‹ Dix années de politique colonialeChapitre 12 sur 19 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les fonctionnaires. — Le Parlement.

L’opinion.

Les fonctionnaires de nos colonies — si Ton en excepte les Bureaux arabes dans leur bon temps et les services de Gochinchine sous les amiraux — ont eu longtemps une réputation médiocre. On leur reprochait d’arriver à des fonctions importantes trop souvent d’emblée, sans préparation et avec un passé parfois critiquable. Et l’on était en droit de s’en indigner; mais s’en étonner était puéril. Alors que les colonies n’étaient rien, ni par elles-mêmes ni dans l’opinion, pourquoi auraient-elles eu des fonctionnaires recommandables? Le remède

vint des colonies elles-mêmes, quand il y en eut davantage et de plus importantes, et qu’elles attirèrent plus de colons et de meilleurs. C’est le nombre et la qualité des colons qui, seuls, peuvent susciter les bons fonctionnaires. Là fut la cause réelle du progrès ; l’Ecole coloniale en fut le moyen.

Cette Ecole fut, elle aussi, à ses débuts, fort critiquée. Elle a été, depuis lors, bien perfectionnée. L’examen qui en ouvrait l’entrée est devenu un concours, et le nombre des candidats trois et quatre fois supérieur au nombre des places. L’enseignement n’y est sans doute pas encore dans toutes ses parties de premier ordre ; mais ceux qui la dirigent en savent les points faibles et s’efforcent d’y remédier. D’année en année, le recrutement des élèves s’améliore; le diplôme de l’école prend plus de valeur et les diplômés, une fois dans l’administration, y conquièrent le rang le plus honorable.

Pour ces diverses raisons, le corps des fonctionnaires coloniaux s’est relevé dans l’estime publique. Il rend aujourd’hui de bons services et, de ceux qui suivent les affaires coloniales,

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