjà l'imagination, les autres milliers de milles de ces chemins du monde entier, et l’on ne sers

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pas lent. à . voir que les charretiers n’ont pas gain de <ause dans leurs plaintes mal fondées de la diminution du travail manuel,.:mativé par la substitution des convois électriques et autres à l’ancien mode de transport ; car n’y a-t-il point encore, avec la découverte de la vapeur, le développement inattendu de toutes les houillières du monde, et pour cette seule industrie, combien déjà de centaines de mille bras employés à extraire le charbon, le combustible pour produire cette vapeur, pour la réduction en fer, en acier, du minérai de même nom tiré partant de milliers de bras additionnels des entrailles de la terre.

Puis encore que de milliers d’ouvriers occupée dans les usines à la fabrication des machines à vapeur même, à la confection des rails, puis à les mettre en place ; enfin à construire les centaines de milliers de

do wagons, engins, chars de toutes sortesqui les, sillonnent dans toutes les directions le sul monde connu.

1 est Mais ce n’est pastont; car il y a encore les ation conducteurs, ingénieurs, chauffeurs, serre-freins emes de ployés en permanence sur ces chemins, et dont le hiffre sombre seul équivaut probablement, et dépasse même rs de peut être le total des charretiers, cochers ainsi éliminés, e seré

#ans compier, l'armée. des tayaillants toujours. à l’œu-

vre à réparer les voies, en renouveler les dormants et les lisses, les tenir désobstruées de neige, ete, et à faire d’incessantes réparations de toutes sortes. | * # * 531—Le monde progresse et l’on ne peut rester en arrière. Déjà nous avons eu, chacun de nous, à faire un premier apprentissage, une cléricature ; plusieurs, un second, une seconde ; savoir même si nous n’aurons point à en faire un troisième, une nouvelle étude pour tenir tête à la rapidité avec laquelle les sciences motivent la substitution d’une industrie à une autre ; d’un mode de chauffage, d’éclairage, de locomotion, de manufacture à un mode amélioré, plus simple, plus expéditif ; tout comme ily a peu d’années encore, l’allumette phosphorée que la simple friction, le frottement met en feu, se substituait à celle qu’il fallait, pour la faire vivre, introduire dans une bouteille à contenu chimique, pendant que cette dernière remplaçait le primitif briquet à tondre ou à charpie carbonisée qu'il fallait supplémenter encore d’une étincelle de la pierre à fusil pour produire le phénomène d’une combustion où il fallait encore le petit bois souftré pour déterminer la flamme voulue, ” La mèche faisait place à la bougie, la bougie à l'huile de pétrole, celle-ci au gaz, ce dernier enfin à l’électri-

cité — le télégraphe électrique au transport par la malle, le téléphone au télégraphe — l'invention de Guttenberg à la calligraphie, la phonographie à l'ouvrage du typo — le cheval à l'âne et au mulet — le bicycliste au piéton, et que sachons-nous encore. +" x

532- Toutes ces trausformations n’ont fait que grossir le nombre des travailleurs ; la vapeur emploie plus 4e bras que le voilier, le téléphone que le téiégraphe, et.c’est à peine si l’on peut aujourd’hui suffire à la demande toujours croissante des bicycles ; pendant que d’un autre côté la simplification même des moyens, des machines, en diminue le coût, et que le coût diminué en motive la multiplication ; tout comme la réduction du coût du port d’une lettre de deux centins à un centin, a augmenté au lieu de diminuer le revenu postal, par le fait que cette diminution, toute petite qu’elle soit pour le pauvre, l’homme, la femme, l'enfant de peu de moyens, lui fait écrire aujourd’hui non pas seulement deux lettres, contre une ; mais jusqu’à trois, cinq, dix, quelquefois davantage. |

533—L'on a craint aussi que les instruments aratoires de nos jours ne vinssent

diminuer le nombre de personnes utilisables par L'agriculiteur ; mais si c’est:le cas, ce n’est là encore qu’un déplacement de travail, nou une diminution ; puisque le nombre des artins employés dans les usines, les ateliers à la production de ces engins améliorés, dépasse certainement celui des mains mises en disponibilité par le changement —tout de même que les fabriquants de machines à coudre, et des mille et un riens utiles à la domesticité du logis ont plus utilisé de bras à les confectionner, que leur emploi n’en a jamais éliminés.

334 Si le chauffage des maisons, des édifices publics à la vapeur, à l’eau chaude a rendu moins active la demande des poëles et tuyaux de l’ancien temps, les ferblantiers ainsi appelés, ont fait nouvel Apprentissage et sont aujourd’hui devenus d’habiles plombiers sanitaires, dont Île nombre s’accroit tous les jours, et si moins de bras sont mis en réquisition pour le transport du combustible à tous les étages où atteint la chaleur par simple persuasion pour ainsi dire; par contre, les réparations motivées à ces apparei!s divers font que ce n’est encore ici qu’un déplacement d’irdustrie.

On ne peut donc se plaindre de tous ces progrès, ni même de la sténographie, qui, si, d’un -Côté, elle a : : >Lrimé quelques calligraphes ordinaires, la clavigraphie queiques copistes, sont plus que motivés par la nécessité plus impérieuse d'empêcher de ‘traîner un procès en langueur, de multiplier les copies d’un écrit au grand avantage des intéressés.

535—Déplacons, varions le travail ; mais me le détruisons point, ne faisons rien qui tende à le diminuer. Nous ne sommes point de ceux qui rêvent le millennium: un seul langage-—-le volapuk ou autre—un seul code et système de poids et mesures de par l’univers entierun seul système monétaire ou une uniformité du pécuniaire de toutes les nations—voilà tout dernièrement la Société de Géographie de Toulouse qui veut faire revivre le projet plusieurs fois tenté, autant de fois abandonné, de substituer au système sexagésimal des degrés, minutes et secondes du temps, le système décimal prétendu plus simple, plus expéditif. L’Angleterre, dans son orgueil veut voir substituer sa langue à toutes les langues de l'univers; la France son système de poids et mesures à celui de toutes les nations—Eh bien faisons appel à ces deux grandes civilisatrices du genre | humain d'y penser à deux fois.

Il y a de par le monde plusieurs millions d’hommes et de femmes qui gagnent leur vie à traduire les diverses langues, les diverses monnaies, les poids et mesures de chaque nation en celles de chaque autre peuple d’un langage, d’un système différent. Ah! mais la question est d’un immense sérieux, en ces jours ou l’anarchie s’accentue toujours ; par le fait même qu'il n’y a pas de quoi employer tout le monde, et l’on méditerait de supprimer du coup le gagne pain de ces millions d'individus qui fout le métier utile et agréable, de traduire les langues, d’assimiler les poids et mesures, le temps, les distances angulaires d’une nation en équivalents d’une autre—que dirons nous des traducteurs et les imprimeurs donc, immense phalange de la société humaine qui s'occupe à reproduire ces œuvres ; les papetiers qui fournissent de quoi y inscrire ces millions d'exemplaires ; l’encre, le caractère, les presses et pressiers, les relieurs de ces ouvrages ; tout cela d'un seul trait mis de côté, supprimé. Ah! c’est alors qu'il y aurait recrudescence terrible d’anarchie, révolutions de par le monde du pauvre contre le riche, du sujet contre son roi, du peuple contre ses gouvernants.

+ * * 536 — Le grand problème à résoudre est

celui de donner de l’ouvrage à tout Île monde ; un ouvrage suivi, continu, rapportant assez à l'individu pour sa subsistance. Ce serait du coup la solution des grèves d’ouvriers, du communisme, Ina suppression de l’anarchie.

Mais comment donner de l'ouvrage à tout le monde. Y a-t-il assez à faire dans le monde pour employer ainsi tous les bras ? L’Injonction : gagner sa vie à la sueur de son front, semblerait, à l’époqne où elle na été formulée, promulguée, c’est-à-dire au commencement du monde, se rapporter a la culture de la terre, l'exploitation de ses ressources de terre et de mer, l’agriculture, la chasse, la pêche, les industries et manufactures. Mais les villes regorgent, les centres manufacturiers sont engorgés, débordent — trop de bras laissent les champs pour se porter sur les villes. Ce n'est peut être Aû qu’à un surcroit d’éducation. Il convient de se demander s’il n’y a pas dans les campagnes trop de colleges, de couvents où le jeune homme qui en sort ne peut plus épouser une paysanne — une jeune fille qui a appris à broder, à pianoter, à lier son avenir à celui d’un 6 habitant ?” ; mais le monde est ainsi fait ; la vanité va se nicher partout : le bon habitant met son fils au collège dans l'espérance qu’il deviendra un notaire, un avocat, un

médecin, un prêtre, voire même un.évêque, et PE c'est la ville qu'il lui faut et une demoiselle à marier quipeut être, comme lui-même, n’a pas le sou.et ni lune ni l’autre le talent d’en gagner — ou encore c'est un fermier à l’aise qui pour marier sa fille à un citadin lui fait une dot, que le mari fait vite fondre pour grossir encore avec sa femme la liste des désœuvrés. + # +

337—Il ne faut pas se cacher non plus qu’il y a dans les campagnes comme dans les villes trop de luxe souvent dans les églises, les presbytères pour construire lesquels les habitants ont à se saigner jusqu'aux os ; et , que ce sont de ces extravagances de l'Eglise, comme les largesses de l'Etat pour ses amis et se cramponner ainsi au pouvoir, qui ont motivé pour beaucoup, ‘ 93 ?? peut-être, et motiveront un jour ici et ailleurs de .sanglantes révolutions du peuple abruti par tant de misère ; pendant que les monopoleurs, les gouvernements à tous les dégrés, se vautrent dans une opulence qu ils n ’ont jamais "Tien fait pour mériter, et pour satisfaire aux besoins desquels, le peuple, l’ouvrier est : soumis à ane contribution forcée qui, s’il a du cœur, le portera un jour à s ‘émouvoir, s'élever contre la continuation d’un chantage, qui. depuis l'époque des quais

— 301 = et dés phares du bas: du Saint-Laurent, a peut-être fait grossir de cent millions de piastres la détté du Canada ; péndant qu'en Angleterre aussi, lé peuple commence à s'émouvoir, en voyant à côté dé l# profonde misère du grand nombre, le luxe affréné, les revenus iminenses dés Lords; les gros salaires des fonctionnaires de l’état : les ministres, les juges, les évêques et autres pour payer lesquels le pauvre à a se saigner et à payer encore sa quote part des vingt millions de piastres que d’après Labouchère coûtent au pays la famille royale et le gouvernement de Sa Majesté.

538 N'oublions point que l’angrchie se fomenté du trop des autrés comme de son trôp peu. Ce'n’ést qu'au 19 décembre dernier que du haut dé 4 chaité d’une égiisé de Windsor Ontärio, lé Réva. Mr. Hincks s'éxpriin aîhsi, en parlant des socialistes : ‘ Je ne prétends point dire pour un instant (faisant allusion aûx dynafnitards d'Europe) qu'ils sont justifiables de’ prendre la vie dé leurs: seinblablés; mis je dis que leurs: principes sont fnattuqguables, et je’prié Dieu pour que le jour arrive-ou leurs-efforts seront éouronnés de succès. Je suis socialiste moi-même dit-il à! ses ouailles, et il en: est assëz pour réndre' socialiste qui que ce soit,

ET EN E SARA Lu ES DG LA Es JC a ac ?

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que de voir de tous côtés la pauvreté: hommes, femmes et enfants mourant absolument de faim, faute de nourriture, pendant que d’autres ont une surabondance d'argent, et qu’ils passent leur temps à poursuivre leurs frères info:tunés pour en tirer eacore quelque chose à leur profit.

“ Vous n'êtes pas satisfaits a-t-il ajouté, d’insister sur les distinctions sociales pendant la semaine : mais il vous faut les continuer jusque dans l’église, les introduire dans la maison de Dieu, l’endroit surtout où l’on s’attendrait à voir les riches, les pauvres assis à côté l’un de l’autre. Ici dans cette église, vous insistez à payer pour un siège, dans le but de vous tenir aussi éloignés que possible de ceux que vous considérez comme étant socialement vos inférieurs. Vous rendez-vous compte que si ceci se continue vous verrez le sang couler dans vos rues. Il se rappelait probablement # 93 ”’ quand il a dit ces mots) et dans ce terrible conflit ce seront des frères qui se batteront entre eux. |

: Je vous demande de prêter l'oreille à ces cris de détresse des afamés. Donnez Jleur de votre surabôndonce. Partagez avec eux ce

: que vous avez et en ce faisant vous épàrgnerez au

monde entier, le jugement terrible dont :il sera autre-

ment frappé. Je vous en avertis et si vous avez égard à la sûreté de vos enfants, ne permettez point que cet avertissement vous soit donné en vain.”

539- Nous re voulons point que le partage à faire de ses biens avec les pauvres soit outré, mais que chacun contribue suivant ses forces, c’est-à-dire une proportion en rapport avec la fortune, l’avoir, les recettes et profits de chacun. Un des excellents moyens de ce faire et qui se pratique déjà cà et là, est de faire participer louvrier aux profits du patron pour lequel il travaitle : un salaire tout d’abord suffisant pour son entretien et celui de sa famille--soit $1.00 par Jour plus ou moins, suivant les pays, suivant la valeur des services rendus, et en rapport avec le coût des denrées, du logement, du vêtement, de la nourriture, de l’ins-

truction laïque et religieuse, les impôts, contributions municipales et autres.

Maïs ce ne sont ià que des moyens exceptionnels qui peuvent, il est vrai, se pratiquer dans des milliers de cas—tandis que ce ne sont point par milliers que les nécessiteux existent, mais par millions, et c’est le socialisme qu’il faut- Francii, définit le socialisme :.{“ un système qui se propose de délivrer

— 30F— l’homime de sa résponsabilité, en substituant à sa prévoyance, à son industrie, à son activité, celle de: la scoiété tout entière.’

540 — De tous ceux qui ont écrit sur le communisme, le socialisme, pas un seul n’a essayé de réduire le système à quelque chiose de pratique, à des chiffres, en un mot. C’est ce que nous voulons essayer d'une manière au moins approximative, et en tentant la solution d’après divers modes de câlculs ; et il faut que la chose se fasse par un mouvemènt concerté des nations, qui toutes sont ménacéès' dé l'anarchie ; ou que chaque nation, après une ententè générale à cet effet, agisse ensuite d’elle-même ; chaque nation ayant par elle:même ou par ses colonies, ses possessions étrangèrés, le terrain nécessaire ét de cent à mille fois plus que nécéssaire pour la colofisation que nous voulons proposer pour mettre lès désœuvrés en mesure de gagner chacun sa vie, tel que voûlu par Dieu, à la sueur de son front.

+ + *# Saf kväntäée pourvoir aut besotis des ina jüifs, iltisut d'abord sé jtetére ét garde

contre l’augwentation de leur nombre, en ne pas donnant suite aux idées de ces gens mai inspirés qui cherchent à réduire le travail enie simplifiant. Comme nous l'avons déjà dit : remplacer le travail manuel par le travail à la machine, n’augmente point le nombre de personnes sans ouvrage, et au contraire tend à le diminuer ; puisque comme nous l'avons vu, le nombre de mains employées à la manufacture des instruments aratoires - dépasse probablement celui des mains rendues inactives par l’abandon du travail direct ou de la main de l'homme ; et que les milliers de personnes mises en disponibilé par les nouveaux procédés de transport des effets et des hommes d’un endroit à un autre au moyen des vapeurs, chemins de fer, voies électriques et autres, sont plus que compensés par les autres milliers employés à construire les véhicules de transport, les voies ferrées, à exploiter les matériaux nécessaires à la fabrication de ces voies, ainsi que la houille, le pétrole, etc., nécessaire à la création de la vapeur, de l'électricité, de: gaz, du vide, du pouvoir hydraulique qui les font fonctionner.

Prévenir la suppression directe des bras; non plus en déplacant l’industrie, ou en en substituant une à une autre, mais en faisant cesser cette industrie, comme le ferait

la substitution d’une seule langue à toutes ‘fes langues d'aujourd’hui, ce qui jeterait du coup sur le pavé les milliers de ceux qui gagnent leur vie comme traducteurs d’une langue en une-autre— la réduction du système monétaire et métrique er: un seul système ou une seule monnaie de toutes-les nations, doublerait, décuplerait peut-être le nombre de ceux auxquels le communisme aurait à pourvoir, et par là n.ême le nombre toujours croissant des anar-

chistes.

5342-11 faut se garder aussi quand l’ouvrage est rare d’employer plus d’une personne dans la même famille ; car il suñit d'un seul à des gages ordinaires pour soutenir la fasmille, et chaque main que l'on emploie de plus dans cette famille, déjà assurée d’une suffisance, est une famille de plus à laquelle on enlève le moyen de se soutenir, une de plus à ajouter à la liste des désœuvrées à pourvoir par le communisme, un anarchiste de plus peut-être ; et il y. a constamment à se garder dece mode d'ajouter sans nécessité à l'ai sance, au luxé, au trop d’une famille aux dépens du trop peu, du manque du nécessaire, de là misère d’une

autre.

543-I1 est maintenant à faire voir combien il faut prélever pour le communisme, par répartition volontaire ou forcée d'une partie du surplus qu riche, des gens qui ont plus que le nécessaire, pour fournir le nécessaire a ceux qui ne l'ont point.

Ceci tient directement de l’essentiel à la subsistance de la famille. Nous savons que dans l'expérience communistique faite en France en 1848, et il en est encore de même aujourd’hui, 30 centins par jour était le chiftre alloué à chaque père de famille, à chaque travailleur pour la subsistance de lui et des siens—soit, à trois cents jours ouvrables par année, $90.00 par année. En Angleterre l2s gages des manœuvres sont en moyenne, dit-on, de 40 centins par jour. Au Canada de 50 centins, aux Etats-Unis de 60, ou s’ils sont plus élevés, leur répartition sur les jours de travail de l’année ne donne guère que ces chiffres, puisqu'il y a toujours à faire la part du chômoge ; et qu’il y a dans plusieurs pays l'hiver, la neige qui motive une saison d’inactivité forcée.

PA

544—I1 est singulier, de voir de combien peu l’on peut vivre quatié ôn y éét astreiut : l'Italien fait soi repas avec deux-sous de inaéaroni ou de veriicelli, lè Chinois avéè dèux sous dé ris, l'écos-

sais avec deux sous de gruau, l’Irlandais, le canadien, le français avec deux sous de pommes de terre (patates) ou encore moins, car quand les patates sont à 25 centins le minot, il serait difficile à un homme d’en consommer pour plus qu’un sou à la fois sans se faire effort. Il y a des personnes qui savent se soutenir seules sur #20.00 à $30.00 par année— mais, sans recourir aux extrêmes, voyons quel est le minimum rationnel qu’il conviendrait de donner à une famille ordinaire de 5 à 6 personnes (père et mère et 3 à 4 enfants) pour assurer son existence; et disons tout d’abord qu’il faut supposer à cette famille un pays tempéré où le seul feu du poêle de cuisine mis en activité deux à trois fois par jour pour les besoins culinaires ou de buanderie suffirait à rendre la température supportable sans recourir à un chauffage supplémentaire qui augmentât notablement le coût annuel d’entretien.

545—En Europe le loyer à payer par la classe ouvrière n’est que de un franc (2 centins) par chmmbre ou pièce par semaine.

Sur cent habitations à louer, il y en a 46 pour cent de 4 chambres ou pièces, 24 pour cent de 3-chambres, 22 pour cent de 2 chambres et 8 pour cent d’une seule

chambre. Nous savons ce que ceci veut dire au Canada, où il y a dans les nouveaux cantons une foule de ces maisons : le lit du père et de la mère dans un coin, dissimulé d’un rideau, les autres composés d’un ‘“ bed,’ (banc-lit) ou siège pouvant se transformer en couchette ; et pour les enfants une crèche, un crible que l’on élimine le jour sous le lit des parents, monté haut à cet.effet, et nécessitant quelquefois un escabot ou une échelle pour y arriver.

. La moyenne du loyer, en faisant la part du nombre moyen des pièces, est donc de $34.03 — disons 834.00 par maison ou par famille. Comme il s’agit ici d’une population non urbaine, mais purement suburbaine ou de campagne. comme dans nos paroisses de France, du Canada, nos cantons des Etats-Unis et d’autres pays où il n’y a point à songer au luxe de chaussées empierrées, de lumière et locomotion électrique, d’un département de police, de feu, d'hygiène ; il n’y a pas à ajouter à ce loyer les 30 à 40 pour cent qu’il y aurait à faire entrer en ligne de <ompte, si nos nouvelles colonies de désœuvrés devaient occuper des villes ; mais il y a d’indispensable l’eau qui ne coûte aujourd’hui dans les districts ruraux que $4.00 à $5.00 par famille par année.

Nous voilà donc rendus à $38.00 du coût annuel de la famille, Il faut encore ameublement, batterie de

cuisine, le poêle — capitslisons-les & 680.00 ÿ la literie, Îe Énge indispensable . — voili éncoré S VEd OÙ d'intérêt ou de coût annuël à ‘djoüter aux 00. Méttons 10% de plus pour dépérissement et #fhabil. tion, ou en totalisant 850.00. Maïntenant il faut l'habillement, lé vétement de la famille, soit $15,00 par année—65.00 puis enfin la nourriture, le soûtiéti, soit 860.00, (*j — étisémiblé #125.00. Ceét sépiéseiite en moyenne pour les 300 jours ouvrables dé lPanhée; Quelques 49 cehtirs du gagés pur four, et hevireurx ecint qui pourrait cothpter sur ur pareil faiñ daorhnt 6e v ewtière.

546-La famikle du paysan vit assez à l’aise en France à 30 cts, par jour ou à $20.00 par année ; et un tableau dernièrement publié par le Scientific Ameriean de New- Yo sk, des

LS

(*) Dont. pott pdtates -iomine dé: terre): 48 minoti à 20 centins 69.60, 259 lbs. de lard à 6 centins $16.00, cinq. barils de farine à #4 00 920. 00, 1 minot de fèves et 2 de pois 83. 60, intérêt sur coût dchat d'an Cheval é ét “instruments. aratoires $5 00, intérêt diitidel d'athrdt bt dtpdñiiéément où coût d’immortaliser une vache à 10. me #30 00, G Ibs. thé à 25 cts. si. 50, 80 Ibs. de sucre à 5 cts. $ 50, savon, sel, eté:, #00; ges: 60'où, réduisint sur le loÿét, Soit #%0'06.

prix payés am Japon pour une cinquantaine d'industries différentes y compris les‘artistes en porcelaine, est juste du même chiffre que celui que gagne en moyenne Vouvrier, le paysan en France — savoir 80 centins par jour — de scrte que l’on né pourrait nier que Ja louance de 33 par cént dé plus pour un climat plus froid, et où il faut manÿer plus de lard,

plus de viande, ést une ample compénsation pour la différence dans les cônditions.

Nous voilà donc arrivés à voir que pour chaque famille à être “ communisée ’’ le coût sera de $125.00 par anrtée; ‘soit en argent, c'est-à-dire; en gages ; ou: en hui fournissant terrain, maison,.otc., pour loyer ou ntérêt et dépérissement annuel.

#7 x 47:41 nous reste à voir ka-part afférente de econtrilretion du genre humain, ou de

ceux pouvam contribuer au communisme voulu.

Et-tout. d'abord. quel est le nombre de ces nécessiteux ou désœuvrés auxquels il faut pourvoir.—La moyenne des mécessitenx recueillie des statistiques des principales villes du monde, grandes et. pétites : Leridyes, Paris; Berlin, New-York, Chicago, Bosten, Moftréal,. Toronto, Québec, ou de l'Europe,

des Etats-Unis et du Canada nous parait être assez approximativement de un par cent.

La population du globe est de 1,600 millions mais en éliminant les 460 millions de la Chine et les 200 millions de l'Afrique et autres pays dont nous n'avons guère à nous occuper—il reste encore mille millions d’âmes. Or, un par cenit de ce dernier chiffre donne 10,000,000 d’âmes à pourvoir, soit 2 millions de familles, et pour ce faire nous avons mille millions d’Âmes à mettre à contribution ou plutôt—divisant par 5 (moyenne d’une famille) 200 millions de chefs de famille, c’est-àdire, 100 contrihuables par famille à sous tenir.— Or nous venons de voir que le coût de chaque famille à pourvoir est de $125.00— chaque chef de famille ne serait donc taxé en moyenne que de $1.25 par année pour réaliser le montant voulu à l'effet désiré, équivalant à 5%, à un capital de $25.09 une fois pour toutes, pour complète installation et fonctionnement.

Maintenant pour mettre les choses sous l’aspet le pius défavorable- supposons le nombre de désœuvrés de 20 millions au lieu de 10 ou de 2 par cent de la population entière du monde, non compris la Chine et l’Afrique, que la contribution ne serait en moyenne que de #50.00 une fois pour toutes ou de

$2.50 par année, et si les désœuvrés pouvaient atteindre le chiffre de 4 par cent ce ne serait encore que 8100.00 de contribution en moyenne à prélever sur les non nécessiteux. Ceci, disons nous, est la moyenne, et les extrêmes de la proportion donnant lieu à cette moyenne, seraient sujètes à de grandes variations en rapport avec les moyens pécuniaires de chacun. Pa

548— Pour arriver maintenant à établir ce que serait pour chaque contribuable, le pour cent de sa mise ; il y a à se demander de suite, qu'elle est Ia fortune de chacun, son salaire annuel.

Le meilleur moyen, le plus rationnel d'arriver à ce chiffre est en le basant sur la contribution municipale ou directe de chacun. De nos jours, cette taxe ou cotisation prélevée par la ville, peut être fixée en moyenne pour les diverses villes du monde à 274 par cent de la valeur locative sans y comprendre l’eau, ou de 40 # avec celle-ci—Québec par exemple perçoit ainsi $600,000.00, ce qui, déduction faite de cette partie du revenu qui ne repose point sur le loyer, telle que licences, loyers d’étaux, etc., et la balance divisée par le nombre de familles, donne une moyenne de $100.00 par famille. Mais les loyers que payent la classe

GE à ouvrière sont de 836.00 à 884 ou de 860.00 en moyeññe pendant que les classes proféssionnellés payelit jusquà de $#200 à 8500 en excluant les extrémes enéephionnellés,

Puis ét l'on ndet qüé le loÿer est ëlr mioyéiné te séptièti: du sutiire, éélr porée l'avoir äninel dé éhaciit à de 9200.00 à $2,000.00—Le salaire de l’ouvrier n'étant approximativement que du dixième de celui de l’homme de prôfessioh, én éliminant de la comparaison. ceux qui comme les ministres, les juges, et quelques autres tou” chant des salaires de $3,000.00 à: $85,000.00. Mais pour un-négociant, un. professionnel et autres qui font leur 82,000.00 à $3,000.00 par année,.il y en a,au moins 10 de la classe des artisans donnant peur Encre mUpen la moyenne à .. est de gl. 95 par année par père de famille. Ceci représente donc comme contribution annnells soit 175 de Ï par cent ou 40 centins pour l'ouvrier qui. gagne $200 00 à $2.00 pour les shlaires de si, 000. 00, à $4.00 pour les salaires de $2,000. 60 en élevant à à $10.00 pour les salariés ou négociants, éte., gngnañt #5, 000. 00 et ainsi de suite en montant. |

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