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II. Georges Capgras, avec son Troupeau en marche

far une nuit claire, ne sont pas sans accroître leur

enommée par leurs envois de printemps. De même

|our M. Gelibert, de qui les Canards et les Chiens

itéressent fort.

— Les fleurs et soleil au vieux presbytère que signit Tabbé Van HoUebeke^ de Beauvais, sont entre l'S très bonnes choses du Salon. On admirera les |ches de lumière sur la nappe que charge le vase au

bouquet si franc. Mère et enfant, de M. Gluysenaer, Belg-e, charment par rélégance de la pose.

— De M. Quignon, La Durolle, à Thiers, paysage lumineux et apaisant, tout révélateur de vies braves dans ses maisons groupées à mi-côte, entre la rivière et les bois. D'ailleurs, cet artiste, depuis de longues années, enchante nos yeux par ses aimables visions, très nettes, de la contrée française.

— U Automne en Bourgogne : hauts arbres grêles sur une prairie rousse devant un village blond. Un plein air parfaitement réussi de M. Bain. On pense à quelques toiles de Corot, première manière,

Sensualismes.

— Scène d'ivrognerie qui rappelle les tableaux de Le Nain, et qui fut bien composée, rudement coloriée par M. Malhoa, de Lisbonne.

— Une image de M. Albert Maignan très excitante, La Toison d'or, décor pour une salle de taverne à servantes complaisantes.

Visions étrangères.

Sauf les compositions géantes et quelconques quel feu Toudouze brossa selon un moyen âge douteux,! rien de particulièrement curieux parmi les gravures,! les dessins et les panneaux. Qualités ordinaires d'une! moyenne qui se développe très lentement, ou reditesj de talents connus. La foule des Artistes françaiîl témoigne de vertus inférieures à la foule qu'assemblJ la Société nationale. Trop souvent les choses estij

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mables sont signées de noms britanniques, américains, espagnols^ autrichiens et allemands. C^est la victoire de Tétranger.

On goûtera quelque peu la composition vivante et mouvementée de M. Laurent-Gsell : Le Festin de Grimaldi (Kermesse aux environs de Vintimille).

— D'un Américain : La Visite^ où paraissent très naturels un enfant boudeur, une vieille dame ajfîable, une lourde nourrice conciliante. D'un Irlandais, M. Jay, les rouges et bleus du Héraut au temps d'Edouard III agréent à l'œil.

— D'un Espagnol, M. Rodriguez-A. Costa, très intéressante composition : A Vllermitage, étude analytique de personnes pieuses en prière dans une chapelle. La tradition de Zurbaran guide, certes, l'artiste qui traça les figures très caractérisées du paysan aux sandales dont la tête reste cachée dans les mains, du jeune prêtre en soutane et qui semble certain de son rêve murmuré fervemment, du monsieur mystique assis que rend un peu vermeil une faible lueur, des femmes accroupies, l'une distraite, le long d'un tapis d'aloès tellement exact, comme le damier du dallage.

Physionomies nombreuses et disparates,

— On reconnaîtra, dans la clarté dilTuse de M. Jaurès à la tribune de la Chambre, la silhouette et la barbe de M. Brisson, la tignasse et les gestes de M. Coûtant, la franchise de M. Clemenceau, personnages que M. Rousseau-Decelle distingua parmi la

masse parlementaire installée sur sa toilette historique.

— Un portrait de vieille dame desséchée, presque squelette, mais très vivante aux yeux, dont M. Paulus sut exprimer rintelligence aiguë. — Effigie captivante du prince Alexandre Bibesco en gilet écarlate au milieu de ses livres, et de qui le génie sardonique apparaît fidèlement, grâce à M. Maurice Lard.

On ne saurait oublier Le Petit garçon au faisan de M. John Russël, Canadien, sans doute inspiré par Ribera, ni le Septembre de M. Brun.

Un agréable portrait de M. Miller-Ury, Suisse, présente une dame au visage rond et sain dans une toilette simple. — M. Sultivan, de Boston, montre une mer étale dans une tonalité spacieuse, bleuâtre et pâle, très séduisante.

— M. Sutton, Américain, marque le triomphe de récole nordique, de ses soucis méticuleux, de son art qui finit, qui parfait dans le portrait de Victorine, sous verre. Evidemment, cette école copie les mérites qui assurèrent aux grands noms d'autrefois la gloire des musées contemporains. Cette tricoteuse semble sortir de Tatelier de Rembrandt. Mais Toriginalité? — Les Vénitiens du temps de Casanova ressuscitent avec leurs masques sous le tricorne, leurs manteaux de comédie, leurs édifices et leurs intérieurs somptueux, au gré de leurs attitudes et postures délicieusement chatoyantes sous le pinceau de M. Saint- James.

— On s'étonnera de la fille assise par M. Tony

Rôbert-Fleury et appelée Douce pensée. Le nom notoire s'accorde mal avec cette œuvre trop imparfaite, trop vulg'aire. Mêmes stupéfaction et déception devant la nudité en sucre rose de M. Antonin Mercié. Comment les bénéficiaires d'une pareille renommée n'appréhendent-ils pas de se disqualifier à ce point? Mystère. Se consolera-t-on en regardant l'intérieur de cabinet à souper qu'abandonne le couple au point du jour et que M. Avy meubla de couleurs, de lig-nes claires?

— Portraits ressemblants de nos journalistes républicains dans le tableau de M. Henri Laisement. Autre succès de Técole anglaise, de la peinture sous verre et poussée avec l'œuvre de M. Oswald Birley. C'est une femme blonde au visage très réel, angulaire, sous une coque de cheveux avançant au milieu du front entre les tempes un peu découveHes. Scrupuleusement, la peau, les yeux sont décrits. Pourtant, Tensemble n'est pas amoindri par la finesse de ces détails, de ceux qui signifient la palatine et le manchon de fourrure grise. Très habilement, la toilette noire se dissipe dans l'obscur du fond. La vie de ce portrait désigne toute une âme comme n'en désignent jamais ceux que l'on vante au bénéfice de nos portraitistes trop célèbres.

D'un Américain, M. Boggs, deux vues de Paris*

— Portrait de ma mèrey par M. Bagnier, expert dans la difficulté de mettre en tout son relief une figure, d'en exprimer, avec des tons francs et un dessin hardi, les chairs vives, l'ossature solide.

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Saxons et Catalans.

-^ Une drôle d'image éternisant la marche des carabiniers boueux sur une route aux énormes flaques d'eau et dans une clarté crue de ciel balayé : Uarrivée du roi de Saxe et de son escorte sur le champ de bataille de Leipzig par Walter Syrutschock.

— De même, un Espagnol^ M. Vasquez, expose ici la toile importante : Gendarmes catalans. Vingt couleurs éclatantes couvrent ces amants d'origine mauresque capturés par la- garde. De taille humaine, ils marchent hors du cadre, la fille à la lèvre empoisonnée, aux yeux d'ophidienne, aux boucles grasses et bleuâtres caressant le jaune du fichu; et le garçon, quasi nègre, entre ces deux Celtes bonasses, vêtus, comme nos postillons, de vestes à boutons métalliques et chapeaux hauts de forme. Ah ! l'audacieuse saillie de couleurs que gonflent cette chemise mauve du bandit, cette robe à ramages rouges et indigo de la maraudeuse, ces broderies des uniformes ! Gomment cela n'est-il pas criard et affreux? Point. Tout s'arrête si juste sur la limite du faux qu'on doit vénérer ce savoir du peintre. Mais le prestigieux émane de ces deux prisonniers qu'on toucherait avec l'illusion de provoquer un geste de défense. La tête de la Allasse est, sans même notre recul, de la chair, des cheveux, des yeux. Et le paysage du fond trahit une nature si vraisemblable sous les nuages pluvieux. Goya possède une descendance.

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Erotismes.

— Un Hongrois, M. Gsok, a dessiné parfaitement plusieurs filles grasses, mamelues, l'une callipyge, accroupie sur ses talons; Vautre, couchée sur le flanc, une tulipe contre le blême des seins : Vampires qui, de leurs baisers, tuent un homme recouvert par ces embrassements de femelles lascives, grasses et blafardes.

— Joli nu de femme que les cygnes d'un étang courtisent appelés par la compagne en toilette de Paris. Cela se nomme Le Bain interrompu. Combien ce nu discret, alangui, doré l'emporte sur celui de la Danaé peinte à la confiture et crème par M. Comerre pour sa Pluie cVor!

Les portraits de Baca Flor; d'autres.

D'un Péruvien, M. Baca Flor, deux fiers portraits de sportsmen, aux accessoires soignés. Près de la porte, à gauche, une composition fort estimable à la manière de l'Américain Sargent r quatre femmes en toilettes de soie, en élégance sobre et respectable, avec des visages joyeux et altiers.

Le Président de la République^ par M. Donnât, tableau dont il fat écrit qu'il enferme quelque pointe de satire assurément. Cet homme d'Etat n'a pas été peint en un moment de génie, mais de lassitude. La pièce remarquable de la salle. Car il faut compter pour rien l'effigie piteuse du président Roosevelt, et préférer, de M. Viesner, un sémillant

portrait de jeune fille en veste bleu marine à boutons d'or, cette figure saine, enfantine, clarteuse. — Et mieux encore Timage d'une sèche demoiselle à cheveux blancs, en qui M. S. Thomas sut fixer la métamorphose d'un visag^e, d'un corps prêts à devenir virils, malgré le décolletage, les dentelles, les luxes prestement fouillés.

Venise.

— Le Pont de marbre^ dans Venise, une clarté rare répandue sur le ciel et l'eau, sur la terre rose du pont où flânent des personnages aux allures suggestives de langueur, de M. Bompart.

Prolétaires.

— Dans le Soir de fête ^ M. Jules Adler a rassemblé plusieurs types du prolétariat parisien qu'atteignent les rayons d'une lumière extérieure curieusement indiquée sur les vêtements, les rires des faces. Derrière, c'est un grouillement vague des foules sous les lampions mornes, un omnibus chargé par delà les arbres de l'avenue. Tentative méritoire. Cependant l'éclairage des lampes à arc est rendu pauvrement sans rien de l'intensité véritable.

Jolies filles.

— Une lumière tombant de haut vers le bleu

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d'un ruban de bonnet, vers une grosse mèche blonde qu'elle dore, laissant le visage de la brodeuse dans la pénombre : c'est la gentille Jeannette de M. Vol- Ion.

— On adorera le corps très appétissant de fille fraîche que M. Cancaret assit dans un coussin vieil or, parmi des satins noirs brodés en soie d'azur. Surtout on remarquera la position du pied si merveilleusement étudié.

— M. Aviglor éternise, en vigoureuses couleurs flamandes, une Jeune paysanne et sa moisson de roses. La bouche, très palpitante, mérite l'approbation du dilettante le plus sévère.

— Les Juives de Constantlne qui, lourdes et cliarnues, allaitent leurs poupons ou bien se prélassent, les bras nus et sertis de bracelets, celles qui passent en manteaux de clarté, la mine impérieuse, dans une ruelle de plâtre et de bois, désignent leur évocateur, M. Emile Aubry, aux admirations prochaines. Ce morceau est d'ampleur. Il témoigne d'une conception totalisante et vigoureuse.

— Une alléchante fille nue qu'éponge sa femme de chambre. Baigneuse, par M. Roberty.

— M. Hauffbauer semble moins heureux, cette année, dans son effort. Pourtant on aimera la grande femme en toilette d'argent qui se lève, le diner fini, et tout l'ensemble de ce restaurant obscur où des gentlemen paressent; la verrerie sur la nappe du premier plan ; le monsieur qui place le manteau sui* les épaules de sa compagne. Deux traits au pinceau,

trois touches suffisent pour camper ce personnag-e énigmatique et certain A Londres. Il faut apprécier l'adresse insigne de M. Hoffbauer.

— De M. Birley, encore, une amusante Petite fille en bleu, assise, sage et joufflue, les jambes trop brèves et demi-nues. En plus, Fattention se peut reposer ici sur quelques formes de modèles dévoilés.

Les magnifiques portraits de M. Marcel Baschet.

— Celui de M. Tony Robert-Fleurij^ un visage grave au milieu d'une barbe, de cheveux blancs taillés, coupés net. Un corps svelte et fier. La main qui sort de la manchette à bouton précieux dénonce un travail très intelligent, très expert. Ce portrait livre à Tadmiration une personne et un caractère également définis.

— Un monsieur à face de bonté malicieuse et qu'affine la barbiche grise. On admirera le métier grâce auquel est rendu le poli de la table, l'épaisseur mince du couteau à papier. Rien ne prouverait mieux que ces deux portraits comment un art assidu peut munir de signification spirituelle, de réalisme émouvant le sujet choisi.

Ce qui plaît dans les portraits de Manet, on le trouve au total dans ceux-ci, et, en outre, un raffinement des détails concourant à l'ensemble. D'ailleurs^ les Japonais nous enseignèrent à fond le possible de cette double faculté. Jamais, dans leurs œuvres, ce

scrupule de détail ne nuit à la ligne et à la couleur qui synthétisent Taspect. Aimons que cette syntlièse s'accomplisse en France.

Cités, paysages.

Après avoir contemplé les trois petites filles musardant sur leur canapé, on aimera le quartier de vieille ville qui surplombe la rivière très fluide et qui couvre un ciel profond. M. Santoro appelle ce coin délicieux Vérone. Il semble que les organisateurs aient relégué dans ces salles extrêmes beaucoup de toiles insignifiantes. La répartition est faite moins habilement qu'à la Société nationale, où M. Dubufe fait des miracles.

Cependant, on se plaira beaucoup devant les deux vues de San-Tropez, que M. Stival choya. C'est la vie méditerranéenne résumée toute avec ses couleurs, ses fainéants, ses maisonnettes au soleil, ses eaux perfides et douces, son ciel amoureux de la terre et de la mer. De cette atmosphère-là notre civilisation est née, qui dompta sous le joug de ses idées, de ses lois, la barbarie des Germains, des Huns et des Northmans.

— On remarquera le Château d'Aabrij au dégel, de M. Chigot, en qui se retroiavent certaines des qualités propres à M. Le Sidaner.

— M. Ponchin a brossé avec bravoure les OUviers de l'étang de Berre entre un ciel vert pâle et une eau perse, contre un paysage rose que farde le

couchant. Ce vert, ce bleu pers, ce rose s'agencent dans un bel effet décoratif, sous la torsion tragique des arbustes.

— La Citronnade de M. Edouard Aragon peut être discernée à cause de ses fruits durs, d'un plat d'étain, d'un buffet en valeurs, parmi les pauvres toiles de cette salle.

J/iie Cermj.

— Portrait de M^^ Berthe Cernij, de la Comédie- Française, par Jules Cayron. Excellente étude de physionomie pensante, d'attitude souple et gracieuse. On admirera la flexion de la taille qui porte en avant la face expressive, presque mobile sur la toile même. Parfaitement l'artiste a su rendre toute la vie intense que ne masque point la beauté célèbre de ce visage ardent que ne refrène guère que la posture un peu contractée.

— Du même. Le Potin, groupe de quelques Parisiennes luxueuses et fines, savamment dessinées, colorées par un art qui, chaque année, approche mieux de la perfection.

En Côte,

— D'un Espagnol, M. Gheca, il convient d'admherl le cheval gris qui, le ventre rosé par la lumière dul terrain, hisse, dans un effort à la Géricault, sonl limonier alezan et la charge du tombereau, En Côte\

Derrière la pente et le talus, un paysage boisé reste embu dans les vapeurs de Tair chaud.

Commandes.

— Il ne faudra point omettre le grand panneau décoratif de M. Gustave Grau, qui traça quelques portraits frappants des personnages admis dans le cortège officiel de M. Fallières visitant Vexposition des industries textiles de Tourcoing, Le peintre a fait défiler ces protagonistes au soleil, parmi les éléments d'une foule chatoyante, mais lourdement maçonnée.

On admirera mieux les cartons préparés par M. Henry Marret pour la mairie de Gennevilliers. Ses Bords de la Bièvre et ses Maraîchers de Gentilly communiquent la joie de leurs polychromies.

On aimera beaucoup les deux compositions de M. Jean Enders^ imaginées pour la mairie de Romainville. L'artiste évoque deux dates de la vie de cette cité, i83o et i9oo, avec d'heureux moyens, ceux mêmes qui manquèrent à feu Edouard Toudouze pour inventer des thèmes moins vulgaires que ceux de l'imagerie dédiée à la Manufacture des Gobelins, à la Sorbonne et à M. Cornélius Vanderbilt.

Et pourquoi diable les gens de la manufacture des Gobelins eurent-ils l'idée saugrenue d'abîmer notre vénération pour la Primavera de Botticelli en la vouant aux laines ?

En résumé, trop de gloire pour les artistes étrangers, pour ceux de l'école anglaise et de l'école espa-

gnole, qui font paraître évidemment les défauts de nos médiocres, fussent-ils célèbres indûment, chargés de richesses et d'honneurs. Nous avons reçu, en i9o7, une leçon assez dure qui devrait profiter aux artistes d'abord, aux critiques ensuite, trop timides devant leur opinion sincère, trop fidèles à leurs amitiés particulières, trop dociles aux injonctions de la secte qu'ils préfèrent.

Un énorme effort est à commencer.

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