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DE LA FACULTÉ DE MÉDECINE DE PARIS

5 décembre 1878

Aujourd'hui mercredi, à deux heures, a eu lieu, sous la présidence de M. Bardoux, ministre de Tinstruction pul)lique, la pose de la première pierre de TEcole pratique de la faculté de médecine. M. le ministre était accompagné de M. du Mesnil, conseiller d*État, directeur de renseignement supérieur au ministère, de M. A. Mourier, vice-recteur de TAcadémie de Paris, de M. Vulpian, doyen de la faculté de médecine, du corps des professeurs de la faculté, et de M. Ginain, architecte de TÉcole pratique.

A la cérémonie assistaient également M. Boysset, député, rapporteur du budget de Tinstruction publique, et M. Hérisson, député de la Seine ; M. Ferdinand Duval, préfet de la Seine ; M. Tambour, secrétaire général; M. Yergniaud, auditeur au conseil d'Etat, directeur du cabinet du préfet de police; le maire et les adjoints du sixième arrondissement; le président et plusieurs membres de l'Académie de médecine, de nombreux représentants du conseil municipal, etc.

Une foule d'étudiants se pressaient, en outre, aux

abords de renceinte réservée. Après une allocution du doyen de la Faculté, le ministre a prononcé le discours suivant :

Messieurs,

Gen'est point, croyez-le, un médiocre honneurpour leministrederinstructionpublique,que d'être appelé à poser la première pierre de l'École pratique de la faculté de médecine. Il est de ceux qui ont toujours considéré que renseignement médical [donné à Paris était une des gloires de la France et qu'il y avait dans votre faculté une longue tradition d'honneur professionnel, de respect de soi-même, d'amour de la jeunesse studieuse autant que de haute expérience et de profond savoir. Cette tradition, qui vous a été léguée comme le meilleur des héritages par vos illustres devanciers, vous l'avez conservée intacte pour la transmettre à votre tour à vos successeurs.

De combien d'efforts, messieurs, de recherches, de découvertes^ ont été témoins ces murs noircis qui tomberont demain ! Saluons-les une dernière fois 1 Ceux qui les ont vus remplis, comme une ruche, de jeunes gens dévorés du désir d'apprendre, de professeurs dévoués à leur tâche, comprendront qu'on ne leur dise pas adieu sans émotion I

La République a tenu à cœur de faire cesser la pénurie de vos moyens d'enseignement. Sans doute, le talent ne dépend pas de la grandeur des ressources mises à sa disposition ; sans doute de puissants esprits se sont développés parmi vous malgré l'insuffisance de l'installation scientifique ; mais devionsnous faire plus longtemps un système de cette pauvreté» et compter sur le génie pour vaincre tous les obstacles et suppléer à tout ?

Désormais, messieurs, le double enseignement, théorique et pratique, de la faculté de médecine aura tout le développement qu'exigeait sa haute renommée. Les anciens bâtiments de la faculté, où se donnent les leçons, où siègent les jurys d'examens, occupaient une superficie de 2,485 mètres; leur contenance sera de 6,930 mètres; au lieu de deux amphithéâtres, la faculté proprement dite en aura six, avec huit salles de conférences; trois nouveaux laboratoires (chimie, physique et pharmacologie) disposeront de vingt-cinq salles. La superficie des galeries de collections sera triplé et Tespace attribué à la bibliothèque quatre fois plus étendu.

L'école pratique réservée aux exercices anatomiques, à la physiologie, à l'histologie, était depuis trente ans l'objet des préoccupations de l'administration. Qui oubliera ce groupe de masures rangées autour de l'ancien réfectoire des Gordeliers, ces pavillons qu'on y avait ajoutés pour la dissection, •ces réduits pompeusement décorés du titre de laboratoires, où les professeurs trouvaient à peine l'espace nécessaire à leurs préparations, où la lumière, l'air, faisaient défaut pour conduire les expériences, où les élèves ne pouvaient se réunir pour assister aux démonstrations du maître? Sans doute on avait, il y a dix ans, tenté d'atténuer pour la dissection des défauts plus regrettables là que partout ailleurs ; mais est-ce qu'il suffit de mettre à la portée des élèves des moyens d'étude non complets ? Ne devait-on pas avoir le souci non moins impérieux de les protéger contre des accidents parfois mortels ? N'était-ce pas les conditions hygiéniques qui laissaient surtout à désirer ? Tout cet ancien état de choses va être transformé :

un de vos éminents collègues, M. Wurtz, a bien voulu accepter la mission d'étudier de près les laboratoires des universités étrangères; notre habile architecte, M. Ginain, est aussi allé visiter Tinstallation des établissements scientifiques les plus célèbres ; tous les deux ont rapporté les plus utiles renseignements.

Les services de TÉcole pratique occupent actuellement une superficie de 3,954 mètres ; la convention passée entre TÉtat et la ville de Paris, approuvée par la loi du 14 décembre 1875, porte l'étendue des terrains concédés à 11,784 mètres ; votre domaine est presque quadruplé. L'École ancienne avait six laboratoires, étroits, humides; la nouvelle en "possédera quatorze, spacieux, bien aménagés, disposant de soixante-douze pièces, plus vingt laboratoires plus petits à l'usage spécial des professeurs.

Vous aviez 80 tables de dissection, vous en aurez 180; vous n'aviez pas d'amphithéâtre, vous en aurez six et six salles de conférences.

Les travaux essentiels À la noble carrière médicale, travaux réservés jusqu'à ce jour à un petit nombre d'étudiants, seront donc mis à la portée de tous ; dans quatre années, ces améliorations si décisives pour votre enseignement, messieurs, seront complètement réalisées.

Faut-il vous rappeler maintenant les récentes réformes intérieures ? Le décret du 20 juin 1878 ayant rendu les exercices pratiques obligatoires, six cours auxiliaires de chimie, de physique, d'histoire naturelle, de pathologie, viennent d'être institués; des enseignements qui n'étaient que semestriels deviennent ainsi annuels.

Le régime môme des exercices de l'Ecole pratique

est transformé par un règlement du 30 novembre dernier, et un arrêté du même jour institue, sous le nom de moniteurs, des auxiliaires chargés de diriger les manipulations qui, jusqu'ici, n'étaient pas à vos yeux l'objet d'une surveillance assidue et suffisante.

C'est ainsi que l'Université se fortifie et grandit, sans craindre une concurrence qui dispose de puissants moyens. C'est ainsi que cette glorieuse faculté de médecine, qui attire à elle des étudiants venus de tous les pays civilisés, verra son autorité s'accroître, sa prépondérance indiscutable s'affermir encore dans le monde, en même temps que son œuvre scientifique s'élargira.

La République, passionnée pour tous les intérêts supérieurs, les Chambres, unies dans une pensée commune, ont sans hésitation apporté leur concours à cette réédification depuis si longtemps réclamée ; et il nous est impossible d'oublier que le conseil municipal de Paris, l'administration de la Seine, se sont énergiquement associée à cette importante entreprise.

Il ne fallait rien moins que cet accord patriotique, qui ne s'est pas troublé un seul jour, pour exécuter un projet représentant plus de il millions de dépenses.

Et maintenant, messieurs, scellons ensemble la première pierre de l'École pratique.

Puissent, sur cette première pierre, s'édifier aussi la science, le progrès, la vérité I Puissent de npuveaux bienfaits rendus à l'humanité justifier un jour ces immenses sacrifices I Puissent ces murs nouveaux abriter toujours le même dévouement professionnel» le même attachement au devoir, le même désinté-

ressèment, surtout le même esprit libéral qui a toujours été la grandeur et roriginalité de TÉcole de Paris et qui a fait sa légitime renommée I

Le gouvernement de la République et TUniversité vous remercient, messieurs, d'avoir bien voulu assister à cette cérémonie.

DISCOURS

PRONONCÉ A L»INAUGURATION DE LA STATUE DE BLAISE PASCAL A CLERMONT-FERRAND.

20 août 1880

Messieurs,

Il y a cinquante-cinq ans, le président du Conseil général du Puy-de-Dôme, M. Louis d'Aubière, inaugurait dans la Bibliothèque de cette ville une statue de Pascal, due à Thabile ciseau d*un sculpteur de Dijon. Mais le marbre, ce vêtement des dieux, doit être baigné des rayons du soleil d'Italie ou de Grèce, et Tœuvre remarquable de M. Ramey, enfermée loin des regards, est à peine connue de quelques curieux.

Il faut à nos places publiques, battues par le venl d'hiver, l'impénétrabilité du bronze, et c'est encore un Bourguignon, un élève supérieur au maître» M. Guillaume, qui vient de rendre vivant, dans son allure jeune, rêveuse et calme, l'image de l'homme de génie dont l'Auvergne est orgueilleuse et dont la gloire s'accroît de jour en jour.

C'est à l'ombre de notre vieille cathédrale qu'il est né ; ces rues étroites, ses pas les ont foulées ; cet horizon aux formes arrêtées, ses yeux, dans son enfance, l'ont contemplé, alors que, sérieux déjà, il écoutait les leçons d'un père, haut esprit lui-même.

versé dans toutes les sciences de son temps, et à la tète de la riche bourgeoisie de notre province.

C'est jusqu'à Tâge de huit ans que Biaise Pascal vécut à Glermont, au milieu de ses sœurs, avec deux surtout, couronnées désormais de la même auréole, inséparables de ses grandeurs morales, commje de sa mémoire, Gilberte et Jacqueline.

C'est chez Gilberte, mariée à Florin Périer, seigneur de Bien-Assis, qu'il vint reposer, pendant trois mois, peu avant sa mort, son cerveau gonflé d'idées et son corps miné par les mortifications ; c'est au château de Bien-Assis que vos yeux peuvent voir d'ici qu'il donnait rendez-vous à Fermât, de Toulouse, pour discuter des problèmes scientifiques.

Les anciens souvenirs, les mêmes lignes de montagnes nous entourent.

Qu'a-t-elle emprunté au sol natal, cette individualité la plus rare peut-être qui ait jamais paru ? *

Pascal avait eu d'abord le bonheur d'être élevé conformément à sa nature ; rien n'en contraria l'expansion. Il n'y a pas jusqu'à son application exclusive aux mathématiques et à la physique qui n'ait été la sauvegarde de son originalité. Un lettré se serait dépensé.

Concentré de bonne heure et absorbé par une extraordinaire intensité de vie intellectuelle, Pascal se réservait. Il n'eut pour compagnon de ses premières années qu*un autre enfant, précoce aussi, le devancier de d'Aguesseau, le futur auteur des Lois civiles dans leur ordre naturel, Jean Domat ; mais quand on est Pascal, on n'est fait que pour aimer en grand, et les affections générales sont seules capables de remplir le cœur.

L'Auvergne, dans cette première moitié du xvii*

siècle, était travaillée par un souffle vivifiant. Jamais elle n'avait été si féconde en esprits distingués.

Habité par une éminente bourgeoisie, ce pays de laves et de neiges, de cœurs passionnés et de tètes froides, avait tiré de son sein, depuis cent ans, une suite d'hommes illustres, ayant un irait commun, rimagination puissante et sombre, un caractère indomptable à travers les souplesses de Tinstînct des affaires. Elle venait de donner à la France Duprat, Anne Dubourg, et Tâme la plus noble de ce xvi" siècle qui en avait tant produit, le chancelier de THospital.

Une famille destinée à agir puissamment sur une portion de la société française avait quitté l'Auvergne, mais la remplissait encore de ses alliances, la famille Arnauld. Une irrésistible vocation entraînait à la suite de leur frère Antoine, ses sœurs, celles qui devaient être la mère Agnès et la mère Angélique et leur nièce la mère Angélique de Saint-Jean.

Avant que son père ne devint intendant de Normandie et ne fût initié, pendant une maladie, aux doctrines de Jansénius et de Saint-Gyran, Biaise Pascal avait donc respiré autour de lui cette atmosphère de piété austère appartenant à cette école religieuse dont Port-Royal ne fut que la plus haute expression et le moment suprême.

Cette famille Pascal était du reste étrange. Il 7 avait sur les fronts de ces jeunes enfants je ne sais quels rayons qui frappaient les regards.

Qui ignore que Richelieu, lorsque sa nièce, la duchesse d*Aiguillon, les lui présenta, en voulait faire un jour quelque chose de grand ? Qui ne sait que Corneille, quand il les vit àRouen, le jour où Jacqueline, âgée de treize ans, remportait le prix de poésie, les

devina? Qui ignore l'ioipression que Biaise Pascal laissa à Descartes, le jour où il lui rendit visite? L'ardent désir de connaître avait déjà chez lui autant de profondeur que la soif du bonheur chez les autres.

Son éducation s'était achevée par la réflexion et sans beaucoup de livres. Il n'avait bien lu que Montaigne.

Mais arrivent ce qu'on est convenu d'appeler sa première conversion au jansénisme, suivie bientôt d'un retour au monde, oii il apportait ses manières élégantes et même fastueuses, enfin ses derniers dégoûts et son renoncement définitif à ses habitudes d'honnête komme^ comme on disait au grand siècle.

Quel ébranlement intérieur s'était fait sentir? L'exemple de Jacqueline, devenue la sœur de Sainte- Ëuphémie, un sermon du plus pénétrant des directeurs, M. Singlin, avaient-ils déterminé cette seconde conversion ? L'accident de son carrosse au pont de Neuilly l'avait-il achevée? L'histoire discute encore. Qu'importe? Pascal a trente ans. Il a huit années à peine à vivre, et quelles années I marquées par les plus cruelles souffrances et par le plus vif ascétisme religieux. C'est alors que son génie se déploie dans toute sa force.

Lui que les douleurs de la création tout entière pénétraient, lui le plus mélancolique et le plus humain de ces messieurs, allait prouver avant Molière que le don des larmes et celui du rire ont une secrète parenté.

Le jansénisme, ce calvinisme catholique, fut sous une forme théologique une réaction contre l'influence et la morale de la Compagnie de Jésus, et Port-Royal fut surtout un éducateur des âmes. Il enseigna à lutter, malgré les persécutions, à tout braver pour la

justice. Il fut une grande école de caractères. Quand le moule fut brisé par la violence, les débris qui en restèrent et dont les derniers disparurent presque sous nos yeux, pour ne parler que de Royer-CoUard, étaient encore admirables et beaux à contempler.

L'Auvergne ressentit profondément l'influence janséniste. Domat, le petit-fils deBasmaison, le commentateur de notre Coutume, Domat, l'ami dévoué de Pascal, entraîné par lui, comme le duc de Roannez, avait entraîné à son tour, plus d'une famille considérable ; Soanen, Tévèque de Senez, son neveu, n'hésita pas ; et le jansénisme donna à notre province une saveur particulière qu'elle garda jusqu'à la Révolution.

Lorsque les Provinciales éclatèrent^ elles y furent lues avec enthousiasme. Comment Pascal avait-il été amené à les écrire? c'est ce que tous les historiens de Port-Royal ont raconté. Sa foi impétueuse avait parlé et il obéissait. C'était la première fois qu'il songeait au style. Lui, le moins homme de lettres qui ait vécu, lui, qui jusqu'alors n'avait rédigé que des mémoires sur les sciences et une lettre à M. de Ribeyre, dans un démêlé avec les jésuites de Clermont, il se révéla le premier des prosateurs.

La France faisait sa rhétorique, suivant un mot célèbre ; mais il manquait à cette langue la vie et la mesure. Si l'honneur de les lui avoir données, de l'avoir fixée ne revient pas tout entier à Pascal, il en a sûrement la plus grande part. Son influence est restée unique par la justesse dans la beauté et dans la force.

Les Petites Lettres, comme on les nommait, étaient la protestation du stoïcisme chrétien contre les réserves mentales, l'art des interprétations et la direc-

tion des intentions. Que dis-je protestation! elles furent un réquisitoire, et à une certaine page, quand Pascal dit qu'il est temps de rendre la réputation à tant de personnes calomniées, Pascal ne tient pas une plume, il tient un glaive, et le glaive flamboyant!

Ce fut la mort du casuisme en morale, de ce casuisme propre aux jésuites espagnols et qui avait infesté la France.

Qui ne connaît la longue liste des admirateurs que les Provinciales firent naître, depuis madame de Sévigné et Boileau jusqu'à Montesquieu?

Un seul eût été étonné de tout ce bruit, celui-là môme qu'il était venu trouver.

Plus austère que jamais, le corps revêtu d'un cî- Iice„dévoré de la soif de connaître la vérité absolue, préoccupé jusqu'au désespoir de Yau^elà, Pascal était inconscient de sa renommée.

Le calcul n'était entré pour rien dans le duel à mort avec la célèbre Compagnie. Il était le seul qui n'entendit pas le sifflement des flèches qu'il lançait et les formidables éclats de rire que les Petites Lettres excitaient.

Qui lui eût dit que ces messieurs représentaient, sans le vouloir, la liberté de conscience, l'esprit d'examen, et que ces discussions en formant un public préparaient un peuple, l'eût bien étonné.

Au milieu des douleurs physiques les plus aiguSs, il jetait à mesure sur le papier tout ce qui occupait sa tôte puissante. Il rêvait à une apologie générale de la religion chrétienne, et les Pensées ne sont que la réunion de ces matériaux épars. Ge n'est pas un livre. D'où vient pourtant que ces pages ont tantôt le caractère d'une philippique, tantôt d'une élégie ou

d'une hymne? D'où vient que cet itinéraire de Tàme vers la foi vous étreint comme un drame?

C'est que Pascal a cherché en gémissant, c'est qu'il est lui-même la poésie de son œuvre, et que ce qu'il a de méprisant, de souverain, d'emporté, n'est que le cri d'une âme sincère, ne connaissant ni vanité, ni amour-propre, et haletant après la certitude. Tout, jusqu'à sa hauteur, est impersonnel.

Jamais écrivain n'a donné aussi pleinement les joies directes de l'intelligence, parce qu'aucun n'a eu plus de franchise et de virilité de conception ; aucun n'a plus possédé la haine de la métaphore ; aucun n*a serré de plus près la pensée, parce que dans aucun cerveau l'invention proprement dite n'a occupé plus de place.

Oui, r Auvergne peut être fière de ce Pascal qui mourait comme un saint à 39 ans, et qui, le jour oh les principaux de ces messieurs, Arnauld, Nicole, Saint-Marthe, Domat, s'étaient réunis chez lui, à l'occasion du FormulairCy avait été tout d'un coup si pénétré de douleur en écoutant proposer la signature avec une restriction, qu'il s'était trouvé mal.

Oui, l'Auvergne peut être fière ; la France, le monde lui envient un pareil enfant. Il me semble que quelque chose d'auguste et de solennel planera désormais sur notre ville, avec cette statue de bronze.

Et maintenant vous tous qui l'avez connu, vous, ses sœurs, vous d'abord qui mourûtes, quelques mois avant lui, de douleur d'avoir signé une transaction que votre exquise délicatesse jugeait équivoque, Jacqueline, et vous, Gilberte, qui nous avez laissé l'histoire de l'incomparable vie de ce frère adoré; et vous, mère Agnès, mère Angélique Arnauld, vous les saintes de Port-Royal, et vous aussi que nous appel-

lerons encore ces messieurs^ Singlin, Amauld, Nicole, de Sacy, Lancelot, vous surtout, son ami, notre Domat, ombres respectées, âmes énergiques, entourez cette image glorieuse I Apprenez-nous le secret de votre idéal! Vous dont on a pu dire que qui ne vous conndt pas ne connaît pas toute la nature humaine, révélez-nous les sources cachées où vous puisiez votre héroïsme I A nous qui sommes impuissants à vous comprendre et à vous imiter^ enseignez comment se forment la dignité du caractère, les convictions désintéressées et la constance inébranlable !

DISCOURS

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