DU SERVICE MILITAIRE
Chambi^e des dépvtés, séance du 38 ruai 1881.
M. LE PRÉSIDENT. Nous passoDs maintenant à Tam endément présenté au cours de la discussion par MM. Bardoux^ Ribot, Beaussire, Marcel Barthe, Renault-Morlière, La Gaze, Gévelot, Laumond, Honoré Roux, lequel est ainsi conçu :
« Art. 2. — . L'article 20 de la loi du 27 juillet 1872 est modifié ainsi qu'il suit :
<c Sont, à titre conditionnel, dispensés du service militaire :
« l*" Les membres de l'instruction publique dont l'engagement de se vouer pendant dix ans à la carrière de l'enseignement aura été acceptée par le recteur avant le tirage au sort et s'ils réalisent cet engagement dans un établissement public d'instruction, de quelque degré que ce soit ;
« 2^ Les professeurs des institutions nationales des sourds-muets et des institutions nationales des jeunes
poursuite des places ou des fonctions publiques. Ge que nous voulons, c'est plus d'air et de lumière; ce que nous voulons, c'est que tout homme qui sent en lui le besoin de servir son pays, qui se sent la volonté et l'intelligence nécessaires, ne soit pas arrêté, à moins de sacrifier sa dignité, par des besoins d'argent, pour se présenter devant les électeurs. (Très bienl à gauche.)
Ge que nous voulons, c'est que la France fasse mieux entendre sa grande voix, quand elle veut parler.
C'est par toutes ces raisons que le scrutin de liste nous paraît le seul mode d'élection qui soit conforme aux besoins et aux aspirations d'une République libérale.
Vous allez, messieurs, dans peu de temps, vous présenter devant vos électeurs ; jamais élections politiques n'auront été plus importantes. La forme du gouvernementn'est plusmaintenantdiscutée ; l'heure est venue de dresser un programme, d'y inscrire les réformes que la démocratie attend de ceux qui, avec des nuances d'opinion, ont le sentiment élevé des besoins du pays et du temps où ils vivent. Pour le tracer, ce programme, il n'y a qu'un moyen : c'est d'élargir le cadreélecto rai, c'est d'employerlemodede consultation qui se rapproche le plus de l'opiniondeia nation; ne laissons plus debout une législation électorale qui apu répondre à des nécessités transitoires, mais qui maintenant, j'en suis sûr, ne serait plus à la hauteur des vœux et des besoins nouveaux de la France. J'adresse un suprême appel à votre sagesse et à votre patriotisme. (Très bien 1 très bien ! — Vifs applaudissements sur plusieurs bancs à gauche et au centre.)
DISCOURS