‹ Divinité du catholicismeChapitre 16 sur 27 · LETTRE XIII · texte numérisé non relu

LETTRE XIII

26aYrill841.

Mon cher docteur,

Je puis vous rappeler de nouveau une pensée que j'ai déjà développée ailleurs. Dès que nous avons la certitude que l'Eglise catholique romaine est la véritable Eglise, fondée par le Christ et par ses apôtres, saint Pierre à leur tête, il n'est plus difficile de savoir quelles vérités il faut croire, quelle morale il faut pratiquer. Quand le Sauveur eut établi son autorité à force d'opérer de grands miracles, que disait le peuple de la Judée, ce bon peuple que n'aveuglaient point les passions mauvaises? Il répétait ces paroles de Simon, frère d'André : « A qui irions-nous donc, ô mon Dieu, pour connaître la vérité ? vous seul avez les paroles de la vie éternelle ! » Puisqu'il est prouvé dans les lettres précédentes , que l'Eglise catholique, qui de tout temps a reconnu pour chef l'évêque de Rome, est la sainte épouse du Christ, sa digne représentante sur la terre pour la sanctification des âmes, il n'y

a plus désormais qu'à dire aussi dans les sentiments d'une foi vive et d'une soumission pleine et parfaite : Où aller chercher la vérité ? à qui s'adresser pour la connaître sûrement ? sinon aux chefs légitimes de l'Église, c'est-à-dire au souverain pontife, ou aux autres évêques catholiques qui sont en communion avec le Saint-Siège. Sortez de là, niez la divinité de l'Eglise, son autorité absolue et infaillible , il n'y a plus moyen de s'entendre sur un seul point de doctrine, sur une seule maxime de la morale chrétienne. Oui, hors de l'Eglise catholique l'homme ne trouve que le hideux protestantisme, avec les ténèbres de sa raison débile, et les inspirations perverses de son propre cœur ; oh ! malheur à celui qui pose le pied sur la fatale planche du protestantisme, il faut, s'il est conséquent, qu'il roule avec elle jusqu'au profond abîme de l'incertitude, du doute et même de l'affreux athéisme.... Ces dernières conséquences ont été développées si souvent qu'il est inutile de s'y arrêter en ce moment.

Toutefois, bien qu'il vous soit facile de demander à l'Eglise catholique quelle est la voie qui conduit au salut et à la vie éternelle, je vais continuer encore à vous adresser quelques lettres nouvelles sur certains points de doctrine qui sont en litige entre votre église anglicane et la nôtre. Je vous préviens, cher docteur, que je serai constamment

m DIVINITÉ

fidèle au plan que vous m'avez tracé vous-même, et que j'ai suivi, vous le savez, jusqu'à présent avec une attention toute spéciale. Inutile d'ajouter que je prendrai les textes, soit de la Bible , soit des premiers pères, toujours dans leur sens le plus clair, Je plus simple et le plus formel, car je veux que vous soyez une bonne fois bien convaincu que les catholiques osent regarder en face la sainte Ecriture, qui leur sert d'arme puissante avec laquelle ils terrassent si avantageusement les légions de leurs nombreux ennemis.

Dans cette lettre, je me propose, avant de discuter en particulier quelques points de doctrine, de vous dire quelque chose touchant la tradition, telle que nous l'admettons d'après l'enseignement de l'Église catholique.

Je le sais , le grand scandale des membres de votre église anglicane , la pierre d'achoppement pour tous les protestants en général, c'est la tradition même dont je veux parler en ce moment. Sans doute, les plus violents préjugés vous aveuglent sur ce point comme sur tant d'autres. Vous commencez par dire , sans plus de façon et sans l'ombre de la plus légère preuve , que les catholiques onl ajouté la parole des hommes à la pure parole de Dieu : que les catholiques ont inventé quelques points de doctrine, et qu'ils les proposent comme autant de dogmes divins à croire ; c'est-

à-dire que vous répétez tout ce que disait Cranmer lui-même, inspiré qu'il était par son digne maître, Martin Luther.

Je vous arrête, docteur, et vous demande pourquoi dénaturez-vous nos doctrines, pour avoir, selon vous, le droit de les trouver absurdes et ridicules ? Nous n'avons jamais dit que Fhomme eût la puissance d'inventer aucun dogme : loin de là ; nous crions, depuis le dix-neuvième siècle , anathème à tout novateur qui ose présenter sa parole et ses inventions, comme la parole divine ou des vérités révélées. Nous disons, remarquez bien ceci, nous disons, par rapport à la tradition, que tout ce qui fait partie du dépôt de la foi, confié à la sainte Église catholique, ri a point été écrit entièrement dams la Bible ; mais qu'il y a plusieurs points de doctrine que les apôtres ont transmis aux fidèles de vive voix, bien que certains articles aient été écrits plus tard par les docteurs qui se sont occupés du soin d'élucider les questions religieuses, controversées de leur temps : d'où vous devez conclure que nous n'admettons comme saintes et légitimes que les traditions qui proviennent des apôtres euxmêmes, fondateurs de l'Eglise catholique. La nécessité de croire à la tradition ne sera-t-elle pas pour vous incontestable , lorsque je vous aurai prouvé , à l'aide de la Bible et des premiers pères , qu'outre la parole de Dieu renfermée dans nos

saints Evangiles, il y a une parole de Dieu non écrite, qui a été transmise de la main à la main, comme une partie intégrante de lu révélation?

Mais quoi ! n'y a-t-il pas de l'inconséquence dans renseignement de votre église anglicane ? D'un côté, elle soutient dans les 39 articles que tout ce qu'il faut croire ne se trouve que dans la Bible ; et de l'autre, elle admet plusieurs choses qui ne sont parvenues jusqu'à nous que par Y organe de la tradition: ainsi,par exemple, n'est-ce pas par les traditions soigneusement conservées par l'Eglise catholique, que vous croyez à la divinité des livres de l'ancien et du nouveau Testament ; à la nécessité de sanctifier le dimanche, substitué au sabbat des Juifs ; à la validité du baptême, conféré par des hérétiques, ou accordé aux enfants avant l'âge de raison ; au précepte de célébrer la Pâque des chrétiens un jour de dimanche, et non pas un autre jour ; à la virginité perpétuelle de l'immaculée Marie, mère d'un Dieu, etc. ?.. En vérité, je ne puis m'empêcher de voir que votre église anglicane a deux balances et des poids différents les uns des autres, puisqu'en même temps qu'elle admet certaines traditions qui ne sont point exprimées dans les Écritures d'une manière précise et formelle, elle ose rejeter, avec Luther et Calvin, d'autres traditions admises par l'Eglise catholique, touchant la doctrine du purgatoire, l'invocation des saints, la présence réelle, la

transsubstantiation, la légitimité de la communion sous une seule espèce, etc.. ; traditions saintes qui ont pourtant une source bien authentique dans la Bible elle-même, comme je vous le montrerai ailleurs... Mais passons sur les inconséquences du système protestant ; il semble qu'elles font sur l'esprit d'autant moins d'impression, qu'elles sont elles-mêmes, ces inconséquences, plus multipliées et plus naturelles.

Sur la nécessité d'admettre les traditions apostoliques, ou la parole de Dieu non écrite, soit que cette parole provienne directement du Christ, soit qu'elle ait été inspirée par le Saint-Esprit qui devait enseigner aux apôtres toute vérité, sur la nécessité de la tradition, veux-je dire, nous allons entendre d'abord les écrivains sacrés; après quoi, nous verrons le témoignage des pères des quatre premiers siècles.

Déjà j'ai fait remarquer que les saintes Écritures n'avaient été mises au jour que plusieurs années après la fondation de l'Eglise. Donc l'Eglise dans son origine ne se soutenait que par les traditions et l'autorité de la parole des apôtres.

J'ai aussi fait remarquer que saint Jean qui avait en vue dans son Évangile d'établir la divinité du Christ, ne rapporte pas tous les miracles, opérés par le Sauveur , lesquels pouvaient renforcer ses preuves et leur donner une plus grande valeur ; a

plus forte raison a-t-il dû passer sous silence une grande partie des paroles et de la doctrine du divin maître ? Cette conclusion me paraît rigoureuse en bonne logique, et paraîtra telle sans doute à tout esprit attentif.

Saint Paul dit aux habitants de Thessalonie : « C'estpourquoi, mes frères, demeurez fermes (dans la foi), et tenez les traditions que vous avez apprises ^ soit par nos paroles, soit par notre lettre. » Je demande si Ton pouvait mieux exprimer la croyance de TÉglise catholique qui soutient qu'il y a des traditions apostoliques , c'est-à-dire que toute la doctrine chrétienne n'a point été consignée dans la sainte Ecriture, mais qu'une partie a été transmise de vive voix, et en quelque manière de la main à la main.

Le même apôtre leur dit encore : « Or nous vous ordonnons, au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de vous séparer de tous ceux d'entre vos frères qui se conduisent d'une manière déréglée, et non selon la tradition et la forme de vie qu'ils ont reçue de nous ; » et aux Corinthiens : « Maintenant je vous loue, mes frères, de ce que vous vous souvenez de moi en toutes choses , et que vous conservez les traditions 19 telles que je vous les ai données ; » et à son disciple Timothée : « Gardez le dépôt, évitez les nouveautés profanes et les contradictions faus-

1 Je traduis d'après le grec, que suit l'église anglicane.

sèment nommées science... Ayez une formule des vérités que vous avez entendues de ma bouche,,,. gardez ce bon dépôt par le Saint-Esprit... ce que vous avez appris de moi devant une multitude de témoins , confiez-le à des hommes fidèles qui seront capables d'enseigner les autres. » Enfin dans son épître aux Hébreux ne dit-il point qu'il ne vent pas leur parler de la pénitence, des œuvres mortes* de la foi en Dieu, des différentes espèces de baptême* de l'imposition des mains , de la résurrection des morts et du jugement éternel, mais quï/ le fera si Dieu le lui permet? Or nous ne voyons point que saint Paul ait jamais parlé dans ses lettres de toutes ces questions si importantes : d'où il faut conclure qu'il en instruisait les fidèles de vive voix.

Je vous laisse, cher docteur, à réfléchir sur ces quelques passages en faveur de la tradition. J'en néglige beaucoup d'autres encore, parce que je dois vous citer le témoignage des premiers pères pour établir la même vérité.

Le pape saint Clément, dans sa première épître aux Corinthiens, les réprimande^ à cause de leurs divisions et du peu de respect qu'ils avaient pour leurs supérieurs ecclésiastiques. Il leur dit que ce sont les apôtres eux-mêmes qui , portés par l'esprit de Dieu* ont établi les évêques et les ministres inférieurs, et qui ont réglé leurs fonctions. Or une

de leurs fonctions est celle d'enseigner les fidèles : c'est pourquoi il les exhorte à être soumis aux prêtres, et à vivre sans orgueil ni arrogance. Evidemment saint Clément n'autorise point chaque laïque à se faire sa religion, comme il pourra, à l'aide de la sainte Écriture*

Selon l'historien Eusèbe , saint Ignace martyr exhortait les fidèles dans toutes les villes où il passait, à se mettre en garde contre les erreurs des novateurs , et à demeurer fortement attachés aux traditions des apôtres (Eusèbe, liv. 3, chap. 36). Saint Ignace écrit aux Philadelphiens : « Fuyez toute division et toute mauvaise doctrine, suivez votre pasteur comme des brebis dociles ; il y a des loups qui paraissent dignes de foi, mais qui tiennent les fidèles captifs, après les avoir séduits par de belles apparences. . . Tous ceux qui sont à Dieu et à Jésus- Christ demeurent attachés à leur évêque... Si quelqu'un suit un schismatique, il n'héritera point du royaume de Dieu ; si quelqu'un a des sentiments particuliers , il renonce à la passion du Sauveur. » Saint Poly carpe , en parlant aux Philippiens, les exhorte à demeurer fermes dans la foi, dans l'amour du prochain, dans la paix, dans la profession des mêmes vérités.... Or, à quoi peuvent servir ces témoignages, sinon à établir que l'on trouve seulement dans l'enseignement de l'Eglise ce qu'il faut croire et pratiquer, en sorte que l'homme qui ne

pense et n'agit que d'après sa propre inspiration, lève l'étendard de la révolte , et ainsi renonce à l'espoir de régner avec les élus dans la gloire, d'après l'aveu de saint Ignace.

« Le même historien (liv. 4, chap. 22) rapporte encore qu'Hégésippe, auteur ecclésiastique, après avoir abandonné sa religion juive, pour devenir chrétien, parcourut plusieurs pays, et visita les principales églises de l'Orient et de l'Occident, après quoi il se retira et mourut à Rome : Hégésippe donc, après avoir consulté un grand nombre d'évêques, trouva la même foi et la même doctrine dans toutes les églises des lieux par où il passait, et lui-même, il avait composé un ouvrage, perdu depuis, dans lequel il montrait la suite de la tradition, et faisait voir que le dépôt des vérités enseignées par Jésus-Christ, avait été conservé soigneusement jusqu'à son temps. »

La conduite d'Hégésippe n'a rien qui étonne les catholiques, accoutumés qu'ils sont à se former leur foi d'après les traditions universelles, conservées avec soin par l'Eglise catholique ; mais cette conduite n'est-elle pas incompréhensible pour les membres de l'église anglicane, qui soutiennent que la Bible renferme toute la doctrine révélée, et qui accordent en même temps à chaque individu, le droit inaliénable d'interpréter la Bible d'après sa propre raison?

Saint Justin, en écrivant a Diognète, dit « que le fils de Dieu accorde des lumières à ceux qui les demandent, qui ne franchissent ni les bornes de la foi, ni celles qui ont été posées par les pères ;... qu'ainsi l'Evangile s'établit, la tradition des apôtres est conservée, et l'Eglise comblée de grâces* » Le même saint rapporte le précepte de célébrer le dimanche > en se réunissant dans l'Eglise^ â une tradition donnée par Jésus-Christ à ses apôtres et à ses disciples, dans une de ses apparitions (Àpôt. I. chap. 67).

« Dira-t-on, observe M. de la Luzerne*; dira-toU que ce saint martyr ignorait ce dont il parlait ? dira-t-on que Jésus-Christ n'avait pas en effet donné ce précepte ? dira-t-on que ce précepte fait partie de la tradition écrite? que nos adversaires choisissent entre ces assertions absurdes, celle qui leur plaira le plus. »

Écoutons saint Irénée ( adv. hœr. > lib. 3 , cap. 4) : « Il ne faut point chercher ce qui est vrai ailleurs que dans l'Eglise, dans laquelle les apôtres ont rassemblé toutes vérités comme dans Un riche dépôt, afin que quiconque veut étancher sa soif, puisse y trouver ce breuvage salutaire. C'est là que l'on reçoit la vie, tous les autres docteurs sont des larrons et des voleurs. Il faut donc les éviter, et consulter soigneusement les églises, pour y trouver la vraie tradition. Car enfin, s'il

y avait une dispute sur la moindre question, ne faudrait-il pas recourir aux églises les plus anciennes, dans lesquelles les apôtres ont enseigné, et savoir d'elles, ce qu'il y a de vrai et de certain sur ce sujet? et quand même les apôtres ne nous auraient pôiût laissé les Écritures > ne faudrait-il pas encore suivre Tordre de la tradition qu'ils ont donnée à ceux auxquels ils confiaient les églises. » Voici d'autres paroles de saint Irénéé, en faveur de la tradition: « Quand hous appelons, dit-il, les hérétiques à la tradition qui vient des apôtres, et qui se trouve conservée dans l'Église par les successions des évêqUès, ils combattent la tradition. Ceux qui dans toute l'Église veulent vbir la vérité, n'ont qu'à considérer là tradition des apôtres manifestée dans le monde entier. En montrant la tradition que l'Église a reçue des apôtres, et la foi annoncée aux hommes, laquelle parvient jusqu'à nous parles successions des évoques, nous confondons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit; moissonnent où ils ne doivent pas... Par l'ordination divine et par la succession1, la tradition et là prédication de la vérité qui, dans l'Église, viennent des apôtres, arrivent jusqu'à nous; et c'est la marque certaine que la même foi vivificatrice se conserve dans l'Église depuis les apôtres jusqu'à présent, transmise avec vérité. » Deux choses sont ici certaines, dirai-je encore avec M. de là Luzerne;

]a première, que saint Irénée combat les hérétiques par la tradition, et qu'il la donne comme une règle de foi ; la seconde, que la tradition dont il parle, est la tradition non écrite, et non pas l'Écriture-Sainte. C'est la tradition qui découle des apôtres, parles successions des évêques, c'est-à-dire, celle qui s'est transmise de bouche en bouche, et qui s'est conservée dans les différents sièges. « Si ce père avait en vue l'Écriture - Sainte , il s'exprimerait autrement, il l'indiquerait clairement. »

Saint Irénée a bien d'autres passages favorables à la tradition, que je ne vous cite pas ici ; consultez vous-même son ouvrage, et vous verrez que ce père montre la nécessité de la tradition, par l'exemple des églises fondées chez les barbares, qui n'avaient encore aucune Écriture-Sainte, mais qui suivaient fidèlement la tradition, qu'il réfute les hérétiques par la tradition de l'Église romaine, et atteste que malgré la distance des lieux et la diversité des langues, la tradition est uniforme partout. Lui même, Irénée, au témoignage d'Eusèbe, parle de son attention à écouter les leçons de saint Polycarpe, disciple de l'apôtre saint Jean.

Tertullien ne s'explique pas moins clairement sur le même sujet. « L'ordre exige, dit-il, que l'on s'informe de qui, par qui, quand et à qui a é(é donnée la doctrine qui nous rend chrétiens ; où

sera la vraie, là aussi se trouvera la vérité des Ecritures, des explications et de toutes les traditions chrétiennes (liv. des Prescrip.). » J'établis, dit-il encore, cette prescription (chap. 21) qu'on ne doit pas prouver ce que les apôtres ont prêché, c'està-dire ce que Jésus-Christ leur a révélé, autrement que parles églises que les apôtres ont fondées, en leur prêchant, soit de vive voix, soit ensuite par leurs épîtres. Cela étant, il est certain que toute doctrine qui s'accorde avec ces églises-mères et originaires de la foi, doit être regardée comme la vérité... « Ce qui est prouvé le même partout, n'est pas une erreur, c'est une tradition. »

Je me lasse, cher docteur, de vous citer les textes si nombreux des premiers pères en faveur de la tradition. Puisque vous avez leurs ouvrages dans votre bibliothèque , ouvrez -les donc une bonne fois avec le désir sincère de connaître la vérité, ouvrez -les sans préjugés ni préventions ; lisez encore et surtout les Basile (De Spir. Sancto), les Épiphane (Hœres. 61, c. 6.), les Jérôme (Epist. 78 ad Lucian.), les Chrysostôme ( Hom. 3 in Epist. ad Tim. ) , les Augustin (Centra Jul. lib. 2), et plusieurs autres ; et vous reconnaîtrez que la marche de l'Eglise a été toujours la même dans tous les âges et dans toutes les contrées; je veux dire que constamment il a été admis, dans l'Église primitive, comme il Test en-

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core aujourd'hui^ comme il Je sera demain et toujours, que les vérités révélées ne se çléçquvrent point à l'aide fie la Bible interprétée par la raison de chaque individu, selon que renseigne votre église ayiglo-prptpstante, niais bieu plutôt avec Je secours a*p la sainte Église catholique qui, disent les pères que je viens de noninier, non-seujement a le droit de prononcer sur Fautjienticitp et Finfp-

grité des saintes Ecritures, sur le sens et les explications qui leur conviennent ; mais encore peut seule nous dire, parce qu'elle est infaillible dans son enseiguenient, quelles sont les pures, les saintes traditions (ou parole de J)ieu non écrite'), qui pnt été transmises aux fidèles par les premiers apôtres.

Adieu, je n'en dirai pas davantage en ce moment. Je désire que vous réfléchissiez sérieusement sur Fesprit d'indépendance, qui se trouve au fpnd de vos doctrines anglo-protestantes ; esprit anti-chrétien, que réprouve la soumission si filiale des premiers disciples du Christ, qui recevaient toujours de l'enseignement de la sainte Église, leur mère, les principes de leur foi et les règles de leur conduite... J'ai fa confiance que vous aurez bientôt ouvert les yeux au flambeau des vérités catholiques qui éclaire le monde, si vous me lisez avec cette bonne foi qui m'inspire moi-même, alors que je vous écris les quelques lettres que je vous adresse

de temps à autre... Croyez toujours, cher docteur, à la sincérité de mon zèle pour vous aider à repousser l'œuvre si inique d'un Henri VIII et d'un Thomas Cranmer ; c'est dans ce sentiment que j'ai l'honneur d'être, etc.

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