‹ Dix ans d'études historiques (volume 2)Chapitre 12 sur 30 · SU · texte numérisé non relu

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avancer cent trente Taisseaux de guerre et cent trente mille combattans , contre la poignée d^hommes libres qui enrichissait de ses travaux et honorait de son indépendance les provinces de la Bâta vie.

-Les navires marchands des Hollandais furent poursuivis sur les mers , et surpris par des ruses infâmes ; on insulta ce peuple, dans des manifestes remplis d^avance de tout Forgueil de la victoire que se promettait le despotisme sur les seuls hommes qui fussent sans maître ; et ce peuple , comme la première fois , ne répondit que par des protestations d^amitié envers les nations dont les soi-disant représentans Poutrageaient et brûlaient ses villes. Mais la fortune ne suivit pas la bonne cause ; les 8oldats~de Louis XI¥ éampèrent aux portes d^ Amsterdam. Les citoyens rompirent les digues de la mer , et submergèrent leurs propres demeures , pour en écarter Fesclavage. Malheureusement , il y avait encore dans la Hollande des ambitieux et des lâches ; ceux-là prirent parti pour les rois agresseurs; et le prince d^Orange, à qui ces rois destinaient une autorité suprême , la reçut des mains de la populace , soulevée contre ses magistrats. Les deux plus grands citoyens des temps modernes, les frères de Witt , périrent sous les coups des traîtres. La.liberté périt avec eux ; le dessein des rois fut accompli. ' i '• '

Durant ces combats contre la liberté d^une nation étrangère , Charles II n^oubliait pas quMl devait effacer tout vestige d^indépendance dans les trois éootrées que le sort lui lavait soumises. L'Ecosse , comme PAngleterre , avait vu tomber quelques tètes ; mis

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bientôt elle fut frappée en masse. La religion dea Ecossais ëtait le presbytérianisme, religion sans faste^ sans prélats, et dont Faustérité nn peu rude inspirait aux âmes de Faudace et de la fierté. Un décret , parti de Londres , ordonna aux Écossais de cesser d^èlre presbytériens; des juges, des bourreaux , des soldats furent envoyés pour contraindre à Tobéissance les hommes dont ce décret violait le droit le plus sacré. Des milliers de montagnards, à demi sauvages, furent déchaînés contre eux ; le pillage , les incendies , les massacres s^étendirent partout. Les femmes mêmes ne furent pas épargnées , et , de crainte que le récit de ces horreurs ne réveillât , par la pitié , le courage de la nation anglaise , il fut interdit , sous peine de mort , de sortir des frontières de FEcosse.

Tous ces exploits, si bien faits pour assurer la puissance , lui promettaient de longues années de repos ; et elle en eut joui sans doute , si , au-dedans d^ellemême , elle eût pu se maintenir unie. Mais le fléau des discordes intestines vint PafCLiger au milieu de ses succès. Le gouvernement de la restauration était partagé entre.deux classes d*hommes autrefois ennemies. Dafis les premiers jours de cette grande réunion , le sentiment plus vif de leurs intérêts communs , et les famées du vin , les avaient mis entièrement d^accord ; ils s^étaieol embrassés comme des frères j mais bientôt après , retombant sous le poids de leurs habitudes, ils s^éMMcnt haïs comme des rivaux. Charles II affecT tait envers tous une impartialité difficile. Trop habile pour ne pas sentir que les traîtres à la liberté sont les meillciurs inatrumens contre elle, il livrait aux

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Cromwelltstes la phi» fprande part de Tautorité , réservant à 868 anciens amis des pensions ponr dédommagement. CeuT-ei furent indignés de ce qn^on méprisait leur yieîHe expérience ; ils se plaignirent du roi , ils murmurèrent; et des murmures ils en vinrent aux complots. Ils entreprirent de détrôner Charles II , et de faire roi le duc dTork , son frère , mieux disposé pour leurs intérêts. Telle fut Porigine de cette conspiration papiste , si célèbre dans Phistoire d^ Angleterre , et ainsi appelée parce que les premiers rôles Y furent joués par des catholiques. Charles II , habile et discret , voulut d^abord étouffer tout bruit du complot, sentant bien qu^ii était en son pouvoir de désarmer, sans violence , le bras des conspirateurs;. L^imprudence d^un ministre rendit ses efforts inutiles | et alors ii sVmpressa de mettre fin aux enquêtes , par le supplice de quelques jésuites et d^un lord , quMl eût pu sauver. Aussitôt, changeant de politique, il ramena à lui , par de nouvelles faveurs*, les papistes, les nobles et le haut-clergé.

Cette faction fut contenue ; mais l^autre à son tour murmura' : les apostats dé la révolution , cens qui Pavaient vaincue les premiers, craignireiit de voir passera d^autres mains tons les fruits de tenr victoire. Bans leurs alarmes , ils se hasardèrent à parler de pa« tnolisme , et à invoquer le secours dé patriotes, heê patriotes, qu^un espoir vague entraînait, répondirent à' leur appel. Ainsi naquit la fomeuse opposition de 1678, premier exemple de cette opposition systématique qui s^est perpétuée en Angleterre. Charles II fut irrité de cette ligue , qot confondait toutes ses

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idées ^ moin» éclairé que ses succemeurs , il crut sa dominatioB en péril , quand il entendit les Sfaaftesbnry attester de nouveau Pindépendance qu^ilsairaienl reniée , et tendre la main aux citoyens quHls avaient veodos pour des places. Devenu farouche et cruelpar peur, il s'entoura d'espions, de faux témoins, de juges achetés , et avec leur aide , il remplit les prisons et ensanglanta les échafauds. Pour répondre à ces violences, PopposHion conspira : elle conspira, non pas à la manière du peuple anglais , non pas peur la liberté, mais à la manière des mécontens papistes, pour avoir on r.oi à son gré. Ceux-ci avaient travaillé pour le doc d'York ; les nouveaux mécontens travaillèrent pour le duc de Monmouth , fils naturel de Charles IL Pendant que , pour mieux assurer leurs projets , ils redoublaient d'empressement auprès des amis de la pairie , Sidney , de retour après vingt ans d'exil, songea de son côté à rallier les vrais partisans de cette vieille cause tant de fois vaincue et jamais désespérée.^ Lee ofaefs des opposans le recherchèrent : Sidney ne leur cacha point ses desseins^ et eux, sans tomber d'accmrd arec lui sur l'objet delà guerre à entreprendre, se montrèrent disposés à poursuivre de concert deux projets bien dilféréns l'un de l'autre, le réveil de la liberté , et un changement de mfutre. La mort du roi n'entrait point dans le dessein de Sidney, ni même dans le dessein de eeuxdes mécontens qui, comme le lord Russel, avaient de la dignité dans l'ame; ce meurtre , comploté sourdement par quelques mécontens subalternes , leur fut imputé à tous deux : Russel et Sidney périrent.

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