SUR LE CARACTÈRE
nemis des Gotlis, qui étaient ariens. Une multitude avide et féroce se répandit jusqu'aux Pyrénées, détruisant et dépeuplant les villes 1 . Elle se partagea les trésors de ce pays, l'un des plus riches du monde, et repassa la Loire, laissant des garnisons sur le territoire conquis 2 .
En l'année 532, Theoderik, l’un des fils et des successeurs de Clodowig, dit à ceux des guerriers franks qu’il commandait : « Suivez-moi vers la contrée des Arvernes, et je vous ferai entrer dans un pays où vous prendrez de l’or et de l’argent autant que vous en pouvez désirer, où vous enlèverez en abondance des troupeaux, des esclaves et des vêtements 3 4 ...» Les Franks prirent leurs armes, et passant de nouveau la Loire, ils s’avancèrent sur le territoire des Bituriges et des Arvernes. Ceux-ci payèrent alors avec usure la résistance qu’ils avaient osé faire à la première invasion. Tout fut dévasté chez eux; les églises et les monastères étaient rasés jusqu’aux fondements Les jeunes gens et les jeunes femmes étaient traînés, les mains liées, à la suite du bagage, pour être vendus comme esclaves 5 . Les habitants de cette malheureuse contrée périrent en grand nombre ou furent ruinés par le pillage, o bien ne leur fut laissé
1 «...Et Pvrcnæos montes usque...urbes et castella subrucns, municipia quæquc depopulans, prædam innumerabilem, et spolia mtilta suis militibus atque dispertiens. » (Roriconis Gest. Francor., apud Script, rer, gallic. et fruncie., t. III, p. 18. )
2 « Quum ad solum proprium redire deliberaret, clectos milites... ad pervasas civitates custodiendas... dereliquit. (Ibid.)
3 « ...Et ego vos inducam in patriam, ubi aurum et argenlum accipiatis, quantum vestra potcst desidcrare cupiditas, de qua pecora, de qua mancipia, de qua veslimenta in abundantiam adsumalis.» (Greg. Turon., Ilistor. Franc., ibid., t. II, p. 191.)
« « ... Monnsteria et Ecclesias solo tenus coæquans. » (Ex Actis S. Auslremoni i, ibid., t. III, p. 407.)
4 « ...Scilisque vultibus pucllas... » ( Ex Vita S. Fidoli, ibid.)