PUVIS DE CHAVANNES
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L'Automne.
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jadis, la jeunesse, les saisons colorées, les transports d'amour et les triomphes de la beauté. M'^^® Anna Goloubkine a érig-é ce monument épouvantable à la Vieillesse,
Au Militarisme, M. Hansen-Jacobsen élève un autre monument. Ce sont des crânes à demi rongés, visqueux, alignés en cercles et en qui se reconnaissent toutes les races. Des yeux pleurent leur pourriture. Des rictus s'éternisent entre les maxillaires. Sur ce piédestal de mort, une sinistre idole s'impose, que des pointes meurtrières terminent partout. Témoignage de haine offert aux stupides brutalités de la guerre.
Un Portrait de M^^^^ Claudel.
En sculptant le Portrait de M, le comte de M,.,, Mlle Camille Claudel a fait un chef-d'œuvre.
C'est une jeunesse audacieuse, virile. Le nez fort et vulgaire défie l'espace. Une moustache adolescente garnit les lèvres sensuelles. Tout est d'une superbe arrogance, depuis le front dur qui mire la lumière jusqu'aux chairs nettement coupées de la bouche dévoratrice. La conquête de la vie s'affirme en toute l'allure décidée, que rehaussent la collerette et les bouffants d'un costume Henri IL Conscient de sa jeune vigueur, le mâle se présente au monde qu'il va dompter et le méprise, affable presque, tant il lui semble facile à vaincre.
La maîtrise en art que l'on attendait de M^i^ Claudel est entièrement attehite. Peu de pièces de musée, au
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Louvre même, communiquent une telle impression, à la fois mentale et vivante. Cela est digne de la sœur du poète qui sut évoquer Tête d'Or et tout une œuvre analogue au Second Faust de Gœthe.
La Fuite de VHeure.
Il ne faut que des éloges pour le labeur admirable d'Alexandre Charpentier. Un médaillon de Séverine, haché par mille traits révélateurs, montre toute la beauté d'une âme triste, affligée de la haine humaine et qui se donne aux pauvres, comme le pain coupé par la fermière, sur le seuil, devant la prière des chemineaux.
La Fuite de VHeure est un morceau d'une finesse inimitable, ainsi que les orfèvres de la Renaissance en conçurent, parfois. Le vieillard tombe, voulani retenir la jeune personnalité du Temps qui se cambre se creuse et s'envole avec l'Heure, vierge frêle pendue à son bras. Rien de plus suavement léger que ce peti groupe en vitrine. Les draperies s'unissent à l'air, m se terminent point, elles se continuent par la diapha nélté de l'atmosphère. Cela est plus dessiné qu modelé, et d'un dessin merveilleux qui inscrit tout 1 corps dans une courbe sans rupture, qui unifie le mouvements. Jean Moréas rythma sur ce thème so chef-d'œuvre de grand poète parmi Les Cantilène. Il sied de voir encore avec joie les médaillons d même artiste, où paraissent l'effigie fatiguée d'Emil Zola, l'image de Puvis de Chavannes, la silhouetl stricte de M. Albert Carré, deux portraits touffus d
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Constantin Meunier qui, non loin de là, fit placer son Débardeur. Les mains aux hanches, ce travailleur attend son tour de besog*ne. La proportion parfaite des lignes, Taisance de l'attitude, la force manifeste et calme, évoquent à la mémoire la forme régulière des athlètes fournis par le statuaire hellénique. C'est la déification du travail par un prêtre extasié devant le miracle de la production humaine.
M ii« Gruth, par le moyen d'une Tête d'homme^ rappelle le Moïse de Michel-Ange modernisé, jusqu'à paraître une figure barbue d'artiste traditionnel. Cela n'est pas sans beauté, d'ailleurs.
Les œuvres de Fix-Masseau,
Sans réserves il convient d'aimer la grâce de la nymphe que M. Fix-Masseau patina de vert bronze, et près de qui un œgipan murmure : c'est la Parabole du Faune. Les chairs bien remplies, toute menue, cependant, par les jambes lisses et les longs bras d'un galbe excellent, la fillette séduit. La malice du sourire qui écoute le priape illumine sa face d'enfant naïve et perverse à la fois. Le torse, de jeunesse robuste, est exquis à contempler. On l'attend sautillante, rieuse, ravie du vice, et qui jouerait ensuite au ballon.
Deux bustes, la Femme à la collerette, et Jouissance intime^ montrent la dextérité du même artiste, s'efforçant d'interpréter la souple mollesse des chevelures. Un bronze traduit la mysticité rustique d'un jardinier italien dans la tradition florentine.
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Bustes.
M. Lenoir montre un Edmond de Goncourt d'une noble prestance; M. Injalbert a fort heureusement exprimé Tâme de femme qu'un buste de terre cuite synthétise; Verlaine nous apparaît en sa vérité tourmentée, g^râce à Tart de M. Niederhausern. Mais, entre ces portraits, se distingue l'œuvre de M/ Vallgren. Sa Tête de femme est une douceur intelligente, franche; elle s'exprime par un modelé savant, à demi dégagé de la pierre que rehaussent des teintes d'aquarelle.
A Mme Yallgren on doit de la gratitude pour sa tête d'enfant Lolotte, pleine de vie et de force.
Danaïdes et Nymphes.
Les Danaïdes de M. Mulot s'étagent le long d'un roc; statuettes délicates. Une, voilée de ses cheveux, regarde filer l'eau, dans une attitude grave. L'enfant joufflue s'agenouille et se désole à voir s'épancher toujours le liquide inconstant, versé des urnes que les sœurs apportent sur leurs têtes. La composition est favorable. On préférerait le Sommeil de Léda, pour le beau mouvement du cygne qui met son bec à l'épaule de la dormeuse.
Au-dessous du Projet de fontaine, les nymphes de M. Rousaud s'enlacent, regardées par la femme un peu • rustique qui s'accoude au faîte du roc. La torsion des deux corps amicaux donne un faisceau d'admirables courbes indéfinies. /
De M. Joly on chérira la forme ailée imitée de celle que Rodin produisit, e,t qu'il cloue sous le cintre d'une architecture en projet.
Rose et or, une femme décolletée se retourne, les gestes en toute g-râce. Une autre, assise, au milieu des plis de sa robe, trône comme une fleur d'été. Ce sont les statuettes de M. Dejean. Elles nous ravissent par le charme lilliputien de leurs poses, la finesse des expressions minuscules. Ce sont de petites fées prestes auxquelles on attribuerait le pouvoir occulte de méfaire, tant elles semblent vivre.
Dernier sourire, dans la foule des statues qui nous offrirent, tour à tour, les faces de la volupté, les visag'es de la douleur. Elles nous apprirent, un instant, à mieux aimer la grandeur de l'instinct amoureux qui engendra la vie des peuples, à contempler la peine qui féconde nos esprits par l'évocation de ses causes.
Cela nous fut montré \>dirV Eue de Rodin, que, titan, 1 modela dans la matière torturée des siècles.