SECONDE PARTIE
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Sur le coan dliiftdiw de M. Datmoa aa Coll%e de France *
Les anciens exigeaient de celui qui se proposait pour la défense des accusés , la qnidité d^bomme de Wn et celle d^orateur éloquent. Nous sommes de inéme en droit de réclamer de quiconque se présente ^ une chaire dHnstruction publique , la double garantie du patriotisme et du savoir. C^est ainsi qu^a paru V.Daunou devant ^es auditeurs du Collège de France. Les deux noms de savant et de patriote lui étaient ac-
' Censeur Européen àa 5 juillet 1819.
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quis , non pas en verta d^nn brevet de Pautorité , ou par le caprice de la vogue , mais par de longs travaux et de dures «épreuves. Contemporain de la liberté à sa naissance , il Fa servie au péril de sa tète ; il a vu tomber ses amis sous les coups d^état. Echappé avec un petit nombre d^hommes, pour nous raconter, à nous , génération nouvelle , combien le soin de notre destinée a coûté cher à nos pères, il a repara à la fois sur les bancs du représentant et à la tribune du professeur. Dans cette dernière place ', comme dans Fautre, sa conduite est d'exécuter avec dignité et sans faste le pacte par lequel il a dévoué sa vie à la vérité et à la raison; son discours dWverture n'est que la proclamation de ce noble dévouement. M. Daunou s'est déclaré lui-même soumis à une obligation sacrée envers la science, à l'obligation de la professer tout entière , et telle qu'elle est , sans déguisement comme sans réserve, o Je réclame^ a-t-il dit , au nom des élèves qui doivent m'écouter , la liberté de ne les tromper jamais ; leur dire la vérité pure et entière est un respect dû à leur âge , un devoir et un droit du mien ; je sais d'ailleurs qu'ils auraient bientôt déserté UQe école de servitude et de mensonge. »
,Le cours d'histoire et de morale s'est ouvert par de savantes dissertations sur les diiTé^is degrés de valeur des témoignages historiques , *fnn leur nature et leur époque. Dans l'expo8ition')j||a critique des traditions et des monumens de tons^ï^ genres, le professeur a su allier à l'exactitude de l'érqi^les vuesMu philosophe et le talent de l'écrivain. Des traits ingénieux, des réflexions piquantes , des morceaux
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d^une éloquence généfeuae oût reposé et soutenu Pattention des jeunes auditeurs.
Après avoir marqué, avec une justice impartiale , le crédit que les hommes doivent aux témoignages des hommes , M. Daunou a commencé à tourner les yeux des élèves sur eux-mêmes , et à rechercher ce que c^est que Thomme , Thomme moral , qui est la matière de rhistoire. Ici s^est présenté le vaste tdbleau des aflections humaines , justes ou ii^justes, raisonnables ou folles , bienveillantes ou haineuses, gënéreusee on lâches. Tel a été le sujet de plusieurs leçona, Où respirait la douceur d'un philanthrope etTaustérité d^un citoyen. M. Daunou a fait découvrir quelques germes de bien dans les passions qui troublent si souvent la paix et le bon sens des sociétés^ seules garanties pourtant de leurs progrès , dana Fambition , dans Pamour des applaudissemens, dans la colère qui fait braver la mort. Il a montré que , gouvernés pav la raison et tempérés par la bonté , ces mouvemens de Pâme , si funestes quand ils sont égolstses ou fanatiques , peuvent produire aussi le désir d^étre ntile,]e dévouement à autrui, et cette indignation calme, qui rend Parae du patriote inflexible 4evâut For, les rubansoules bourreaux, avec laquelle Sidney déconcertait ses juges, et montait à Féchafeud comme un député monte à la tribune.
Des applications de Thistoire à la morale des individus, M. Daunou s^ést élevé à ses applications à la morale des sociétés ; car cVst ainsi qu'il a défini la politique. 11 a repoussé , loin du camp de la science , toute politique qui ne serait pas la morale mèoie ; il Fa reléguée dans le catalogue empirique des procédés