‹ Dix ans d'études historiques (volume 2)Chapitre 10 sur 30 · TUS · texte numérisé non relu

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pour elle» et leurs oomneitaos , en lioedoês , en Iniichiset , en privilèges , ii^était rien antre ofaoee qa^ane anoiemie et nieontestable propriété dee faabitaue àe rAogleterre '. C^était une fictien pareille à celle que faisaient les avocats des conquérans, quand ils allaient chercher leurs raisons contre les vaineus ailleurs que dans le fait constant de la conquête, dans la tolonté de la maintenir , et dans la force de soutenir cette volonté. De part et d*autre on laissait derrière soi les réalités , et Ton se retranchait dans rabst-ractibn ; cela rendait la guerre moins franche et son objet moins précis ; nous en verrons les suites.

Chaque parti se recru la sous des noms qui indiquaient sa nature , son origine et se» prétentions ; ceux qui étaient pour les vaincus s^appelèrent le parti du paysj et les antres le parti de ta cour >•

Jacques 1«' laissa à son fils , non pas ce qaUi avait reçu à son avènement, cVst>à-dire la direction d^nne exploitation peu contestée encore par ceux qui la souffraient , mais ce que le conquérant avait autrefois légué au premier de ses successeurs , le commandement d^un parti qui devait subsister sur le travaildes habitans , et à qui les habîtans étaient tout prêts à refuser la subsistance*

Il n^y avait que la force qui pût vider entièrement cette querelle \ et cependant , de chaque côté , on différait d'en venir aux mains. On essayait de se

< TJiat the li]>erUes , frandÛMS and jucidictions of parliannent » m the ancient and ondoubted birtiinght and iokeritance of Uw sobjsU ef England. ( Hume'a liMtoiy, chap xltux.)

a Country-parly. — Court paii^. (Humfi^s liif. ch. xltiU.)

us SÉVOLUTIORS b'aVOLITSKKE [18I7]. 81

coo¥aiiicre mutaellemeiit , et de faire conTenir son adTersatre de ce qtt*oii Toulait de lui. Cent do pt^s préteDdaient qu^îls n'ayaleDt jamaie été conquis , <fn% avaient toujours nourri les autres par bienTcillance et non par contrainte. Ceux de la cour soutenaient qoe les premiers avaient toujours été dans Pétat de sujets; que oVlait là leur condition naturelle ; et que rien n'avait pu , et que rien ne devait à Pavenir relâcher pour eux les rigueurs de cet état , sinon le bon plaisir de leurs maîtres. Mais Pintérét ne se reposant pas , faisait de temps en temps succéder des assauts plus dédaifs à ce conflit d^g^umens et de répliques. L'on se signifiait durement ses volontés.

(1695.) Le premier subside demandé aux communes par le nouveau roi, Charles I«', Ait accordé avec tant d'épargne , que c'était plutôt , dit Hume , une marqfue de dérision qu'un secours; le second fut formellement refusé >.

Le roi déclara aux communes que , si elles refu^ saient de faire leur devoir, en subvenant aux besoins de VÉtaty il saurait les y contraindre , ou se passer de leYir consentement ; que le ciel lui en avait donné le pouvoir ».

Ce mot de besoins de VÉlat fit réfléchir tes membres des communes : s'agissait-il purement des besoins du parti des anciens conquérans , ou bien de quelques

> Hoitte's hislory , ch. L.

> If iKey should nol do their dvties, ia coatribsting to the nccessitiM of the •iate, hm must um lliOf« ollims mcans fvbich God Itad pot inlo Itb Iiandu. « *TAt wA Uiis for a Ihreatening, arWcd the kin^ , for I scorn to threatcn vny but my eqnals. » (HutneV hisLjcIt. li.)

%% VOB'

întérétf qui leur étaieot communs avec les subjugués ? . qu^était-ce que VÉiat T 11 fallait avant tout que cette question fût posée et éclaircie.

(16â8.) Afin d'éprouver ce qu'entendait réellement . par VÉtai celui qui avait prononcé ce mot , la chambre fit un bîll, où elle s'attribua la faculté de contrôler toute espèce de demande d'argent, et de refuser ou d'accorder, selon qu'elle verrait l'intérêt de tes commettans compris , ou non , dans l'intérêt de VÉttU. Ce bill fut nommé pétition de droits.

Les communes demandaient :- « Que toute manière de lever de l'argent qui porterait l'apparence d'une réquisition de guerre , fût abolie ; et que si , dans les dépenses , on ne mettait pas tout-à-fait hors de compte les affaires de ceux qui payaient, on voulût bien s'assujétir à la condition indispensable de toute contribution publique , au consentement libre desimposés ou de leurs ayant-cause ; et ainsi , que nul ne pût être forcé de subvenir à aucune taxe, à aucun prêt, à aucune bénévolence qui n'aurait pas été octroyée par la chambre des communes '. »

Cette requête portait un coup décisif. Si la easte victorieuse n'y accédait pas , il fallait en venir aux mains ; si elle y accédait , tout lui manquait , ses moyens d'existence , de plaisir, de luxe , aon honneur même qu'elle mettait à guerroyer au dehors. Il lui eût fallu renoncer à tout cela 3 car , de faire croire

■ Thaï DO man hereafler be compelled U> make oryeld anjr gtft , loaa, beoe* volence , taz , oc such like charge , ivitliout commoD' consent bj «et of parliatncnt : and that nono be conGned , or olhcrwisc molested or discitticted for Uie refusai Ihcreof. (Humc's history, ch. tt.)

DES RtTOLUTIONS l/ ANGLETERRE [iSl?]. 83

9UX sufeês qu^ils tiraient de là quelque profit , la chose était trop difficile. L'éoergie que montraient les communes , fit prendre aux vainqueurs le dernier parti ; mais ce ne fut pas sans peine. Les lords j en approuvant la pétition de droits , essayèrent de l^annuler par une clause où le pouvoir souverain était reconnu. Le rot hésista long-temps avant de souscrire à ce pacte que sa situation lui défendait de maintenir '.

( 1639. ) Peu de mois après , il se remit à lever, de son autorité privée , les droits de tonnage et de pondage, en déclarant aux communes qu^il y était contraint par la nécessité. Les marchandises de ceux qui refusèrent de payer, se reposant sur la pétition de droits y furent saisies et confisquées *.

Les députés sMndignèrent à cette violation d^un traité , qui pourtant ne pouvait manquer d^être violé ; ils déclarèrent ennemis des sujets, ennemis de la chamhre , ceux qui tenteraient de lever ces taxes , et traîtres à la cause commune ceux qui. consentiraient à les payer ^. Le roi , poussé à hout , ne vit de recours que dans la force. Il cassa la chambre , fit^ emprisonner des députés , en cita d^autres à son tribunal ; sur leur refus de comparaître , leur infligea des amendes , et donna à ses collecteurs Tordre de violer lés domicileSk.4.

I Hnme's hûtorj, cli. li.

3TlMMe wlMvleriedtonBage and poundage were declared capital cncmics. And «Tcn merchaiila who should volontarilj pay thcse duttes , wert deDominated betrayen of engliah liberly , and public enemies. [Id.)

4 Hume'i hûtory , cb. lu.

84 Vll£

• De Jour en jour, Texisteoce de ceui qui n^avaieiii pour viyre que les impôU levés sur les sujets , devenait plus difficile. Ce oonseil de bourgeois qn^u avait établi pour rendre des comptes , s^avisait d^en demaader ; il s^avi#aît de vouloir scruter les besoins aaxquel«i il avait à pourvoir. Le rot résolut de ne plus convoquer ces assemblées incommodes. Dn de ses aïeux avait lait un décret pour enjoindre aux cités de ne point manquer d^élire, et aux bommes élus de ne point manquer de s^assembler. Les cboses avaient cbangé depuis les Richards '•

(1630.) Un statut d'Edouard II ordonnait que tout sujet possédant un revenu de 30 livres sterlings serait tenu , «ur la réquisition du roi , d'entrer dans Tordre de la chevalerie, c'est-à«dire de se faire enrôler dans Parmée d'occupation , ou bien de payer Pexemptioa de ce service» C'était un moyen de recrue poor les vainqueurs , qui contraignaient ainsi les vaincus à devenir les instrumens de leur commune oppression. Charles !«' fît revivre ce décret : il en attendait ou quelque renfort d'hommes ou quelque secours d^ar* gent pour son parti ; mais il fut trompé dans cet espoir. Le temps n'était plus où les subjugués, rendus égoïstes par l'excès de leur misère , s'estimaient heureux d'obtenir quelque garantie contre l'oppression , en trahissant la cause de leurs frères d'infortune. Celte cause leur était devenue sacrée , depuis qu'ils espéraient la faire prévaloir. Ce n'élait plus en s'échappant des rangs de ceux qui périssaient, qu'ils

1 Hume'fi hist. cfa. ut.

DIS BÉYOLUTIOIfS d'aUGLETIBRE [iSl?]. 89'

voulaient cberchcr leur talot; ils Toulaientse Bxmer tODS , ou périr tous '.

(1^34. ) Il était dvnê le« betoiae de Farmée campée en An^eterre, d'entretenir des flottes pour ses eipédiiioDs et sa défense. L'argent que ces dépenses exigeaient était levé sur les habitans des côtes et de» ports , sous le nom de taxe des vaisseaux. Le ro4 fil porter cette taxe sur tous les hommes du pays à la foisf et il décréta cette mesure nouvelle au nom de la sûreté et de Thonneur national '.

L'honneur national, la sûreté nationale .; que

voulaient dire oee mots adressés aux ^t^ets f <fa'il était Je leur avantage que ceux qui occupent le pays Îûb* sent assurés par des forces navales de n'être point chassés de Icnr possession , et de pouvoir gagner au contraire des possessions au^deUl de la mer. Les sujets n'eurent pas besoin de longues réflexions pour sentir que cet intérêt pouvait bien regarda la nation des vainqueurs, mais qu'il ne les regardait eu rien « Leur tùreté nationale, c'était de n'être plus exploités } leur bonnear national , c'était de réussir dans ce dessein qu'ils poursfuivaient : il n'y avait pas besoin de vaisseaux pour cela.

Le roi , voulant par tous les moyens possibles décourager l'opposition, fit aux légistes de sa cour cette demande : Si, dans les cas de nécessité , pour la défense du royaume , il n'était pas en son pouvoir d'imposer à son gré des taxes , et s'il n'était pas le

' Hiiiiu)*s liûtory , ch.

seul juge de la nécessité? Les légistes furent pour Taffi rmative >.

Mais , malgré la volonté' prononeée du roi , malgré cette déclaration qui donnait à sa volonté une espèce de fondement logique , les esprits courageux ne cédèrent point. Cest alors que Hambden parut : il refiiea de se aoumettre à Timpôt. 11 fut accusé , et con< dimné ^»

A cette condamnation, les sujets se soulevèreot tous. Hambden les avait réveillés , au péril de sa fortune et de sa vie. « Nous avous été des enfans , s^éeriait-on de toutes parts; alors on nous frappait, et noua baissions la tète : nous sommes maintenant des kommes. Nous avons depuis tant de siècles vécu pour d'autres , n'est-il pas temps de vivre pour nous-mêmes? Nous sommes des millions, et eux, combiei» sontils 3?»

( 1640. ) Le roi faisait la guerre au peuple d'Ecosse ; le peuple anglais se montra mécontent de cette guerre et disposé à refuser tout , aussi long-tempe qu'on la poursuivrait. Le roi, dans un discours à la chambre des communes , en parlant des Écossais , prononça le mot de rebelles 4 ; la chambre se déclara offensée*

* Huniers hntory , eh. tir.

3 IniquitouB taxes, Ut«j Mid , are8np|iorted hj arLUrar; punUhmenU ; aod ail ihe privilèges of the natioa IransmitteJ throngh so maay âges , and jmr- Hiased by ihe Mood of m manj herocs and palriots , novr lie prMtnte at Uif feet of the monarch. He is but one man ; and the privilèges of the peoplc , ihc' loheritaiice of millions, are too valuable to bc sacrifived to hini. (Ham«'!i history, clï. tu.)

4 Id., cfa. Liv.

DES aivoLUTioifs d'anglbteere [1817]. 87

La justice était Parme dont on usait contre les sujets; ies communes remployèrent pour leur service : elles accusèrent juridiquement tous les commandans militaires ^ qui , «ous le prétexte de la sûreté ou ds repos public, opéraient sur les comtés comme en temps de guerre ; tous ceux qui avaient levé la taxé des vaisseaux et les taxes sur les denrées ; tous ceux qui avaient pris part aux arrêts des tribunaux exlraoi^ dinaires ; tous ceux qui faisaient des monopoles par privilège du roi , et ceux qui avaient jugé Hambden '.

Depuis son institution , la chambre des communes avait souvent présenté des suppliques , où elle expo^ sait les souiTrances des subjugués , demandant bum^ blement qU^on y fit quelque attention , et qu^on les frappât d'une main plus légère. En 1640, elle fit dresser une remontrance générale sur Tétat du peuple d'Angleterre j mais elle ne Padressa pas au roi ni aux lords, elle en appela au peuple lui-même* C'était pour la première fois qu'un pareil signal de ralliement était élevé. On récapitulait dans cette pièce tous les actes de pouvoir qu'on était disposé à ne pas supporter pins long-temps ; Ton y parlait de ceux qu'on avait nourris jusque-là , comme de gens avides à qui l'on donnait toujours, et qui, loin d'en savoir gré, ren^daient l'outrage et l'oppression pour le bienfait. Tout y respirait la haine et la colère. La chambre des communes la fit imprimer et publier sans la soumettre à k chambre haute , dentelle regardait les affaires comme à part des siennes et de celles de ses commeltans *.

» Home's historj, ch. tiv.

a Id., ch. |.y.

.86 VDI

Pour établir une barrière entre les intéréta qu'elle regardait oomme enneiili» , elle ordonna la résistance an pouvoir qu'exerçait le roi , de donner des offices aux sujets f et de recruter parmi eux ses armées. Elle voulait que , si Ton en Tenait aux mains , chacun se IrouTfit à ta disposition de son parti , et qu'il n*y eût point do coalition forcée dea vaincus atec les vainqueurs '.

Les bills qui contenaient ces dispotttions ne passaÂsAt point à la chambre des lùrds, qui n'avaient garde de rien changer aux anciennes coutumes d'où dépendait leur existence , e^ qui se ralliaient à leur chef, au représentant de leurs intérêts communs. C'était leur devoir de se serrer tous autour de lui , et de faire corps tous ensemble contre la révolte de leurs communs dépendans *»

Chose remarquable! la chambre des communes alla jusqu'à sanctionner par sa volonté ce refus des lords de participer aux actes qu'elle dressait : « C'est an nom des habitans de cette terre, leur disait-elle, et pour eux que nous agissons , et nous en avons la mission; nous sommes leurs représentans choisis par eux. Mais vous , à quel titre viéndriez-vous vous immiscer dans leurs affaires ? Qu^y a-t-il de commun entre notre nation et voua ? Vous n'êtes , à son égard, que des particuliers. Nous agirons seuls, nous déciderons sevU] vous verrez nos décisions; et si elles vous Messent, vous en demanderez compte, et nous répondrons s. >

I Hame*s Listorj, ch. lv.

a Id.

3 That Uiey thenu elres were th« reprefcntatire bodj of the trfcole kiBg<t«Bi

DES BiVOLUTIOnS »*AII6lEnRU [iSl?]. 69

Peodaat ee temfM-là, le» paiib s^aigrissai^nt; l'heure de la force allait «oaner. La chambre daa communes a'entonra d^uoe garde; le roi la cataa; et comme 09 murmurait , pour ne point se déclarer trop Ut ennemi , il offrit une noUTelle garde sous lea •#dre« dVn de «ea offîe&èra ; mata la clmmbre refuaa cette offircy downaiit à entendre que c'était lui et lea 1 qoetea memhrea aTaient à craindre '•

(164s*) Cinq membre» de« oommunea furent i •é8, au nom du roi , d^aToir youIu reuTeraer l'ordre de choaca établi dana le paya , prtTer le roi de «on poaroir, le rendre odieui aux sigei^, et aouatraire à «m obéiaaance une partie de aes aoldata. fiambden était parmi les accusés. La chambre prit soua aaaauvegarda la liberté de ses membres , et refuaa de lea livrer au aergeut d'armes. Lé roi vint en peraonne , et la «haabre renouvela aon refus, he» accusée se retirèrent dana la Cité ,^ et les bourgeaia en armes les gardèrent tonte la nuit «•

Le lendemain, le roi se rendit an conaeil oomoiaa, et de tous côtés , sur son passage, il entendit retentir lea cris de privilège! piwUége du péurUment I C'était la manière dont le peuple exprimait ^tt^il a'uni^aait de volontés aveo la chambre dea communes 3.

aKdlhM dM ptcM twr* nothing %ni SntflvidaAb, «U hcli tMr MftUia a particttlar capcity. (Hume's hUlory , ch. lt.)

> Tbej abfolately refuaed the ofièr , and were wel pleased to iitfiniute tbat their danger ckiefl j aroM from the king hinaself. (Ibid.)

a Home'» bUloiT', ch. lt, 3 1d.

90 Vus

Le peuple des proYinces envoya en foule des adresses aux communes ; Ton demandait à s^armer ; l'on jurait de vivre et de mourir pour leur défense ■•

Les choses en étaient venues au point que Tépée seule, qui juge en dernier ressort, pouvait décider entre les partis. Il fallait que Tévénement d\in combat anéantît ou fit revivre ce qu^un combat autrefois avait fondé. Les communes firent des magasins d^armes; elles enjoignirent aux officiers de Parmée soldée de ne recevoir dWdres que déciles , afin que ceux qui •étaient sujets par naissance rentrassent dans leur parti naturel, Elles envoyèrent de semblables messages aux gouverneurs des ports et des forteresses. Le roi se retira à Yorck '.

Il cherchait un campement favorable et rassemblait «es forces. De toutes parts, ceux que leur naissance faisait ses compagnons d'armes vinrent se joindre â lui , et Pexhorter encore k ne point souffrir que leur ancienne domination se changeât en dépendance '• Les communes tentèrent , pour la dernière fois, an accommodement impossible ; elles voulûent faire souscrire un bill , dont la première disposition était que les sujets evi9%enl des armes.

Le roi refusa. « Je suis roi, disait-il, je suis le chef de vos maîtres , et vous voudriez me faire ce que vous êtes. Vous me laisseriez mon titre , le titre de ma condition naturelle \ mais je ne serais en réalité

> Hame*s hîstorj, ch. lt.

» Id.

3 Eshorted him to mtc hirnselfand tbem, fnmi. tliat igttOminîoas sTatery wilh wich Ihe were threatened. (Hiifne*a histoty, ch. it.)

Aïs KiVOLUTIOIlS dViIGLITEBBE [iSl?^. 91

qu^an homme. Plutôt la guerre qii^iiii« pareille paix '. » Alors toute transaclîon fut rompue. Les sujets" s^'armèrenteo invoquant leurs besoins , leurs volontés et leur union. Le roi , attestant sa fortune passée et sa longue domination, Dieu etson droit, éleva près de Notttngham Tétendard du chef normand , signal de laguerre déclarée au pays '.

Chaque personnage dont les aïeux s^étaient trouvés enrôlés dana Parmée d^invasion , quittait sou châteaupour aller dans le camp royal prendre le commande* ment que son titre lui assignait. Les habîtans desvilles et des ports se rendaient en foule au camp opposé. On pouvait dire que le cri de ralliement de» deux armées était , d^un côté , oisiveté et pouvoir; do Tautre travail et liberté c car les désœuvrés , les gens qui ne voulaient d^'aatre occupation dans la vie que celle de jouir sans peine , de quelque caste qu^ils fussent , s^enrôlaient dans les troupes royales où ils allaient défendre des intérêts conformes aux leurs; tandis que les iàmilles de la caste des anciens vain-, qneurs , que Pindustrie avait gagnées , s^unissaient au parti des communes ^.

. C'était pour ces intérêts positifs que la guerre se Boutenait de part et d^autre. Le reste n^éCait qu^apparcnce ou prétexte. Ceux qui s^engageaient dans la

■ (1 ShoaU I iprattt theie ânaaad» « Dm title of oujetlj m»j be continued to tue, ]>«ia»tnie «lul real power, I «kould raiiiiiin bnt the oaUiile , Lui llic )4Cl«r«, hmUàeiii;!! of a king. » W*r on any torma «vas esteemrd bj the king and hîa cotiiMcllors prcCerahle to so igoomiaious a peace(Hunie'a hist.ch. Lv.)

ald.

3 Id.

93 VOk

cause de« sujets , étaieDt pour la plupart predo^tériena , cVat-à-dire que , même en religion , ila ne tou- ' laient aucun joug. Ceux qui soutenaient la eause contraire étaient épisoopaui ou papistes; c^eat qu^ils aimaient à trouver ^ jusque dans les Ibrmea du culte, du pouvoir à exerce et des impôts à lever sur les hommes '.

( 1645 •— 1646. ) Le parti royal fat vainqueur à StraUon, à ^undwayd€fwn y à Cropredjr-Bridge , et défait à Edgekill , à Murstanmaore , à Newbwr^j et enfin à J^asebjr '•

Dans chaque province que traversait Pavmée qui combattait pour Fancienne domination , elle faisait sentir aux hommes qu^ils étaient reconquis; elle sWrogeait leur propriété : Parmée du parlement respectait lea possessions et les hommes ; sa présence les affranchissait 3.

Parmi les premiers , il régnait une discipline sévère , la subordination des anciens oonrquérans ; chacun avait sa place marquée d^avance; il s^y tenait, reccmnaissant ses supérieurs aussi bien que ^es subordonnés. Parmi les autres , il y avait souvent des divisions et des désobéissances. C^est que chacun d^eux, dévoué à Pindépendanoe de tous, voulait Panticîper pour lui-même , et goûter au moins la li-

■ Tlw wlûg« considerrdi ail reiigious epinioiM wilh a yiew te p^itk&t. Efto in thffir h«ti«d of the popoi7 Uioj did aot so mucii re$»fà tht f opcrstition or imputod idohtiy of tluti nspopilar tect ai its Undancy to Mtablùh zàÀtnrj povver in tb* stata. (Fox's biitory of therdgn of Jamcf ike secood.)

a Hume's history ^ ch. lvi , tvii , ltiu.

3 Id., cil. I.TIII.

DES aÉVOLVTIOlCS D*AIIGLETEERE [iSl?]. 93

berté , sur le point de mourir pour elle. « Nous ne sommes pas, disaient-ils, des janissaires, des soldats dont <|D dispose parce qu^on les paie * ; » et ces bandes sans ordre renversaient des bataillons rangés.

Des conférences furent plusieurs fois essayées, mais sans succès. Les si^ets demandaient toujours de rester armés ; le roi s'obstinait à vouloir que ce droit ue iikt que pour lai seul et pour les siens. La guerre continuait.

(1648.) Enfin, après une déroute, le roi, poursuivi par. les parlementaires , tomba dans le camp des sujets d'Ecosse , qui le livrèrent aux sujets d'Angleterre. Il se réfugia dans Pile de Wight; il y fut saisi et emprisonné *.

Le général ennemi était captif; que devait faire le parti victorieux?

Chaque officier de l'armée défiiite intervenait dans cette guerre , non point seulement pour le compte du chef, mais aussi pour son propre compte : la guerre devait continuer; et de plus, le fils du chef était là , et l'usage le faisait son successeur.

Ainsi donc, de quelque. manière qu'on disposât du prisonnier, les choses restaient au même état; toujours il fallait que la querelle achevât de se vider.

Les étrangers qui avaient envahi l'Angleterre, massacrèrent ceux qui ne pouvaient supporter de devenir des machines à les nourrir. Les Anglais,

« Th«j were not, diey «aid, mère j jniuries ,■ mercenary troopa enlistcd for Kixe y sBii to be disposée! of at ihc will of Uicir pjijrmasters. (Uume's liislory , ch. ux. )

Md.

94 Mt

s^aAranchissant après, six «îècles , ne devaient point voir là un exemple pour eux-mêmes. Ils avaient à offrir à leurs conquérans vaincus un asile et le travail ; et si de pareilles offres étaient refusées par eux , à les renvoyer hors du pays. .

(1649.) M atheurensement ^ dans les querelles des hommes , Thumanité se fait rarement entendre ; après les violences nécessaires, viennent les représailles inutiles. Le roi fut jugé et condamné à mort.

Il n^y avait diantre motif naturel- de cette sentence que la volonté de ceux qui avaient vaincu. Nous vou- Ions que le captif périsse : à un pareil arrêt point de réponse possible ; il ne reste qu^à se soumettre.

Mais peut-être par un besoin qu^éprouve la conscience de trouver un appui dans la raison , les juges molivî^rent leur voulofr : « Chailcs Stuart ayant été fait roi d^ Angle terre , ayant reçu en dépôt un pouvoir limité , a fait la guerre au peuple et à ses représentans, dans la vue d^agrandir ce pouvoir et de le changer en tyrannie. A ces causes , nous Paccusons comme traître '. » Tel fut le discours du solliciteur , parlant au nom des communes. Dans ce peu de mots tout était faux.

Ce n^étaient pas les sujets qui avaient fait Charles Stuart roi d'Angleterre^ sa naissance lui avait trans-

' The t>ollicitoi- in ihe name of commous rcprrseoled ; « llial Charles Slaarl, Lcing ailniilted king of EngUnd , and ùilruhled wilh a lioiited powcr; jet n<!Torthc>e»s , from a wicLcd design lo erect an unlimited and tyrannical governoient , Iiad Irailorouslj and nialiciouslj leried war against tho présent IJarliament, and ihe pcople whom they represented, and was Uiererofc impcachcd as a ijrant, trailor, murdcrer, etc. » (Hume's historj , ch. i.«.)

DES AÉVOLUTIOIIS D*A?tGLST£EEE [iSl?]. 95

mis le litre de son père. Aucun pacte n^avait été fait entre lui et ceux sur lesquels il avait exercé le pouvoir. Le pojuvoir lui était échu par hasard, et non par accord. Le prisonnier savait mieux les l'aits. « Je suis roi par héritage, répondait-il j ce n^est pas de vous que je tenais ce que j'aî revendiqué , c'est de PorJre suprême des choses ■• M

Ce traité supposé que ]e^ sujets mettaient en avant, était de nature à se retourner un jour contre eux. Le fils du condamné pouvait dire à son tour, s'il était vainqueur : « Le contrat tacite qui existait entre vous et mon père , par la seule raison qu'il était fils de Jacques, existe entre vous et moi , parce que je suis son fils. J'aî le droit , de votre propre aveu , de disposer de vous et de vos hiens, dans la mesure que vous aviez prescrite à mon prédécesseur. Je m'empare de ce droit selon vos paroles. La justice que vous avez exercée contre lui , je l'ai par cela même contre vous. Il est mort légalement, disiez-vous, pour avoir prétendu à plus de pouvoir; vous aussi, vous mourrez légalement, s\ vous prétendez à plus de liberté, »

* Thatiie hinMlfwas tlieir heueditaky sing ; nor was Ihe wliolc autlioiiljr of ihe State entitlfd lo Irjr hîm, wïio derived his dignity from ihe sapremn Majesty of hcaven. That thoso wJio ariogaled a lille lo sit as lus judg'^s , were Iwrnlus suhjects. (Uuine*s hi^tol7, cli. lix.)

06 StK LE CAEACTÈEE DES GEAKDS HOHBIES

Sur le caractère dec gran'U hommes de U r^volntioD de 1640 , i propos de l'Hisloire de Cromwell par M. Villemain (.

Sou5 le nom dliîstoire de Cromwell , M. Yillemaio a écrit Tbistoire complète Jes révolutions d^Ângleterre , depuis le commencement des débats entre Vopînion publique et le roi Charles 1*' , jusqu'au retour du roi Charles II. Cromwell figure sur cette ^prande scène, parmi beaucoup d^autres hommes. L^autenr ne pouvait pas l'y présenter seul ; et , si Cromwell n'y paraît pas dominer tout ce qui l'entoure, c'est la faute des faits et non la sienne. Pour un historien sincère et juste, Cromwell n'est point le héros de sa propre histoire. Cromwell a un rival dont la destinée heureuse » ou malheureuse affecte plus l'ame du lecteur que des • batailles gagnées , des tours d'adresse ou des coups de | force ; ce rival , c'est la liberté ; la liberté déjà pleine de vie dans le cœur des hommes énergiques , lorsque Cromwell n^est rien encore ; la liberté , plus grande que Cromwell dans ses grandeurs , même quand il la ti<tnt sous lui abattue et expirante.

Des critiques se sont plaints poétiquement , que la grande Jigure ( c'est ainsi qu'ils nomment Cromwell )

• Article vasété dans le Censeur Europe'cn (journal), numéro du 21 juin 1819.

. W Là ftt¥Oi9TlO]| M 1640 [l«19]* 97

n^apparaistait pas aasez daaacet ouvrage. Pour doBoer qaekiae valeur à.eette remarque , il e«tt ^lu citer les endroits précis du livre où Tapparition aurait dû se faire et ne se faisait pas ; il e4t fallu, pour parler nette*» ment, mettre sous les yeui du publie les laitsaltérés ou les circonstances omiset» San s toutes ces précautîeos, le reproche faitàThistorien est nul ^ et il semble ne lui avoir été adressé que pour le plaisir de hasarder ee mot poinpenz de gr£mde figtire , qui est une insulte à la révolution de 1640 et »ax révolntions qui onê en fo même sort.

Il n'y a peut-être pas de pays où Ton ait moins lu quVn France les faits de Pbistoire df Cromwell ; et il n'y a pas de pays où Ton affirme plus intrépidement que Gromwell est grand. Il ne faut qu'un peu de mémoire pour découvrir d'où nous vient cette opinion consacrée 9 et qu'elle est pour nous une partie des traditions de l'ancien régime. Dans le temps où l'Anglais Sidney, chaque jour de sa vie, appelait Gromwell tpan , et agissait en conséquence de cette malédiction, répétée , dans ce temps-là le oûoistre français Mazarîn le saluait comme le génie du siècle, et le roi (Je France Louis XIY se tenait la tâte découverte en parlant à ses ambassadeurs. Voilà les opinions imposantes , sans doute , qui ont formé la nôtre. Ce jugement de Sidney a disparu devant ces grandes autorités. Qn'est-*ce en elTei qu'un factieux en présence de deux hommes d'état f de quel poids peut être la raison de celui qui n'a su que mourir pour la liberté , devant la raison de ceux qui ont su gouverner en paix et long-temps? Sidney , il est vrai , a pour garant

9S sut Ll CAâACTÈM Bt8 GftAHM HOHKIS

de son jngement sur Cromiv«R la coRscieDce du people anglais énoncée par dix an» dHnsurrectîona continuelles. Mais aussi Louis XIV et Mazarin ont pour eux Christine reine de Suéde , qui admirait Cromwell d'avoir chassé le parlement; le roi de Portugal, cpii le nommait tendrement son frère ; le roi d^Espagne , qui rengageait à se faire roi , et lui offrait ses secours ; et le prince de Conti , qui parlait de Richard , fila de Cromwell, comme du plus lâche des hommes, parce qu41 n^avait su être que citoyen.

Ce n^est pas un paradoxe de dire que le prestige qui s^attache au nom de Cromwell dans Pesprit de ceux qui ne connaissent de lui que son nom , est Touvrage des hommes du pouvoir et des écrivains pour lepouvoir. Clarendon , éloigné de PAngleterre durant toute la révolution^admire, en rentrant avec Charles U, Tanéantissement de la liberté, rabattement des esprit*, la facilité de Tobéissance , Ténormité da^ taxes et de l'armée ; et , à cette vue , il célèbre dans un livre , écrit pour le roi , les grandes choses que Tusurpateur a faites. Le poète Ccwley , qui avait assisté à la création de ces grandes choses , et qui en avait subi sa part, n'en est pas aussi joyeux que le lord Clarendon ; quand il veut parler du protecteur, il ne trouve sous sa plume que ces mots d^une énergie sombre : « Cet homme se jouait de nos souffrances. » Le nom du héros de Hazarin a été , durant sa vie , fort à la mode dans les cours, et fort peu chez les nations. Nous n'étioob pas une nation alors ; mais le peuple de Hollande en était une ; et Ton peut voir, danalea livres do temps , ce qu'on y disait du destructeur de la U>

AB LA itTOlVTIOH DE 1640 [iSld]. «9

berté anglaise. Noua aommesiine nation aujourd'hui; ceu^est paa une raison sans doute pour croire ce que les nations ont cru , mais c'en est. une pour lire sérieusement, pour penser d'après nous-mêmes, et pour secouer le joug des admirations de Louis XIY , et des auathèmes du prince de Conti.

Nous aimons la liberté , nous la cherchons ; et le nom de ceux qui Pont aimée, qui l'ont cherchée, est aussi inconnu de nous que s'ils n'avaient pas existé. Combien d'entre nous connaissent Ludlow, Harrisson, Vanes , Haslerig , et même le grand Sidney? Une bouche française aurait peine à prononcer ces noms étrangers ; mais nos enfans apprennent à bégayer le nom du protecteur Gromwell. Le Gaulois l'avait bien dit : « Malheur aux vaincus ! » L'opinion humaine est souvent infidèle à la cause de l'humanité même. En présence du vainqueur d'une révolution , quand le champ de bataille est déblayé , quand le triomphateur est le seul homme qui soit debout et qui se montre , le soutenir de cette grande défaite se réduit bientôt dans notre esprit à quelques espérances trompées , à •quelques convictions démenties , à quelques chimères évanouies. Notre intérêt, qui veut toujours s'attacher à quelque être sensible , se relire sans peine de ces objets métaphysiques; et, faute d'aliment, il se livre à la fortune du vainqueur, à la fortune de notre propre ennemi. Nous jouissons de sa joie ; nous mêlons notre voix aux acclamations qui proclament notre néant. Tel est le fatal entraînement de la sensibilité humaine i les Finançais en ont fait Inexpérience.

ItO sua Ll CAKACTÈaB DM OIAffBS lOHHBS

MaM sachons que ce ne sont point de {mres absirae- Uons que ces espérances, on , si Ton ▼eut, ces chimères de libertés , à la destinée desquelles nous savons si diffîcileuient compatir. Elles avaient pris radne dans des coeurs d'hommes^ elles s^y étaient attachées invinciblement; elles n'ont pu cesser d'etister , sans que ces ccMirs aient cessé de battre. Voilà le souvenir ^le nous ne devrions jamais perdre.

f<e aoMte de M. Yillemain est d'avoir été plus joate que la destinée aveugle , et d'avoh* relevé ceux qu'elle avait couchés par terre ; historien du vainqueur , il s'esl fait l'ami des vaincus; il a mis sons nos yem^ à cÂté du triste spectacle des défaites de la liberté , le tableau de ses lottes diverses , et des vertus qui la défendaient. La constance et les malheurs des patriotes, les protestations énergiques des villes, la résistance d'un simple marchand , les souffranees obscures d'nn écrivain , occupent une grande place dans ses pages. Il n'a point oublié de signaler les grands caractères et les entreprises périlleuses de ceux qui s'indignaient que la liberté anglaise fAt perdue, après tant de sang versé pour elle. Ceux qui ont critiqné son ouvrage ont peu remarqué ce soin, qui est l'un des meilleurs titres de l'auteur à l'estnif publique « Parmi tant de caractères heureusement tracés, le seul qui paraisse avoir frappé les yeux, est celui de l'amiral Blake. Est-ce parce que Blake commande 9 est victorieux, et coule à fond des vaisseaux hoHandats ? Estce parce qu'il répétait à ses maviot «qu'ils ne devaient point se mêler de ce qui se passait à Londres , et ne s'occuper que des étrangers? »

m Lft ■«▼OUTTIOH BK 1640 [uio]* lê|

SeraHrce donc , en effet, le type de llioiiime publie , qvCim çénéFal gagnant det bat«Ues, et portant en loi cette iaipa«sibilité pelitîque , qui fait illustrer le despotisme d'un maître , au nom de la gloire de la patrie? Noos ne le eroyons paa; et nudheur à la France , aï die k pensait encore !

Pourquoi nVt-on paa remarqué plutAt ee Brada* haw , qui , lorsque Gromwell venait de chasser le par* leœent , lui disait en fiice : « Le parlement n^est pas dîssoBS ; saches qu'il n'y a sous le <âel d'autre ant»« rite que la sienne , 4pii ait le pouvoir de la dissoudra? • Ce Ludlow , qui disait au fils même de Crom* well : « Je détesteraia mon propre père , s'il était à la plaoe du vôtre ; » qui , menacé par Cromwell d'être envoyé à la Tour , lui contestait avec calme le droit d^ ordonner une arrestation , et diaait :' « Un juge de paix le pourrait , car il est anfeorisé par la loi ; vous , vous ne Fêtes pas ; » qui se crut coupable d'avoir une place , aussitôt que la liberté Int vaincue , etré-^ pondit à l'objeetiott bannale , qu'en abandonnant son poste , il perdait l'oçeasîon de faire du bien : « C'est nn mal que d'aider à l'usurpation de Cromwell , et je ne veux pas faire le mal, dût-il en résulter quelque bien ?» Ce Harrisson , qui , a pour spn compte , voulait être pauvre et persécuté; qui bravait la haine de CromweU, sans fléchir et sane se plaindre? » Ce Hntchinaon , qui , pressé par Cromwell d'accepter un poste et des fayeurs , répondait ; « Je ne veux pas m'enrichif en servant a l'esdavage de mon pays? > Ce cdonel Rich qui 9 cité devant le conseil d'état 4e Cromwell, refusait obstinément le serment de ne rien

loa sua IV cAKiCTftii ns okakis hohsis

entreprendre contre m personne et ton pouvoir? €e Sidney, « infleiible sons Groaiwell comme sons Charles W? » €e Lilborn, mntilé par ordre du roi Charles I"' , pour avoir osé écrire , et qui , marqué ainsi de la réprobation de la tyrannie , la bravait encore , en écrivant sons Cromwell ? La tyrannie ne JVmblia pas } « il mourut en prison ^ dit éloqnemment M. Villeroain , martyr de la liberté sous tous les pouvoirs , et traité d^esprit chimérique et insensé par iceux qui ne conçoivent pas la résistance contre le plus fort. «

Tous ces hommes , et bien d^autres encore dont on pourrait citer les noms^ habitèrent les cachots sons Cromwell ; et ceux dVntre eux qui survécurent aux souffrances de Femprisonnement , et qui ne purent s^écfaapper dé leur patrie, ensanglantèrent les échafauds sous Charles II.

Voilà ceux pour qui furent les malheurs : v«ttt-on savoir ce qu'est à côté d'eux celui pour qui fut la fortune , et pour qui maintenant on semble réclamer la gloire? il suffit de le suivre dans ses actions, et de rapporter t]nelqu es-unes de ses paroles ; on décidera entre eux et lui.

Déjà, en 1644, Cromwell, simple olBcier, cherchait à nuire à la liberté , en excitant la mésintelligence entre les Anglais et les Ecossais qui étaient venus au secours des Anglais contre les prétentions de Charles I*'. £n 1645 , il était lieutenant-général : des clubs de citoyens armés s'étaient réunis pour préserver les propriétés du pillage inséparable de la ^erre; Cromwell les dissipa en plusieurs lieux; et quand il éprouva de la résistance , il les fit charger

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par ses soldato. En 1648 , quand le parlement , voyant la fin deshottilitéo Tenae et le roi prisonnier > voulut licencier rarmée » Cromwelt excita ouvertement Teaprit d« sédition dans les troupes } il cherchait à corrompre les officiers, en leur disant que c^élait une chose misérable que de servir un parlement, et quUl valait bien mieux être à la solde d^un générai ; il répétait iadéoeaunent que les députés ne se tiendraient pas tranquilles ^ avant que . Parmée leur eût tiré les oreilles. En 1647, Cromwell s^empara du roi Charles h'^ prisonnier des Anglais , et négocia avec lui pour Ifii vendre Tappui de Parmée contre les Anglais. 11 [^omettait de purger la chambre, des communes, de manière à lui donner la constitution nécessaire à Tialérét de sa majesté. .

En 1648, quand de jeunes citoyens de Londres vinrent à la porte de la chambre des communes, pour présenter des pétitions contre le pouvoir militaire , et demander que la chambre fît, au nom de ht nation, un. traité avec Charles I*>', Cromwell, à la tète, ée sea dragons j les chargea à travers les rues , enaat aux soldats de n^épargner nMes femmes ni les eaians^ La même année , irrité de ce que le roi traitait avee des envoyés des Écossais , il souleva Tarmée contre lui, et après avoir chassé tout ce qu^il y avait d^énergique dans la chambre des communes , et subjugué le reste par la terreur , il fît conduire à Téchafaud ,. en vertu d^un ari^êt dû parlement , celui avec lequel il avait négocié contre ce même parlement.

En 1649, il fît sabrer et i'usUler les hommes de son armée , qui , se souvenant d^avoir combattu pour la

101 SU| Ll CAftACTÈil Mt «AARM «OKIIS

Jiberté , la réckmaieiit au pom de TAiig^éleiTe. Co 1690, il eierça en Irlande le droit de guerre de» temps de barbarie , passant au fil de Pépée les^gamisoiis qui se rendaient; devenu maître du pays, il en relégua les habîtans dans une aewle pravince déserte et inculte , oâ ils eurent ordre de deoMMirer sous peine de inopt, et il partagea le reste de^la terre k ses soldats. S» 1658, il vottlat se liureroi : « Vetre projet, lui répondircmt eeux à qm il s^ eonfia , est opposé aux vœux de la nation ; vous aurex contre vous neuf personnes sur dix. » — « A la bonne hevre ^ dît Oomw^; maie si je désarme les neuf ppsmiers et que je mette une épée dans la main du dixiôm^ ^.eela ne fera«t-il pas. rafïaire? » En 16â4, la tour âe Londres était remplie de républicains prisonniers» En 1655, dans une cause où Cromwell était intéressé^ il fit assigner le jury par ses ordres particuliers j on juge coagédia ce jury illégal ; le Protecteur accabla de reprociMs eet homme courageux et laissa échapper ces moto : « Vous niâtes pas fait pour être juge.' k £a 16$6, il fit répandre des menaces contre W électeurs qui donneraient leur sufft^ge aux hosMies qui ne kû étaient pas dévoués. Il chassa cinq fois, k m<in armée , les députés de la nation ; il emprisonna une première fois onie députés, puis trente-neuf, puis enfin tous ceux des anciens patriotes qui ne voulurent pas s^associer à sa tyrannie , et les officiers qui , après avoir servi le parlement, lui étaient suspects parleur inaction.

Il foula impitoyablement aux pieds les deux garanties fondamentales de la vie sociale, la liberté de la

DS LA fttVOLVTIOW M 1640 [l8l9]. 105

pensée et la justice des jagemens. 11 fut soard aux plaintes des amis de la patrie, qui, lorsqu^il fit les premiers pas dans le pouvoir, lui criaieut par la bouche de Milton : « Respecte Tespoir de la patrie ; respecte la présence et les blessures de tant d^hommes courageux , qui ont combattu avec toi pour la liberté ; respecte Topinion des autres peuples, et les grandes idées qu^ils se forment de cette république que nous avons si glorieusement élevée* « Mais ceux qu^il persécutait^étaient calmes au milieu de leurs traverses , et lui il était inquiet comme s'il se fût cru condamné à la mort par un arrêt de Thumanité, obligatoire pour tons les hommes , et qu'à chaque instant il eût attendu le bourreau* Sa mère ne pouvait entendre un coup d'arme à feu sans tressaillir et sans le nommer j et il ne marchait jamais qu'armé sous ses vétemensi

Bans l'article suivant , nous considérerons le caractère général des partis dans la révolution anglaise , comme nous venons de considérer le caractère àea individus : l'ouvrage de M* Yillemain nous paraît encore remarquable à cet égard.

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