‹ Dix ans au Canada de 1840 à 1850 [microforme]Chapitre 34 sur 95 · La Minerve, 22 mai · texte numérisé non relu

La Minerve, 22 mai

mère. En effet, ses restes furent, quelques jours après sa mort, transportés d’abord à Oswego, puis à New-York, par la voie du canal Erié et de la rivière Hudson, et de là en Angleterre par la frégatte Warspite.

Le correspondant canadien du Currier des Etats-Unis écrivait de Québec en date du 24 mai:

‘ Sir Charles Bagot n’est plus ! C’est un nom à ajouter à la très courte liste des gouverneurs anglais qui ont été sincèrement regrettés dans ce pays. Ce qui a valu à Sir Charles Bagot l’immense popularité dont il a joui parmi nous, ce n’est pas seulement le changement qu’il a fait dans notre système de gouverment ; mais c’est plus encore, la franchise, la cordialité qui ont paru dans toutes ses démarches, depuis son arrivée jusqu’à sa mort ; c’est la vive, la sincère affection qu’il a témoignée pour

une population que ses prédécesseurs ont toujours affecté de

traiter avec le plus de morgue et d’insolence possible. C'était un de ces hommes, malheureusement trop rares, qui, sans > mettre le moindre charlatanisme, dans tout ce qu'ils font savent plaire au peuple. ‘ Notre bon gouverneur ”, tel est le nom, le seul nom peut-être sous lequel il sera connu par la suite dans la chaumière de nos paysans...

‘ Vous avez suivi avec intérêt les péripéties si étranges de la maladie, de la convalescence, et enfin de la rechute de Sir Charles Bagot. Vous avez été frappé de l'effet immense qu’elles ont produit sur nos populations, dont l’existence semblait suspendue à la vie d’un seul homme. Un peuple entier qui prie sérieusement et avec ferveur et de toute son âme pour la santé de ses gouverneurs, c’est là, il faut l’avouer, un spectacle qui n’est pas de notre siècle. Dire qu’on a fait chanter des messes dans toutes les paroisses du Canada pour un gouverneur anglais, cela vaut mieux que des volumes pour peindre les mœurs publiques de ce pays...”

Sir Charles Bagot avait, dès la fin de l’année 1842, envoyé sa démission comme gouverneur-général, parce qu’il prévoyait que l’état de sa santé ne lui permettrait pas de remplir plus longtemps les devoirs de sa charge. Vers la fin de janvier 1843, son successeur, Sir Charles Metculf avait éte nommé.

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