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SUR LES PROGRÈS RÉALISÉS PAR LE MINISTÈRE DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE

Chambre des députés ^ 22 novembre 1878.

L'ordre du jour appelle la suite de la discussion du projet de loi portant fixation du budget des dépenses de Texercice 1879.

La Chambre s'est arrêtée hier à la discussion du budget du ministère de Tinstruction publique.

M. Bardoux, ministî'e de V instruction publique ^ des cultes et des beaux-arts. Je demande la parole.

M. LE PRÉSIDENT. La parole est à M. le ministre de l'instruction publique.

M. Bardoux, ministre de C instruction publique. Messieurs, je demande à la Chambre de me permettre de faire précéder la discussion du budget du ministère de l'instruction publique d'un exposé très précis des résultats qui ont été obtenus depuis dix années et de ceux que nous sommes en voie d'obtenir. (Parlez I parlez!)

Je crois, messieurs, que pour maintenir le très noble mouvement en faveur de Tinstruction publique qui s'est emparé de notre pays après nos désastres, et pour alimenter la flamme qui anime en ce moment les résolutions de nos municipalités, il est utile devant vous de parler sans fausse modestie. Il est d'autant

plus permis de le faire, que TExposition universelle a permis de constater, au point de vue scolaire, la priorité, je dirai presque la suprématie de la France vis-à-vis de toutes les nations étrangères. (Très bien ! très bien !)

En ce qui touche d'abord renseignement supérieur, la Chambre n'ignore pas que, quels qu'aient été les efforts d'un homme éminent dont je me plais à prononcer le nom ici, — M. Duruy, — l'enseignement n'était représenté, il y a dix années, dans nos facultés, que par un nombre de chaires extrêmement insuffisant. Depuis 1871, 175 chaires ont été créées. (Très bien I)

Mais il ne suffisait pas de créer des chaires : le cadre de nos études était trop étroit ; il fallait le renouveler. Nous avons tenté de le faire par l'introduction de cours complémentaires et de conférences : 41 cours complémentaires ont pris place dans nos facultés; 47 maîtres de conférences ont été nommés; et, pour pouvoir assurer, surtout à nos facultés de province dans lesquelles le public se renouvelait, un auditoire qui suivit avec assiduité les cours, qui encourageât les professeurs, nous avons proposé la création de boursiers de l'enseignement supérieur : 300 bourses de licence ont été instituées par la Chambre.

H fallait également donner pour le travail des outillages nouveaux à ces chaires nouvelles, à ces maîtres de conférences, à ces cours complémentaires, à ces étudiants boursiers de l'État.

Avant 1868, les bibliothèques des facultés ne s'alimentaient que des ressources infiniment rares qui pouvaient être prélevées sur l'ensemble du budget et sur ses reliquats. Nous avons dû — et quand je dis

« nous )) il ne s'agit pas de ma personne, elle disparaît ; je parle de tous ceux qui m'ont précédé, des -efforts collectifs qui, depuis dix années, ont été faits par le pays et par vous, — nous avons dû organiser les bibliothèques des facultés. Le chiffre des volumes s'élève aujourd'hui à plus de 400,000.

Nos bâtiments étaient insuffisants, soit pour recevoir des livres, soit pour contenir des instruments, soit enfin pour permettre toutes les expériences. On peut le dire, — le mot est d'un très grand savant — la pauvreté était la loi de notre enseignement supérieur il y a dix ans. A coup sûr, le génie avait pu travailler — il travaille partout, même dans des réduits obscurs, témoin Claude Bernard, témoins les laboratoires du Collège de France... (Assentiment) ; — mais le génie n'est pas de tous les jours, et il nous fallait encourager le talent, le travail, la bonne volonté.

Il y a eu une très noble émulation. Cette émulation a permis de refaire les principaux établissements de l'enseignement supérieur, d'abord à Paris, puis en province. Vous savez quelles sont les lois votées par vous pour nous donner les moyens de réédifier la faculté de médecine. Une mission spéciale a été confiée à l'architecte pour que, en examinant tout ce qui a été fait à l'étranger, en comparant l'installation des amphithéâtres, des laboratoires, il pût rendre les bâtiments de la faculté de médecine de Paris dignes de son puissant enseignement. Il n'y a pas d'école qui compte plus de professeurs distingués que notre faculté de médecine ; il lui manquait une installation : nous allons la lui donner.

Elle possédei'a six amphithéâtres, trois laboratoires ; l'étendue de sa bibliothèque sera quadru-

plée ; les galeries de ses collections seront triplées.

Vous savez aussi dans quel état se trouvait l'école pratique. Ce n'était guère qu'un groupe de masures ajoutées les unes aux autres. L'école pratique n'avait pas d'amphithéâtre ; elle en aura six ; elle aura quatorze laboratoires; et les tables de dissection, qui n'étaient que de quatre-vingts, seront portées à cent quatre-vingts. Les éléments de travail ne vont donc plus lui faire défaut. (Marques d'approbation.)

J'ai besoin d'ajouter que nos principaux hôpitaux manquaient, eux aussi, de laboratoires; l'hôpital Necker, la Charité, l'Hôtel-Dieu, en sont maintenant pourvus.

Enfin, la bibliothèque de la faculté de droit de Paris — j'en appelle aux souvenirs de tous ceux qui y ont fait leurs études de droit — pouvait à peine contenir vingt-cinq étudiants. Elle a été reconstituée, grâce encore à vos libéralités. La nouvelle bibliothèque est ouverte, et il y a place pour tous les étudiants laborieux.

Quant à la Sorbonne, un projet de loi a été déposé et, là encore^ messieurs, nous aurons bientôt un établissement digne de cette grande maison, qui est toujours Thonneur de la France.

L'école supérieure de pharmacie, composée d'une masse de constructions délabrées, qui se soutenaient péniblement, qui s'effondraient, puisque des étais étaient tous les jours nécessaires, l'école supérieure de pharmacie s'élève sur les terrains libres du Luxembourg. Elle possédera une installation convenable, elle aura une bibliothèque, des laboratoires, enfin tous les instruments de travail.

Les départements nous ont suivis dans cette voie.

Je ne ferai qu'énumérer les efforts de nos grandes

villes.

Marseille a dépensé plus de 500,000 fr. pour rétablissement d'une école de médecine ; Bordeaux, plus de 2,000,000 pour sa faculté de droit et pour son école de médecine et de pharmacie ; Caen a voté un crédit de 800,000 francs pour reconstruire ses facultés ; Lille, 1,200,000 fr. pour sa faculté de médecine; Grenoble, 620,000 fr. Et quant à Lyon, il s'y édifie une école de médecine, la plus vaste peut-être après celle de Paris. Les plans que vous en avez pu voir à l'Exposition témoignent des gigantesques .efforts de cette ville pour donner le plus grand éclat à son enseignement.

A Nancy, où nous avons transféré la faculté de Strasbourg, des sacrifices considérables ont été également faits par la municipalité pour instituer, à la porte de l'Allemagne, un enseignement qui rivalisât avec le 'sien.

Voilà, messieurs, d'une manière générale, les efforts qui ont été accomplis depuis dix années ; ils méritent d'être rappelés à cette Chambre. (Très bien 1

très bien !)

Si nous considérons l'enseignement lui-même, que constatons-nous? Nous voyons que, grâce à vous, messieurs, dix chaires nouvelles d'économie politique ont été créées. L'enseignement de l'économie politique, si nécessaire à une démocratie, qui nous a guéris^, il faut le reconnaître, des folies socialistes, l'enseignement de l'économie politique est devenu obligatoire.

Une réforme plus grande encore a été faite dans l'enseignement des sciences. Le programme de la licence et du doctorat ès-sciences a été révisé. Enfin,

Tobligation des exercices pratiques a été introduit dans renseignement des facultés de médecine et des écoles de pharmacie. Vous avez pu donner ainsi à renseignement de la pharmacie une importance qu'il n'avait pas, et relever le niveau des études au profit de la santé publique. (Très bien I très bien I)

A côté, un établissement important, Técole des hautes études, a vu de nouvelles constructions s'établir; nous y avons installé des laboratoires d'élèves

Nous avons fondé à Rome, comme annexe de l'école d'Athènes, l'école d'archéologie qui, déjà, a donné de si louables résultats, et qui a produit pour la science française des hommes distingués, que vous connaissez et dont je ne veux pas blesser la modestie en les nommant à la tribune.

Et quant aux sciences proprement dites, le nombre des établissements d'astronomie, de météorologie a plus que doublé ; des observatoires ont été .élevés ; vous venez enfin de décider la création d'un bureau central de météorologie.

La situation des maîtres laissait à désirer, tous les jours vous augmentez leur traitement, et, dans le budget qui va être en discussion, vous allez, je l'es-, père, élever le traitement des professeurs de la faculté de médecine de Paris et celui des professeurs de la faculté des sciences.

Voilà l'ensemble des réformes que vous avez faites dans l'enseignement supérieur, soit au point de vue de l'enseignement lui-même, soit au point de vue des maîtres, soit au point de vue du matériel.

Si nous passons à l'enseignement secondaire, nous constatons que, depuis dix années, cinq grands lycées ont été créés, et quatre petits lycées sont en

construction. Le nombre Âe bourses, dans le môme temps, s'est élevé de 2,811 à 3,821. Vous continuez ainsi les traditions du vrai libéralisme. Quant aux collèges communaux qui, jusqu'en 1846, avaient été oubliés absolument, ils ont reçu en 1868, grâce à l'impulsion de M. Duruy, un puissant encouragement. (Très bien ! sur plusieurs bancs à droite.) Mais vous avez fait plus, vous avez centuplé l'élan donné, et c'est un crédit de 450,000 fr. que nous croyons pouvoir demander à la Chambre pour les collèges communaux.

Depuis quelques années, les chaires subventionnées par l'État se sont élevées dans nos collèges à 499.

Enfin, les traitements de leurs honorables professeurs, depuis 1870 jusqu'en 1877, ont été augmentés au moins de 300 francs pour les hautes chaires et de 175 francs pour les chaires secondaires. Et nous proposons une amélioration nouvelle !

Si je voulais continuer cet exposé, qui peut paraître sec et aride, mais qu'il était important de faire une fois...

Plusieurs membres. C'est très intéressant I — Parlez I parlez !

M. LE MINISTRE... j'aurais à vous parler des études. Le plan d'étude de 1865, quisupprime, vous le savez, la bifurcation, avait relevé le niveau des études. Depuis 1870, des efforts ont été faits pour améliorer les méthodes ; chose délicate et difficile. Les cours de langues vivantes ont été rendus obligatoires ; l'enseignement de la géographie a été complètement réorganisé; la cartographie elle-même a été absolument, renouvelée. Un de mes honorables prédécesseurs a tenté, messieurs, de modifier les méthodes de l'en-

seignetnent secondaire : s'il n*a pas réussi, nous reprenons le mouvement... (Très bien I très bien I), et, dès demain^ une circulaire que vous pourrez lire témoignera de nos intentions.

Enfin, nous avons cru qu'il ne fallait pas négliger, dans un état démocratique, les exercices corporels pournos enfants; une importance exceptionnelle a été donnée à la gymnastique et aux exercices militaires. (Très bien l très bien I)

M. Haentjens. Vous avez très bien fait I

M. LE MINISTRE. Si Tenseignemeut spécial n'a pas donné tout ce qu'il promettait, nous avons aujourd'hui les vtEux unanimes de tous les hommes compétents qui naus demandent de réviser son programme. Nous nous en occupons.

Restait, pour rivaliser avec les établissements libres, qui portent, il faut le dire, une sérieuse atteinte à l'enseignement secondaire de l'université, restait à mettre nos établissements eux-mêmes en état de lutter avec les nouveaux établissements construits parles corporations religieuses.

Nous avons déposé et on vous a distribué, messieurs, unprojet de loisur lequel j'appelle votre attention, c'est le projet de loi sur la caisse des lycées et collèges. Si, comme nous l'espérons, ce projet est voté, nous* pourrons, en six années, reconstituer tout le matériel scolaire dans l'enseignement secondaire, donner de l'air et de l'espace à nos vieux lycées, qui sont pour la plupart d'anciens couvents ou d'anciennes casernes, et placer ainsi tous les enfants qui nous .sont confiés dans ces conditions d'hygiène qui sont plus nécessaires aujourd'hui que jamais. (Très bien ! très bien !)

Toilà, messieurs, en peu de mots et très rapide-

ment exposé, ce que nous avons cru devoir vous dir^î sur renseignement secondaire.

Mais les véritables progrès ont été réalisés dans renseignement primaire. Ces progrès sont immenses, même après ceux qu'avait déjà réalisés la loi de

Nous avions environ 4 millions et demi d'enfants à instruire. Les écoles de hameau étaient insuffisantes. Depuis dix ans elles ont été augmentées dans une énorme proportion . Nous avons 59,021 écoles publiques communales, dont 9,3o2 sont absolument gratuites. Une enquête sérieuse, minutieuse, a été faite sur Tétat de toutes ces écoles, et le résultat de cette enquête a été que 34,108 de ces écoles étaient défectueuses, que leur installation laissait à désirer ; que 17,641 devaient être complètement reconstruites ; que 20,941 manquaient de mobilier scolaire.

Cette situation avait inspiré à mon honorable prédécesseur et amî M. Waddington, la pensée de préparer un projet de loi sur la caisse dès écoles. J'ai repris ce projet en lui succédant ; mais je tiens à lui en laisser Thonneur, car il lui revient tout entier. (Marques d'approbation.)

M. Waddington vous avait signalé l'état de nos maisons d'écoles. Nous venons d'y pourvoir. Je puis vous dire que depuis le vote de la loi, dans un intervalle de près de onze mois, 3,000 maisons d'écoles ont été reconstruites ou réparées ; de plus, depuis le commencement de l'année, nous avons fondé 300 écoles de hameau et nommé plus de 600 instituteurs nouveaux. Nous croyons avoir répondu ainsi aux votes de la Chambre. (Très bien I très bien !)

Mais une grave question nous préoccupait, celle de l'enseignement des filles.

Le nombre des communes qui, depuis dix ans, ont fondé des écoles de filles, est considérable : il est de 5,213.

Ge n'est pas assez, toutefois ; nous pensons qu'il est nécessaire d'augmenter leur personnel.

Les écoles normales d'instituteurs sont nombreuses ; cinq ont été fondées en dix ans. Mais le nombre des écoles normales d'institutrices était resté stationnaire : 10* seulement, ont été créées depuis 1871. Nous nous occupons d'en élever de nouvelles, et nous espérons que les sympathies de la Chambre ne nous feront pas défaut. (Très bien,! très bien !)

Enfin, pour vous donner une idée des dépenses que les communes, les départements et l'Etat font pour l'instruction primaire, je vous dirai qu'elles s'élèvent à 49,292,724 fr., 50 millions en chiffres ronds, rien que pour les dépenses ordinaires sans compter les dépenses extraordinaires applicables à la construction, à l'entretien des locaux, aux secours et encouragements. Jamais un effort aussi considérable n'avait été accompli. (Très bieni très bien !)

J'ai voulu très rapidement faire passer sous vos yeux le résumé des résultats obtenus. Il y a encore beaucoup à faire ; mais ce n'est pas le moment d'énumérer tous nos projets.

Nous sommes ici en présence du budget, et je ne veux parler que des résultats matériels acquis : je me réserve, lorsque notre premier projet de loi sur l'instruction primaire viendra en discussion, de vous exposer ce que nous avons l'intention de faire au point de yue des réformes à introduire dans l'enseignement primaire. Mais n'est-ce pas l'occasion, au moment où l'Exposition vient de nous donner le moyen d'en juger, de vous dire quelle est la situation

des différents Étals de TEurope qui rivalisent avec la France pour le développement de Tinstruction publique.

11 y en a cinq, et il me paraît important, pour vous faire connaître où nous en sommes relativement à eux, de vous dire très nettement et très rapidement ce que ces cinq États ont fait chez eux pour l'instruction.

Cinq États, l'Angleterre, TAllemagne, la Suisse, les Etats-Unis et la Belgique, prennent, avec la France, le premier rang, lorsqu'on les juge au point de vue de Tinstruction publique.

L'Angleterre a un enseignement constitué d'une façon si exceptionnelle, que vous me permettrez de ne pas puiser d'exemples dans ce pays. Son enseignement supérieur est admirable, mais il est surtout créé à l'aide de fondations particulières, et soutenu par des donations privées. Il est impossible d'avoir à son sujet des chiffres statistiques exacts et précis.

Quant à l'enseignement secondaire public, il n'existe presque pas en Angleterre, les établissements où il est donné sont fondés par des particuliers, c'est à l'initiative privée qu'il doit de vivre, et l'Angleterre essaye de nous copier en ce moment.

Pour l'enseignement primaire, il a fait en Angleterre d'admirables progrès ; toutefois le projet de M. Forster est en partie emprunté à la France.

Ce sont les deux grandes démocraties américaine et suisse qui ont le premier rang au point de vue de l'enseignement primaire. Mais leurs efforts, il faut le remarquer, sont presque exclusivement consacrés à l'enseignement primaire à tous ses degrés.

L'enseignement supérieur n'est pas très élevé dans

ces deux États ; et quant à renseignement secondaire, il ne peut rivaliser avec le nôtre.

La Belgique, à cause de la rivalité des deux partis, libéral et catholique, fait d'immenses progrès dans renseignement ; la concurrence y a établi, grâce à rinitiative privée, une lutte considérable. (Marque d'assentiment.) Mais, ne l'oubliez pas, toutes les nations de l'Europe ont reconnu que nous avions le premier rang dans l'enseignement secondaire. Nous serons la première nation de l'Europe au point de vue de l'enseignement à tous les degrés si nous continuons les progrès que nous avons faits depuis dix ans dans l'enseignement primaire.

Je tenais, messieurs, à vous faire connaître ces résultats généraux pour vous encourager et nous encourager tous à continuer dans la voie où nous sommes entrés ;ie tenais à vous les faire connaître pour que les municipalités qui rivalisent de sacrifices avec rÉtat fussent remerciées ici. C'est grâce à cette impulsion commune que nous relèverons et que nous avons déjà relevé dans ce pays les mœurs libérales, et que nous les acquerrons définitivement ; c'est grâce à ce -mouvement que nous relèverons les caractères et que' nous les fortifierons (Très bien ! très bien !) : c'est grâce à lui que nous ferons aimer nos institutions; et la République aura l'insigne honneur d'avoir contribué au plus haut point au développement de l'instruction en France. Je ne connais pas, messieurs, d'honneur plus digne d'être envié que celui-là.. (Applaudissements sur un grand nombre de bancs.)

DISCOURS

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