‹ Dix ans au Canada de 1840 à 1850 [microforme]Chapitre 69 sur 95 · ME AT · texte numérisé non relu

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la Grande-Bretagne elle-même, et par le grand exem,le qu'elle

donne au monde entier,

“2, L'amortissement progressif de la dette publique, qui, eontrairement aux dispositions législatives, et aux engagements pris dès le principe, va s'augmentant chaque année, Il devrait être en outre représenté au gouvernement impérial que l'abandon du tout ou d’une partie de ses réclamations antérieures à l'Union ne serait qu’un acte de justice ; justice d'abord pour toute la colonie, dont le commerce ne trouve plus sur les marchés de la Grande- Bretagne la protection qui l'avait engagée à entreprendre et à continuer de gigantesques travaux publics; justice surtout pour les habitants du Bas-Canada, qui ont été rendus solidaires de cette dette par le fait seul du parlement impérial et sans une ombre de droit ou d'équité,

“3, La concession des terres de la Couronne à des taux moins élevés et à des conditions de paiement plus faci!es : en petits lots, et directement aux colons qui devront s'y étublir,

“4, La réforme du département des postes, réforme qui a été si heureuse en Angleterre, et dont le besoin se fait si vivement sentir dans ce pays, où des taux de poste exhorbitants, surtout sur les journaux et les publications venant de l’étranger, imposent une taxe odieuse sur l'intelligence, taxe qu’une mauvaise administration de ce département, sur lequel il n'existe point de contrôle effectif, rend infructueuse pour le Trésor.

“ Pour attirer l'attention publique sur ces mesures, pour s’entendre et se concerter sur leurs détails, pour les discuter et le expliquer au peuple dans des assemblées publiques; pour en presser l'adoption au moyen de pétitions; une organisation du parti libéral dans toute la province est devenue indispensable, D'ailleurs, au moyen de cette organisation, ce parti devra triompher aux prochaines élections, et le choix d'hommes entièrement di suésau programme que nous venons de tracer est la meilleure man.festation qui puisse se faire en faveur de ce programme et le

gage le plus certain de son accomplissement. Malgré l'injustice

pe”,

des divisions électorales actuelles, la dernière élection et tout ce qui s’est passé depuis nous engagent à croire que tel sera en effet le résultat d'une élection libre et paisible,

“ Nous ne saurions trop le répéter, le succès ne peut s’obtenir que par lunité d'action, par une organisation forte, constante, éclairée, C’est dans ce but que le Comité constitutionnel de la réforme et du progrès, institué par la voix publique de l’ar.cienne capitale du Bas-Canada, non pour dominer, mais pour ouvrir lu marche, a résolu d'exposer ouvertement son opinion sur le passé et ses vues pour l'avenir, d'attirer fortement l'attention de tous ceux qui veulent le bien de leur pays, sur une ligne de conduite qui lui semble dicite par la justice, par la prudence et la légalité, et pour l'adoption de laquelle il appelle avec instance leur concours sincère, leur zèle incessant, leur vigilance la plus constante.

“ Pourarriver à la prompte et complète organisation du pays en une vaste association constitutionnelle de la réforme et du progrès, voici la marche que la branche centrale et primitive de Québec croit devoir sugyérer, et dont les détails sont contenus dans les instructions qu’elle adressera prochainement à toutes les personnes influentes des diverses localités,

“ A la réception de ces documents, les personnes marquantes ou zélées de chaque paroisse devront réunir les électeurs de leur localité, se constituer immédiatement en une assemblée préparatoire, afin de prendre en considération l’objet important de l'organisation demandée, puis nommer un président, un viceprésident, un secrétaire, un trésorier et un comité de paroisse, ete. Ces officiers et ces comités de paroisse formeront un conseil de comté qui, à sa première réunion, élira un président, deux vice-présidents, un secrétaire archiviste, un secrétaire correspondant, et un trésorier général, Ces conseils de comté, dont les assemblées devront se tenir autant que possible dans un lieu central, prendront en considération les projets de règlements qui leur seront fournis par l'association centrale de

Québec, et les transmettront ensuite à toutes les associations de

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paroisse qui les adopteront avec ou sans changement, Dès que cette organisation d’un comté aura été complétée, il sera nécessaire d’en fournir tous les détails à l’association de Québec, qui s’appliquera toujours à tenir les comités au courant de ce qu’elle jugera propre à les intéresser, et qui en attendra de même tous les renseignements utiles à la cause générale,

“ Ces relations entre l'association mère et les branches des campagnes devront être aussi fréquentes que possible afin d’entretenir la bonne harmonie entre les libéraux du pays, en leur permettant de se consulter dans toutes les circonstances difliciles. Il est facile de concevoir que chaque district, étroitement uni de cette manière par une organisation toujours prête, aura sans cesse à sa disposition les moyens de combattre efficacement la corruption, d'éviter les divisions, les défiances réciproques, résultat funeste et inévitable de l’isolement, Outre les avantages qu’elle offrira dans les luttes électorales, cette organisation présentera dans les temps ordinaires, et même après la victoire, des avantages inappréciables en donnant aux électeurs les moyens de se consulter entr'eux sur les besoins de leurs localités, et en leur fournissant un intermédiaire naturel auprès de leurs représentants, qui souvent n’ont aucun moyen de connaître l’opinion de leurs constituants ni de leur fournir les renseignements dont ils peuvent avoir besoin.

“ Les comités ainsi établis seront en outre un excellent moyen de travailler au progrès moral et matériel dans toute l'étendue de la province. Depuis quelques années, des citoyens respectables, en tête desquels se distingue le digne clergé dn pays, ont fait d'immenses efforts pour opérer une régénération sociale, qui aura pour elle tous les vœux et, dans les objets qui seront plus particulièrement de son ressort, tout l'appui de l'association. Déjà nous devons à cet esprit d'amélioration les progrès de l'instruction primaire, la diminution sensible des ravages causés par le vice kideux de l’intempérance, le perfectionnement de l’agriculture. l'établissement de caisses d’épargnes dans les villes; et, s’il reste beaucoup à faire malheureusement sous tous ces rapports, il n’en.

est pas moins consolant de songer que, dans un très court espace de temps, l'attention publique a été attirée avec quelque succès vers de si nombreux et de si importants objets. Plus que tout autre moyen, l'établissement rapide des terres publiques nous semble propre à améliorer la condition du Bas-Canada. Nous avons déjà parlé de la concession de ces terres; mais il nous paratt aussi important d’engager la population surabondante des deux rives du Saint-Laurent à tourner elle-même ses regards vers les localités où se trouve son avenir, En recommandant ce point à la considération la plus sérieuse et la plus immédiate des comités qui devront s'organiser dans chaque comté, nous croirons avoir rempli une partie importante de notre mission. Ce grand objet ainsi que toutes les améliorations locales d’une utilité publique qui seront projetées dans chaque comté, devront former une partie essentielle de la correspondance entre le comité central et ses différentes branches.

“ Dans l’accomplissement des devoirs que cette association s'impose dans les efforts qu’elle devra faire pour réaliser ses projets, aucune considération ne devra intimider les citoyens qui la composeront : ni les difficultés de l’organisation, ni les entraves qu'on pourra mettre à ses progrès, ni la grandeur même de l'entreprise, ni les considérations d'intérêt personnel ou d'amitié, ni enfin cette mauvaise honte, cette mauvaise opinion d’euxmêmes, qui empêche un grand nombre d'hommes de joindre leurs travaux à ceux des autres, comptant leur propre adhésion pour chose inutile et indifférente, Le jour est venu où chaque homme se doit tout entier à son pays: les destinées de plus en plus brillantes de ce continent, appellent à elles tous les talents, toutes les volontés, tous les courages, et nul ne saurait refuser sa part d'efforts et de sacrifices, sans se rendre grandement coupable.

“ L'histoire, et l’histoire contemporaine surtout, nous apprend que, quelque longue et difficile que soit la lutte des peuples contre les obstacles qui s'opposent à leur développement, une sage et persévérante énergie leur assure à la fin le succès. La prospérité

croissante de la vaste république qui nous, avoisine, et qui étend déjà la civilisation et la liberté d’un océan à l’autre, nous montre cc que peuvent le patriotisme et l'esprit d'association. Les luttes politiques, dont la Grande-Bretagne a été le théâtre, ne sont point d’un enseignement moins utile, L'émancipation des catholiques, la réforme électorale, le rappel des lois des céréales, toutes ces mesures, qui, dans le cours de ce siècle, ont marqué les progrès intellectuels de cette grande nation, ont été le fruit des efforts persévérants et combinés des citoyens unis entre eux par le dévouement aux mêmes principes, Moins heureuse, la France a payé plus cher et de son plus beau sang les libertés dont elle jouit, et dont, elle aussi, elle veut étendre la base par une réforme électorale. Enfin, plus près de nous, les libéraux de la Nouvelle- Ecosse viennent de nous donner un exemple qui s'applique d'autant mieux à notre condition que, là-bas comme ici, on a voulu étouffer dans leur berceau des libertés naissantes auxquelles on semblerait n'avoir : unné le jour qu’à regret.

“ Pour nous, pour 1es libéraux des deux sections de la province, un effort commun et énergique devra nous assurer à jamais les droits que nous réclamons tous ensemble comme sujets britanniques. Les talents déployés dans cette noble lutte par les chefs du parti libéral dans le Haut-Canada et les nombreuses manifestations publiques qui ont eu lieu dans cette partie de la province, sont un indice assuré du succès qui nous attend,

« La liberté civile et religieuse dans toute son étendue, comportant avec elle l’ordre, la moralité, la culture de l'intelligence, la prospérité matérielle, forment le plus haut degré de félicité dont une société puisse jouir ; mais elle n’est le prix que de l'énergie concentrée et persévérante de toute une nation, et des plus généreux et des plus rudes sacrifices de la part de chacun des individus qui la composent,

“ Notre sort, l'avenir de notre patrie, est donc entre nos mains, et notre mémoire sera responsable envers notre postérité de la

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tend somme de bonheur plus ou moins grande que nous lui aurons ntre lévuée, # û { ittes + Québec, 8 novembre 1847. ” eu Pendant les quatre mois qui suivirent la session, les journaux qu s’occupèrent de la probabilité d’une dissolution du parlement. | ces D'un jour à l’autre on s'attendait à voir sortir une proclamation à grès cet effet, Quand aurons-nous une dissolution ? telle était le titre Li qu'on trouvait en tête des colonnes éditoriales de la plupart des Ée gazettes politiques. Lord Elgin profita de cette vacance pour “ visiter Québec et le Haut-Canada. Presque en même temps, vis M. Baldwin, le chef des réformistes de cette partie de la province, dé fut invité à divers banquets donnés en son honneur, et ses dislle- cours n’exercèrent pas une médiocre influence sur l'opinion publique que, Dans le Bas-Canada, la nomination de M. Turcotte comme - solliciteur général devint à peu près certaine, quoiqu’elle ne fût Iles pas encore avouée ; elle déplut autant à la population anglaise amie du ministère qu'aux libéraux Canadiens français. Pour we comble de maladresse, le ministère voulut, pour faire place à pe M. Turcotte, forcer M. Guillet, député de Champlain et en même ch temps agent des seigneuries des jésuites, à lui céder sa place de ne député, Sur son refus on le destitua, ce qui indigna les électeurs ta-

et ferma la porte de ce comté au nouveau solliciteur général. ce .

; | Enfin, la Gazette officielle de décembre annonca, par proclama-

tion, la dissolution du parlement. Les writs étaient rapportables

7 le 24 janvier 1848, Il y eut tout de suite une grande agitation la : : 5 L À a dans les deux sections de la province, où les deux partis politiques e se préparèrent activement à la lutte.

k Le jour qui suivit la dissolution, l'honorable D.-B. Papineau # résigna sa charge de commissaire des terres et fut remplacé le k lendemain par l'honorable J.-A. Macdonald, receveur général, lequel eut pour successeur l’honorable F.-P, Bruneau, membre du $ Conseil législatif, Le même numéro de la Gazette contenait aussi a

la nomination de M. Turcotte comme solliciteur général. M. Tur-

cotte n'avait pas de siège dans le cabinet,

Lord Elgin se garda bien d'intervenir dans les élections : aussi se firent-elles paisiblement, Il n’y eut guère qu’à Montréal, où les sociétés secrètes cherchèrent encore, par des actes de violence, à intimider les électeurs. Elles ne réussirent point cette fois : MM. La Fontaine et Holmes furent élus à une grande majorité. M. La Fontaine fut aussi élu en même temps pour le comté de Terrebonne. Les autres principaux membres du parlement précédent furent pareillement réélus. Parmi les nouveaux membres se trouvait l'honorable Louis-Joseph Papineau, l’ancien Orateur de la Chambre d’assemblée du Bas-Canada, l’ancien chef des Canadiens français, revenu de l'exil deux ans auparavant. Invité à se présenter par deux comtés à la fois, celui de Huntirgdon et celui de Saint-Maurice, il avait opté pour ce dernier, après avoir publié une longue adresse dans laquelle il exposait ses opinions sur les questions politiques à l’ordre du jour et en particulier sur le gouvernement responsable. M. Papineau n'avait aucune confiance dans la libéralité du gouvernement anglais à notre égard, il ne croyait pas que le gouvernement respousable nous eût été concédé de bonne foi; il le regardait comme ‘“ un leurre, une déception ” ; mais il avait foi dans le patriotisme des ci-devant ministres et promettait de les appuyer. ‘Il faut donc, disait-il aux électeurs, soutenir dans votre comté comme dans tous les autres des candidats qui vous seront connus pour vouloir se rallier à un ministère qui a lutté avec énergie contre le gouverneur Metcalfe et contre sa pratique inconstitutionnelle d'essayer à gouverner par d’autres aviseurs que ceux que lui avait donnés le pays. Il faut que vous vous efforciez de reporter les mêmes hommes au pouvoir.” Il approuvait ces hommes dans tout ce qu’ils avaient fait en Chambre, dans les conditions qu’ils avaient mises à leur rentrée au ministère, dans le noble désintéressement avec lequel ils avaient remis leurs charges. Mais il était “ surpris et affligé de leur modérantisme”. Il aurait voulu leur voir agiter le rappel de l’Union. Il se déclarait d’ailleurs pour la liberté de commerce, la libre navigation du Saint-Laurent et pour toutes les

améliorations matérielles du pays, la multiplication des canaux, des ponts, des routes, des chemins de fer, des phares, des quais, etc, — en même temps que “ pour l'éducation populaire la plus générale possible ”. “ Dans l’état actuel de la civilisation moderne, disait-il, le prêtre, le juge et le maître d'école sont les fonctionnaires qui contribuent le mieux, le plus et à moins de frais, au maintien de l’ordre dans la société.”

Il n’est pas besoin de dire que cette adresse à laquelle on donna tout de suite le nom de Manifeste fut lue avec avidité et fit une grande sensation dans le pays. On ne peut pas dire pourtant qu’elle plût également à tout le monde. Le Journal de Québec la commenta avec beaucoup de talent, et sa réponse au Manifeste fut considérée alors comme l'expression la plus juste et en même temps la plus modérée des sentiments du parti dont MM. La Fontaine et Morin avaient été les chefs depuis le départ de M. Papineau. Après avoir parlé en termes de respect et même d’admiration de cet homme qui avait été pendant trente ans “ la personnification incarnée de la nationalité canadienne francaise, du formidable tribun qui pendant plus d’un quart de siècle a flétri

de sa brûlante parole les oppresseurs de son pays ” ; après l'avoir

ax félicité même d’avoir enfin manifesté sa pensée sur les hommes " qui depuis trois ans se servaient du prestiwe de son nom pour in aider à gouverner le pays contre le vœu et les intérêts du peuple

fe il désapprouvait, en termes respectueux mais fermes, l'expression ES de ses sentiments de méfiance si longuement développés dans I l'adresse de M. Papineau, sentiments qu’il eût été plus politique A et plus juste de taire au moins quelque temps ; il le désappronx vait surtout de conseiller l’agitation immédiate du rappel de l'Union.

el “ La majorité des représentants du Bas-Canada, dit-il, protesta é contre l’Union en 1841; c'était bien, c'était son devnir et dans e son droit ; mais protester toujours eût été une absurdité, un suie cide. Car pour faire ce protêt éternel dans la Chambre, elle

ï n'avait que les éléments que lui avait faits l’Union, de sorte que

sur 84 membres, on n’en devait trouver jamais que 25 ou 26 pour signer ce protêt, C'était placer une population respectable par son nombre sur un théâtre qui la rapetissait aux yeux du monde et à ses propres yeux; cétait montrer sans cesse comme signe de sa force et de sa volonté nationales, une minorité, désespérante pour elle et rassurante pour ses oppresseurs, encourageante pour ceux qui avaient suggéré ou fait l'Union dans un but d'oppression et d'anéantissement. Se placer toujours dans un pareil isolement et s’obstiner à le constater, c'était vouloir obstinément rappeler à ses adversaires l’exiguité de son nombre et de sa force, c'était produire un effet moral funeste à ceux dont elle avait pris en main les destinées politiques. On ne doit pas amener de pareils résultats uniquement pour la satisfaction personnelle de faire une chose agréable et populaire même. L'acte d'Union avait évidemment été créé pour écraser la population canadienne française, personne n’en doute, puisque l’on fit semblant de ne pas entendre le cri des centaines de milliers qui protestaient énergiquement contre ce meurtre social, Si done nous avions protesté à chaque session, depuis sept ans, contre l'acte d'Union, c’eût été faire comprendre que nons en trouvions le fardeau accablant: tant mieux donc pour eux, tant mieux pour le succès ardemment souhaité de leur mesure diniquité. Ce n’était pas, il faut se le bien persuader, le succès qui devait les engager à renoncer à une idée

dans laquelle ils mettaient toutes leurs complaisances séides.

Mais si jamais le parti pour lequel on a fait l'Union en sentait

lui-même lourdement le fardeau (et il le sent déjà), alors l’action sera plus possible et plus utile aux opprimés. Mais en attendant il faudra donc renoncer à toute participation aux affaires, comme on-ne l’a déjà que trop fait, pour prêcher des théories impraticables ; s’isoler complètement, ne pas protéger cette population que l’on veut faire disparaître dé ce sol, ne pas la protéger parce que l'acte d'Union qu'on ne saurait tuer, lui, quoiqu’on fasse, existe ? Fallait-

il done, encore une fois, pour le seul plaisir de protester, aban-

ou 26 :ctable ux du omme déses- Lcouraun but t pareil 1ément h force, Lit pris pareils re une ridemnçaise, tendre 1iement chaque é faire tant nt soule bien 1e idée séides, sentait ‘action endant omme ables ;

le l’on

l'acte allait-

aban-

donner ceux qui pouvaient nous donner de la force, renoncer À accepter des situations et à commander de l'influence dans les conseils du gouvernement, situations et influence qui pouvaient être d’une immense utilité au Bas-Canada, et lui redonner, en partie du moins, précisément ce qu'on avait voulu lui ravir, ses droits politiques ? ”

Un ancien antagoniste de M. Papineau, dans la Chambre d’assemblée du Bas-Canada, le colonel B.-C.-A. Gugy, fut aussi élu pour la ville de Sherbrooke, Une des sommités du barreau hautcanadien, M. Blake, avait été élu pour le troisième District (Riding) d’York.

Le parti libéral obtint une grande majorité dans chacune des deux sections de la province. Le bruit courut bientôt que le ministère allait résigner, sans même attendre la convocation du parlement, Il n’en fut rien; mais le parlement fut convoqué pour le 25 février, Il n’y avait cette fois que vingt-cinq jours d'avis.

Le 31 janvier, les journaux annoncèrent la mort de l'honorable John Neiïlson, membre du Conseil législatif, ancien représentant du peuple et rédacteur de la Gazette de Québer, M. Neilson avait joué un rôle important dans nos luttes politiques ; les Canadiens francais, qu’il défendit énergiquement dans plus d’une occasion, garderont pieusement son souvenir.

“M. Neilson, dit le Journal de Québec, était une de ces têtes fortement constituées, parfaitement saines, un de ces esprits ana-

lytiques et clairvoyants.…. À quelque exception près, son jugement domina toujours sa nature naturellement irritable, et il se montra froid, lorsque tout grondait autour de lui... [1 était sans contredit un habile écrivain et l’un des hommes les plus distingués parmi les nombreux hommes marquants qui ont illustré l’ancienne Chambre d’assemblée du Bas-Canada. Il brilla parmi les Payineau, les Vallières, les Stuart, les Bédard, et, sans posséder comme

eux le don de la parole, il se faisait toujours écouter, parce qu’il

parlait bon sens et qu'il l’emportait sur plusieurs d’entre eux comme écrivain.” |

La session s'ouvrit le 25 février, Sir Allan N. MacNab qui dans le dernier parlement, avait rempli ses devoirs à la satisfaction géntrale, fut de nouveau proposé comme Orateur, Ilest d'usage en Angleterre de réélire le même Orateur, puisqu'il est censé posséder les avantages de lexpérience et la connaissance de sa charge. L'opposition proposa l'honorable A.-N, Morin qui, outre l'expérience qu'il avait déja acquise, possédait une parfaite connaissance des langues anglaise et francaise, M. Baldwin fit surtout valoir cette dernière considération, Sur 73 voix, il y en eut cinquante-quatre contre sir Allan MacNab, M. Morin fut ensuite accepté par la Chambre à lunanimité, et sir Allan MacNab lui-même se leva pour le féliciter sur sa nomination et le remercier des services qu'il lui avait rendus dans le dernier parlement en le remplacant au fanteuil durant une absence de quelques semaines,

Dans le discours d'ouverture, lord Elgin tit allusion à la visite qu'il avait faite dans diverses parties de la province et aux signes de prospérité qu’il avait rencontrés partout. I] annonça que des commissaires des diverses provinces s'étaient, à sa recommandation, réunies à Montréal dans le but d'adopter un plan pour mettre sur un meilleur pied le département de la poste de l'Amérique Britannique du Nord, et qu'il espérait pouvoir soumettre leur rapport avant la fin de la session, Il fit aussi allusion à l'exploration, faite par le major Robinson, d’une ligne de chemin de fer entre Québec et Halifax, aux misères qui avaient aceompagné l'immigration de l’année précédente et aux mesures à prendre pour prévenir le retour de semblables calamités. Plusieurs autres mesures importantes étaient aussi recommandées, puis le souverneur terminait ainsi son discours :

“ Le Canada se trouve singulièrement favorisé sous le rapport

1— Journal de Quebec, 3 février 1848.

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des éléments de prospérité et de bonheur social, Il a de grandes ressources naturelles, une population entreprenante, intelligente et qui croit rapidement, des institutions de nature à concilier l'ordre et la liberté, et les avantages de la paix qui lui sont assurés, grâce à une providence bienveillante, par le patriotisme de ses enfants et leur liaison avec un Empire juste et puissant à la fois. C’est au parlement à faire valoir ces avantages, en autant que la législation peut effectuer cet objet... ?

Mais avant de prendre l'adresse en considération, plusieurs questions électorales devaient être décidées. L'oflicier rapporteur du comté de Beauharnois avait jugé à propos de ne pas faire de rapport ou plutôt de faire un rapport spécial déclarant que, quoique M. De Witt eût une majorité considérable, certains livres ayant été, après l'élection, enlevés et déchirés par des personnes inconnues, il m'avait pas cru devoir le proclamer régulièrement élu, I] affirmait avoir agi avec impartialité et bonne foi. La

Chambre, après avoir interrogé l'officier rapporteur, déclara M. De Witt légalement élu et lui permit de prendre son siège. Une autre affaire plus sérieuse était celle de l'élection pour le comté d'Oxford. M. Hincks, qui s’y était présenté, avait en son absence fait remettre sa qualification à l'oflicier rapporteur, Ce dernier (M. Vansittart) avait laissé se faire l'élection, puis et quoique la majorité de M. Hincks fût de 335 votes, il avait proclamé son adversaire, M. Carroll, légalement élu, sous prétexte que M. Hincks n’était pas qualifié. Après une enquête minutieuse et des débats très animés auxquels deux anciens Orateurs, sir Allan MacNabet l'honorable L.-J, Papineau, prirent une part très active, M. Hincks fut déclaré élu par 40 voix contre 12 et appelé à prendre son siège,

L'officier rapporteur du comté où s'étaient présentés les honcrables MM. Malcolm Cameron et John-H, Cameron, avait jugé à propos de faire, comme celui de Beauharnois, un rapport spécial, sous prétexte que la qualification de M, Malcolm Cameron n’était

pas suflisante, quoiqu'il eût une majorité de plus de cinquante

voix, Après enquête, M. Malcolm Cameron fut appelé à prendre son siège.

L'élection des Trois-Rivières, où l'officier rapporteur avait discontinué de prendre les votes, parce qu’il redoutait des actes de violence de la part des électeurs, fut déclarée nulle !, ( La discussion sur l'adresse ne fut pas longue cette fois. Le combat qui s'engage ordinairement à cette occasion entre les partis e dont se compose la Chambre n’offrait plus d'intérêt: on savait par avance de quel côté serait la victoire, L'opposition se montra uénéreuse ; ses amendements à l'adresse comprenaient un vote de non-confiance, Quelques membres parlèrent sans qu'aucun prit la peine de faire un discours tant soit peu remarquable ; pas un | ne parla en français. MM. Prince et Christie défendirent le ministère, mais sans espoir de succès ; et les amendements de l’opposi- à tion furent adoptés par une majorité de cinquante-quatre voix

contre vingt.

Le lendemain de cette défaite, les ministres offrirent leur rési- , gnation à Son Excellence, qui jugea à propos de l’accepter. ‘“ Le | ministère n’est pas tombé de bien haut, disait la Minerve ; sa chute ne pouvait faire beaucoup de bruit.” Dans le Conseil législatif, où l'honorable D.-B. Viger avait été appelé peu de jours avant l’ouverture de la session, l'adresse fut votée, nemine contradicente,

Deux jours après la résignation du ministère, M. Aylwin informa la chambre que Son Excellence avait fait mander MM. La Fontaine et Baldwin pour s’aider de leurs conseils dans les circonstances où se trouvait le pays. Le samedi suivant, 11 mars, la Guzette Officielle, contenait les nominations suivantes (M. La Fontaine seul avait été assermenté la veille) :

L’honorable L.-H, La Fontaine, procureur général pour le Bas-

Canada.

1 — Pour les résolutions passées par la Chambre relativement à ces élections, voir le Journal de l’Assemblée législative pour 1848.

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L'honorable R, Baldwin, procureur général pour le Haut-Canada,

L'honorable R.-B. Sullivan, secrétaire provincial,

L'honorable Francis Hincks, inspecteur général des comptes.

L'honorable T.-C, Aylwin, solliciteur général pour le Bas- Canada.

L'honorable James Leslie, président du comité du Conseil exécutif,

L'honorable RE, Caron, Orateur du Conseil législatif,

L'honorable J.-H. Price, commissaire des terres de la Couronne.

L'honorable L.-M, Viger, receveur général,

L'honorable E,-P. Taché, commissaire principal des travaux publics.

L'honorable Malcolm Cameron, assistant commissaire des travaux publics,

Tous étaient en même temps membres du Conseil exéeutif,

Les nouveaux ministres se préparèrent à leur réélection et, en attendant, il fut r'soln qu'après avoir voté les subsides et passé les mesures les plus urgentes, les Chambres seraient prorogtes,

M. Drummond représenta les ministres absents dans l'Assemblée législative, Sur la recommandation du gouverneur, la Chambre vota £140,000 pour faire face aux dépenses du gouvernement civil durant l’année 1848, et £125,000 pour faire face aux dépenses nécessitées par les travaux publies : cette dernière somme devant être prélevée au moyen de débentures portant six par cent d'intérêt ; — le gouvernement s’engageait à rendre un compte détaillé à l'ouverture de la session suivante.

A l’occasion de cette demande de subsides, il y eut entre deux anciens jouteurs, MM. Papineau et Gugy, une passe d'armes qui eut l'effet de réveiller pour un instant des sentiments assoupis depuis longtemps.

Parmi les nouveaux membres élus par le Haut-Canada, se trouvait l'honorable H.-J. Boulton, qui, après avoir joué un certain rôle dans la politique du Haut-Canada, antérieurement à l’Union,

et après avoir été pendant quatre où cinq ans juge à Terreneuve, avait été destitué par le gouvernement impérial, et s'était fait élire comme représentant du comté de Norfolk dans l'Assemblée législative, Ce monsieur profita de la même occasion pour exprimer son opinion sur Curtaines questions dépendantes de la nouvelle organisation politique. Il y avait, suivant lui, un trop erand nombre de conseillers exécutifs; sept ou huit ministres responsables, même cinq, devaient suflire pour une province comme le Canada. Combien l'Angleterre en avait-elle pour conduire les affaires de ses immenses possessions ? treize ; et ici, l’on en comptait déjà onze. Il trouvait cela parfaitement inutile, Suivant lui, la charge de commissaire des travaux publics était incompatible avec celle de ministre de la Couronne, I] n'aimait pas non plus la nominaïion de M, L.-M. Viger au poste de receveur général, parce qu'il était un des principaux directeurs de la Banque du Peuple.

MM. Christie et Merritt proposèrent de résoudre que les charges de solliciteur général et de commissaire des travaux publies ne devraient pas être politiques ; ils furent appuyés par l’honorable M. Sherwood, qui dit avoir toujours été d'avis que les aviseurs légaux de la Couronne devaient être exelus du cabinet, et qu’il pensait la même chose à l'égard des commissaires des travaux publics. M. Papineau dit qu'il partageait aussi cette opinion, et, tout en protestant de sa confiance dans le nouveau ministère, il lui reprocha de vouloir proroger la Chambre trop tôt, et de ne pas procéder immédiatement aux affaires. A cette occasion il revint sur les injustices de l’Acte d'Union et sur les mesures politiques qui l’avaient suivi. Il croyait que la demande de subsides que faisait le nouveau gouvernement était sans exemple dans Îles annales parlementaires,

Cette position de quasi-hostilité prise par M. Papineau contre le ministère provoqua de la part de quelques membres canadiens francais des observations sévères contre l’ancien chef des patriotes,

“Je regrette, dit M. Chauveau, je regrette vivement, avec

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plusieurs des préopinants que nous soyons forcés de voter les

subsides sans avoir des ministres responsables au milieu de nous;

je regrette qu’il n’y ait pas de session à proprement parler, et que

uous nous soyons réunis ici à grands frais pour faire très peu de chose en vérité ; mais je ne crois pas que, pour cela, on puisse raisonnablement blâmer les ministres actuels. La position qu'ils occupent, ils ne l’ont pas faite eux-mêmes, Ils viennent à la suite d’un pouvoir corrompu et corrupteur, d’un pouvoir qui n'a gouverné qu'en vue du pouvoir, et qui pour s’y maintenir plus longtemps, a mis le désordre partout, Notre pays est d’ailleurs un pays exceptionnel sous bien des rapports, et placé dans des conditions d'existence sociales et politiques encore plus exceptionnelles.

“ Dans un pays où lFopinion publique est sans cesse en émoi, et pour bien dire toujours sous les armes, les hommes qui veulent du pouvoir, doivent être prêts à s’en servir au moment même où ils s’en saisissent., En est-il de même ici? Avons-nous une population homogène ? Un ministère nouveau ne contient-il pas des éléments divers, des hommes qui ont besoin de rester quelque temps ensemble pour s'entendre ? N’avons-nous point une contrée singulière, immense en longueur, assez longue pour border huit des états de la confédération américaine, s'étendant même dans des elimats différents ; contenant diverses races, des populations diverses d'origine, de langue, de religion, de mœurs, de civilisation, d'antécédents politiques ; et ne faut-il pas un peu de temps pour trouver ce qui convient à tous les habitants de cet étrange pays, où vous trouvez juxtaposés tous les degrés de la civilisation depuis le pionnier isolé dans la forêt, jusqu’à l’homme de la civilisation européenne la plus raflinée ? D'ailleurs les chefs de la nouvelle administration auraient-ils ici, comme lord Jolin Russell ou sir Robert l’eel, leurs mesures toutes prêtes dans leurs portefeuilles ? n’y a-t-il pas dans ce ministère des hommes qui ne devaient point s'attendre à s’y trouver ? Ces hommes ne doivent-ils

pas avoir le temps de considérer et d'étudier les mesures que leurs

collègues ont préparées ? 11 me paraît juste en thèse générale que cette Chambre ait suspendu ses travaux dans l’absence des ministres, et qu’elle ne les blâme point pour une prorogation que je crois inévitable,

“ Passons à des raisons plus graves. L’honorable membre pour Je comté de Saint-Maurice blâme la politique suivie dans ce pays depuis l’Union. Il admet cependant que le pays a protesté contre cet acte arbitraire, I1 admet surtout que les districts de Québec et des Trois-Rivières ont fait noblement leur devoir dans cette circonstance. Il n’ignore pas non plus que les mandataires du peuple ont protesté en Chambre ; qu'ils ont enregistré leur protêt eur les registres de cette Chambre. Cela fait, que veut-il ? Que pouvait-on, que devait-on faire de plus ? Fallait-il toujours protester et ne jamais agir ? Fallait-il se croiser les bras, se laisser lier les mains, et laisser pousser jusqu’à leurs dernières conséquences les mauvais résultats d’un mauvais système ? Ne fallait-il point aussi songer à la légis: ‘mn, songer aux choses pratiques ? Ne fallait-il pas essayer de reprendre ce qui nous appartenait au moyen de ce qu’on nous avait laissé ? ”

M. Cauchon, revenant plus tard sur le discours de M. Papineau, après avoir fait remarquer que, s’il n’y avait pas d'exemple en Angleterre qu’on eût demandé des subsides lorsque l'Exécutif était absent de la Chambre, c’était dû à ce que l’histoire d’Angleterre ne fournissait aucun fait comparable à notre situation, ajouta :

“ Mais il y a quelque chose de plus pour nous que les antécédents du parlement impérial : il y a nos propres précédents, il y a notre histoire parlementaire. En 1843, après la résignation du ministère La Fontaine-Baldwin, il ’v avait plus qu’un seul ministre dans la Chambre, M. Daly, et M. Dai; était malade ; de sorte que ce fut M. John Neilson, qui maintenant n'es jlue, qui proposa le vote des subsides. Personne alors de ceux qui siègent à gauche n’osa affirmer qu’il était inconstitutionnel de voter des subsides quand il n’y avait pas de ministres dans la Chambre.

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D'ailleurs, est-ce que la responsabilité n’est pas la même, est-ce qu’à une prochaine session nous u’aurons pas moyen d'atteindre ceux que nous venons de placer dans les conseils du souverain ?

“ Maintenant, je dois dire sans hésitation ce que je pense de la conduite de l'honorable membre pour le comté de Saint-Maurice, Je dis que son opposition systématique au ministère qu'il nous a aidé à créer, — lorsqu'il affirme qu’il a confiance dans les hommes qui le composent, et qu’il est disposé à laisser essayer le système actuel sous de pareilles conditions, — qu’rue pa reille opposition, que de pareilles exigences, ne sont ni loyales ni généreuses, surtout lorsque les bouches éloquentes qui pouvaient lui répondre ne peuvent se faire entendre dans cette enceinte, J’ai beaucoup admiré ses brillantes harangues, mais je ne les admire plus parce qu’elles ne conduisent à rien. Je ne puis flétrir la politique du passé, parce que les hommes qui l’ont faite étaient consciencieux. J'ai droit de la considérer comme une leçon d'expérience, et de la condamner parce qu’elle s’est suicidée pour avoir été trop excessive, A quoi nous ont servi les cinquante années. de luttes de l’ancien régime, si ce n’est à produire l’état de choses actuel et les iniquités de l'Union? Il y a des hommes qui sont puissants à détruire, mais qui n’ont jamais rien éle vé sur les ruines qu’ils ont faites. Avant de consentir à détruire, je veux savoir ce qui doit remplacer nos éléments actuels de société politique. Voilà pas moins de cinq longs discours pour dire précisément la même chose, pour dire qu'il faut un élargissement de la représentation, une réforme électorale, le libre échange et la liberté de la navigation, et mille autres réformes également importantes. Qu'est-il donc besoin de remonter à la création et au déluge et de dénoncer toutes les iniquités du genre humain, pourquoi ? pour en venir à voter les subsides dont le pays a besoin, et que vous demande, sur sa responsabilité, un ministère dans lequel vous venez de placer si largement votre confiance ? Je sais que ceux qui, das tous les temps, ont crié aux abus et à l'injustice, ont été populaires, momentanément du moins. Mais il y a quelque chose de

plus pour le législateur que de crier aux injustices du passé: il y a le besoin de l'avenir, la surveillance et la sauvegarde des destinées sociales et politiques qui vous sont confiées. Nous avons quelque chose de plus à faire que de parler pour les galeries ; je maintiens, moi, qu’au lieu de crier contre ce qui n’est plus, nous devons nous efforcer de sauver l'avenir, contre son gré même, s’il est nécessaire, Que veut l'honorable membre pour le comté de Saint-Maurice, que veut-il des hommes qu’il vient de placer au pouvoir ? Il veut de suite des réformes qui demandent le travail de plusieurs hommes et de plusieurs années. Je le lui demande à lui-même, que ferait-il à l'égard de toutes ces réformes, s’il se trouvait tout à coup à la place du ministère actuel ? Serait-il prêt de suite avec autant de mesures d’une pareille portée ? L’honorable membre pour le comté de Saint-Maurice doit savoir que nous, hommes du Bas-Canada, ne pouvons consentir à nous diviser pour aucune considération au monde, la division pour nous étant un suicide. Une funeste et récente expérience devrait lui faire comprendre que ses exigences injustes et ses raisons n'auront pas d’écho dans la population, qui a le sentiment, l'instinct de sa conservation propre. D'ailleurs, il n’a pas l’initiative de toutes les

réformes qu’il suggère. La Chambre a exprimé l’année dernière,

par sa résolution unanime, son désir d'obtenir la liberté de commerce.”

En définitive, l’Assemblée vota les subsides ; et Son Excellence vint, le 25 mars, proroger le parlement, après avoir donné sa sanction à dix-huit bills, la plupart ayant trait à des intérêts

privés ou locaux.

Le 28 mars, M. La Fontaine fut réélu par acclamation, pour la cité de Montréal. MM. Hincks et Malcolm Cameron furent aussi réélus sans opposition, le premier à Oxford,-et le second à Kent. M. L.-M. Viger fut élu à Terrebonne, à une immense majorité sur son adversaire, M. Scott. MM. Baldwin et Price furent aussi réélus pour leurs comtés respectifs. MM. Taché et Leslie furent nommés

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