UO SUR LA VIE D’ANNE BOLEYN
pays, il y en eut de violentes et d'implacables qui la poursuivirent jusqu’à la mort. Elle fut sur le point d’échapper heureusement à la fortune qui l’attendait, en épousant un jeune lord Percy, qui l’aimait et qu’elle aima en retour; mais le père de ce jeune homme, averti par un cardinal que Henri VIII jetait les yeux sur la fiancée, menaça son fils de le déshériter s’il persitait à gêner le roi. Le jeune homme fut contraint de céder; et Anne, quittée par son amant, devint accessible à Henri VIII. 11 venait la visiter dans la maison de campagne acquise par le travail de son aïeul , lieu de repos où elle s’était retirée pour guérir son amour blessé. La tradition désigne encore la colline d’où le son d’un cor de chasse annonçait l’approche du roi, et faisait baisser le pont-levis qui le séparait de la femme qu’il croyait obtenir au prix de quelques empressements passagers. Anne, plus fière ou plus habile que lui-même ne l’avait pensé , lui répéta le mot d’Êlisaheth Grey à Édouard IV : « Je suis trop digne « pour être votre maîtresse , pas assez pour être votre « épouse. »
Henri VIII s’irrita par l’obstacle; il était marié depuis des années à une femme d’une vertu et d’une tendresse irréprochables; il sollicita contre elle le divorce, ce remède des unions mal assorties, que l’église romaine refusait obstinément aux besoins du peuple, mais qu’elle accordait sans peine aux plus légers caprices des grands. L’histoire nous a transmis les détails du procès de la reine Catherine, que la cour de Rome hésitait à sacrifier, cette fois, parce qu’elle était parente de Charles-Quint. La plume de Shakspeare a immortalisé la noble résistance de cette femme au despote qui la rejetait comme un meuble usé de sa maison. Henri VIII, à défaut de la