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pouvoir royal, sinon à Pégard de la classe bourgeoise, dii moins à Tégard des gentilshommes^ descendans de ces barons normands, qui violèrent le serment prêté à la fille de Henri !•' , « parce que , disaient-ils, des hommes de guerre ne pouvaient obéir à une femme. » L^avénement de. Marié, comme reine d^Angleterre , fut un signe de Pextension qu^avait acquise la prérogative royale, parvenue alors au point de faire assimiler le gouvernement à un domai|ie , et de confondre les deux classes d^habitans sous une sujétion , sinon égale , du moins analogue '. Quelques seigneurs ambitieux tentèrent vainement de former un parti pour Jeanne Gray, petite-nièce de Henri VIII ; cette femme , jeune et intéressante , fut punie de mort après sa défaite , comme tous les candidats malheureux de la race de Guillaume4e-Gonquérant. €e fut la dernière fois que le sang coula en Angleterre pour une querelle de succession; il ne devait plus être versé que dans une lutte bien autrement grave , et où seraient enveloppées , avec la royauté elle-même , toutes les institutions émanées de la conquête*
Le mouvement politique qui avait séparé de leur propre nation, c*est-à-dire de Tancienne noblesse, les rois de la famille de Tudor, cette révolution , qui mit dans leurs mains tout le pouvoir réel, et fit découler toute oppression de la prérogative royale , eut aussi pour effet de détourner contre eux toutes les plaintes des classes inférieures. Bien plus , la popularité , peut-être gratuite, dont avait joui la royaulé
DB LA CORStlTVnON AIfftLAISS [l827]. 209
clans sa latte avec la noblesse , ce sentiment qui faisait crier aux paysans de 1382 , soulevés contre les gentilshoiiines : « AUons voir le roi et lui remontrons nos griefs, » s'était évanoui , dans Pattente d'un son* lagement qui n'arrivait point. Le sceau royal imprimé sur toutes les souffrances , depuis que le manteau royal s'étendait sur tous les pouvoirs , réveilla contre la royauté seule le reste des haines héréditaires qu'avait perpétuées l'ordre violent établi par la conquête. Lorsque Charles !•' eut péri , victime de l'effrayante responsabilité à laquelle le pouvoir royal s'était soumis , en devenant universel et sans contrôle , et en se présentant seul en face de toutes les hainea produites par des siècles d'oppression , son fils , Charles II , prit le titre de roi , d'après le principe qui soumettait la royauté à la règle de succession établie pour les héritages privés '• Cette prise de possession ne signifiait rien , parce que le nouveau roi se trouvait hors de l'Angleterre; mais quand il fut rentré , vainqueur de la révolution , il y eut , pour la première fois , sous une même royauté , deux aristocraties , l'ancienne noblesse , et ceux qui , pour s'anoblir , avaient trahi la cause populaire >. La jalousie les divisa ; mais la royauté ayant voulu faire un parti à elle seule, en les abaissant l'une par l'autre, l'intérêt les réunit enfin sous le manteau de la religion dominante , et vingt-huit ans après sa restauration , le pouvoir royai^ fat enlevé au second fils de Charles I"'.
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Le ^ainqaetv de ce jour , Goillanne , prince dK)raoge, portait ie même nom que le Tamqveur de Hastfaiga ^ mais le nouveau GaiUaume était lein d*ètre clan* une poaition arasai simple que celle de l^cien. Il s*était annoncé d^avance comme auxiliaire désintéressé des antagonistes de Jacques II; il arait écrit sur ses drapeaux : Je maintiendrai. U y avait donc pour lui un grand espace à franchir entre la royauté de fait qu^il possédait comme général victorieux , et la royauté do droit quMi s^était imposé robfigstion d^attendre. Depuis long-temps , cette royauté n^étsit plus décernée par un corps libre dans ses choix*, elle appartenait à celui que son rang dés^ait pour la prendre, quand le titulaire était mort; et dans le cas présent il ne s^agissait que de mort civile, et non de mort naturelle; car Jacques II n^était qa^exilé. L'unanimité existait, il est vrai, contre Jacques, mais non pas en faveur de Guillaume. Il dut ainsi se trouver dans des momens de doute et de perplexité. Dans les premières conférences entre les menbres du parlement sur oe qu'on appelait , d^un mot emprunté à la dernière révolution, mais peu applicable h celle-ci , Vélablissement de la nation, les opinions ne lurent pas toutes favorables au nouveau candidat. Les légistes le comparaient à Henri VU qui détrÔDa Richard III , et , diaprés l'exemple de ce roi , lai conseillaient de prendre là couronne comme vainqueur du roi son rival. S'autorisant aussi de certains précédens historiques, d'autres soutenaient que Jac-
> JacriucB H, 1688.
DB LA CONSTITOTIOn ANCLAISE [l827]. 207
que» II avait fait preuve de folie par sa mauvaise administration; qu^il fallait tt9mnier un régent, un gardien du royaume , mais que le titre royal devait lui rester. D^autres voulaient que la royauté passât à l'héritier le plus proche , cVst-à-dire à Marie , fille du roi Jacques , et femme du prince d^Orange. D^autres enfin , quoiqu^en petit nombre , parlaient de conditions à proposer à Jacques II, comme les ba* rons du treuième siècle en avaient imposé au roi Jean et à son successeur. Ces différentes opinions couvraient des intérêts positifs. Ceni qui avaient traversé la mer avec le prince d^Orange , qui Pavaient entendu développer ses plans de conduite à venir , et qui se croyaient assurés de ses bonnea grâces , le désiraient pour roîj mais ceux qui n^étaient point venus avec lui étaient moins passionnés pour ses intérêts ; le haut clergé surtout et sa clientelle souhaitaient un roi qui ne lea oubliât pas pour favoriser la noblesse d^épée; quelques hommes de ce parti incli- Baient de nouveau vers le roi Jacques ; mais la plu* part se ralliaient à la prinltesse d^Orange , qui avait «ur son mari Tavantage de n^ètre pas calviniste. GuiU laume fut alarmé de la préférence que manifestait pour sa femme Téglise anglicane dont le crédit était immense , et dont le soulèvement contre Jacques II avait décidé la révolution. Il retint Marie en Hollande, pour agir plus efficacement en son absence ; il proféra même contre ceux qui lui refusaient ce qu^ila lui avaient tacitement promis , en récompense de son •ecours , la menace de se retirer et de les laisser seuls '0 débattre contre le roi Jacques. Placé entre la