CHAPITRE NEU:IÈME
Arrivée de Sir Charles Metcalfe, — Ses premières impressions. — Portraits de ses conseillers. —— Les partis politiques en Cinada. — Lettres diverses de Sir Charles Metcalfe, au sujet du gouvernement responsable, — Antagonisme secret entre le gouverneur et ses conseillers.
Envoyé dans les Indes en 1801, commè simple commis, Sir
. Charles Metcalfe y: était devenu graduellement gouverneur-
général. Revenu de là en 1838, il avait été l’année suivante gouverneur de la Jamaïque, où son administration, paraît-il, avait été couronnée d’un plein succès. Il avait laissé ce gouvernement en 1842, peu de temps avant sa nomination au poste de gouverneur-général du Canada.
En politique, Sir Charles Metcalfe appartenait au parti whig ; il était connu pour être en faveur de l’abolition des lois sur les céréales, du vote au scrutin,. de l’extension de la franchise élective, de droits égaux pour toutes les sectes de chrétiens, etc. I1 jouissait d’une belle réputation. M. Gladstone en parlait comme ‘‘ d’un des caractères les plus héroïques et les plus désintéressés qui eussent existé.” C’est probablement cet esprit de dévouement et d’abnégation qui lui fit accepter la charge de gouverneur du Canada, car il avait de fâcheux pressentiments:
peu de temps avant de partir d'Angleterre, il écrivait: ‘‘ Il est
probable que le peu de réputation que j'ai acquis va souffrir de mon séjour en Canada...” Avait-il reçu des instructions secrètes? C’est ce que nous ne connaissons pas. Nous ignorons pareillement quelle connaissance Sir Charles Metcalfe avait pu acquérir de nos affaires politiques, antérieurement à son arrivée dans le pays. Ce qui est certain, c’est que les dispositions qu'il apportait n'étaient guère favorables aux hommes qui composaient alors l’administration canadienne. 4
Débarqué à Boston le 20 mars 1843, le nouveau gouverneur arriva à Kingston le 29. Parmi les personnes de son entourage, on remarquait son secrétaire, M. Higginson. Le 31, il annonça ga nomination par une proclamation et prit les rênes du gouvernement. s
Sir Charles Bagot était alors si gravement malade’ qu’on ne put songer à le transporter de la résidence qu’il occupait comme gouverneur, et Sir Charles Metcalfe dut être pourvu de logements temporaires.
Dès le 9 avril, c’est-à-dire onze jours après son arrivée dans le pays, il faisait allusion, dans une lettre familière qu’il écrivait à sa sœur, et dans laquelle il rendait compte de son voyage et de l’état de sa santé, aux difficultés qui l’attendaient.
‘ Ma perspective comme gouverneur, disait-il en terminant cette lettre, n’ess pas meilleure qu’elle n’était lorsque j’ai accepté cette charge. L'esprit de parti ici est excessivement acrimonieux. Mon principal objet va être d'établir la bonne harmonie entre les partis: mais jé n’ai aucun espoir de réussir. Je n’ai pas pour travailler les mêmes matériaux que j'avais dans la Jamaïque. Nous verrons. Plusieurs questions importantes devront être décidées bientôt, et, quel que soit Le résultat, il m’attirera probablement des injures de l’un ou de l’autre des partis, peut-être des deux à la fois. Une démarche imprudente pourrait jeter les affaires dans la confusion, et même les mesures les
plus judicieuses pourraient avoir le même effet. Je me borne à ces généralités, car il me faudrait un volume pour vous dépeindre les embarras dans lesquels je me trouve. Je r’4i nullement l'intention toutefois de m’abandonner au déssspoir ; et je n'éprouve aucune prostration morale. Je crois que sous ce
rapport le climat est favorable ; car, bic que l’aspect des affaires soit tuut à fait décourageant, je suis dans les meilleures dispo-
sitions, tout en ne prenant aucun exercice.”
Sir Charles Metcalfe souffrait depuis longtemps d’une espèce “le cancer au visage qui faisait le désespoir des médecins. ‘t J'avais presque oublié mon visage ”, dit-il gaiement à sa sœur À la fin de cette lettre. ‘‘ Il est à peu près dans le même état “que lorsque je suis parti. Lé docteur l'attaque chaque jour avec -de Pacide nitrique et de l’acide prussique. Le temps dira quel
. sera l'effet de ce traitement. ” 1
Nous pensons qu’on ne lira pas sans intérêt les portraits que ‘trace des hommes qui composaient alors l’administration cana- -dienne, l’auteur de la vie de Sir Charles Metcalfe, probablement #ur des notes fournies par Sir Charles lui-même, ou son secrétaire
Higginson. Nous traduisons en abrégeant.
‘ Le président du Conseil était M. Sullivan, irlandais de nais-
sance et avocat de profession ; si, aux grands talents dont il
“était incontestablement doué, cet homme avait joint l’autorité
que donnent un caractère personnel'irréprochable et une con- ‘duite uniforme en politique, il eût pu jouer, n’importe en quel pays, un rôle important dans les affaires, Lord Sydenham, qui
Tavait rendu libéral en politique, faisait grand cas de sa capa-
cité. On en parla à Sir Charles Metcalfe comme du meilleur écrivain et du meilleur orateur de la colonie, — mais là g’arrétait da recommandation. M. Daly, secrétaire d'Etat, ou secrétaire provincial pour le Bas-Canada, était d’une trempe bien différente. Il était irlandais lui aussi, et catholique romain ; mais quoique, comme catholique, ses sympathies fussent pour les ‘Canadiens français, ou du moins qu’elles l’eussent été tant qu'ils avaient été opprimés par la race dominante, ses sentiments, fruit de son éducation première, étaient plutôt conservateurs et même quelque peu aristocratiques. On le représenta à Sir Charles
1. Ces extraits, comme ceux qui vont suivre, sont tirés de l’intéressant oùvrage de M. Kaye sur la vie de lord Metcalfe. Life and corr of Charles Lord Metcalfe late Governor-Gleneral of India and ot Canada and Governor of Jamaïca, by J. W. Kaye. 2 vols in-8, London, 1854. —— Autre édition, 1858. — Selectiuns from Lord Metcalfe's Papers, par le même. In-8vo, London, 1856,
Metcalfe comme un homme intègre et honorable, ayant des manières polies, en un mot comme le type du gentilhomme irlandais. On ajoutait qu’il était doué de jugement et de prudence, de tact et de discrétion ; et qu’on pouvait sans crainte se reposer sur lui. Mais il n’était pas orateur, et manquait par conséquent de poids dans une assemblée représentative. De cette Assemblée, M. Harrison, avocat anglais (auteur de Harrisson’s Digest), secrétaire provincial pour le Haut-Canada, était nominalementle chef. Il avait émigré dans la Province quelques années auparavant dans le but d'y améliorer son sort en se consacrant à l’agriculture, mais il était devenu secrétaire privé de Sir George Arthur, et subséquemment, sous l'administration de lord Sydenham, avait été nommé à un siège dans le Conseil exécutif. On disait de lui ‘‘ qu'il n’était pas facile à peindre, parce que son caractère manquait de traits saillants ”. Ses qualités étaient en grande partie d’une nature négative. Dénué de prétentions, ne faisant aucunement parade de ses talents, il s’acquittait toutefois de sa besogne de manière à faire croire à l’existence de talents réels. Maïs quoique son caractère ne fût pas clairement défini, ses opinions politiques l’étaient, et personne ne mettait en doute son libéralisme.
: D'un caractère et d’un tempérament tout à fait opposés à ceux du chef de la Chambre d'Assemblée était M. Morin, canadien français, commissaire des Terres de la Couronne. Il avait été jeté dès sa jeunesse, par les troubles de son pays, sur la scène orageuse de la politique, mais il était, je crois, avocat de profession. Son caractère, tel qu’on le représenta à Metcalfe, convenait parfaitement à un héros de roman. À des capacités administratives de premier ordre, à une grande puissance d'application, et à beaucoup d’ordre et de méthode, il joignait un esprit consciencieux et un désintéressement qu’on rencontre rarement de nos jours. Son patriotisme était des plus purs. On ne pouvait trouver chez lui la moindre trace d’égoïsme ou de prétention. Et il était d’une nature si douce, de dispositions si confiantes, qu’on disait de lui qu’il était sensible comme une femme et simple comme un enfant. Sans ces faibles, qui n’appartiennent qu'aux nobles esprits, c’eût été un homme d’Etat éminent. Si
fût
français à une époque où ils en avaient grand besoin, et était
établi en Canada depuis plusieurs années et cultivait la littéra-
son enthousiasme et son esprit ouvert le faisaient eontraster avec le secrétaire Harrison, il était aussi sous ce rapport et sous d’autres, entièrement différent de M. le receveur-général Dunn, : auglais dont l'intelligence et le patriotisme n'avaient rien de ; remarquable, et qui manquait d'ordre et de concision, tandis FT que, dans son dévouement à la science politique, le zélé canadien français faisait honte à un autre de ses collègues, M. Killaly, irlandais, inspecteur des Travaux Publics, qui n’avait rien tant à cœur que d’éviter l’arène politique et de se consacrer exolusiment aux travaux de son département. , ‘M. Small et M. Aylwin, tous deux natifs de la Province, d’origine américaine, étaient les solliciteurs pour le Haut et le Bas-Canada. Le premier était un homme bien intentionné, d’une respectabilité incontestable, tandis que le second passait pour le meilleur orateur de l’Assemblée, avocat d’une sagacité et d’une habileté étonnantes, toujours prêt à combattre ses adversaires, à exposer leurs côtés faibles, et à démontrer leurs torts ! Il avait rendu des services essentiels aux Canadiens
entré dans le Conseil par l'influence de ce parti. Mais il n'avait en réalité presque rien de commun avec eux, et on assurait que cette alliance n’était nullement du goût des clients du sollicitenrgénéral.
‘ L’inspecteur-général des comptes, ou le ministre des Finances, était M. Hincks. C'était, sous plusieurs rapports, un homme remarquable. Fils d’un éminent théologien irlandais, il était
ture politique. Il était devenu éditeur et propriétaire d’un journal libéral important, le Toronto Examiner. L’habileté avec laquelle ce journal était rédigé en faisait un organe politique formidable. De la condition de journaliste provincial, dont l'influence dans des temps orageux ne doit pas être estimée
d’après la position qu’elle confère, il fut élevé par Sir Charles
Lagot au premier rang des fonctionnaires publics. Ses adver- ‘ -saires les plus acharnés confessaient volontiers qu'il était à Ia hauteur de sa charge. C’était un financier de premier ordre, On le représenta à Sir Charles Metcalfe comme le premier
homme d'affaires du Conseil, esprit clair, méthodique, indus-trieux, persévérant. Mais comme homme de parti, il était. violent et sans scrupule ; il avait une langue qui coupait comme un sabre et pas assez de tact pour la tenir en r \spect.
. “I reste à parler des deux hommes les plus importants du Conseil, M. La Fontaine et M. Baldwin, procureurs-généraux pour le Bas et le Haut- Canada. Le premier était canadien: français, et le chef de son parti dans la Législature coloniale, après avoir été, depuis la retraite de M. Papineau, à la tête deses compatriotes, avant qu'il leur eût été permis d'entrer dans les conseils de l'Etat. Toutes ses bonnes qualités lui venaient de la nature ; ses défauts étaient l’œuvre des circonstances. Ayant pendant de longues années lutté contre l’égoïsme oppres-sif de la race dominante, aigri par l'injustice, il était devenu méfiant et soupçonneux ; et les doutes qui flottaient continuellement dans sou esprit avaient naturellement engendré l’indécision et l'irrésolution. Mais c'était un homme juste et honorable. Ses motifs étaient à l'abri de tout soupçon. Rempli d’attachement pour son pays, ne recherchaït en tout que le bonheur de ses compatriotes, il devait sa haute position à ses qualités morales plutôt qu’à ses facultés intellectuelles. TIl était estimé et respecté plutôt qu’admiré. Comme chef d’un parti important. et uni il occupait une large place aux yeux du public ; et sans. ‘être absolument à la hauteur de sa position, il allait jouer un rôle important dans les grands événements qui s’arnonçaient.
‘ M. Robert Baldwin, fils d’un citoyen de Toronto d’origine irlandaise, qui avait été autrefois membre de ce qu’on appelait le Family Compact, M. Baldwin était un homme beaucoup plus capable et plus énergique que M. La Fontaine. Son père s'était querellé avec son parti, et avec cette rancune qui caractérise le renégat, il avait élevé son fils dans la haine de ses anciens amis et lui avait inculqué les idées les plus radicales. Robert Baldwin fut un excellent élëve ; et il trouva dans les circonstances.
‘qui l’entourèrent, dans le malheureux gouvernement de son: pays, dans l’égoïsme oppresseur de la faction dominante et dans
‘les convulsions politiques qui en furent le résultat, mille raisons-
‘de s'attacher aux opinions extrêmes qu’il s'était formées dans sa
us-- jeunesse. En vieillissant, il devint enthousiaste, presque fanaait tique. Il était de la meilleure foi du monde, absolument con-. me sciencieux ; mais il était obstiné et intolérant autant qu’on peut l'être. Il paraissait prendre plaisir aux dissensions politiques. du On disait de lui qu’il n’était pas content d’une victoire si elle ux n'était rer ortée par la violence, que les concessions étaient en gans valeur pour lui si elles n'étaient arrachées de force à ses le, adversaires. Avec de fortes convictions et une grande confiance ï de- en lui-même, il ne concédait rien aux autres ét ne cherchait ns | aucune faveur pour lui-même. Il y avait chez lui une espèce de nt : sublime égoïsme, d’orgueil magnifique, qui faisait qu’il se con- 8. sidérait comme un grand patriote, tandis qu’il travaillait à la 'B-- satisfaction de son ambition, de sa vanité ou de son dépit. Ses au: | fortes passions et son esprit ferme en faisaient un chef de parti l- dangereux et un adversaire redoutable : son influence était très i- grande. Ce n'était pas non plus une âme vulgaire ; il était ee- | au-dessus de la corruption ; et beaucoup de gens partageaient ‘ 8- l'opinion qu’il avait de lui-même et le croyaient le seul grand le patriote dans le pays. Durant la maladie de Sir Charles Bagot ss il avait usurpé le gouvernement. L'activité de Sir Charles Met- 6 . calfe, qui faisait tout par lui-même, et s’efforçait de mettre at. chacun à sa place, n’était nullement de son goût. Il ne compre- 8 nait rien au caractère de l’homme qui avait été envoyé pour les n gouverner ; et c’eût été quelque chose d’étrange si un homme L.. aussi aveuglé par la passion et l’amour-propre, et aussi intoléo rant dans ses idées, ne fût pas devenu l’antagoniste violent du t gouverneur-généra] .”
: Ces portraits pèchent sans doute sous plus d’un rapport; le dernier surtout est d’une sévérité extrême et n'offre presque D. \ aucun trait de ressemblance avec cette figure placide, calme, pleine de bienveillance et de dignité, qui distinguait M. Baldwin; mais ils donnent une idée de la manière dont le nouveau gouverneur jugeait ses conseillers. Du resce, il admettait qu'il n'était guère possible, sous les circonstances, de former une meilleure administration.
‘ Jusqu'à présent ”, écrivait-il le 24 avril, c'est-à-dire moins d’un mois après son arrivée dans la colonie, ‘“ jusqu’à présent
rien de désagréable n’a eu lieu dans mes communications avec le Conseil ni avec aucun des individus qui le composent. Leurs vues et les miennes coïncident sur plusieurs questions. Ce sont, en général, des hommes capables; plusieurs sont influents. Je ne vois pas qu’un changement puisse avoir quelque avantage.” Mais en lisant cette lettre, on y découvre facilement le germe des difficultés qui ont surgi plus tard. Il y a chez Sir Charles Metcalfe une espèce de défiance, d’antagonisme secret, qui 86 : trahit malgré lui. ‘‘ Le point sur lequel je dois m’attendre à différer avec eux, c'est la prétention qu'ils émettent que le gouvernement doit être administré dans l'intérêt de leur parti. Ils s’attendent que le patronage du gouvernement sera exercé exclusivement pour l'avantage de leur parti et pour étend:e leur influence. Je déteste l’idée de gouverner comme partisan. Je voudrais faire du patronage un moyen de concilier tous les partis, en appelant au service public tous les hommes de mérite et de talent, sans distinction de parti...”
‘ La conduite que je me propose d’adopter à l'égard de mes
conseillers, ajoutait-il, c’est de les traiter avec la confiance et la cordialité qu’ils doivent exiger dans la position qu’ils occupent, de les consulter, non seulement lorsque l’exige la loi où l'usage établi, mais aussi chaque fois qu’une circonstance importante se présentera, et chaque fois que je croirai que le service public retirera quelque avantage de leurs conseils. Æn même temps je devrai me mettre en garde contre leurs empiétements.
‘* L’intention de lord Durham semble avoir été que le gouverneur conduisft son administration d’accord avec le sentiment public représenté par la branche populaire de la Législature, et il est évident que sans cet accord le gouvernement ne saurait être administré avec avantage. Il est impossible de savoir comment lord Durham aurait fait fonctionner le système qu’il proposait, puisqu'il n’a pas été mis en pratique durant son administration. Lord Sydenham a été le premier à le mettre en opération. En formant le Conseil exécutif il établit comme règle que les individus qui le composeraient seraient membres de la branche populaire de la Législature, et je crois qu'il n'y a eu qu’une seule exception à cette règle, le président du Conseil
(M. Suilivan) étant membre du Conseil législatif. Il ne paraît pas que lord Sydenham eût aucunement l'intention d’abandonner le gouvernement aux mains du Conseil exécutif, Au contraire, il menait le Conseil, et il exerçait personnellement beaucoup d'influence dans l’élection des membres de l’Assemblée représentative... Je ne sache pas qu'aucun changement important ait eu lieu durant l’époque de l’administration de Sir Charles Bagot qui précéda la réunion de la Législature, — mais c'est À compter de l’ouverture de cette session qu’on a adorté, dans tout son développement, la règle de rendre les officiers du gouvernement complètement dépendants, pour la conservation de leurs places, du bon plaisir des représentants. Les deux partis extrêmes du Haut-Canada, violemment opposés l’un à l’autre, se coalisèrent dans le seul but de renverser ceux qui étaient en possession des places, ou comme on dit maintenant, le ministère dy jour, sans aucun autre lien d’union, et avec l'entente mutuelle qu'après avoir atteint ce but, ils subiraient les conséquences de leur acte et seraient libres de suivre la conduite qu'ils jugeraient à propos. Le parti français prit aussi part à cette coalition et en fit la principale force. Ces partis en se coalisant obtinrent l’objet qu’ils avaient en vue. Ils avaient espéré réussir au moyen d’un vote de l’Assemblée, mais ils furent devancés en cela par le gouverneur-général qui, redoutant un vote de non-confiance dans les membres de son Conseil, entama des négociations avec les chefs du parti français, et cette négociation se termina par la résignation ou la démission de ceux des membres du Conseil qui appartenaient au parti appelé conservateur, et par l'introduction de cinq membres des partis français et réformiste. Les autres membres du Conseil étaient eux-mêmes réformistes, ou n’avaient aucune répugnance à combattre sous ce drapeau... Ces événements furent regardés par tous les partis comme établissant en pleine force le système du gouvernement responsable, qui n’avait pas encore été mis en opération d’une manière complète... A compter de cette époque les membres du Conseil et le public en général n’ont plus parlé du gouvernement responsable que sur le ton de la plus grande exaltation. Les membres du Conseil ne s'appellent
MCE