‹ Dix ans d'études historiques (volume 2)Chapitre 14 sur 30 · S4 SUA · texte numérisé non relu

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publié arec Paole de coaronnemest ; et voilà svr qael fondement léger on a bâti la fable dhin traité entre le peuple anglais et le roi Gnillamne.

Le premier acte de ce gouvernement, non pas même après son institution définitive , quand il pouvait, à Pabri du pouvoir, se rire de la eonscience publique , mais avant que son existence eut été légalement décrétée, dans le temps où il eût montré de la pudeur, 6*il eût cru que la pudeur lui -était nécessaire , le premier acte de ce gouvernemmut fut d^infcerdire, par un simple édit, toute discussion amr les affaires publiques : aveu formel que tout ce qui s^étak fait jusqu^alors , que tout ce qui allait se faire encore , était étranger à la volonté , à Tintérét , à la raison du peuple. Plus tard, il maintint, avec une opiniâtreté insolente , la loi des Stuarts qui établissait la censure des livres et Pesclavage des imprimeries ^ il la coU'servajusqu^au temps précis où , pour la prolonger e»core , il eût fallu la décréter de nouveau, jusqu^en 1695, terme qu^avait assigné à cette loi la sagesse non suspecte de Charles II. Tout Tesprit de la révolution se développa au grand jour, par le Renouvellement des statuts qui donnaient aux seuls anglicans le droit exclusif d^occuper les places : ainsi fut répudiée, par les hommes de 1688 , cette secte énergique de nonconformistes protestams, la plus patriotique des sectes. Les hommes de 1688 visaient donc aussi à un monopôle des places ; le grand crime des catholiques , à leurs yeux, était donc d^avoir voulu élever monopole contre monopole ; et c^est pour réprimer cette seule ambition , que se jon» avec tant d^appareil le drame

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de rinsurreotion civile. Par uoe infâme dérÎMOD , en même temps qu^on demandait an peuple sa reconnaissance éternelle pour Tavoir délivré des Stuarts et des agens des Stuarts , c^ étaient ces agens mêmes quVn allait chercher pour composer le nouveau cabinet; c^étaient lès Danby, les Nottingham , les Hallifax. Kirke , le plus féroce des soldats et des bourreaux , l'exécuteur des arrêts de Jefferies , reçut alors un traitement et de Pemploi. Et quand les victimes de ces hommes se présentèrent pour demander , contre leurs crimes et les erimes de leurs suhordohnés , non des représaîifees, mais la vengeance des lois , le gouvernement ,.piap un acte d^amnistie, étendit effrontément sur eux aa Sauvegarde toute-puissante.

Ces temps ont porté leurs fruits f sous la femme qui succédai au prii»ee d^Orange , vint la corruption la plus déiioBtée; il n^ eut plus d'énergie que pour TintrigMe'; on plaça dans les fsweuM d'une cour ce repos qilè les Sidney.ne voulaient chercher que dans la fière intdépeailaaice. Aussi, vingt années à peine avaient passé sur la révolution de l€8&, que déjà le peu|de anglait la maudissait; il criait, à bas les whigp! cpm»B il avait crié, à bas.ltfs Stuarts! et les ^iûgs, comme les Stuarts, lui répondaient. par des vrêts de.haute trahiaon , par des. exécutions i mort, par de neiiFeanx> impôts, par de nouveaux décrets pour le maint] en de» litres et des places. La> succession prétenduénalionale fut sur le pmnt d'être vtqlée par ^ iiisnnreclàoas évidemment nationales f .il lallut invoquer pour elle le secours odieux d'une forée étrangère. Ce fiit le canon du stathondejr de Hollande

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qui protégea le débarquemeot dn premier Creorges.

Les Stuarts n^auraienl pas fait daraotage ; peut-être n^eussent-ils pas tant fait; leur puissance était de nature à s^user promptement. Ils n^aTaient pas, pour la rajeunir, le prestige de ces mots sonores de dynastie nationale , de princes du choix du peuple , de libérateurs de la patrie; le despotisme n^avait aucaae racine populaire : aussi , ce revenu indépendant , celte armée permanente, cette servitude du parlement, dont ils n^avaient guère joui qu^en idée , tout cela fat réalisé sous Georges. Alors, quand quelque pauvre honnête homme s^avisa de s^indigner, outre la ressource de Téchafaud , pour lui imposer silence « on eut encore des moyens de le rendre odieux, et de diffamer sa conduite ; on put Paccuser , devant le peuple lui-même , d^avoir indiscrètement ou méchamment menacé la puissance des sauveurs de la nation , ,d*en avoir voulu au roi du choix public , à la dynastie

protestante et patriote Charles II avait pu tuer

Sidney ; mais il n^eût pas été en son pouvoirde le flétrir comme traître au peuple.

G^est sou^ le règne de Gharles II, vers Tannée 1683, comme nous Pavons dit plus haut, qne paraît dans l'histoire la première ébauche* de la révolntion qui, en 1688, mit une famille nouvelle à la place de la. famille des Stuarts. L'esprit de cette révolution se raontre tout entier dans le complot qni se trama cinq ans auparavant, pour iaire roi le duc de Monmonlh, iils naturel de Charles II , sous la con<titiott que Monmoulb serait roi au profit des presbytériens disgraciés, et de ceux qui avaient vendu la nation aux Stuarts

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pour des places que les Stuarts ingrats livraiept à dVDtres. La conspiration fui trahie; Monmouth n^obtint la vie qu'à grande peine 3 et ceux des conjurés qui survécurent aux vengeances du roi ne se sauvè-^ rent que par Fexil. Réfugiés en Hollande, ils conti- ' n aèrent leurs projets et leurs manœuvres : mais ils choisirent un nouveau chef : ce fut un autre que le jeune et faible Monmouth, qu'ils désignèrent à la place de roi d'Angleterre et de protecteur de leurs intérêts. Leur choix tomba sur le prince Guillaume d'Orange , stathouder de Hollande , neveu de Caries II , et gendre du duc d'York , puissant , aetif , habile, prolestant zélé, et ambitieux sans mesure; ennemi non suspect de la liberté anglaise ; car, en 1680, il avait protesté , comme allié de la famille royale , comme intéressé pour sa part à la conservation in-i violable de l'héritage du pouvoir royal, contre les barrières que le parlement prétendait opposer à l'an* torité d'un successeur cadiolique. Monmouth s'étak rendu en Hollande auprès de ses anciens partisans. Du moment que Guillaume eut été adopté à sa place , quand sa présence ne fut plus que gênante pour la faction qui le répudiait, Monmouth fut chassé de la Hollande.

Ce malheur , qui déconcertait les espérances àt toute sa vie, lui fit tenter subitement une résolution extrême. Aidé du peu d'amis qui lui restaient, et de quelques aventuriers qui se louèrent à lui , il fit bm invasion en Angleten«. Jacques II commen^iL alofs son règne. Monmouth , dans ses premières pr«cla- «atioas , accusa le roi nouveau d'être un lyran^et

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s^aonoDça comme le vengeur de .la liberté ouïr âgée : à cette voix patriotique , lea simples citoyens yinrent en foule dans son camp ^ mais les hommes à titres , à places y k pouvoir n^y vinrent point ; et c^étaît eux que Monmouth désirait. Pour les engager dans sa cause , il fit de nouveaux manifestes , où il appela Jacques II usurpateur du trône ; lui-même , il se proclama roi légitime , et menaça de sa vengeance les incrédules à ses paroles, et les rebelles à son pouvoir. Aussitôt les citoyens qui Pavaient suivi le quittèrent, et la noblesse et les puissans ne vinrent pas davantage , peutêtre parce que Monmouth avait en le malheur d^être -un moment populaire. L^armée royale le rencontra .presque sans armée ; il fat pris et mis à mort. £n apprenant cette entreprise, le prince d^Orange s^était bâté dWÊrir à Jacques II de prendre lui-même le -commandement desjtroupes royales contre Monmouth, contre oe rival dont Paudace indiscrète, en donnant 4'éveil au roi d^ Angleterre , pouvait faire échouer l'autre complot, et gâter la fortune que Guillaume y^it promise.

Maîs.i» sécurité de Jacques II était sans bornes ; il ne doutait, nullement de Faveair ; il poiursuivait, plein d^une confiance aveugle , ses plans en faveur des catholiques : d^à pvesque toutes les places avaient passé dUuia leurs mains;, ila peuplaient le conseil, la flotte dl Tarmée. Le clergé épiscopal ^ dont rautorîté était «ftcore intacte , appuyait le roi dans ses mesuras; cet appui , regagné adroitement par Charles U , comptait pour beaucoup dans la puitfsanoe royak : Jaoquea Pon- Uiar, et il eut Pimprudenoe de seJ^êter de ses propres

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mains. li fit venir à Londres un nonce de Rome ; ii ÎDStita» des érèchés catholiques. Â la seule vue de ces nouveaux coneurrens , le haut clergé déserta la cause ro^le ; et , au Heu des maximes de la soumis* sion paseÎTC, et de la divinité du pduToir qui retentissaient dans les chaires , on n'entendit qu^n cri d'alarme sur les dangers de Téglise , et sur le devoir de résister. Ces voix sacrées encouragèrent les murmures; on publia hautement des manifestes contre Pirruption des papistes dans les emplois ; on fit des lignes pour le maintien des emplois entre les mains des familles protestantes ,* il y eut des affiliations sous le serment; on s'y engageait à mettre en usage, pour changer Pesprit du. roi , toutes les raisons , jusqu'à la dernière, jusqu'à la raison de la force. Le défaut d'héritiers catholiques donnait quelque espoir de réussir sans cette extrémité. Mais la naissance subite d'un fils de Jacques II ouvrit la guerre , et pressa les coups. Aussitôt des messages s'échangèrent entre les réfugiés de Hollande et les mécontens d'Angleterre ; on recruta des hommes ; on prépara des armes : voilà l'événement qui fixa à l'année 1688 le dénouement de la révélation qui couvait depuis cinq années.

Jaeques II persistait dans son incurie ; surtout , il était loin de soupçonner le prince d'Orange, dont l'amitié pour les exilés anglais ne lui paraissait qu'une sympathie de religion. Telles étaient ses dispositions, quand Une dépêche de son ministre à La Haye lui annonça tout à coup que de grands préparatifs se faisaient dans les ports de la Hollande pour une descente en Angleterre; il pâlit à «et te lecture; le papier

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échappa de ses mains : il comprit pour la première fois ses dangers et son impuissance. 11 appela le pe»-pie aux armes ; le peuple resta immobile à sft Totm ; tandis que des lords, des nobles, des cTéffues, des salariés de son trésor s^enrôlaient pour son rival* Guillaume , retardé quelque temps par un vent contraire, débarqua, le 5 septembre 1688, à Torbay^dans le comté de Dorcesler. Les habitans des lieux voisins couvraient le rivage , contemplant le spectacle de cea vaisseaux et de ces soldats; ils étaient siléncieax, sans colère , et sans joie, comme des gens qui regardent les apprêts d^un combat qui ne leur importe point. L^armée des opposans dirigea sa marche vers Exeter , et elle publia ses manifestes. L^on y parlait beaucoup de Pintérèt du protestantisme, un peu de Tintérél de la liberté , et par<dessus tout. Ton s^elfor> çait de persuader que le fils nouveau né du roi Jacques était un enfant supposé. Ces manifestes furent lus ; mais aucun citoyen ne se leva. Durant neuf jours entiers , Guillaume s^avança sans trouver ni amis ni ennemis. Mais bientôt les amis lui vinrent en feule ; c^étaient les hauts personnages de Topposition , des officiers militaires , toute la noblesse des comtés de Devons et de Sommerset. Dans les provinces voisines , les mêmes hommes coururent aux armes ; des pactes d'association furentjurésentreeuxetleprinee. Les gouverneurs des villes arboraient ses enseignes ; on s'enrôlait en vertu de ses commissions; leaoffici«r« du roi désertaient à lui avec leurs troupes. Tous leê hommes dont le patrimoine était dans le gouvernement , tous ceux pour qui un changement de roi de-

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▼ait être ou un gain iàiinenae, ou la perte de tout , s^agitaient par toute PAngleterre : mais ceux. dont Pexistence ne devait rien au pouvoir étaient en re^ poa ; Tarmée de Fopposition n^en avait gagné qu^un petit nombre , et Pautre armée ne comptait dans 8e< rangs que les milices rassemblées par force.

Le roi s^avançait cependant pour ne pas périr sans eombatj à chaque pas qu'il faisait dans sa marche, de nouvelles défeotions diminuaient ses forces , et à chaque ordre qu'il donnait , les oiBciers répondaient par des murmures, lui reprochant sa mauvaise fortune, qui compromettait leurs emplois. Ceux qu'il avait le plus comblés de faveurs supportaient le plus impa> tiemment de se voir retenus auprès de lui, empressés qu'ils étaient d'obtenir de son rival la conservation de ce qu'ils avaient. Jacques II ne trouvait personne en qui U pût se confier : ne sachant pas prendre une résolution de lui*méme , il n'osait ni agir ni attendre; et les ennemis ne s'arrêtaient point. Au lieu de se porter en avant, il rétrograda et se retira sur Londres. A la première station que l'armée royale fit dans sa . retraite, Anne, fille du roi , et Georges de Danemarck, son gendre, quittèrent son camp, et se rendirent au camp de son ennemi. A cette nouvelle, il tomba dans l'abattement , et désespéra de sa propre cause , que 9eê en£sins mêmes répudiaient. Il offrit à Guillaume de capituler ; Guillaume refusa de recevoir le porteur de ce message : alors Jacques II , incertain des projets de son rival , et craignant pour sa vie , jeta le sceau royal dans la Tamise , et s'enfuit vers les côtes , poor s'assurer une retraite. Les troupes royales se

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