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é prêté par les Annales Politiques et Littéraires.
Je vis arriver ces messieurs à dix heures du soir, heure qui n'était pas habituelle. On me demanda une lampe, on tira le livre de la poche, on lut, et M. de Musset, surpris, étonné, disait : « Estce possible, d'écrire et d'imprimer de pareilles injures! Je ne connaissais pas ce pamphlet. Je comprends bien que le Prince m'ait tourné le dos sans répondre».
On posa le livre sur la table, M. de Saint-Martin s'en alla. M. de Musset prit peur, et me fit courir après lui pour lui rendre son livre.
M. de Saint-Martin dit, moitié riant, moitié sérieux : « Si Ton m'arrêtait ce soir avec ce livre dans ma poche, je ne coucherais probablement pas dans mon lit ».
Je lui dis :,« Prenez votre livre ; si vous le laissez, je serai obligée de le jeter où vous savez. M. de Musset ne veut absolument pas garder cachez lui ».
Le Président avait bien compris que le poète était sans méchanceté, et que, jugeant les autres d'après lui, il ne savait rien des horreurs publiées par Victor Hugo.