‹ Dix années de politique colonialeChapitre 10 sur 19 · LA COLONISATION. — LES COLONS · texte numérisé non relu

LA COLONISATION. — LES COLONS

que nous désespérions de fournir aux colonies des hommes compétents, nous avons pu voir, par le service spécial que V Union coloniale a institué pour le Recrutement du 'personnel des entreprises coloniales^ que les hommes existent et qu’il faut seulement savoir les trouver.

La plupart des candidats-colons sont actuellement de deux sortes : ag-riculteurs ou employés de commerce. Outre ceux-là, il y a ceux qui songent à créer des industries ou à fonder des maisons nouvelles : ceux-ci sont jusqu’ici peu nombreux, et, à vrai dire, ce ne sont pas des émigrants, ce ne sont pas des colons : ce sont des capitalistes en quête d’emploi pour leurs capitaux.

Quand on a l’occasion de s’entretenir avec les candidats-colons d’aujourd’hui, on est frappé de leur différence avec ceux d’il y a dix ans. Non seulement ils ne croient pas tout savoir, mais ils admettent qu’ils ont beaucoup à apprendre. Et, remarque bien à l’honneur de notre pays, décidés à apprendre, ils ont dix endroits où apprendre : l’agriculture, dans les écoles agricoles de Tunis, de Nouvelle-Calédonie,

danscelles que va ouvrir rindo-Chine, enfin chez des colons qui prennent des élèves-stagiaires, comme (je cite deux noms entre vingt), M. Crète, en Tunisie, M. Lecacheux, au Tonkin. Avant même de partir pour les colonies, ils ont nos écoles d’agriculture, et Grignon et l’Institut agronomique, où il faudra bien qu’on crée, un jour, une section coloniale, et les jardins d’essais, et les Instituts de Marseille, de Bordeaux, de Nancy, etc. S’il s’agit du commerce, ils ont les écoles de commerce et, une fois sortis de ces écoles, ces cours, comme il y en a tant à Paris et en province, où l’on enseigne la comptabilité commerciale et agricole, l’anglais et l’espagnol; et enfin, pour l’éducation pratique, les maisons de droguerie ou de tissus.

Après une pareille préparation, nos futurs colons peuvent, tout aussi bien que leurs rivaux étrangers, affronter les colonies. Mais dans nos colonies, rien à faire sans capitaux. Quelle est l’attitude des capitaux? C’est ce que nous avons à chercher.

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