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Également iDtrépides devant le anpplice , tous deux oiTrirent un exemple dte la grandeur de Famehumaine ; mais Russel, en accusant le despotisme, lui reprochait de tout niyeler ; « il n'y a plus de grands, » disaitil , tandis que Sidney ne concevait de grandeur que celle de la vertu ou du génie : son bras ne s'était armé que pour conquérir la paix de l'indépendance '.
Voilà les événemens dont se compose la période de l'histoire d'Angleterre qui porte le nom de Charles IL M. Jules Berthevin les a racontés simplement, exactement, mais sans les comprendre. Son ouvrage est plein de bonne foi , mai» faible. L'auteur blâme Charles II d'avoir violé ses promesses^t fait des guerres injustes , d'avoir persécuté, de s'être entouré de scélérats gagés , d'avoir été faux et cruel ; et, dans la même page, il le loue des entreprises d'ambition qui l'ont conduit à ces infamies ; il le loue « d'avair cherché à rentrer dans le noble apanage de ses pères, d'avoir voulutrouver dans l'autorité le droit de forcer le peuple à être heureux , et de soustraire ses sujets et lui-même aux ccprices des assemblées tumultueuses. » L'auteur «roit avoir besoin de pardon, parce qu'il ose « porter quelque intérêt sur les derniers instans de Sidney. ^ Nous ne voyons pas à qui M. Jules Berthevin peu% adresser ces excuses. Jamais un homme de cœur, quel que soit son parti ou sa place , ne lui saura mauvais gré de n'avoir pas difTamé
■ Sidn«7 avait prit pour devise Ici vers f uivani :
Manus hmo inimica tjrrannù
Ense petit plaeidum suh libertate quittem,
LA BKSTAVBATION DE 1660 [18I9]. 1S9
le grand Sidney. D^ailleurs , récrÎTain ne doit à personne le compte de «a propre conacience, et récrÎTam peu libéral a plus besoin que tout autre de paraître ne dépendre que de lui-même. Comme ses opinions n^ont aucune yaleur logique , si elles peuvent prétendre à quelque respect , c^est à force de dignité morale.
ISO 8BR
Sur \û révolntioD de 1688 * .
Cest une opinion aujourd'hui à la mode , que de vanter la révolution anglaise de 1688 , et de désirer des Guillaume III pour le salut et pour la vengeance des peuples. Dans cette admiration et dans ces vœux, quelque patriotiques qu'on les proclame , il y a de Tignorance et de la lâcheté. D'abord , il est faux qae la délivrance des nations opprimées puisse venir d'ailleurs que des nations elles-mêmes; et si réellement la liberté pouvait naître de la seule fortune de quelque aventurier hardi, sans travail, sans vertus publiques, la liberté ne vaudrait pas la peine d'être souhaitée. Mais il n'en est point ainsi , les détrôneurs de princes ne manquent pas de se faire princes ; le peuple n'est guère à leurs yeux que le prix bien acquis d'une expédition hasardeuse ; et il faut que ce peuple , qui n*a pas su prendre en main l'intérêt de sa propre destinée, qui n'a pas su vouloir et agir pour lui-même , qui n'a pas su être une personne , subisse la condition des choses pour lesquelles on veut, pour lesquelles on agit , et dont on dispose , à ce titre qu'on a voulu , qu'on a agi pour elles.
• Censeur Europ^n, n«» da 5, du 14 et du 17 novcmb. 1819.
LA RiVOLUTIOIf ȣ 1688 [18I9]. 131
Or, telle a été , daos la révolution de 1688 , la de»- Unée.dii peuple anglab ; étrangler à la lutte eous laquelle ostsucoombé le» StuarU, il n^y apparaît que comme rol»}et paa»if de la dispute. Ce nVftt point par sa force que tombe Jacques II; ce n^est point par eUe que GutllMme III est Taioqueur ;et si , de cet événement, il réanlte pour Itû quelque bien , il n^a pas plus h s'en louer lui-même qu^un domaine ne peut se vanter de ce qii^il prospère sous Tiiéritier mieux avisé d^us pran&ier possesseur nonchalant. Si Pon objecte que beaucoup d^hommes nés Anglais ont prêté leurs bras à cette révolution , et Tout appelée le ^alut de VAii" gleterre, nous répondrons qu^avant d^afBrmer sur les parolea de ces hommes , il laut examiner ce que vraiment elles signifiaient dans leur bouche ; s^il s^agissait en effc^ pour eux de patriotisme et de liberté ; ou si le salut du pays , quand ils Fattestaient , ne signifiait pas purement le salut de leurs places , de leurs titres , de leurs prétentions, de leurs espérances ambitieuses. Or, on. peut légitimement les soupçonner, quand on voit en contraste , avec la fougue de leurs transports , Fattitude mcove et froide de cette masse que n^agîtent jamais des intérêts étroits et privés, de ce tant.quW appelle la nation , autrefois si aninié , si actif, si plein de i^e dans le mouvement de 1640. Cett avec Tair d^un spectateur dégoûté que la nation assiste à ce dëtr^nement et à ce couronnement solennel , que les proclamations et les journaux de la nouvelle puissance appelaient, il est vrai, la liberté : singulière liberté, vesue sur les vaisseaux du favori de Charles II , du meurtrier des de Witt , et jurée dans son
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camp par des lords à privilèges , par des officiers à breyets , par des prélats à bénéfices. Si un goût trop exclusif pour la secte catholique nVût pas fait oul^ier aux Stuarts leur première impartialité dans la distribution des places , Guillaume III nVût point trouvé d^amis ; ceux qui se levèrent à sa voix contre le pou<^ voir' de Jacques II , eussent été aussi immobile» que dans le temps où l'on coupait en quartiers. le corps vivant de Henri Yane, aussi muets que quand les dragons de Charles II massacraient les femmes presbytériennes. Mais après avoir regardé de sang-froid ces infamies , après avoir vécu vingt années du gouvernement qui les commettait , ils ne purent supporter Jacques second livrant aux catholiques les postes de la cour, de Téglise et de Parmée. Voilà tout le secret de la popularité de Guillaume et de la prétendue délivrance, de 1688.
La cause qui triompha dans cette révolution , ce n'est donc point la grande cause de 1640, la cause de Hambden , la cause des droits humains ; si l'on recherche son origine , elle est née en 1685 , à la première conspiration des ambitieux mécontens. Seê premiers patrons, ses premières victimes furent un candidat au trône , et un ministre disgracié ; ce furent Monmonth et Shaflesbury. 11 est vrai que, dès son berceau, elle déploya hardiment les enseignes du patriotisme ; il est vrai qu'elle appela Sidney ; mais Sidney, dépositaire fidèle du vieux secret de 1640, en s'insurgeant comme elle , se distingua profondémenit d'elle ; c'est en vain que la même proscription le confondit avec les partisans de cette nouvelle causej
LA RftTOLVTIOR U 1688 [iSl»]. U8
en vain la même haclie fit tomber leur tète et U sienne : son crime n*était pas leur crime ; Sidney fui coupable envers le despotisme ; ils ne le furent quVn- ▼ers le despote.
La cause de Sidney piérit avec Sidney; Pantre cause , promptement relevée de son premier revers , grandit et se fortifia en silence. Après six ans , vint son jour de triomphe , jour où Pon vit sVpérer Palliance étrange des grandes places , des gros profits , de tout Pappareil du pouvoir excessif, avec les mots de liberté et de patrie j jour où des hommes chargés de titres tendirent la main à ceux qu^insultaient les, titres, en leur criant : Ce que vous avez désiré est obtenu ; la liberté est venue , car nous régnons.
Dans quel acte de ce gouvernement, soi-disant fils de la révolution achevée et perfectionnée , s^est montré un esprit libéral et généreux ? On cite pour réponse le bill des droits , faible recueil de quelques principes livrés sans garantie k la discrétion du pou- ▼<nr, vaine et stérile remontrance , qu'on a faussement nommée un contrat, et dont le pouvoir, depuis, à déchiré impunément toutes les pages. Encore n'est*il pas vrai que Guillaume ait eu le mérite d'accepter le bill des droits comme une condition de la royauté ; la royauté fut pour lui sans conditions ; il ne laissa à personne , qu'à ceux qui s'étaient loués à lui , le droit de compter avec lui. Quand le bill des droits fut dressé , Guillaume était roi ; tout était ratifié pour Ini , jusqu'à la succession de ses héritiers. Le bill des droits , rejeté d'abord par les pairs , et tout d'un coup adopté par eux , en vertu de son insignifiance , fat