‹ Divinité du catholicismeChapitre 10 sur 27 · LETTRE VII · texte numérisé non relu

LETTRE VII

-26 mars 1841.

Mon cher docteur,

Je puis maintenant, pour répondre à votre question, vous montrer que nos doctrines catholiques se trouvent exprimées non seulement dans les pères qui ont vécu depuis le cinquième siècle jusqu'à nos jours , ce que vous admettez vous-même1; mais encore dans les pères des quatre premiers siècles et dans les écrits du nouveau Testament. Cependant, avant de vous envoyer ce fruit de mon

1 A entendre les docteurs anglicans, les pères des quatre premiers siècles et la Bible devraient être opposés à la foi catholique. Comme je ne puis dans cette note donner les raisons qui rendent absurde une semblable assertion, je me contenterai de faire ici une simple réflexion que je livre à l'attention des lecteurs.

« En 170, un roi des Bretons, tributaire des Romains, écrivit au pape Éleuthère pour faire connaître à son peuple la religion chrétienne : aussitôt des missionnaires sont envoyés, qui procurent la foi aux peuplades britanniques.

« En 596, le moine Augustin fut envoyé parle pape Grégoire

travail, oserai-je vous prier de jeter un coup cTœiJ en arrière sur les lettres que je vous ai adressées depuis quelque temps?

Dans la première , vous avez vu la gloire et la puissance du catholicisme. Est-elle couronnée

le Grand pour annoncer la foi aux Saxons, vainqueurs des Bretons, et réussit dans son entreprise. »

D'après l'assertion des anglicans, la, foi du pape Éleuthère était bonne et orthodoxe, tandis que la doctrine du pape Grégoire était déjà mauvaise et corrompue.

Je leur demande : Si les Bretons et les Saxons n'ont point reçu la même religion, il a dû exister entre les uns et les autres une différence essentielle par rapport à la manière de croire et de pratiquer. Cependant quand les Bretons, qui s'étaient retirés dans le pays des Galles, furent unis aux Saxons, par la suite des temps, pour ne former qu'une seule et môme nation, tous, les vainqueurs et les vaincus, étaient membres de l'Église catholique, qui reconnaît pour son chef le souverain pontife, comme successeur du prince des apôtres sur le siège de Rome. — Quoi ! les Saxons et les Bretons avaient la même foi I — Oui, assurément, puisque tous les Anglais, jusqu'au temps de la prétendue réforme, étaient catholiques comme nous le sommes nousmêmes. Vous voulez, docteurs anglicans, que les Bretons aient été pervertis dans leur foi par les Saxons ; mais si ce fait existe, n'est-il pas assez grave, assez important pour qu'il se trouve dans les annales du monde ? ... Tenez, je suis facile à contenter : citez-moi dans un seul historien, antérieur au seizième siècle, une seule parole qui prouve évidemment que les Bretons et les Saxons n'étaient point d'accord sur les principes religieux, à l'époque où ils s'unirent ensemble pour ne faire qu'un seul peuple... Puisque cethistorien est introuvable , cessez donc de calomnier notre foi, pour autoriser votre église rebelle à perse vérer dans son schisme et dans ses erreurs...

reine par l'Eternel, l'Eglise eatholique qui n'a qu'à toucher du signe de la croix les nations , quelque abruties même qu'elles soient par la corruption et l'esclavage, pour les rendre aussitôt à la lumière, à la liberté, au bonheur? Est-elle la sainte épouse du Christ, l'Eglise catholique qui ne cesse d'engendrer de nombreux enfants dans les lieux où peuvent pénétrer ceux que le souverain pontife envoie par toute la terre pour former des adorateurs au divin crucifié ?

J'ai placé votre église anglicane à côté du catholicisme , non point pour insulter à votre misère ; mais plutôt pour vous montrer l'énorme différence qui existe entre votre église et la nôtre. Est-ce insulter l'amateur des arts que de placer devant ses regards un superbe tableau de Rubens à côté d'une informe production faite par un élève en peinture, qui essaie de copier les grands maîtres? Non sans doute ; plutôt , le sentiment de l'admiration ne s'exalte-t-il pas à la vue des contrastes ? Mais si une chose est rare, surtout si elle est unique dans son genre, qui pourra jamais, en la voyant, comprimer les élans et les émotions de son âme? Pourquoi, par exemple, Saint-Pierre de Rome est-il tant étudié, tant admiré par les artistes , sinon , parcequ'il ne redoute aucun concurrent, soit dans les temps anciens, soit dans les temps modernes? Croyezvous que ce chef-d'œuvre de Michel-Ange produi-

rait la même surprise, le même enthousiasme dans ceux qui le contemplent, s'il se trouvait répété sur plusieurs points du globe ? Pourquoi encore le nom des conquérants soulève-t-il la poitrine des braves ? sinon , parce qu'ils apparaissent à grande distance les uns des autres dans la longue étendue des âges : Voilà. six mille ans que le glaive meurtrier moissonne les mortels : or, pouvez-vous me citer plus de quatre grands capitaines, qui portent sur leur front ces quelques mots tracés par la main de la victoire : conquérants immortels, héros incomparables? Que l'univers donc se prosterne devant le catholicisme, et qu'il l'adore ! Le catholicisme, seul, il est le chef d'oeuvre par excellence de la main divine ; le Panthéon sublime que l'Eternel, dans son jour d'infinie miséricorde, a élevé dans les airs pour être aperçu de toutes les nations; le conquérant, à jamais au-dessus des autres conquérants, qui continue à renverser tous les obstacles que l'enfer voudrait opposer à ses victoires, qui s'agrandit, qui s'étend toujours davantage, jusqu'à ce qu'enfin il ait soumis toutes les créatures libres aux lois éternelles des intelligences et de l'amour * .

1 Ceux qui voudront se faire une idée des innombrables conversions que nos missionnaires catholiques opèrent en ce moment sur les divers points du globe, peuvent lire les Annales de la propagation de la foi, juin 18i0. Dans ce numéro, ils verront encore combien est insignifiant le nombre des prosélytes

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j'espère bten que désormais vous plaindrez certains docteurs de votre uhivtersitéj qui cherchent à déverser sur le catholicisme le mépris et l'insulte ; que vous-même vous n'oserez plus comparer à notre catholicisme si puissant, si grandiose , votre anglicanisme si nul, si mesquin, si étroit. Quoi ! vous pourriez cohiparer l'un à l'autre , trouver quelque rapport de ressemblance entre l'Eglise du Christ et l'églièe établie par Henri VIII ! En vérité, permettez-moi, moii cher docteur, de vous dire franchenlent toute ma pensée ; je vous trouverais moins déraisonnable , si jamais il vous prenait fantaisie d'établir un point de comparaison entre la vie et la mort, la lumière et les ténèbres, l'existence et le néant...

Pour la seconde lettre, je ne vous l'ai adressée qu'après avoir lu un article de la Revue d'Edimbourg, qui m'est tombé sous la main par hasard. Cet article , dont je vous ai envoyé quelques extraits, m'a paru renfermer des observations savantes sur la marche et la puissance du catholicisme dans lé inonde à travers les siècles : j'applaudissais iri-

que le protestantisme s'est attachés parmi les nations de l'Asie, bien que Von y envoie à frais énormes de nombreux émissaires. Voici un fait bien significatif : Naguère un ministre anglican avouait que la mission de Macao avait en l'espace de vingt ans, et après une dépense d'environ 500,000 francs, converti jusqu'à sept Chinois, y compris les domestiques de la maison.

DU CATdOLIGiSME. 115

lérielirement à la bonne foi de raùteur, lorsque bientôt j'ai reconnu que les préjugés aveugles du protestantisme étaient le bon sens aux esprits les plus droits, et le bienfait de la vue aux plus clairvoyants. Le catholicisme, observe Fauteur anglais, est plein de vie et de force, il survit à toutes ses défaites* il grandit tous les jours, bien qu'il soit environné de nombreux ennemis qui l'attaquent de toutes parts. À chaque ligne que je lisais, j'attendais pour conclusion : donc le catholicisme est l'ouvrage même du Très-Haut. Il paraît que l'auteur a une autre manière de raisonner : le catholicisme est plus puissant que toutes les sectes qui sont sur la terre : donc le catholicisme -9 conclut-il, est... une absurdité combattue par la Bible.

Vous dirai-jè une réflexion que je me suis faite à moi-même , en lisant une si étrange conclusion ? J'ai pensé de suite au fils de Sophronisquei Lé philosophe d'Athènes, qui fut condamné à boire la ciguë , pour avoir osé proclamer l'unité de Dieu aii milieu d'un peuple idolâtre, a pourtant, sur le point de mourir> envoyé un de ses amis sacrifier un coq dans le temple d'Esculàpe, voulant sans doute, par cette action, se purger de l'accusation dont on l'avait chargé d'être un athée et un impie. Or, ne semble-t-il pas que l'auteur anglais, dont je viens de parler, ait voulu copier la conduite de Socrate ? Après avoir, par de sages ré-

flexions, porté ses lecteurs à conclure pour la divinité même du catholicisme , vite il se hâte de dire au contraire que notre Eglise a une existence d'autant plus étonnante, qu'elle-même elle a contre elle et la raison et les saintes Ecritures. Je le vois bien ; dans la crainte qu'il n'ait été accusé par ses compatriotes d'être lui-même un papiste : ce qui serait la plus grande injure qu'on puisse faire à un protestant , il proclame , contre les réclamations de sa raison, et peut-être contre les remords de sa conscience, la légitime existence de l'église anglicane et de toutes les sectes qui sont sorties de son sein.

Il n'y avait point à délibérer pour moi : je devais nécessairement relever le défaut de logique ou de bonne foi qui m'avait frappé dans l'auteur anglais , en montrant que non-rseulement le catholicisme avait pour lui et la raison et les saintes écritures ; mais de plus que l'anglicanisme ne pouvait se soutenir en présence de la Bible, ni repousser victorieusement les simples réflexions du sens commun. Mon dialogue entre M. Owen et l'archevêque de Cantorbéry n'a donc pour véritable auteur que l'auteur même dont je parle en ce moment, puisque je ne l'ai composé que pour répondre à l'incroyable conclusion que j'avais remarquée dans l'article de la Revue d'Edimbourg.

Dans mes autres lettres, je commence par éla-

blir l'état de la question, par vous dire sous quel point de vue je peux la traiter avec vous ; et puis , je vous parle de la triple autorité des apôtres , des saintes Ecritures et des saints docteurs ou pères de l'Eglise.

Je pose pour base de nos discussions l'infaillible autorité des apôtres ou de leurs successeurs , parce que , sans cette base solide et inébranlable , je ne comprends pas que nous puissions jamais élever l'édifice de nos connaissances en matière religieuse; sous rinfluence des principes protestants, où pourrions-nous être conduits , je vous le demande , sinon à éterniser la discussion , et à nous mettre dans l'impossibilité de nous entendre jamais sur un seul point de doctrine ? Vous devez vous rappeler comment les apôtres s'y sont pris pour annoncer la religion chrétienne. Ils ne disaient pas aux Juifs ou aux gentils : « Tenez, voici la Bible, voici l'ancien et le nouveau Testament, lisez ce livre de votre mieux, et avec son aide, faites-vous une croyance comme vous pourrez, et comme bon vous semblera. » Ils disaient , au contraire : « Croyez à notre parole, car nous sommes les envoyés d'un Dieu ; croyez, car celui qui nous envoie près de vous fait consister sa doctrine dans la foi; lui-même ayant proféré ces paroles : Celui qui croira sera sauvé, et celui qui ne croira pas sera condamné. »

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Puisque c'est votre habitude d'en appeler à la Bible , je vais vous citer un texte de saint Paul , qui vient directement à l'appui de notre système catholique. « Dieu, dit-il, danssoii ëpîtreauxEphésiens, Dieu a dnnédes apôtres, des prophètes, des ëvahgélistesj des pasteurs et des docteurs, afin que tous ils aient en vue dans les travaux dé leur ministère la perfection des saints et l'édification du corps mystique du Christ 4. » Suivez bien la pensée de saint Paul , et vous verrez que l'Eglise Catholique s'est constamment soumise en tous points à sa céleste doctrine. Les apôtres sont nommés les premiers, et pourquoi? c'est que les apôtres sont, dit saint Jean, les fondements éternels et inébranlables de l'Eglise ; c'est que les apôtres ont existé avant les prophètes de loi nouvelle, avant les évangélistes, avant les pasteurs et les docteurs ; enfin c'est que les apôtres, c'est encore le langage de saint Paul, sont les ambassadeurs ei les représentants du Christ pour ce qui concerne le salut des hommes.

Dieu a donc d'abord suscité des apôtres comme les fondements nécessaires qui doivent porter l'immortel édifice de là religion ; puis, lorsque l'Eglise eut été établie , il a suscité encore et des prophètes

i Et ipse dédit quosdam quidem apostolos, quosdâm autcm prophetas, alios verù evangelistas, alios vero pastores et doetores ad consummationem sanctorum, in opus ministerii, in aedificationem corporis Christi.

et des évangélistes, et des pasteurs, et des docteurs ; des prophètes , qui donnaient l'intelligence dès prophéties de l'ancien Testament, et qui prédisaient eux-mêmes l'avenir ; des évangélistes, qui ont écrit, sous l'inspiration divine , la vie du Sauveur , une partie de ses enseignements, les prédications et les succès des apôtres, etc. ; des pasteurs, soit évêques, soit simples prêtres, que les apôtres plaçaient en divers lieux pour annoncer la parole sainte , conférer les sacrehlents et nourrir la foi et la piété dans l'esprit et le cœur des fidèles ; des docteurs enfin, c'est-à-dire, des hommes habiles et savants, qui mettaient les enfants de l'Eglise en garde contre la doctrine menteuse des philosophes païens ou contre les inventions anti-chrétiennes des novateurs.

Voyez, en ce moment , où conduit la doctrine de saint Paul. D'après ses paroles, il faut que les fondements de l'Eglise soient inébranlables, puisqu'ils sont posés par la main toute-puissante d'un Dieu ; or, quelles que soient les constructions qu'il plaira au ciel d'élever jamais sur cette base, ne faut-il pas de toute nécessité que ces constructions s'ajustent exactement et s'harmonisent avec les fondements eux-mêmes ? Soutenir donc , d'après les maximes de l'Eglise anglo-protestârite, que les apôtres, fondements de l'Eglise, ont perdu leur autorité dans la personne de leurs successeurs, tandis

que les évangélistes ont conservé une puissance absolue et indépendante, n'est-ce pas comme si Ton disait cette étrange proposition : Un édifice peut être élevé dans les airs , sans avoir de base qui lui serve d'appui. Donc, et cette conclusion me paraît raisonnable et conforme à la doctrine de saint Paul, donc si les apôtres ne vivent pas éternellement dans leurs successeurs, l'édifice des vérités révélées n'a pour appui qu'un sable mouvant, je veux dire, la faible capacité de chaque raison individuelle ; donc encore, les apôtres seuls, ou leurs successeurs légitimes, ont le droit de décider quels sont ceux qui peuvent porter dans l'Eglise les titres glorieux de prophètes, d'évangélistes,de pasteurs et de docteurs. Je ne m'arrête point à vous montrer la justesse de mes conclusions, parce que déjà je vous ai développé toutes ces propositions diverses dans mes précédentes lettres.

Plus haut, je vous disais que je trouve impossible, dans le système protestant , de faire jamais la découverte d'aucune vérité révélée d'une manière certaine et absolue. Au contraire, tous les membres de l'Eglise catholique romaine, qu'ils soient comptés ou parmi les hommes simples , ou parmi les génies supérieurs , peuvent aisément s'assurer et se rendre témoignage qu'ils marchent dans la voie du salut et de la vie. L'un et l'autre, je veux dire le savant et l'ignorant, qu'ont-ils à faire ?

Seulement ils doivent demander où sont les successeurs légitimes des apôtres que le Sauveur luimême a envoyés pour annoncer aux hommes les vérités de la foi? Or, la réponse à celte question ne se fait pas attendre longtemps. Le monde entier n'élève-t-il pas sa voix puissante pour nous dire que saint Pierre a définitivement établi à Rome son siège apostolique pour lui et pour ses successeurs ; pour nous dire encore que les pontifes qui succèdent aux autres apôtres , pour ce qui regarde la conduite des âmes , doivent être , comme les premiers apôtres, en communion avec Pierre, qui vivra éternellement dans la personne de ses successeurs? Donc, le fidèle qui voit que son pasteur est envoyé par un évêque , qui est à son tour envoyé par le chef de l'Eglise , est assuré d'avoir la vraie foi, puisque ceux-là seuls sont des pasteurs intrus et mercenaires, qui ont reçu leur mission d'hommes semblables à eux-mêmes, et qui se sont intronisés de leur propre mouvement , sans l'autorisation plus ou moins immédiate du souverain pontife.

Je pourrais, ce me semble, terminer ici toute ma correspondance sur la religion, et vous dire : Vous voulez, cher docteur, que je vous montre nos doctrines catholiques dans la Bible et dans les pères des premiers siècles; or, je viens de vous faire comprendre qu'il y a une voie bien plus simple

pour vous, indiquée par le Christ lui-même , laquelle conduit à la certitude et à la plénitude de la foi. Interrogez donc l'Eglise, et elle vous dira tout ce qu'il faut croire et pratiquer pour parvenir à la vie éternelle ; et quand elle vous aura dit quelle est sa croyance , elle vous permettra , elle vous conseillera même de lire la Bible et les pères de tous les siècles, pour que vpus puissiez mieux pénétrer votre esprit et votre cœur de la doctrine céleste. Comme je pense bien que vous ne vous attribuerez point le privilège d'être plus éclairé que les chefs mêmes de l'Eglise, s'il arrive que vous rencontriez, soit dans la Bible, soit dans les pères, des passages difficiles à expliquer, vous trouveriez-vous jamais déshonoré, tout docteur que vous êtes, pour vous adresser à l'Eglise, et lui demander quelle solution il faut donner aux difficultés qui se présentent?.. Voilà donc ce qui fait la divinité du catholicisme. Il a }a vertu de parler à tous avec une souveraine puissance, et d'inspirer le même respect et la même soumission pour toutes les vérités qu'il proclame; il évangélise surtout les petits et les pauvres: ce qui prouve, dans la pensée du Sauveur, que son origine est surnaturelle , pauperes evangelizantur.

Pourtant, puisque vous voulez que je vous cite moi-même les textes de la Bible et des premiers pères, qui militent en faveur du catholicisme, je vous promets de m'occuper de ce soin dans mes instants

de loisir, et de vous envoyer exactement le fruit de mon travail, à mesure que je pourrai le terminer... Encore quelques observations, et je clos cette lettre. Je me propose de vous exposer les points les plus importants de la foi , ceux qui regardent surtout l'unité de l'Eglise et son infaillible autorité , la puissance du pape, en sa qualité de chef de toutes les églises particulières comme successeur de saint Pierre sur le siège de Rome , l'existence du purgatoire et des sept sacrements, l'efficacité de nos prières offertes à Dieu sous l'invocation des saints... Jl est bien entendu que je ne réfuterai point ceux d'entre vos docteurs anglicans qui souvent, dans leurs écrits, lorsqu'ils parlent des catholiques, sans doute faute d'avoir de meilleures raisons à donner, se roulent dans le cercle perpétuel de ces basses et odieuses expressions de papistes, d'ignorants , de superstitieux , de païens, d'idolâtres 9 etc, . , Je vous le demande : réfute-t-on des misérables qui, par pur caprice, ne rougissent pas de jeter de la boue sans plus de façon à la figure des honnêtes gens qui passent?...

Remarquez surtout que je m'engage à vous traduire et expliquer tous les textes , que je puiserai dans la Bible et dans les SS. pères , dans leur sens le plus simple et le plus précis , le plus clair et le plus naturel.

Vous le savez , je vous l'ai dit plusieurs fois

124 DIVINITÉ Dr CATHOLICISME,

dans la conversation : il m'est insupportable de voir les anglicans qui, lorsqu'ils interprètent la Bible, vont chercher des textes qui embrouillent la question ; et qui obscurcissent les textes les plus . clairs et les plus faciles à comprendre, voulant à toute force que les apôtres aient parlé à la façon des protestants , c'est-à-dire que dans leurs écrits ils aient dit constamment ce quils ne croyaient pas , et . jamais ce qu'ils croyaient véritablement. . . N'est-ce pas là en effet le langage qu'ont à la bouche tous les dissidents ? Demandez-leur quelle est leur croyance ; ils vous répondent aussitôt : Nous ne sommes point de telle ou telle secte , surtout nous ne sommes point papistes ; mais ils demeurent muets , ils ne peuvent parler avec assurance, lorsqu'on leur demande : Que croyez-vous donc ? quels sont vos principes de foi et les règles de votre morale? où est votre symbole en matière religieuse?...

Adieu , mon cher docteur, je suis toujours plein de zèle pour faire connaître la vérité. Priez Dieu de votre côté, afin que les yeux de votre intelligence s'ouvrent à la lumière divine. L'homme a beau faire , jamais il ne parviendra , sans la grâce du Sauveur, à rendre son semblable, ou à devenir lui-même un membre de l'Eglise catholique : — sine me nihil potestis facere — .

J'ai l'honneur d'être votre très-affectionné serviteur.

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