‹ Divers ou Les enseignements de la vie [microforme]Chapitre 63 sur 83 · Un profit de $2,000,000 février · texte numérisé non relu

Un profit de $2,000,000 février

sur 20 millions de minots de. blé. La chose a l’air incroyable, féérique, de toute une fortune à réaliser et d’un seul coup par un seul individu ; mais n’est pas moins réelle : qu’un nonuné Leiter a à disposer de cette quantité de blé de pas moins que 24 millions de pieds cubes et qu’il faudrait d’après ceux quien ont fait le calcul 22,000 wagons de chemin de fer pour transporter. Oui, Leiter contrôle absolument, en ce moment le marché au blé des Etats-Unis, sur lequel il y a eu avance de 10 cents le minot durant la dernière semaine et que à compter du milieu de janvier dernier, ces profits ont été de 20 centins le minot sur blé de mai, et de 15 centins sur le blé de juillet. Quel sera le résultat de cet état de choses, on l’ignore, muis quoique les prix fussent de $1.09 pour le blé de mai et 944 cts. pour le blé de juillet, on craint qu’il puisse aller à $1.25, certains mêmes disent à $1-50. Ce serait la famine pour les pauvres.

249- «Fiat justitia, ruat cœlum.”” Cette expression a perdu sa raison d’être chez les Français. Znla est condamné. Tout le faisait prévoir : en épousant la cause du juif Dreyfus, Zola épousait celle de la nation juive banuie de la France. Sa cause devait

donc être r'ipopulaire. Mais la sentence de Dreyfus

était due à l’armée—or chaque famille en France compte dans l’armée, un parent : un frère, un fils, un père peut être et qui sait encore. Zola se mettait donc la France doublement à dos en attaquant l’armée dans la personne de ses officiers. D'ailleurs à quoi devait servir la magnifique défense faite de sa cause par Laborie son avocat, à la suite des paroles de la veiile prononcées par le banc, le juge président, qui n’a pas craint de dire“ La gloire de la France, l’honneur de l'armée avant tout,’ c'est-à-dire, avant la justice même. Et cependant il pouvait être dans les vues de la providence qu’il y eut une victime pour en sauver des milliers en cas que qu’ique incident du procès donnât lieu à une guerre. Mais rappelons en même temps que Dieu a dit : ‘il faut que le scandale arrive ; mais malheur à celui par qui le scandale arrive.”

220- Les : Livres Bleus ”” que personne ne lit à peine, pullulent d'intérêt et de situations émouvantes c’est plus beau que du Zola. C'est dans ces livres publiés à grands frais par les gouvernements, qu'on trouve ces fééries, ces merveilles du Colorado, de l’Arizona, de la vallée Yosamite, aujourd’hui le Parc National ”’ des Etats-Unis, le parc des géants du nouveau monde. C’est par ces rapports d’explora.

tions qu’on connaît aujourd’hui, et seulemènt depüïs 40 ans à peine, l'existence au Maripoza ‘dé ces grands arbres de 300 à 400 pieds de hauteur, d’un diamètre de 30 à 40 pieds et qui par leurs couchés annüelles côncentriques révèlent une existence de 40 à 50 siècles. Il y a aussi dans l’Arizona de superbes et imiensés" pétrifications : des troncs d’arbres én entier pétrifiés, réduits en pierres précieuses, des pierres de toutes les nuances imaginables, faisant l'effet de mines de diamants tout triilés à l'avance et reflétant les mille couleurs et teintes de l’arc-en-ciel.

121:Ln Baie d'Hüdsotr, découverte en 1610 par un homme de’ce moin; est'üne viste merintérieure de quelques 825 milles du Nord au Sud et de 630 milles de l'Est à l’Ouest Sa superficie de 397,000 carrés est de six fois celle du Golfe St-Laurent ; cinq fois celle de de tous nos grands lacs réunis : le Supérieur, le Michigan, le Huron, l'Erié, l'Ontario, avec la baie Georgienne de surcroit. Cette Baie est de 26,500 fois la superficie du havre de Québec où on a vu arriver 1600 vaisseaux durant une seule saison de navigation et où 400 vaisseaux peuvent, chacun, dans un diamètre de 1100 pieds, manœuvreï à la fois, c’est-à-dire dériver au courant, éviter, comme l’on dit en termes de marine ;

£n ;un, mot, exécuter chacun, et tous ensemble un mouvement complet de rotation,sur son axe. + 222 Tout est vaste au nouveau monde :

la baie d'Hudson, mer intérieure de deux fois l'étendue de la Mer Rouge, trois fois. celle de la Mer Caspienne ou de la Mer Noire ; nos lacs à côté de ceax de l’ancien «continent; n0s.fleuves : les ,A mazgones, le. St-Laurent, -le:Mississippi: mis en. parallèle ayec les filets d'eau de l'Europe ; vastes comme.ie sont nos ‘ Rocheuses,? nos “Sierras à côté des Pyrénées, des Alpes ; le glacier Muir de Alaska, grand. à. lui seul comrne tous les glaciers -des Alpes réunis ; les Geysers de la vallée Yellowstone de :50 pieds: de diamètre. et.lançant leurs eaux bouil- Jantes à une,-hauteur:de:200 pieds, à côté.des..eaux thermales de l'Islande ; comme l'Amérique elle-même -co-uparée à l'Europe ; comme le sera le nouveau pont ds. plus, de 3,000. pieds. de, baie -sur l’Hudson, mis en -ragard:.de celui à baies, de 1700 pieds sur la Firth de Forth.en Europe ; les. canions immenses, ravins. presque: insondables du Colorado, de 5,000. pieds et plus .de.profondeur, hauteur de trois caps “ éternité ” du Saguenay. .entassés l'un sur l’autre, à côté de ceux des .æivières de l'ancien, monde ; .le Niagara regardant les :-Cascades. combinées. de l’Europe, de l’Asie, de l'Afri-

que ; les ponts Brooklynn et Victoria en regard de ceux de la Tamise, de la Seine ; le chemin de fer du Pacitique canadien à côté de ceux des autres continents, sauf cependant à être à son tour surpassé par le chemin de fer trans-sibérien de 7,000 milles de par-

cours, de St-Petersbourg à Vladivostock, au Japon.

223-Superficies et niveaux des grands lacs entre le Canada et les Etats-Unis. Celle du lac Supérieur est de 31,200 milles carrés ; du Michigan, 22,400 milles ; de la Baie Georgienne, 23,800 milles carrés ; du lac Erié, 9,960 milles carrés et du lac Ontario, de 7,240 milles carrés, formant avec celles des rivières Ste-Marie, Ste-Claire, Détroit, Niagara, et du lac Ste-Cliaire, une aire totale de pas moins de 95,275 milles carrés. Maintenant pour les niveaux respectifs de ces lacs en rapport avec celui de l’Atlantique où ils s’écoulent par le St-Laurent, Ontario est à 246.6 pieds, audessus du niveau de la mer, l'Erié à 572.6 pieds (ou à 326 pieds audessus de l'Ontario), les lacs Huron et Michigan à 581.3 audessus du même niveau, et le lac Supérieur à 601.8 pieds—les 20 pieds de différence entre le Supérieur et le Huron, étant rachetés, comme on le sait par le canal du Sault-Ste-Marie, pendant que la différence de 8.4 pieds entre le Huron et l’Erié

se trouve surtout sur le parcours de la rivière Détroit, et les 326 pieds entre Erié et Ontario, formés des 160 pieds de la chute du Niagara, des 50 pieds de rapides audessus de la chute, des 110 pieds entre Lewiston et le pied de la chute et les 6 pieds, dans la partie supérieure de la rivière Niagara. Le Supérieur déverse dans les Michigan et Huron 86,000 pieds cubes d’eau à la seconde ; ces derniers 225,000 pieds cubes d’eau dans l'Erié ; l’Erié dans l'Ontario 265,000 pieds cubes et l'Ontario dans le St-Laurent 300,000 pieds cubes par

seconde.

224- Fluctuations des niveaux d’eau des grands Lacs de l’Amérique du Nord. Pendant que ces lacs ont, comme l'océan, leurs marées mais qui ne sont que de 4 à 3 pouces, contre celles de l'Océan, de quelques 2 pieds ; leurs niveaux respectifs, par les pluies et neiges fondues des 270,900 milles carrés des terrains qui y déversent leurs eaux, varient beaucoup plus et ces fluctuations s’accentuent avec le déboisement du pays. Ces saignées qu’on se proposent d'y faire pour le oanal de Chicago, les autres canaux projetés entre les grands lacs et l'Atlantique par la voie de la rivière Hudson, ne les feront point néces. sairement varier davantage puisqu'on peut en relever les endroits de déversement au besoin ; mais €e sera

autant d’eau de moins du côté du St- Laurent ; et dire que nos législateurs à Ottawa n’ont pas vu cela, ni un seul des ingénieurs canadiens, sauf M: C. Bailluirgé qui er a averti et le public et ses représentants au parlement dès 1894. La seule prise d'eau de 600,000 pieds cubes par minute pour le prétendu canal de drainage de Chicago (en réalité un canal nraritime-et commercial) va baisser d’un pied le tirant d’eau du St-Taurent, et ce niveau s’abaisseranécessairement de plus en plus au fur et à mesure que les autres canaux proposés entre ces lacs et l’Atlantique deviendront faits accomplis.

725- Uune grave question intérnationale ou qui devrait être considéréc telle. L'on eut cru que c'en était assez pour le gouvernement du Canada de permettre comme il l'a fait pendant tant d'années passées, à n08 amis les Américains de. Etats- Unis de la Nouveille-Angleterre, de nous passer ainsi au nez avec leurs baleiniers en route pour nos pêcheries de la Baie d'Hudson—riche aubaine qui tous les ans leur rapportait une somme d’au moins 830,000 à $50,000 de profits par vaisseau ; faut encore fermer l'œil sur le fait que du côté de Chicago, il se fait un canal, nominalement de drainage et qui sera sans

doute utilisé comme tel, pour détourner du lac Michi. gan les égoûts de cette grande ville qui aujourd’hui empoisonnent ses prises d’eau d'autant d’aqueducs dañs ce lac; mais aussiot en même temps un cañäl märitiméet commercialentre le Michigan et le-golfé du Mexique’ par la voie des rivières Dés Modies, Illinois et’ Mississippi. Pourquoi n’a-t-on point à ce sujet invoqué les droits des nations, pendant que les droits de sim‘ ples riverains ne veulent point qu’un individu fâssedévier le cours d’un ruisseau au détriment de’ son voisin. Réveillons nous et qui sait si nos awimäbles voisins d'audelà dé la ligne 45, une fois que lé'goût leur en sera acquis, ne finiront point pur tout prendre, laissant le Niagara à sec, et réduisant ainsi le St-Laurent au seul drainage de la vallée de l'Ontario et des rivières Outaouais, Saint Maurice, Richelieu et autres. Il est vrai qu’il nous resterait oncore la marée qui comblerait dans une certaine mesure, le déficit ; mais cela jusqu'aux Trois-Rivières à peine ; tandis qu’à basse marée pour nous et durant les 24 heures en amont de Québec, notre cours d’eau diminué de plus de moitié rendrait inutiles une foule de nos embarcations actuelles et nécessiterait d’ex1 construire de nouvelles d'un moindre jaugeage, et par suite d’un tonnage diminué, au dommage incalcul ble de notre commerce fluvial et maritime, puisqu'il faudrait alors la marée pour arriver à Québec et aux Trois-Rivières, avec im-

possibilité d'aller au-delà, sauf pour des vaisseaux de moindre capacité. | * * *

Page 1