‹ Divinité du catholicismeChapitre 24 sur 27 · SU DIVINITÉ · texte numérisé non relu

SU DIVINITÉ

souillé, dit saint Jean, n'entrera jamais dans le ciel : d'où il faut nécessairement conclure que Dieu fera grâce aux âmes qui n'étaient pas assez pures à ses yeux, après leur avoir fait souffrir des peines temporelles ou passagères dans un lieu d'expiation.

Saint Paul dit aussi que « le jour du Seigneur fera connaître l'ouvrage de chacun, et que le feu éprouvera ce qu'il est; que si l'ouvrage de quelqu'un demeure, il en recevra la récompense ; que si son ouvrage est brûlé, il en recevra du dommage, mais qu'il sera sauvé comme par le feu. » Ne paraît-il pas bien naturel d'entendre ce texte de l'épreuve que subissent les œuvres de chaque homme en particulier, et du feu expiatoire dont il s'est sauvé, lorsqu'il a travaillé solidement pour le ciel?... Bien qu'il ne soit point de foi qu'il y ait du feu dans le purgatoire, c'était pourtant là Y opinion de saint Augustin, dont voici les paroles :

« Seigneur, ne me corrigez pas dans votre colère; mais plutôt corrigez-moi dans cette vie, et rendez-moi tel qu'il n'y ait plus rien en moi qui doive être purifié par ce feu purifiant que souffriront ceux qui obtiendront le salut, bien qu'ils passent par le feu. Pourquoi? c'est qu'ils élèvent ici sur le fondement (de la foi) un édifice de bois, de foin et de paille. S'ils avaient élevé au contraire un édifice d'or, d'argent et de pierres précieuses,

ils eussent été en assurance contre Tun et l'autre feu.; non-seulement contre ce feu éternel qui tourmentera toujours les impies, mais encore contre celui qui purifiera ceux qui seront sauvés, quoiqu'ils passent par le feu. Parce que Ton dit de ces personnes qu'elles seront sauvées, Ton méprise ce feu qui doit les purifier ; cependant ce feu ne laissera pas d'être plus horrible que tout ce qu'un homme peut souffrir dans cette vie (In ps. 37). »

Saint Chrysostôme suppose aussi l'existence du purgatoire, puisqu'il dit que nous pouvons soulager les fidèles défunts par nos prières et nos bonnes œuvres : je citerai bientôt ses paroles.

Saint Clément d'Alexandrie dit qu'un fidèle qui meurt après avoir quitté ses vices, doit effacer encore par un supplice les péchés qu'il a commis après le baptême. Il ajoute qu'un gnostique (un chrétien éclairé) a pitié de ceux qui, châtiés après leur mort, avouent leurs fautes malgré eux par le supplice qu'ils endurent (Strom. lib. 6 et 7.). »

Tertullien, appuyé sur l'Evangile qui parle de la sévérité du juge à l'égard d'un débiteur, prouve qu'il y a dans l'autre vie une prison de laquelle on ne sort point que l'on ait payé jusqu'à la dernière obo le De anima).

Saint Cyprien distingue avec un grand soin les divers états dans lesquels peut se trouver une âme juste en sortant de cette vie. « Autre chose, dit-il,

est d'attendre le pardon, et autre chose d'entrer dans la gloire ; l'un, mis en prison, n'en sort qu'après avoir payé jusqu'à la dernière obole, l'autre reçoit d'abord la récompense de sa foi et de son courage : on peut ou être purifié du péché par des souffrances, et en supportant longtemps la peine du feu, ou les effacer tous par le martyre. Enfin, autre chose est d'attendre la sentence du Seigneur au jour du jugement, et autre chose d'en recevoir incontinent la couronne (Epist. 52, ad Anton.). »

Mais non-seulement il est de foi qu'il existe un lieu d'expiation dans le siècle à venir, mais de plus que nous pouvons soulager par nos prières, nos bonnes œuvres et surtout l'auguste sacrifice de nos autels, les âmes qui souffrent dans le purgatoire.

Anathème, dit l'Église catholique à celui qui dit que le sacrifice de la rnesse n'est pas propitiatoire, qu'il ne doit pas être offert pour les vivants et pour les morts, pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres .nécessités (conc. trid. sess. 22, can. 3).

Puisque nous voyons le peuple juif offrir des sacrifices pour les morts dans le temple de Jérusalem, pourquoi l'Eglise catholique ne ferait-elle pas la même chose envers ses propres enfants, elle qui possède et qui immole, tous les jours, le véritable agneau de Dieu qui efface les iniquités de tous les

hommes ? C'est dans le second livre des Machabées, que je trouve cet usage établi parmi les Juifs. Judas ayant fait une quête, envoya une somme d'argent à Jérusalem, afin que Ton offrît un sacrifice pour les péchés de ceux qui étaient morts dans le combat. C'est donc , conclut l'historien , une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts, afin qu'ils soient délivrés de leurs péchés.

Tobie dit à son fils : « Mettez votre pain et votre vin sur la sépulture du juste, et gardez-vous d'en manger ou d'en boire avec les pécheurs. » Puisqu'il était défendu de faire des offrandes aux morts, Tobie qui observait fidèlement la loi, ne pouvait point recommander, à son fils, une superstition usitée chez les païens. Force donc est de supposer que la nourriture placée sur la sépulture d'un mort, était simplement une aumône faite à son intention, ou qu'elle avait pour but d'engager les pauvres à prier pour lui... La libéralité, lit-on dans l'Ecclésiastique, est agréable à tous ceux qui vivent, n'empêchez pas qu'elle ne s'étende sur les morts. »

Tertullien, parlant des traditions apostoliques, dit que Ton offre des sacrifices pour les morts, et aux fêtes des martyrs (de Cor. C. 3). Il dit encore : « Une veuve prie pour l'âme de son mari défunt, et offre des sacrifices le jour anniversaire de sa mort (de Monog. C. 10). »

« Les prières que Ton fait pour les morts, dit saint Épiphane, leur sont utiles, quoiqu'elles n'effacent pas tous les péchés... Nous faisons mention des pécheurs et des justes; des pécheurs, afin d'implorer pour euxla miséricorde divine; des justes, afin d'honorer Jésus-Christ, etc.. L'Église observe nécessairement cette pratique qu'elle a reçue des anciens (in lib. de Haeres). »

Saint Augustin a fait célébrer la sainte messe pour le soulagement de l'âme de sa mère1. Saint Chrysostôme dans sa quarante-et-unième homélie, sur la première épître de saint Paul aux Corinthiens, n'a-t-il pas prononcé ces paroles ? « Si votre ami vous a été enlevé par la mort, vous devez aller à son secours, autant qu'il est en votre puissance. Sont-ce des larmes que je vous dis de répandre ! non, mais vous devez le soulager par vos prières, par vos aumônes, par les sacrifices que f ous ferez offrir ; car ce n'est pas sans de bonnes raisons que nous nous rappelons à l'autel de ceux qui sont sortis de ce monde, et que nous les recommandons à la miséricorde du céleste agneau qui a effacé les iniquités de tous. »

« Admirable commerce, observe M. de Chateaubriand, en rappelant la foi de l'Eglise qui nous

1 Le même père a surtout développé la doctrine que je traite ici dans son discours 171e De verLis apostoli ; le passage a trop d'étendue pour être cité dans une note.

enseigne que les prières et les bonnes œuvres des mortels, hâtent la délivrance des âmes, admirable commerce entre le fils vivant et le père décédé, entre la mère et la fille, entre l'époux et l'épouse, entre la vie et la mort ! Que de choses attendrissantes dans cette doctrine ! Ma vertu, à moi chétif mortel, devient un bien commun pour tous les chrétiens; et de même que j'ai été atteint du péché d'Adam, ma justice est passée en compte aux autres... Les riches pourront partager leur superflu avec le pauvre, et pour le plaisir qu'ils auront eu à faire cette simple, cette agréable action, Dieu les en récompensera encore, en retirant leur père et leur mère d'un lieu de peines. C'est une belle chose d'avoir par l'attrait de l'amour, forcé le coeur de l'homme à la vertu, et de penser que le même denier qui donne le pain du moment au misérable, donne peut-être à une âme délivrée, une place éternelle à la table du Seigneur (Génie du Christ. . .). »

5° Il y a union entre l'Eglise militante et l'Église triomphante, en ce sens que les fidèles de la terre peuvent s'adresser aux saints qui sont dans le ciel, afin d'obtenir de Dieu, par leur intercession, des bénédictions et des grâces. Je vais, cher docteur, vous développer, en peu de mots, ce point de notre doctrine catholique., pour ne point vous fatiguer par une trop longue lettre.

Dans les rapports que j'ai eus fréquemment, sur-

tout en Angleterre, avec les anglo-protestants, j'ai toujours compris que notre doctrine était indignement dénaturée par leurs ministres, sans doute afin de la représenter comme fausse et absurde. Que disent-ils sur le point religieux que je traite en ce moment? Que nous détruisons la puissante médiation du Sauveur, en invoquant les saints ; que nous adorons, soit les reliques, soit les images des saints ! Pour répondre à cette triple calomnie , il me suffira de rappeler ce que l'Eglise catholique a constamment enseigné touchant le culte des élus de Dieu.

Le concile de Trente déclare que les saints qui régnent avec Jésus-Christ, offrent leurs prières à Dieu pour les hommes ; qu'il est bon et utile l de les invoquer en suppliants , et de recourir à leurs prières, à leur assistance, à leur secours pour obtenir des bienfaits de Dieu, par son fils Jésus-Christ, notre Seigneur, qui, lui seul, est notre rédemp* teur et notre Sauveur (sess. 24). »

Lisez, je vous prie, ce passage avec attention, et vous verrez que notre manière d'invoquer les saints, ne nous détourne, en aucune sorte, de tout attendre de Dieu par la médiation du divin Sauveur. Pourquoi ne pourrions-nous pas invoquer les saints qui triomphent dans le ciel, lorsque saint

1 Remarquez ces paroles : il est bon et utile... ; le concile ne dit pas : il est nécessaire de les invoquer.

Paul, sans prétendre rien enlever à la grâce du Sauveur, conjurait les fidèles de Rome et de Colosses, de le soutenir par leurs ferventes prières, pour qu'il vît son apostolat couronné d'un plein succès?

La foi en la puissance des saints, qui prient Dieu en faveur des mortels, se trouve rappelée dans le deuxième livre des Machabées et dans les épîtres de saint Pierre. Judas vit en songe le grand-prêtre Onias déjà mort, qui priait pour sa nation, et qui, lui montrant le prophète Jérémie, lui dit : « Voilà celui qui aime toujours ses frères et le peuple d'Israël, et qui prie beaucoup pour eux et pour la ville sainte. » Et le prince des apôtres n'a-t-il pas dit aux fidèles de l'Eglise naissante ? « J'aurai soin que, même après ma mort, vous puissiez toujours vous rappeler à la mémoire les vérités que je vous ai fait connaître. »

Comme les textes des premiers pères abondent également en faveur de l'intercession et de l'invocation des saints, je me bornerai à n'en citer que quelques-uns.

« Dès que nous sommes agréables à Dieu, dit Origène (contra Cels. lib. 8), nous sommes assurés de la bienveillance des anges ses amis, des âmes et des esprits bienheureux ; ils connaissent ceux qui sont dignes de l'amitié de Dieu, ils aident ceux qui veulent l'honorer, ils le leur rendent propice \ ils

joignent leurs prières aux nôtres, et ils prient avec nous. » Et dans la première homélie surEzéchiel, il enseigne que Ton doit invoquer les anges, parce que Dieu lésa chargés de nous garder et de veiller à notre salut. Lui-même, Qrigène, invoquait son ange gardien avec une grande confiance.

Si vous lisez les plus anciennes liturgies grecques, syriaques, etc., les sacramentaires romain, gallican et mozarabique, vous verrez que toujours, pendant la célébration de la messe, l'Eglise catholique a invoqué la sainte Vierge et les saints qui régnent dans le ciel.

Il me reste à vous parler des reliques et des images des saints. Comme les protestants nous accusent traîtreusement d'adorer ces images ou ces reliques, il est donc nécessaire que j'expose bien clairement la foi de l'Eglise catholique sur ce point doctrinal. Après quoi je citerai sans aucun commentaire, quelques textes delà Bible et des pères, en faveur de notre croyance.

Le concile de Trente déclare que « les saints corps des saints martyrs et autres qui vivent avec Jésus-Christ, corps qui ont été membres vivants de Jésus-Christ, et temples de l'Esprit saint , que Jésus-Christ doit ressusciter pour la vie éternelle et glorifier, sont à honorer par les fidèles ; que Dieu a accordé par eux plusieurs faveurs aux hommes ; que la vénération et l'honneur sont das

aux reliques des saints, et que ce n'est pas inutilement que ces reliques et autres monuments sacrés sont honorés (sess. 25). »

L'Eglise autorise l'usage et le culte des images , parce qu'elle en a reconnu la grande utilité. En effet, dit encore le concile que je viens de citer, « les histoires des mystères de notre rédemption représentées par la peinture ou d'autre manière, instruisent le peuple en lui rappelant les articles de foi, et le maintiennent dans la pratique de s'en occuper assidûment. On retire d'ailleurs un grand profit de toutes les saintes images, non-seulement parce qu'elles servent à avertir le peuple des grâces et des faveurs que Jésus-Christ lui a accordées, mais encore parce qu'elles mettent sous les yeux des fidèles les merveilles que Dieu a opérées par les saints ; les exemples salutaires que les saints ont donnés , afin que les fidèles en rendent grâces à Dieu, prennent les saints pour modèles de leur vie et de leur conduite, et soient excités à adorer Dieu, à l'aimer, et à s'adonner à la piété. »

« Il faut, dit toujours le même concile, il faut avoir et conserver , surtout dans les temples, les images de Jésus-Christ , de la Vierge , mère de Dieu, et des autres saints, et leur rendre l'honneur et le respect qui leur est dû : non qu'on croie qu'il y ait en elles aucune divinité ni aucune vertu pour lesquelles il faille leur rendre un culte ou qu'on

puisse leur demander quelque chose, ou qu'on puisse mettre sa confiance dans les images, comme faisaient autrefois les gentils, qui mettaient leur espérance dans les idoles ; mais parce que l'honneur qui leur est dû se rapporte aux originaux quelles représentent ; de sorte que par les images que nous baisons , devant lesquelles nous nous découvrons et nous nous prosternons , nous adorons Jésus- Christ et nous honorons les saints, dont ces images portent la ressemblance : ce qui a été décidé contre ceux qui ont attaqué le culte des images, par les décrets des conciles, et surtout du second concile de Nicée. »

Là dessus, Bossuet observe que les décisions de l'Eglise catholique ne sont pas moins nettes et moins précises qu'elles sont fermes et constantes, et on va toujours au-devant de ce qui pourrait donner occasion à l'esprit humain de s'égarer (hist. des Var. liv. 15e). »

« Honorer les saints, dit-il encore, dans les assemblées, était y honorer Dieu, auteur de leur sainteté et de leur béatitude ; et leur demander la société de leurs prières, c'était se joindre aux chœurs des anges, aux esprits des justes parfaits, et à l'église des premiers nés qui sont dans le ciel. L'on trouve une si sainte pratique dès les premiers siècles, et on n'y en trouve pas le commencement, puisqu'on n'y trouve personne qui ait été

remarqué comme novateur. Ce qu'il y avait à craindre pour les ignorants, c'était qu'ils ne fissent Tinvocation des saints trop semblable à celle de Dieu, et leur intercession trop semblable à celle de Jésus-Christ. Mais le concile de Trente nous instruit parfaitement sur ces deux points, en nous avertissant que les saints prient, chose infiniment éloignée de celui qui donne , et qu'ils prient par Jésus-Christ, chose qui les met infiniment au-dessous de celui qui est écouté par lui-même.

« Dresser des images, c'est rendre sensibles les mystères et les exemples qui nous sanctifient : ce qu'il y aurait à craindre pour les ignorants, c'est qu'ils ne crussent qu'on peut représenter la nature divine, ou la rendre présente dans les images, ou en tout cas, les regarder comme remplies de quelque vertu pour laquelle on les honore : ce sont là les trois caractères de l'idolâtrie. Mais le concile les a rejetés en termes précis ; de sorte qu'il n'est pas permis d'attribuer à une image, plus de vertu qu'à une autre, ni par conséquent, d'en fréquenter l'une plutôt que l'autre, si ce n'est en mémoire de quelque miracle, ou de quelque histoire pieuse qui pourrait exciter à la dévotion... »

Vous voyez, cher docteur, que je précise en ce moment notre croyance catholique, et que je m'attache uniquement à dire en quoi consiste le culte religieux que nous rendons aux reliques et aux

images des saints, parce que je ne trouve point de meilleure réponse à donner aux protestants qui condamnent ce culte, que de pouvoir leur dire avec confiance et en toute vérité : Vous dénaturez notre doctrine!... Au reste, le culte dont je parle, se trouve autorisé comme tout ce que nous enseigne TEglise, soit par la sainte Écriture, soit par la tradition. En effet, nous lisons, dans le quatrième livre des Rois, qu'un mort fut ressuscité par le seul attouchement des os du prophète Elisée ; dans les Actes des apôtres, que Dieu faisait des miracles extraordinaires par les mains de Paul ; jusque-là même que, lorsque les mouchoirs et les tabliers qui avaient touché son corps, étaient appliqués aux malades, ils étaient rendus à la santé, comme aussi les démons sortaient des corps des possédés ; et dans sa Cité de Dieu, saint Augustin nous parle de plusieurs miracles, dont il avait été témoin oculaire, qui eurent lieu à la translation des reliques du martyr saint Etienne, etc. Le culte des images est encore autorisé parla Bible. L'arche d'alliance, les chérubins qui couvraient de leurs ailes le propitiatoire, le serpent d'airain élevé dans le désert par Tordre du Seigneur, toutes les figures dont Salomon décora le temple de Jérusalem ; en faut-il davantage pour rendre légitime la vénération des images, telle quelle est enseignée par l'Église catholique ? Ce qui prouve bien puissamment, selon

moi, que les images de Jésus-Christ et des saints, ont été constamment vénérées dans l'Église primitive, c'est l'hérésie des Iconoclastes, qui a exercé ses ravages au septième siècle. A cette époque, il est certain que les fidèles rendaient aux images un culte religieux ; d'où je conclus que ce culte remonte jusqu'au temps des apôtres, à moins que, chose impossible à faire jamais, Ton ne montre positivement le temps précis où la vénération des images commença d'avoir lieu, contrairement aux principes orthodoxes, constamment suivis par l'Église catholique.

Voilà, cher docteur, une lettre un peu longue. Pouvais-je cependant en dire moins pour expliquer d'une manière satisfaisante l'article du symbole, concernant la communion des saints ? Comme je serais heureux si j'avais pu vous faire comprendre que l'interprétation donnée par la sainte Église catholique, est la seule conforme aux lumières de la raison éclairée par la foi, en même temps qu'elle est autorisée, vous l'avez vu, par la puissante autorité de la sainte Écriture, et par les avœux des premiers pères î

Deux choses sont à remarquer dans ce qui vient d'être dit pour développer l'objet de cette lettre. Vous avez vu d'abord que non-seulement le protestantisme détruit l'union réciproque qui existe entre l'Église militante, l'Église souffrante et l'É-

glise triomphante, mais de plus, que l'union ou Faccord de deux membres qui vivent sous l'influence du protestantisme dont je parle, est absolument impossible. S'agit-il de nier, de rejeter, de dénaturer même nos doctrines catholiques ? Les protestants s'entendent tous à merveille pour combattre la vérité. Mais faut-il admettre un seul point de doctrine, la Bible à la main, d'une manière absolue et invariable ? Impossible à eux d'y parvenir jamais. Les catholiques seuls s'entendent sur les principes de foi et de morale, parce qu'ils écoutent avec docilité la voix de l'Eglise? qui, comme le Christ dont elle est la sainte épouse, est infaillible dans son enseignement... Vous avez vu encore que les catholiques sont bien loin d'anéantir en invoquant les saints qui sont dans le ciel, la salutaire, la souveraine médiation du Sauveur; plus loin encore d'offrir leurs adorations, soit aux reliques, soit aux images de Jésus-Christ et des saints. Recevez, cher docteur, mes sentiments de respect et d'estime, avec lesquels j'ai l'honneur d'être, etc..

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