‹ Dix ans chez Alfred de MussetChapitre 5 sur 34 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

et bien stylée, elle plut. Mmc de Musset avait conservé les nobles traditions qui faisaient les domestiques fidèles et loyaux; elle l'admit lorsqu'elle était seule, à partager à sa table son repas. Ses fils, Paul et Alfred, ne s'étonnèrent point de cette compagnie. Alfred tomba malade. La maison fut en rumeur. Mmc de Musset recourut aux soins d'Adèle. Elle les donna avec intelligence et exactitude. Elle raisonnait à propos dans ses grands troubles, et froidement. Le mal du poète avait lassé la Faculté, impuissante à en découvrir les sources mystérieuses. On en était à cette période où l'empirisme a droit de séjour dans la chambre du patient. Adèle qui avait soigné tant de gens, possédaitla médication des simples : elle savait des formules de. bonne femme. Elle avait des partipris en thérapeutique, plus éprouvés qu'orthodoxes. Sa science hypothétique se référait moins à l'école de médecine qu'a l'école de Salerne. Elle savait surtout tuer son propre sommeil pour veiller sur celui d'autrui ; négliger son mal pour combattre celui du prochain; et ne point sentir ses souffrant ■»■>. dans les veilles et les fatigues, quand elle soulageait les souffrances des pauvres dolents. Elle

Page 1