LETTRE I
Abbeville, 1er mars 1841.
Mon cher docteur,
Pendant mon séjour à Oxford, Tan dernier, en 1840, nous nous sommes souvent entretenus de questions religieuses, sans avoir pu nous entendre parfaitement sur divers points de doctrine, que votre église anglicane n1 admet plus depuis sa séparation du centre de T unité catholique. S'il vous en souvient, mon grand argument, auquel je revenais sans cesse , pourrait se résumer dans ces quelques paroles : Il faut, avant d'entrer dans la discussion de chaque point contesté, bien nous
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assurer de la nécessité où nous sommes de nous soumettre à une autorité divine, absolue, infaillible; car établir en principe , comme le proclament les protestants, que chaque individu a le droit de se faire , comme bon lui semble , sa foi y sa morale , son culte , n'est-ce pas évidemment éterniser les discussions , ouvrir la porte à toutes les sectes , enfin légitimer toutes les erreurs de l'esprit et tous les vices du cœur ?
Vous le savez , les écoles païennes de la Grèce déliraient 1 sur les grandes questions qui fatiguent l'esprit humain , depuis près de six mille ans , sur l'essence de la divinité , sur la nature,, le principe et la fin de l'homme , sur les œuvres diverses de la création : or, où se trouvait la source empoisonnée de tant de systèmes philosophiques , plus absurdes les uns que les autres, sinon dans la faible et débile raison, dont le protestantisme exalte depuis plus de trois siècles la souveraine indépendance , alors même qu'il s'agit de croire les dogmes chrétiens, si incompréhensibles â cause de leur élévation et de leur profondeur, si inaccessibles à l'esprit
1 II est généralement admis aujourd'hui que tout ce que l'on trouve de bon, de sensé, de raisonnable dans la doctrine des Socrate, des Platon, des Pythagore, etc., n'est point le produit dos inventions humaines, mais bien un écoulement du grand fleuve des traditions divines, que conservait le peuple juif et que renfermaient les saintes Écritures, plus ou moins explicitement.
DU CATHOLICISME. 1o
de l'homme qui est dominé par un orgueil indomptable, et tyrannisé par tant de passions plus indomptables encore?
Qu'a fait le Christ pour imposer silence à la voix égarée de l'homme et pour anéantir l'incertitude et le doute? lia, selon la pensée de S. Augustin, apporté sur la terre le grand remède de la foi. La lumière céleste est venue se réfléchir sur l'horizon du monde moral; et l'homme, soustrait à la puissance des ténèbres, a pu plonger son regard dans l'océan des perfections divines , et apercevoir la fin pour laquelle un si grand nombre de créatures a reçu l'existence. Avec la vérité, la vie aussi a reparu dans le séjour de la mort, et une vie si abondante que les plus beaux génies ont déserté les écoles des hommes, pour venir bégayer dans l'école des apôtres la sublime philosophie d'un Dieu.
Nous disons que la foi , dont le Christ a enrichi le monde , a été placée comme un précieux dépôt dans les mains de l'Eglise catholique qui en distribue les inépuisables richesses à tous les enfants de la terre. Nous croyons donc que l'Eglise catholique a seule le droit de nous conduire dans la voie de la vérité et de la justice ; que seule elle représente , dans ses chefs , la personne même du Sauveur, qui leur a communiqué et sa souveraine puissance, et son infaillibilité même. Aussi que l'Église vienne à condamner les opinions erronées d'hom-
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mes téméraires qui osent s1 élever contre son enseignement divin ! Nous répétons les anathèmes qu'a lancés l'Eglise : nous disons avec elle : Anathème à tous les schismes ! anathème à toutes les hérésies !
Sortez de là, refusez d'admettre l'autorité infaillible de l'Eglise catholique , et je ne vois point à quoi vous pourrez vous fixer, soit pour le dogme, soit pour la morale. Quand vous aurez méconnu la voix de l'Eglise , quel sera l'organe fidèle qui vous répétera les purs accents de la vérité? Quand vous serez abandonné à votre raison débile, sur quelle base solide élèverez -vous l'édifice de vos connaissances , en matière religieuse surtout ? Quand vos regards viendront à errer sur les mille sectes qu'a produites le protestantisme1, où trouverez-vous la pierre de touche qui vous fasse discerner l'or pur de la vérité de tout alliage d'opinions humaines, souvent si absurdes et toujours si incertaines , si douteuses ?
Je ne sais, mais il me semble que Y énoncé seul des principes catholiques , en opposition aux prin-
1 « Le protestantisme posant comme principe fondamental la souveraineté de la raison, l'affranchissement complet de toute autorité hiérarchiquement et divinement établie, pour interpréter le livre divin des croyances et des devoirs, mène droit à V anéantissement de toute morale comme de toute croyance. » {Conna:s :ancc de J.-C. , par M. Combalot.)
cipes protestants, a de quoi fixer l'attention et mériter l'assentiment de tout homme , exempt de préjugés , qui attache quelque prix à la vérité et à la vertu. Dans d'autres lettres, je vous montrerai comme il nous importe de nous soumettre, par rapport à la religion, à l'autorité sainte et souveraine de FÉglise catholique ; dans celle-ci , je vous prie seulement de lire attentivement quelques-uns des fruits salutaires que produit le catholicisme, en proclamant le grand principe d'autorité, qui ordonne à tout individu, sous peine de mort spirituelle , de demander à la sainte épouse du Sauveur des principes de foi et des règles de conduite.
Voyez l'Église catholique, avec sa voix puissante qui retentissait déjà, du temps de saint Paul, jusqu'aux extrémités du monde, a-t-elle cessé un seul instant de se faire entendre de toute langue et de toute tribu? Son triomphe le plus complet n'estil pas surtout d'avoir réuni dans la même manière de voir et de sentir les hommes d'un génie supérieur ; pour les temps anciens, les Chrysostôme, les Cyprien, les Augustin, les Thomas d'Aquin, etc. , et depuis la prétendue réforme , les Bellarmin, les Pétau, les Fénélon, les Bossuet, etc, , etc.. Comptez les siècles écoulés depuis la fondation de l'Eglise, et vous les verrez tous inondés des flots de la lumière céleste, sans que l'astre de la foi ait
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éprouvé un seul instant la plus légère altération ou l'ombre même d'une éclipse. Voilà deux mille ans tout à l'heure que l'Église catholique est en marche à travers les âges pour faire la conquête de l'éternité ; et quelle est son occupation continue , sinon de fortifier et consoler ceux de ses enfants , que la fureur des tyrans charge de pesantes chaînes ou massacre sur les échafauds ; de dissiper les fausses lumières, dont l'esprit de mensonge cherche à environner l'intelligence des hommes ; de refouler au fond du cœur, en les paralysant , mille passions diverses qui s'efforcent de précipiter dans la boue de l'infamie des âmes créées à l'image de Dieu, et rachetées du sang de l'agneau; de renverser les idoles et les autels du démon, qui sont encore debout dans quelques contrées de la terre ; de tenir enfin toujours préparé un banquet céleste, où elle convie , pour leur distribuer la nourriture abondante de l'esprit et du cœur, tous les hommes, quels qu'ils soient, les pauvres et les riches, les faibles et les puissants , les peuples civilisés et les hordes les plus sauvages !
Dites si le fleuve du catholicisme, dont la source est sur les hauteurs du Golgotha, n'a point fait irruption dans le monde tout entier ! Comme un torrent puissant, il a renversé toutes les digues qui voulaient s'opposer à son passage : et là où l'orgueil et la corruption lui ont opposé des digues
insurmontables, il a su porter ailleurs ses eaux bienfaisantes , dont la vertu est de procurer constamment la fertilité et l'abondance . C'est bien là le beau fleuve de paix dont parle Isaïe , qui doit inonder toutes les nations de la terre. Le catholicisme, selon l'énergie de ce mot, embrasse l'univers , parce que le Christ, qui est mort pour sauver le monde , veut que son Évangile soit annoncé aux quatre vents, et devienne la loi universelle qui établisse dans le cœur des hommes le règne de toutes les vertus. Le catholicisme a la puissance de donner le même cœur et la même âme à ceux qui sont le plus opposés entre eux par leurs mœurs , leur législation , leur forme de gouvernement temporel, parce que, revêtu de la puissance même de son fondateur qui est Dieu, il défend à l'orgueil de sonder les vérités qu'il propose à croire , ou à la corruption de sanctionner sa sublime morale ; disant à tous : Croyez , et vous aurez la vérité , et vous posséderez le repos de l'esprit : pratiquez ce que je vous dis de faire, et vous deviendrez vertueux, et vous goûterez le calme de la conscience et la paix du cœur.
Plus haut, je vous disais, cher docteur, que je ne voulais point m'occuper en ce moment de vous montrer la divinité du catholicisme, parce que je me réserve de traiter ailleurs cette importante question : cependant, si le catholicisme n'était qu'une
œuvre de la puissance et de la sagesse des hommes, aurait-il pu produire des effets aussi merveilleux que ceux qu'il produit constamment dans tout l'univers devenu chrétien? Aurait-il pu surtout lutter avec succès contre le torrent du temps, qui entraîne tout , même les plus redoutables empires , sans qu'il y ait jamais à redouter pour lui , pour le catholicisme , ni affaiblissement , ni diminution , ni caducité, ni mort. Le catholicisme ! il est l'hercule divin qui a étouffé tous les monstres que l'enfer avait vomis de ses abîmes pour s'opposer, s'il avait été possible , à sa marche triomphale dans ce monde : le Samson moderne qui a ébranlé et renversé de fond en comble le panthéon païen , où Satan recevait les adorations d'hommes aveugles et séduits : un fier géant qui a commencé sa course dès l'origine du monde, et qui se hâte, à grands pas, de traverser les siècles , jusqu'à ce qu'enfin arrive pour lui l'instant suprême où il fera son entrée triomphante dans le ciel. Le catholicisme ! Il montre les vêtements de ses martyrs , tout empourprés qu'ils sont d'un sang pur et vermeil , comme les trophées des mille victoires qu'il a remportées sur des ennemis puissants et nombreux. Il tient toujours enchaînés à son char de triomphe les plus beaux génies , les plus célèbres philosophes , qui , au lieu de verser des larmes de honte ou de désespoir, comme le faisaient autrefois ceux que les vainqueurs entrai
naient à leur suite en montant au Capitole, baisent leurs chaînes avec joie et délices, se trouvant heureux d'aller puiser à la croix , source de la vraie lumière, leurs conceptions les plus hautes et les plus profondes, et disant au divin crucifié : Eternellement tu seras notre maître et notre roi ; et nous, nous serons tes serviteurs et tes sujets; car te servir, c'est régner.
Maintenant , oseriez- vous bien placer à côté du catholicisme ce je ne sais quoi , qui renferme un si étrange mélange des doctrines de Luther et de Calvin, disons plus simplement ce que vous appelez votre église anglicane. L'église anglicane , quoi ! elle oserait se mesurer avec le catholicisme, ce superbe fils de l'éternité , à forces atlantiques et à dimensions colossales , dont la tête pénètre jusque dans les cieux, dont les pieds embrassent l'univers d'un pôle à l'autre , et dont le cœur bat dans la ville éternelle, à Rome, pour de là vivifier tous les membres dont se compose la grande, l'universelle famille des enfants de Dieu. L'église anglicane à côté du catholicisme ! autant vaudrait-il placer un nabot à côté d'un géant; un squelette à côté d'un corps plein de vigueur et de force ; une ombre à côté du soleil ; la mort à côté de la vie !
Dites-moi, je vous prie, votre église anglicane peut-elle réclamer pour elle l'antiquité des temps ? Mais, l'histoire à la main, je vous dis qu'elle a
pris naissance dans les cœurs voluptueux d'un Henri VIII et d'un Thomas Cranmer1. A-t-elle pour elle l'étendue des lieux? mais, les yeux bien ouverts, je trouve qu'elle n'existe et ne peut exister que dans ce que vous appelez les trois royaumes unis : hors de là , elle n'est rien , ou elle prend le nom d'une des mille sectes qui pullulent sans cesse au sein du protestantisme. Quand votre église ne ferait que proclamer le dogme si étrange de la suprématie de vos rois et reines pour le spirituel comme pour le temporel , ce dogme seul ne l'empêcherait-il pas de s'établir dans toute autre contrée, soustraite à l'empire britannique? D'ailleurs, où est le principe de vie, de dilatation et d'union surtout , parmi les membres divers qui la composent î Comment voulez-vous que votre église puisse parer les coups de tous ceux qui savent manier l'arme de la logique ? Que dit l'église anglicane ? que la vérité se trouve tout entière dans la Bible ; que les symboles, les conciles, les SS. pères même des premiers siècles n'ont point d'autorité propre, s'ils ne sont conformes à la Bible elle-même; et puis, comme elle renonce au don de l'infaillibilité, qu'elle ne reconnaît dans aucune autre église , elle livre la Bible à chaque individu, en lui disant d'y cher-
1 Voyez dans mes Souvenirs d'Angleterre, etc., ce que je dis »ur ces deux chefs de la réforme dans ce royaume.
cher, d'après ses propres lumières , et les principes de sa foi et les règles de sa conduite.
Souvent je vous ai entendu gémir à la vue des sectes si multipliées qui inondent votre belle contrée ; mais , de bonne foi , n'est-ce pas vous plaindre de l'intelligence et du bon sens du peuple anglais ? Quoi ! vous voulez retenir sous votre domination spirituelle des hommes à qui vous dites de toutes les manières possibles : « Ne vous soumettez à l'enseignement d'aucune église, parce que toutes elles sont sujettes à Terreur ; prenez la Bible, lisezla, si vous savez lire, interprétez-la comme bon vous semble : la Bible seule vous dira ce que vous devez croire et pratiquer. . . »
Pour moi , je conclus quV/ n'y a plus de force morale dans une église qui proclame le principe des protestants, touchant la souveraine autorité de la raison individuelle; je conclus encore qu'un poison mortel est caché dans le sein de l'église anglicane pour la miner de jour en jour, jusqu'à ce qu'elle disparaisse entièrement de la surface de la terre. Vous dirai-je ici ma pensée? La seule force, que j'aperçois dans votre église, n'est plus qu'une force toute matérielle et dépendante de quelques circonstances bien accidentelles, qui peuvent changer au premier instant. Par exemple, que votre gouvernement vienne à établir une liberté de conbcience absolue et réelle, de manière que l'église
anglicane ne soit pas plus protégée que les autres sectes sorties de son sein : surtout qu'elle soit privée, pour une cause quelconque , des énormes richesses que lui a léguées Henri VIII, après les avoir enlevées aux couvents et au clergé catholique, dès lors c'en sera fait de cette église rebelle : vous la verrez bientôt chanceler comme un homme ivre, tomber évanouie, mourir enfin, sans que personne ait pu entendre le râle de son agonie, ni recueillir son dernier soupir... Un peintre pourrait cependant immortaliser d'une certaine manière l'église anglicane ; il n'aurait qu'à la représenter produite par le souffle impur d'un tyran couronné et d'un pontife sacrilège ; toute couverte d'un sang innocent qu'elle arrachait par torrent des veines de tous les catholiques restés fidèles à leur Dieu ; pressant dans ses deux mains une large bourse remplie de pièces d'or; dans sa jeunesse comme dans sa caçlucité, n'ayant pas assez de voix pour proclamer un seul principe de foi ou recommander la pratique d'une seule vertu chrétienne ; enfin dans l'impuissance de croître et de s'étendre de jour en jour, plutôt dépérissant à vue d'œil, décroissant toujours , décroissant encore, semblable au débile vieillard, qui sent la vie lui échapper et son énergie diminuer insensiblement, à mesure qu'il s'approche plus près de la tombe...
Quant au catholicisme, plus vous l'examinerez
avec soin, plus vous trouverez qu'il doit être immortel. Faut-il que les enfants de l'Église meurent pour lui rendre témoignage , ils présentent leur poitrine aux bourreaux, en leur disant avec calme, et sans faste pourtant : Frappez, notre vie n'est pas à nous ; elle est à Dieu et à la vérité ? Faut-il que ses ministres renoncent aux douceurs que Ton trouve au sein de la famille et de la patrie, pour aller planter la croix à l'extrémité du monde, dans les lieux divers où Satan compte encore des adorateurs, ils font le sacrifice de tout ce qui flatte le plus la nature , et poussés par l'esprit qui animait les premiers apôtres, ils se transportent au milieu des idolâtres avec une sainte allégresse et avec tant de rapidité qu'on pourrait les prendre pour des nuages légers, poussés par un vent violent en un jour de tempête ? Faut-il même qu'ils mêlent leur sang au sang de l'adorable victime qu'ils immolent sur l'autel, ils se laissent massacrer sans proférer une seule plainte, sans pousser un seul soupir; seulement ils disent comme l'agneau de Dieu : Père saint, pardonnez à nos bourreaux, ils ne savent point ce qu'ils font.
Comprenez-vous que le catholicisme doive être indestructible, puisqu'il trouve la vie dans la mort, la gloire dans l'humiliation , le triomphe dans la défaite ! Dire donc que le catholicisme ou a péri ou doit périr un jour, c'est plus que proférer un blas-
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phème, c'est encore mentir à sa conscience, et s*aveugler volontairement pour ne point se rendre à la force entraînante de la vérité. Oser dire, avec Féglise anglicane j, que le catholicisme a été corrompu dans sa doctrine, dès la fin du quatrième siècle, c'est plus que taxer de mensonge le divin Maître qui a laissé à son Église des promesses d'immortalité, c'est encore insulter au sens commun, en supposant que l'Eglise, sous l'influence du génie du mal, ait pu réussir à détruire les superstitions païennes, briser pour la multitude les liens de l'esclavage, et même procurer le bien-être, la félicité et la civilisation du monde : publier enfin, comme je l'ai entendu dans vos temples, que l'Eglise catholique est retombée dans les superstitions et les erreurs du paganisme, c'est plus que dénaturer nos propres doctrines, c'est encore supposer que le Christ se soit mis peu en peine de conserver son empire dans tout l'univers , parce qu'il réservait pour la nation anglaise surtout, et encore à dater du seizième siècle, les mérites de sa sainte vie et de sa mort douloureuse...
Je m'arrête dans la crainte que de nouvelles réflexions ne servent qu'à jeter le ridicule sur l'église anglicane, en faisant sortir de plus en plus l'absurdité des principes protestants qu'elle proclame. Or vous savez qu'il n'est jamais entré dans ma pensée d'insulter à votre malheureuse église. Non;
je désire plutôt vous enlever, s'il se peut, vos préjugés de naissance et d'éducation, en vous montrant la divinité du catholicisme, hors duquel il n'y a ni lumière, ni vérité, ni vie, ni salut, ni paix, ni union parmi les hommes. Mon plan ne sera pas difficile à saisir. Vous me disiez souvent à Oxford : « Prouvez-moi la vérité de vos doctrines par la Bible et par les pères des quatre premiers siècles, et de suite je dis anathème à l'église anglicane, et me déclare enfant soumis de l'Église catholique. » C'est à quoi je veux répondre dans les lettres que je me propose de vous adresser dans mes instants de loisir, bien persuadé que vous me parliez alors de bonne foi et dans le désir sincère de suivre la vérité , si elle vient jamais à briller à vos regards. Quant à là mauvaise foi, à la passion, à l'esprit de chicane^ ils verraient des miracles, qu'ils ne voudraient jamais s'avouer vaincus, encore moins se soumettre, Les Juifs, si passionnés et si aveugles, n'ont-ils pas résolu de commettre leur déicide , précisément parce que le Sauveur^ après avoir guéri tant do malades , commençait encore à ressusciter des morts, qui étaient gisants dans la tombe depuis quatre jours.
Adieu, cher docteur, croyez à l'expression de mon profond respect, avec lequel j'ai l'honneur d'être, etc..