PREMIERE PARTIE
l) L'Union Patriotique de 1915
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NOTES PRELIMINAIRES
On a souvent reproché au peuple haïtien de ne s'être pas opposé vigoureusement au débarquement des marines en juillet 1915. On oublie volontiers la disproportion écrasante des forces et qu’au moins, l'honneur fut sauf : dans le Nord et l’Artibonite, outre le petit Sully, qui mourut à son poste plutôt que de le rendre, le général Pierre Benoît Rameau, Ministre de la guerre du gouvernement révolutionnaire du Dr. Rosalvo Bobo, leva l’étendard de la résistance armée ; il prit les armes dès le vote de la Convention que son chef et lui avaient refusé d'accepter et ne se soumit qu'après une lutte héroïque : ce qui lui valut d’être condamné par une cour martiale américaine à une longue détention qu'il subit stoïquement, (1915- 1926) ©. Et plus tard, à l’occasion de la reprise du régime monstrueux de la corvée, ce fut la geste de Charlemagne Péralte et de Benoit Battraville. Et il y eut d’autres tentatives de: résistance armée moins importantes. Aussi, s’il est exact que par suite de la dééomposition de notre corps politique (six présidents en 4 ans) et particulièrement de notre armée désagrégée dans les luttes partisanes, le pays n’offrit pas une résistance digne de ses origines, il est historiquement faux que FoGtpase @ été reçu à bras ouverts.
De plus, c’est au lendemain du débarquement des troupes nord- -américaines, dès le mois d'août 1915, que des citoyens se groupent pour protester contre la violation de notre territoire et ainsi naissent notamment L'Union Patriotique et La Ligue des Patriotes. Ce sont des hommes de paix, qui croient encore à la force du droit, qui ne peuvent imaginer qu’en plein vingtième siècle, une grande nation, se targuant des principes démocratiques, puisse annexer brutalement un peuple libre et indépendant, en dehors des conditions de la guerre et sans la moindre provocation. Îls se servent de l'arme à laquelle ils sont habitués : la parole imprimée et la parole écrite. Toute une presse d’opposition prend naissance, en particulier, « La Patrie », fondée par Georges Sylvain, Edmond Laforest, Marcelin Jocelyn, etc. et « Haïti Intégrale » d’Elie Guérin et de Félix
iard. — Et cette arme de la parole écrite et parlée se révèle pleinement efficace puisqu’après 19 années, le 21 août 1934, le dernier contingent de marines du corps d'occupation laisse le territoire national tandis que claque joyeusement au nouveau sémaphore notre Bleu et Rouge rendu à sa grandeur.
« La Patrie» était l’organe de « L'Union Patriotique » qu’il aida à se cristalliser et à devenir l’arme acérée de notre Seconde Indépendance.
Georges Sylvain eut l'initiative de la fondation de L'Union Patriotique et, sous le titre de Bulletin US tint le « Premier Port-au- Bee >: « La Patrie ». mi:
(1) Arrêté : à | Port- au-Prince le 28 octobre 1915, Rameau fut: libéré. sur, Pre 1e ae janvier 1922. Repris après l'élection de Borno, vers juin-juillet 1922, il fut libéré. le 16 mai .1926 et partit pour l'exil d’où il ne revint qu’en 1930.