R L HISTOIRE
crainte de choquer par son ambition Pésprit de ceux avec lesquels il avait tjré Fépée, et le danger de rester long^temps sans titre, livré aux discussions politiques, il coiAroqua , comme une espèce de chambre des communes , les membres des trois derniers parlemens des Stuarts , avec le maire et les autres magistrats municipaux de la ville de Londres : il demanda à cette assemblée et à celle des pairs du royaume le pouvoir de convoquer un parlement dans les formes légales. Ici , Tautorité des précédons vint encore entraver sa marche. On objecta que nulle convocation de parlemens ne pouvait se faire que par des lettres du roi, et que le roi légal était encore Jacques II ; mais la majorité passa outre , et il fut décidé que le prince d^Orange pourrait envoyer des lettres non signées de lui au shérifT et autres officiers , pour faire les élections dans Pancienne forme , et nommer des dépotés des bourgs et des chevaliers des comtés.
Le nouveau parlement concilia toutes les opinions et trancha toutes les difficultés , eo proclamant les deux époux roi et reine conjointement. Ils furent couronnés avec toute la pompe du cérémonial antique , et le détail de ce qui se fit pour eux ressemble en tout point à ce qui s^était passé , cinq cents ans juste auparavant , au couronnement de Richard-Cœur-de- Lion. Cette révolution de 1688 ne changea rien à Tappareil extérieur , ni à la nature du pouvoir royal en Angleterre. Dans leurs actes essentiels de royauté, c^est-à-dire quand ils approuvaient ou rejetaient les lois votées par le parlement, les successeurs de Guillaume III continuèrent , comme lui , à n^employer
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(l^autre langue que la yieille langue française , qui fut celle de la conquête : Le roy le veult ; le roy sadvisera ; le roy mercie ses loycudx subjects , et ainsy le veult. Ces formules d^un idiome qui , depuis quatre siècles , a péri au-delà du détroit, sembleraient avoir été conservées par ceux qui les prononcent encore, lorsque personne autour d^eux ne les comprend plus, pour rappeler, à la nation quMls gouvernent, la source de leur puissance et le fondement de leurs droits sur elle.
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Sur la constiiuiion du parlement.
GQÎUaume-le-CoDqoérant convoqua, darant soo règne , plusieurs assemblées des Normands établis en Angleterre ; les unes , qu^on pourrait comparer à des conseils d^état-major , se composaient seulement des chefs de Farmée conquérante et des évêques du pays; et les autres, beaucoup plus nombreuses, réunissaient la généralité de ceux que la conquête avait érigés en propriétaires de domaines grands ou petits : ce fut une assemblée de ce genre qui se tint à Salisbury en Tannée 1086, après la rédaction du fameux registre territorial ( domesdayhoock)^ qui devait servir de titre authentique à tous les nouveaux possesseurs de terres. Sous les successeurs du conquérant, il y eut de même deux sortes de réunions nationales ou de pariemens; car ce mot, générique dans la langue française d^alors, n^exprimaitque Tidée vague de conférences politiques. Aux quatre grandes fêtes de Tannée , la plupart des comtes , des barons et des prélats de P Angleterre se rendaient à la résidence royale pour célébrer la solennité du jour, et sVcuper , conjointement avec le roi, de divertissemens et d'affaires; déplus, s'il survenait quelque grand événement politique , une guerre à entreprendre , un traité à conclure , ou si le trésor éprouvait des besoins extraordinaires, le roi convoquait d'une manière spéciale en parlement ses vassaux et ses hommes-liges. Dans ces occasions impor^
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taote« , il désirait eu réonir autour de Iiû le plus grand nombre possible , pour que là décision prise en commun parût plus imposante à ceux qui n^y avaient pas eu part', et acquît aui yeux de tout le royaume le caractère d^uneloi consentie pas la majorité des hommes jouissant des droits politiques. Mais, excepté dans les temps de révolution , le commun des hommes éprouve de la répugnance à se distraire de ses intérêts privés, pour s^oceuperd^une manière active des intérêts généraux. On craint le déplacement, la dépense, et Ton regarde la participation an pouvoir législatif, plutôt comme vn devoir onéreux , que comme un droit quHl faut se garder de laisser prescrire. Cestce qui arriva aux gens de race normande en Angleterre , quand ils se sentirent assurés dans leur nouvel établissement, et sans crainte d'être jamais obligés de repasser la mer et de restituer aux indigènes leurs manoirs , leurs fierfs et leurs tenures.
Le» plus riches, ceux qui exerçaient dans leurs provinces une partie de Paotorité militaire on civile , ceux qui , ayant une nombreuse cltentelle de vassaux . et de tenanciers , voyaient s'ouvrir devant eux la car* rière de Tambition et des honneurs , manquaient raliment aux assemblées où se décidaient les grandes questions politiques. Ainsi , Ton voyait au parlement ^ à la cour du roi , soit dans les convocations périodiques, aoit dans les assemblées extraordinaires, beaucoup de comtes , de vicomtes ou de barons, mais peu de ces chevaliers qui, héritiers du médiocre "patrimoine acquis par Tun des soldats de la conquête , 'enaient à ne point quitter le domaine qu'ils amélio-