LA BARONNE DE LUTZOW A LA COMTESSE DE NEUILLY
,1 Tetsh, te 8 avril 1802.
« Madame,
« Au moment de me séparer de ma chère Clémentine, mon cœur est trop serré pour vous bien remercier, Madame, de tout ce que votre amitié pour les amis de cette aimable enfant vous a dicté. Il n'est que trop vrai, nous la perdons avec le plus grand regret. Notre tendre intérêt et nos vœux la suivront dans sa patrie, mais nous voulons imiter votre exemple, Madame, en sacrifiant la douceur de l'avoir avec nous, pour lui voir suivre une destinée, qui j'espère, sera heureuse pour elle. C'est à moi à vous remercier, Madame, de la complaisance que vous avez eue de nous la confier pendant les années trop vite écoulées que nous avons passées ensemble. Vous vous êtes acquise par cette bonté des droits éternels à notre reconnoissance. Vous l'augmenterez encore, Madame, en voulant me donner quelquefois des nouvelles de vous-même, et de notre Clémentine. Nous la regarderons toujours comme membre de notre famille, et elle nous conservera, j'en suis bien sûre, toujours quelque attachement.
■ J'espère bien avoir le plaisir de vous voir encore cet été, Madame la comtesse, où je compte faire un tour à Hambourg ; votre porte ne nous sera pas fermée, et j'en profiterai pour vous assurer que j'ai l'honneur d'être, avec la plus haute considération,
« Madame,
Votre très-humble et obéissante servante, « AUGUSTE LUTZOW. »